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Jour de gloriole

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gloire.jpg Comme d’habitude, le petit homme avait parlé trop vite. Comme d’habitude, il s’était énervé, il avait trépigné sur place et il avait lâché à l’encontre des militaires un humiliant « Vous êtes des amateurs ! Vous n’êtes pas des professionnels ! ». Comme d’habitude, il avait voulu prendre l’opinion publique à témoin après le drame de Carcassonne et lui faire passer un message démagogique. Genre, vous avez vu, comme je suis de votre côté, comme je réagis comme vous, dans l’émotion, comme je suis proche de vous…

Comme souvent, le petit homme avait eu tout faux, l’armée s’était crispée face à lui, le peuple ne l’avait pas suivi dans sa diatribe assassine. Un tout récent sondage (JDD) révélait même que 88% avait plutôt une bonne opinion de leurs soldats. Pire, six français sur dix regrettaient le service militaire (on croit rêver) et deux français sur trois étaient pour le maintien des unités militaires dans les communes.

kozy14juillet2.jpgComme d’habitude, le petit homme avait fait marche arrière. Tandis que ses sbires tentaient vaille que vaille de recoller les morceaux, il s’était fendu le jour de la fête nationale d’un quasi-obligatoire « la France est fière de ses soldats (…) Je suis fier d’eux ». « On travaille main dans la main ». Comme d’habitude, la Grande Muette était restée fidèle à sa réputation. Elle avait arpenté les Champs sans moufter et avait honoré son chef. Le Sarko show kozy14juillet1.jpgpouvait continuer. Dans la foulée de la création de l’UPM, on avait convié un max de chefs d’états à assister à la parade. On s’était accolé, embrassé, étreint. On avait fait mousser l’événement en n’oubliant pas d’en occuper l’épicentre.

Comme d’habitude en Sarkosie, on avait mêlé émotion et people. L’acteur des Cht’is, Kad Merad avait lu la Déclaration des droits de l’homme devant Bacher El Assad. Dans les jardins de l’Elysée, Barbelivien avait festoyé avec Régine, Basile Boli ou Hugues Aufray. Puis il y avait eu la distribution des médailles. Dany Boon, Jean Reno, Claude Lelouch ou encore l’entremetteur Jacques Séguela avaient eu droit, entre autres, à leurs récompenses.

Mais le clou de la cérémonie avait été sans conteste la remise de la légion à Ingrid Bétancourt. Revenue la veille de Lourdes où elle était allée prier, la franco-colombienne, tout de violet vêtue, avait lancé alors en souvenir de ses anciens co-détenus, un poignant : « Il ne faut pas les oublier, il faut qu’ils soient libres très vite. Je compte sur vous Mr le Président, sur Carla et sa belle voix et son cœur ». Qu’on se le dise, le jour de gloriole était arrivé pour Nicolas et les siens. « On se croirait à Disneyland », avait  commenté un invité aigri…http://www.dailymotion.com/video/x64evn

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5 Commentaires

  1. lediazec

    15 juillet, 2008 à 9:54

    Je ne sais pas si Ingrid a beaucoup fait pour la France, mais en tout cas elle arrange bien les affaires d’Atchoum-Président.
    Subsidiairement, j’avais déjà biffé de mon panthéon les Clavier, Reno et autres Régine/Barbelivien… J’ajouterai désormais l’autre débile de Kad Merad…
    Délétère, vous avez dit délétère !

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  2. ruminances

    15 juillet, 2008 à 10:52

    Vrai que ça tombe comme à Gravelotte. A ce rythme, il va plus rester grand monde !!! Erby ?

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  3. Canette S'ensuque

    16 juillet, 2008 à 4:01

    Les mêmes qui donnent la légion d’honneur à Betancourt réclament la facture de l’hélico aux alpinistes « inconscient » perdus dans la montagne.

    C’est pas la même poudreuse.

    C’est dans des moments comme cela que manque les Coluche, Desproges ou autres Balavoine…

    Un Gainsbarre à l’Elysée branchant Carlita et fumant dans les salons, vive la quatrième dimension.

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  4. ruminances

    16 juillet, 2008 à 7:36

  5. Dav_

    18 juillet, 2008 à 1:22

    En ce qui concerne la phrase de Sarkozy, elle visait exclusivement les responsables du tragique accident qui s’est produit. Je ne pense pas qu’il faille généraliser. Certains hauts cadres de l’Armée s’y sont amusés, certainement pour répondre par anticipation aux nombreuses suppressions de postes que va connaître l’armée.

    Pour la garden party, même si le principe s’y prête, j’ai trouvé odieux ce mélange des genres. La diplomatie ce n’est pas un mélange de paillettes et de people, Sarkozy devrait relire Kissinger.

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