De tous les éléments du triste aréopage qui nous gouverne, l’un d’entre eux mérite incontestablement de recevoir la palme du plus navrant. Certes, l’heureuse gagnante eut peut-être une des trois Christine de la dream team du pouvoir en place. A commencer par Boutin, qui en un peu plus d’un an aura réussi le tour de force de faire l’unanimité contre elle. Des enfants de Don quichotte à Emmaüs en passant par le DAL, la CNL, ATD Quart monde ou encore le Secours Catholique et la Fondation abbé Pierre, toutes ces associations s’accordent à penser que, sous son règne, jamais le droit au logement n’a été aussi mis à mal. Avec ses ridicules opérations de communication pseudo-polémiques, orchestrés par le très sourcilleux Emmanuel Chain, la bigote aux binocles rate de peu la marche suprême. Nous lui accorderons généreusement le prix spécial du jury…
Lagarde ou plutôt Lagaffe frôle elle aussi le podium. Indéniablement, la grande prêtresse du libéralisme se sera trompée sur toute la ligne et dans les grandes largeurs. On se rappelle ses bourdes à répétition genre « Essence trop chère ? Roulez à vélo ». Ou encore plus récemment, son prophétique « la crise systémique est derrière nous » tandis que la France sombrait inexorablement une semaine plus tard dans le chaos financier et économique. Pour tout ça et plus encore, l’ancienne femme d’affaires démontre chaque jour un peu plus qu’on peut être à la fois une sémillante gagnante du business privé et un accident industriel au sommet de l’état. Pour sa clairvoyance et son sens de l’anticipation, le prix Paco Rabanne récompensera l’ensemble de son œuvre.
Albanel, elle, c’est autre chose. On ne peut pas dire qu’elle fasse couler beaucoup d’encre. L’Amazonie ne risque pas la déforestation à cause de la dame de la culture tant elle inspire peu de papiers sur sa personne. Heureusement pour sézigue, l’omnipotent a eu une révélation quant à la suppression de la publicité sur le service audiovisuel public et elle est obligée à l’insu de son plein gré de faire passer la réforme au forceps. Sinon on aurait presque oublié qu’elle existe. Elle a déjà accompli l’exploit de faire disparaître le ministère de la Culture, faut pas lui demander non plus de décrocher la queue du Mickey. Le prix Mandrake lui sera aimablement décerné pour ses dons indéniables de prestidigitation.
Non, le vainqueur de ce festival du pire reste et restera longtemps encore l’immense Bernard Laporte. Chaque jour que dieu fait ou qu’il ne fait pas, nous apporte un lot de
perles distillées par le divin chauve. Plus fayot que lui tu meurs. Le doigt sur la couture de son survet tricolore, il ne sait pas quoi inventer pour faire plaisir à son chef. Le patron ressort Guy Môcquet du tiroir de l’histoire. Ni une ni deux le fidèle courtisan fait lire la lettre du résistant à ses joueurs avant un match capital de coupe du monde. Résultat des courses, les joueurs tétanisés par l’événement se ramassent en beauté contre des pumas argentins qui n’en demandaient pas tant.
Plus récemment, le dabe pique un coup de colère quand la Marseillaise est sifflée au stade de France. Pas d’état d’âme chez l’ancien demi de mêlée, il monte illico au créneau et déclare sans vergogne qu’il ne faut plus jouer contre les pays du Maghreb à Paris. Ni plus ni moins. Il oublie que la veille, il a relativisé l’événement qualifiant en substance les sifflets d’anecdotique. L’incident diplomatique, il n’en a cure. Ce qu’il faut avant tout, c’est montrer les biceps. Même voire surtout quand on traîne une casserole d’affaires plus ou moins fumeuses derrière soi. Cerise sur le gâteux, le garçon sait aussi faire preuve d’une pataude grossièreté. Sa récente prestation sur le plateau de Stade 2 quant à sa non-paternité de l’héritier Dati prouve définitivement qu’il n’a pas usurpé son trophée…
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