Chacun consomme l’information comme il l’entend, moi-même, j’ai la pérégrination télévisuelle assez disparate.
La folie ordinaire me prend sur les coups de 19 heures, y’a du Pavlov en moi.
La mise en bouche est relativement rapide, la prise addictive d’ infos débutant par un 19/20.
Même las, faut avoir les ratiches bien ancrées parce que l’industrie journalistique nous invite à broyer du noir…j’aurais tendance à appeler ce phénomène de la discrimination positiviste.
L’effet rien que l’effet, on ne recherche pas forcément la logique de la démonstration mathématique mais plutôt celle de l’audimat émétique.
L’auguste conte ses thèmes, enchaîne in my heart les accidents du jour de façon, parfois, à déstabiliser le blafard clown que je suis et qui panse ses idées noires.
Le numéro est habile et l’univers qu’il dépeint s’invite dans un quotidien déjà passablement grisâtre.
D’une voix monocorde et sans trémolos, juste après avoir consommé du milliard en héritage, la future voix de son maître étale les relations constantes qui unissent les phénomènes permettant ainsi d’expliquer la réalité des faits.
Vous n’avez rien compris, je vous rassure moi non plus sur le coup, donc après décryptage, il fallait entendre « qu’un énième sdf est mort cette nuit ».
S’ensuit un vague reportage de 30 secondes voire 1 minute 20, histoire de nous foutre mal à l’aise et tenter d’expliciter pourquoi on crève de froid ou de gangrène quand on dort à la belle étoile, et non « la belle étoile » n’est malheureusement pas le nom d’une charmante résidence pavillonnaire d’un quartier chicos pour cspp.
L’émotif que je suis s’en prend plein la poire, et la colère aidant, a des envies de tout péter.
Il n’y a pas de morale à cette histoire, juste le mot « râle » tant on ne peut pas se contenter de quelques secondes dans un JT pour s’émouvoir et se féliciter hypocritement de ne surtout pas être dehors à leurs places.
La frénésie céphalique se poursuit avec un prime trime consacré « aux nouveaux visages de la précarité ».
Delarue ouvre le robinet de la solidarité participative, l’audience semble assurée, le présentateur un peu moins.
Marrant comme l’on semble découvrir que la France soit aussi le pays du quart-monde, charité bien ordonnée commence par soi-même, surtout pour remplir le reservoir prod de biffetons.
Alors certes, je ne remets pas en cause la sincérité du bonhomme parce que ce genre d’émotion (de mission et d’émission), même si elle se veut informative, laisse tout de même un goût amer. On y voit des gueules cassées, encore que celles présentes sur le plateau ont été savamment choisies. Les cas ne sont pas extrêmes dans le sens ou l’on ne nous impose pas les déglingués les plus désespérés, si tant est que le cynisme permette de classifier les multiples degrés de la douloureuse déchéance humaine et morale. On y voit des gens d’horizons pas si lointains, ça pourrait être vous et ça pourrait certainement être moi tant je me reconnais dans certains de ces parcours de vie. En l’espace de deux bonnes heures, on s’oublie complètement, on écoute simplement ces histoires d’un autre quotidien, on partage leurs pleurs et leurs peurs, on fait abstraction d’un Delarue semble t-il plus emprunté même si ça se discute, on a envie de connaitre le numéro personnel de l’omniprésent pour lui rappeler que dans la France de Nicolas, il ne devait plus y avoir de sans abri d’ici 2009 et qu’il serait toujours temps d’en discuter autour d’un gueuleton sans prétention au Fouquet’s. Que retient-on de ce montage finement assemblé de façon à faire dans un pathos exacerbé??!!??
Assurément, que le brave Jean-luc s’enorgueillit de l’impérieuse nécessité qu’a le service public, et France 2 en particulier, de faire ce genre d’émission, sous-entendus à peine masqués, et effectivement, on voit mal la Bouygues compagnie nous gratifier, après l’ânesse de 20 heures, d’une toile néo réaliste sur la perdition de la bête humaine.
A la rigueur, quitte à bétonner et à parfaire l’enrobage, la programmation d’un Jugnot avec « une époque formidable » fera double effet, faire rentrer de la caillasse tout en distrayant.
Ces bateaux ivres égrainant leurs naufrages m’amènent inlassablement sur les rivages de l’ampathie et me replongent dans les deux années de bénévolat faites aux restos du coeur, rejaillit la révolte crasse, la haine mal contenue face à l’abondance de fric d’un côté et le néant de l’autre.
J’entends à nouveau les diatribes assassines de mes voisins toubibs, dont le but premier est de bien mettre en évidence leurs signes extérieurs de richesse, proclamant lors de repas d’été en plein air combien il était insupportable de subir cette société de l’assistanat, cachez ces essaims que nous ne saurions voir, nos impôts servent à entretenir des parasites improductifs, etc, etc, je grossis à peine le trait tant mes oreilles en ont souffert d’entendre tant d’inepties. Ces gens , cru bourgeois de la droite la plus réac que j’exécre, symbolise les idées du candidat sarko lors de sa campagne, cette grande et noble idée de la France qui travaille, qui se lève tôt, sauf qu’avec un bon avocat fiscaliste et les bonnes niches on entend à peine le chien aboyer…
Le générique de fin permet de reprendre le cours insipide de l’avis, curieusement l’impression rétinienne se dissipe, je reste affalé comme une merde, partagé entre résignation et colère, et in fine je me rends à l’évidence, déjà bien ancrée dans la caboche, que rien ne changera, qu’un reality show ne sert qu’à renforcer ce sentiment de malaise qui me hante depuis des lustres, et que j’aurais peut être du faire comme tous ces gens biens qui se pavanent avec un iphone en main et qui semblent épanouis au plus haut point.
De cette ligne marginaux, j’entends poindre la dernière salve d’une mitterrandie soudainement asservie.
La riposte se fait compatissante, oscillant entre révolte feinte et complaisance au pouvoir,
émerge de la mire le beau Serge.
Moati le courtisan s’épanche lui aussi sur cette manne médiatique que sont les exclus, son style se prête à un certain lyrisme, mécanisme immuable de la télé, je sens bien que le prompteur n’est pas tout à fait maîtrisé, mais je ne m’attarde que très peu sur l’édito du maitre de cérémonie.
L’inclusion de l’exclusion dans ma sphère privée prend l’apparence d’un Augustin Legrand.
Sergio se pose en contradicteur de la société si vile, agite ses mains comme les ailes agonisantes de l’éphémère sur les bords de l’actualité malmenée.
Douce transe, cher pays de mon enfance,bercée de tendre insouciance je t’ai gardée dans ma rancoeur.
Les années folles s’invitent dans mon esprit, l’individualisme redessine les contours des utopies d’antan, le surréalisme prend forme et donnera sa pleine mesure sur l’enfumé quai des brunes, l’autel du nord émerge surlignant les palanquées de Jemmapes.
Ecce homo, Legrand entame sa plongée dans la faste période des tentes glorieuses, du « aux armes et caetera » entonné par des troupes d’aguérilleros, s’opposera le « oh hisse enculés » de la marée fortement chaussée.
Médiatiquement le coup fera date, mais il n’en demeure pas moins des zones d’ombre.
Revenant d’entre les mors, le cheval de bataille des Don Quichotte entame une nouvelle ruade tout en cavalcade maîtrisée.
Face à un Moati désarçonné, la réplique du Queshua est sismique, les tremblements de Sergio en témoignent.
J’assiste quasi religieusement à l’énervement millimétré de Saint Augustin.
Tout y passe, des promesses non tenues aux trompe-l’oeil de sarkoland il se voit opposer la réalité des chiffres soufflée par son interlocuteur pas tenté si je puis dire…
Apôtre de glandeur et des cadences, j’allume une sèche à défaut de cierge, la boite à images me renvoie à des faits maintes fois constatés, où sont les médias quand l’été les « désocialisés » sont encore plus touchés qu’en hiver, le traitement de l’information se fait à coup de perfusion évènementielle, de plus, le jeu de qui veut garder ses millions empêche certains de trop la ramener pour pousser le moindre chant des partisans, entrer en résistance contre son bailleur de fonds semble suicidaire surtout avec l’avènement de notre grand manie tout.
Alors que le poli tique sournoisement, je m’empresse de constater que la cigarette n’est pas seule à tuer, l’hypocrisie aussi…
http://www.france5.fr/ripostes/
Les promesses de l’aube d’une victoire présidentielle jouent sur l’ignorance plus ou moins avérée d’une société, tant que le bois de Vincennes servira de mouroir pour cette armée des ombres qui refuse le parcage obligatoire dans les cas d’urgence, Boutin pourra toujours se vanter d’avoir une action volontariste et qu’elle en a les moyens.
Le café de l’hagard que j’ingurgite me donne péniblement la force de m’extirper de ce foutu fauteuil, j’étreins délicatement le bouton et laisse tressaillir le faisceau lumineux qui s’abandonne dans un soupir électrostatique.
Le grand sommeil me happe et le syndrome lediazec du cauchemar entreprend son office insidieusement .
http://www.dailymotion.com/video/kbqBwGqLzisKtCSyyn

