Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. En Sarkozie, le proverbe pourrait se traduire par quand la population est en vacances, les ministres accumulent les mesures anti-sociales. Démembrement par Xavier Bertrand des lois Aubry sur les 35 heures et fin définitive des RTT pour les cadres, logements sociaux mis à mal par le programme Boutin, taxation des mutuelles de santé via le plan Bachelot-Woerth. Tout ce train de réformes assassines s’ajoute aux dispositions prises auparavant par le même Bertrand sur le chômage visant à ce qu’un demandeur d’emploi soit contraint d’accepter à peu près n’importe quoi comme boulot à partir du moment où le dit-boulot se situe dans un périmètre de 30 bornes autour de chez lui…
Pendant ce temps, Darcos impose le service minimum dans les classes et supprime 13 500 postes d’enseignants ( 30 000 fonctionnaires en tout ne seront pas renouvelés), Dati veut vider les prisons qu’elle a elle-même remplies, Hortefeux boute sauvagement l’immigré hors de France, Sarkozy fait main basse sur le service public audiovisuel et fanfaronne devant ses troupes : “Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit”. Pendant ce temps, le fichier Edvige visant à épier nos moindres faits et gestes est mis en place en loucedé, le plan Borloo issu du fameux Grenelle de l’environnement va passer plus ou moins à la trappe faute de capitaux, Tapie va rafler 40 millions d’euros généreusement offert par l’état et l’armée, non contente de se faire humilier publiquement par son chef, se voit sensiblement réduire ses effectifs.
Pendant ce temps, Ingrid Bétancourt est libérée par les troupes du président Uribe et Sarkozy, parmi les derniers informés, tente pourtant de récupérer l’affaire à son profit. Le même Sarkozy en fait des tonnes autour de la création de l’Union Pour la Méditerranée, projet séduisant sur le papier mais risquant fort à court terme d’être un nouveau coup d’épée dans l’eau. Pas grave, on a communiqué sur la chose, on a paradé au milieu de moult chefs d’état et surtout on s’est fait mousser. En Sarkozie, l’important est de s’agiter, pas d’avoir des résultats.
Pendant ce temps, la réforme de la constitution, toilettage présidentiel dira Badinter, est adopté à deux voix près après des pressions sur les élus dignes des républiques bananières. Pas grave, tous ces « succès » regonflent totalement notre omnipotent qui oublie à nouveau toute modestie et toute retenue. Il va jusqu’à s’ingérer dans les affaires irlandaises en affirmant que ce pays doit revoter le traité de Lisbonne qu’il vient juste de rejeter.
Après un peu plus d’une année de régression sociale sans précédent, de manipulations médiatiques multiples et variées, de confusion perpétuelle entre vie privée et domaine public, voici venu le temps du repos du guerrier. A l’issue du dernier conseil, Carla, l’ex gravure de mode reconvertie en Jackie Kennedy, peut distribuer à chaque ministre son précieux recueil de chants avant d’attirer son mari vers sa somptueuse villa du Cap Nègre. Du calme Brice, ce n’est pas un repaire de sans-papiers…

