Accueil Politique Ma vie n’est pas rose !

Ma vie n’est pas rose !

4
0
420

segolediazec2.jpgAu fil des ans et des nuits, mon jardin est devenu le témoin authentique de mon réveil. Chaque rhizome, chaque bulbeuse, chaque arbre ou arbuste, à feuillage caduc ou persistant, porte dans son inexorable poussée le souvenir de mes rêves les plus profonds ou de mes cauchemars les plus néfastes.

Obsédé par la dérive crapuleuse du système, ma vie intérieure navigue au hasard de ces ténèbres et prolonge dans sa nuit un repos indispensable mais heurté par la brutalité des faits.

Ce matin, vers les cinq heures, alors que je n’avais rien de précis à faire, mes yeux cherchaient dans la nébuleuse de mon horizon le rayon d’une étoile protectrice. Devant le néant, un frisson souterrain me traversait de l’orteil à l’occiput. Le bruit de la cafetière filtrant le café me réconfortait. Presque une présence amicale, la machine.

La bobine de la nuit mettait en place le film de ma dernière séance.

Tout avait bien démarré.

Elle est entrée dans ma pénombre telle la brume délicate d’un tableau de David Hamilton. Onirique et éthérée. Presque immatérielle. Bien que tout cela puisse sembler invraisemblable, cela est.

segolediazec1.jpg

Elle portait une robe légère à motifs bucoliques, finement ouvragés, qui me rappelait vaguement mes balades dans les jardins chics de Saint-Cloud, décrits avec délicatesse et cruauté par un Marcel Proust avec la défroque d’un Bob Dylan soudain égaré dans une autre dimension.

Mon côté sentimental, fleur bleu pour tout dire, ne fit qu’un tour. Mon disque dur, poussé par des quadruples possesseurs se mit à tourner à plein régime.

Elle, c’était Ségolène. Moi, vous vous en doutez, le couillon basique trimballant l’hybridité d’un Corto Maltèse, pour le côté aventureux ; d’un Cervantès, pour la touche picaresque de ses nouvelles ; d’un Cyrano, pour son manque de pif amoureux, et la fougue d’un bonobo !

Quelle nuit !

L’élégance m’empêchant d’aller plus en avant, je dirai, pour rester dans l’air du temps, que la balance commerciale affichait, chose rare, les voyants au vert.

Après la découverte réciproque de nos géographies physiques, Ségolène dévoilait des pans conséquents de son enfance ; sa vie de fille de caserne ; son séjour au pensionnat, puis sa scolarité près d’Épinal… Sa relation difficile au père… Ses voyages. Ses rencontres. Son mariage. Son socialisme, très éloigné des thèses d’un Michel Bakounine, d’un Jean Jaurès ou même d’un Léon Blum…

Troublée par la caresse que mes doigts lui prodiguaient, le téton gauche irisé par une brise chaude, elle marqua une pause qui ne se prolongea guère.

En toute hâte, elle enchaîna avec ses idées et le modernisme dont elles devaient se vêtir ; ses projets ; son ambition… Elle imaginait une société organisée à la manière d’un congrégation où chacun se devait de fournir sa quote-part d’efforts envers l’avenir qu’elle avait imaginé pour tous.

Au fur et à mesure de la progression de son discours amoureux, sa voix de pèlerine habitée par le devoir d’évangéliser ce qui n’avait pas à l’être, alerta mon inconscient. Mon animus donandi refroidissait déjà un braquemard pourtant en état d’alerte…

Ce matin, envoyant sur les roses mes derniers scrupules, choqué par l’aberration, j’ai définitivement rompu toute relation avec Ségolène !

Mais quand arrêteront-ils de hanter mon esprit, ces horribles cauchemars ?

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par lediazec
Charger d'autres écrits dans Politique

Oops ! Une erreur est survenue.

L'accès au blog est momentanément impossible,
veuillez nous excuser et ré-essayer dans quelques instants.

Retour ou Écrivez-nous si le problème persiste.