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Noël c’est pour demain

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Autrefois, pas plus tard que hier

Peut-être même aujourd’hui, qui sait

Quand le ciel crachait des wagons d’incertitudes

Que le hasard maraudait le refuge

Que l’humain dansait avec rien, broutait n’importe quoi,

Guettant le danger, mourant d’un coup de croc,

D’un coup de froid, d’un coup de chaud,

La tête enfoncée dans les ténèbres, la boue dans le cerveau

Quand il mourait d’un coup de bâton donné à la volée

Parce qu’on ne nourrissait que haine et terreur

Armé de breloques, de grigri, d’un néant qui faisait peur

Priant le repli d’on ne sait quel improbable bonheur

A coups de douleurs, la lumière vint éclairer le sort,

Le ciel tourmenté des grimaces suppliant la faveur

Parce qu’une onde poétique l’avait saisi

Que l’esprit l’avait dégrossi

Poli et dépoli avec les rides d’un cri

Parce qu’il s’est dit…

Pas plus tard que hier

Pas plus tard qu’aujourd’hui

Que tout à l’heure ou demain

Qui connaît l’instant où la vie vient

Qui sait l’endroit où elle prend son dernier train

Parce que nous n’avons pas fini de rêver

Parce que brouter n’est pas manger

Parce que guetter sa proie au point d’eau

N’est ni noble ni bon

Parce que sentir son odeur, suivre sa trace

Entendre son souffle

Victime et prédateur ne trouvant pas de mots

Pour danser autre chose qu’un chant de mort

Plus de vie. Plus d’amour. Plus d’envies…

Plus de nuages à partager

Plus de couleurs

Plus de ciel ou des paysages à espérer

Parce que ruine, misère, colère

Balancent je ne sais plus quel constante macabre

Dans le royaume de la cupidité et de l’injustice

Chut ! Quelqu’un approche

Un bruit se propage. Ouvre ses pages

Un oeil s’ouvre sur l’aurore

Dans le cauchemar des impatiences

Une main tendue

Une main fendue

Une main confondue

Mon humain le frère

Comme celui d’avant

Comme celui de plus loin

Les frondaisons font des va-et-vient

Quand le croissant craque entre tes doigts

Quand le vin blanc tremble dans tes mains

Quand tu cries dans le silence

Et qu’ensemble on dégueule les embruns

Il fait toujours nuit et c’est déjà demain

Toujours frères

Toujours humains

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9 Commentaires

  1. b.mode

    23 décembre, 2008 à 2:55

    Un peu de poésie dans ce monde de brutes, ça fait du bien ! Bonnes fêtes de nono, breton !!! ;)

    Répondre

  2. mancioday

    23 décembre, 2008 à 12:25

    Ca tonne et sonne comme du François Villon. C’est aussi beau tout du moins, merci de continuer de nous convier à tes songes, trop souvent empreint de réalisme…

    Répondre

  3. lediazec

    23 décembre, 2008 à 20:38

    Merci Mancio. Très flatté, mais la comparaison me semble excessive, même si résonance il y a. L’écho n’étant que murmure lointain et, oui, parfois familier.
    Hélas ! Je n’en ai pas le talent de ce sacré François.
    A propos : je viens de finir la lecture de « Le voyage dans le passé » de Stefan Zweig. Un sacré noeud gordien. Il m’a laissé btout chose. Même qu’il turlupine plus que de mesure. Je tâte l’insondable pour tâter une brêve ici même.
    Mais par où commencer avec quelqu’un dont vous avez lu 33 livres et dont la mort vous laisse perplexe ?
    A Noël, on dit souvent des choses très inquiétantes…

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  4. mancioday

    24 décembre, 2008 à 14:00

    Si si, ose.

    J’attends de lire ça avec impatience.

    Répondre

  5. b.mode

    24 décembre, 2008 à 14:01

    Lâche toi, brigand ! ;)

    Répondre

  6. clarky

    24 décembre, 2008 à 18:00

    je ne te flatterai pas cette fois, j’ai promis de ne plus le faire.

    et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie…ce soir c’est alcools.

    bonnes fêtes breton.

    Répondre

  7. mancioday

    24 décembre, 2008 à 19:06

    Apollinaire ?

    Répondre

  8. lediazec

    24 décembre, 2008 à 21:18

    Vite fait. Bonnes fêtes !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  9. clarky

    25 décembre, 2008 à 22:59

    vi rital, c’est guillaume.

    Répondre

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