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Xavier B. Chien-assis et fenêtre sur croupe

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ruminancebertrand2.jpgOn reconnaît un bon ministre à la souplesse de son échine devant plus puissant que lui et à la dextérité labiale dont il use pour défendre l’idée qu’il se fait de son supérieur et de sa carrière. Point de récompense sans soumission peut-on lire sur le fronton du carriérisme professionnel.

Tout gouvernement a, dans une équipe de caractériels, son chien assis. Le bon bedonnant, sourire béat, s’amusant à regarder la meute se mordiller les pattes dans un bordel qui n’a rien de joyeux, mais qui lui assure la tranquillité du maître de férule.

Qu’on ne s’y trompe pas : la politique est un métier, le mensonge une industrie. Paradoxe de l’époque : plus l’individu et les sociétés gagnent en savoir et en esprit d’analyse, plus mensonges et grosses ficelles semblent facile à administrer…

La sueur de son embonpoint perlait sur le gazon comme autant de points de rosée. Au déclic de l’éclairage extérieur, les renards quittaient mon jardin avec la fulgurance habituelle. Ma première pensée prit la direction du poulailler.De temps en temps, une volaille disparaît. Surtout en période de reproduction chez les renards. Ma femme m’engueule. Mes voisins me reprochent mon excès de distraction.

Pauvres renards ! Plus un centimètre carré de tanière. Obligés de fouiller les poubelles de la ville à l’heure du laitier pour trouver de quoi soulager un ventre affamé. Une véritable dérive. Les mères cherchant pitance n’importe où. Les pères se consolant chez le psy ou chez Jean-Luc Delarue, déguisés en ectoplasmes pour expliquer le comment du pourquoi à un public assidu.

Comme d’habitude, ma nuit dansait avec le jour une java lancinante.

Ah ! Le pauvre. Il couinait comme un verrat, la tête congestionnée par l’afflux du sang.

Il était pendu par un orteil à la branche la plus solide du cerisier.

« Que vous arrive-t-il, mon pauv’ monsieur ? » Sans me laisser le temps, il tissa sa laine :
«Mon histoire est un désastre… Elle miaulait dans les salons, exprimant, m’a-t-il semblé, une solitude désespérante. Son maître l’ayant quitté pour aller chiper je ne sais quel stylographe dans je ne sais plus quelle contrée, elle semblait désemparée. Elle allait et venait au gré de j’ignore quelle nécessité.La voyant désœuvrée, affichant des carences propices, téléspectateur attentif de « Desperate Housewive », j’allais au renseignement. Son désarroi semblait évident. Sa détresse avérée. Mon envie paroxystique. De nature circonspecte, je me montrais discret, avançant mes pions avec précaution, attendant, moi aussi, à savourer le bon morceau. Comprenez, la vie est faite de bons ou de mauvais morceaux. J’avais choisi le mien. Je ne suis pas beau, vous pouvez aisément l’imaginer, mais je possède le charme discret d’un bon parfum. Le cas échéant, je peux y mettre le prix ! Je me suis approché avec cautèle. Aidé par une bonne mémoire, j’ai développé des artifices que j’avais retenus en lisant des magazines féministes et les livres de Donatien-Alphonse-François de Sade que ma frustration poussa sous mon oreiller d’enfant modèle à une époque où la formation sexuelle montrait certaine contrainte dans le foyer familial.

Je distillais des convictions hypocrites, cédant avec conviction à l’injustice dont les femelles font l’objet quotidiennement.

Bref ! Je tissais une toile redoutable dont je n’imaginais point le revers.

Elle était belle, attirante. Andante comme une plainte lascive !

Quand je la regardais marcher dans les jardins du palais, sa silhouette élancée produisait un allegro que mon vibrato faisait ronronner sans le moindre moderato.

Mon petit mandrin toujours prêt à s’adapter, chantait, chantait.

J’avais beau avoir l’esprit froid du fayoteur attentif, il est des circonstances où la tête perd son sens de l’orientation.

Nous nous sommes surpris, bave à la commissure, une tripotée de chiens hurlants à nos pieds, sans que nous sachions ce que raison voulait dire.

Nous hurlions au désespoir et à la douleur s’ajoutaient des coups de pieds se perdant sur mes côtes avec force pugnacité… »

bertrand01.jpgPauvre Xav ! Je l’ai tiré de ce mauvais pas, comme on tire une bête piégée par la meute ministérielle. Je l’aidais du mieux que je pouvais, l’accompagnant à l’abri du car, tôt le matin, comme on conduit un collégien apeuré par la journée qui l’attend. Il s’est perdu dans le brouillard matinal en quête d’autres chien-assis.

Depuis, dans les couloirs du palais, au-delà de minuit, on entend un miaulement lugubre se propager le long des tentures…

Certains parlent de Carla B., mais ceci est une autre histoire.

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17 Commentaires

  1. b.mode

    13 décembre, 2008 à 20:40

    Clair breton, il a donné son arrière train pour siffler au moins trois fois. Le mitan ?

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  2. mancioday

    14 décembre, 2008 à 1:22

    Le chien aboie, le maître se pavane. De Lefevre à Pailler en passant par Bertrand, chacun rivalise de mauvaise foi. C’est à celui qui en fera le plus, à celui qui bafouera le plus son honneur et ses convictions.

    Norbert Elias avait écrit un remarquable bouquin intitulé « la société de cour ». En le relisant, il est stupéfiant de voir que le comportement de nos gouvernants n’est pas si éloigné que ça de celui du XVII et du XVIIIeme. La république a pourtant chassé la monarchie mais le culte du chef demeure, et persiste. Jusqu’où iront-ils par ambition ?

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  3. clarky

    14 décembre, 2008 à 11:40

    au moins à l’ump, on se rend compte que c’est encore mieux qu’au ps, chez ces gonzes, nul besoin de débats injurieux, d’émotion en censure, de caporaux ou lieutenants fielleux, rien de tout cela, juste le fait du prince qui impose son diktat, désignation unilatérale avec vote à main levier.
    faut que ça plane pour bertrand jusqu’en 2012 et ensuite pourquoi pas un strapontin à matignon.

    maintenant, quand loulou ne sera plus là (vers 2017) verra t-on les souris danser à l’ump ??!!??

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  4. b.mode

    14 décembre, 2008 à 11:49

    De tous les thurifèraires (putain je cause riche) du monarque, Bertrand décroche la palme du suceur le plus actif. Sont nominés également, Nadine, Brice sans oublier notre French doctor national… j’ai oublié quelqu’un ?

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  5. lediazec

    14 décembre, 2008 à 11:55

    Jacques Attali ? Apparemment, après Kouchner, lui non plus ne supporte pas la contestation, puisqu’il va jusqu’à quitter le plateau télé où il était invité.
    Ah ! Le clan des renégats éprouverait-il quelque difficulté à assumer ses choix ?

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  6. clarky

    14 décembre, 2008 à 11:59

    exact, le sucé leur monte à la tête

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  7. b.mode

    14 décembre, 2008 à 12:05

    Nerveux les gens du pouvoir… La rue gronde… Chassez le ridicule…

    http://www.dailymotion.com/video/k6GK7HtsyQcUXVSpZ3

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  8. lediazec

    14 décembre, 2008 à 12:12

    Hélas ! Comme le souligne justement clarky, en face il n’y a rien. La gauche se désagrége.Les responsables d’un parti pouvant contrer la politique sarkoziste, se tirent dans la gueule à la balle dum-dum. Normal, dès lors (sans jeu de mots), que le seigneur et ses sbires se baladent en ville à la façon dont jadis le faisait feu le Duc de Guise.
    Mais, la gauche, a-t-elle vraiment envie de prendre les affaires en main ? Ecoute-t-elle la voix qui monte des bas-fonds ?

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  9. lediazec

    14 décembre, 2008 à 12:22

    Encore mieux. Noël s’annonce de tonnerre ! Sans doute rembruni par des affaires très aubade, c’est Dominique Strauss-Kahn qui l’affirme : « en 2009 la crise sera pire… Aucun pays ne sera épargné… »
    Cela va permettre au nain de s’agiter un peu plus.
    Comme on dit chez les marins : « arrête de ramer, t’attaques le sable ! »

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  10. clarky

    14 décembre, 2008 à 12:49

    pour l’instant la gauche se cantonne à une banale histoire de guerre de religions, entre les protestants du npa, les cathodiques de notre dame de melle, les dogmatiques peinturlurés de rouge, les verts singulièrement trop prêcheurs dans le désert, les fondamentalistes réunis qui ne perdent pas le nord, etc etc…

    alors oui breton, des bas-fonds des paris demeurent quelques mystères, la bête gronde mais semble encore bien docile tant on tend l’autre joug, fléau d’une balance sans véritable justice sociale.

    la gauche parle de son nombril, de ses fautes d’orthographes, de ses nouveaux partis, de ses dissidences salvatrices à qui veut bien le croire, la palme en revient néanmoins au ps, parti de cols blancs qui nous prend pour des colverts, sauf qu’à l’arrivée cela risque de faire pan sur le bec!!!

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  11. Liberty

    14 décembre, 2008 à 17:12

    NWO expliqué en 2 heures, méthodes, moyens actions :

    http://video.google.com/videoplay?docid=-8432681533459867510

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  12. b.mode

    14 décembre, 2008 à 19:38

    Je vois pas bien le rapport avec la choucroute…

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  13. lediazec

    14 décembre, 2008 à 20:04

    J’avoue une certaine perplexité entre le contenu de mon papier et le lien que tu fourgues, cher liberty. Aucun lien de parenté avec l’homme qui tua Liberty Valance de John Ford ?
    Mais bon, les lois du très haut sont fort impénétrables, si je puis dire.

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  14. b.mode

    14 décembre, 2008 à 20:07

    ça sent la miss tic ! complément idéal pour un nain en vogue ! :mrgreen:

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  15. mancioday

    14 décembre, 2008 à 23:25

    Les théories conspirationnistes fleurissent en ce moment. Y a t-il un effet Yves Bertrand ?

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  16. clarky

    14 décembre, 2008 à 23:48

    sur les bords de la miss tic river, le juste prit sa roue de l’infortune et sombra faute d’avoir fait attention à la marche…

    son compte est bon me murmure un certain bertrand R

    punaise, faut plus que je me farcisse des matches de merde comme celui de ce soir, après ça me liquéfie le bulbe rachidien, déjà qu’en temps normal c’est pas paname…

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  17. lediazec

    15 décembre, 2008 à 0:05

    Ah, pour être un match de merde, c’en était un ! Cela dit, la tête de pet de Claude Puel, fait plaisir à claquer.

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