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Stefan Zweig, l’ami réel

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Tout écrivain est un ami. Peu importe la racine des choses qu’il soumet à votre jugement. Sa vie est une danse. Une sarabande qu’il professe au milieu d’un sentiment diffus. Quelque chose qui vous suit et dont vous ignorez l’élément moteur.
Son premier mot est un geste. Son premier geste est une émotion. Un point d’exclamation et une interrogation : Pourquoi ?
Le sait-il lui-même ? C’est dans le pourquoi qu’il deviendra lui-même. Mais cela il ne le sait pas devant sa toute première page. Ni lui ni personne. Ni devant les suivantes non plus. Il ne le découvrira qu’à la dernière. Et encore ! Au Brésil. Dans une chambre d’hôtel, en se donnant la mort. Pourquoi ?

Stefan Zweig est de ces écrivains qui vous connaissent avant de savoir qui il est avec certitude. C’est en dévoilant ses personnages qu’il fait sa propre découverte.
S’il y a un auteur à découvrir ou à relire aujourd’hui, je vous le conseille. Ce type décline son identité au pied de la roche. Pour le déloger, il faut se munir d’un opinel. Il fait partie de l’espèce la plus prisée sur la côte bretonne : l’haliotide. Quand il accroche, il vous accroche ! Pourtant il était autrichien.

« Vie d’autrichien, vie de rien », disait un amateur éclairé, ibère de son état.
En vrac : « Amok », « la pitié dangereuse », « la peur », « le candélabre enterré, » « vingt-quatre heures de la vie d’une femme », « le joueur d’échecs », « les très riches heures de l’humanité », « Magellan », « Erasme », « Castellion contre Calvin », «Balzac»…
Comment oublier un mec qui a mis l’Europe au fond de ses préoccupations à une époque où l’Europe et le monde n’étaient que balbutiement et folie ?

Comment oublier qu’il était l’ami de Romain Rolland et des pacifistes de feu 14-18 ? Comment oublier Freud dans son aventure intérieure ? Groddeck ? Et tout ce que l’Europe comptait d’intelligence et de savoir-penser ?
Comment oublier son joueur d’échecs dans son livre éponyme ? Cette bagarre implacable contre l’obscurantisme et la folie d’un monde dingue !
Comment oublier Zweig, mon ami de toujours et le votre bientôt, j’en suis sûr !

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10 Commentaires

  1. b.mode

    26 décembre, 2008 à 20:45

    Je connais bien sûr de nom mais j’avoue n’avoir pas lu une ligne de cet autrichien-là… Qu’il soit pacifiste, proche de Freud, traducteur de Baudelaire,Verlaine ou de Rimbaud, incite à qu’on le découvre. Ta prose aussi, breton ! ;)

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  2. lediazec

    26 décembre, 2008 à 21:03

    Pour clarky, en livre de poche (biblio), je conseille : « Les très Riches Heures de l’humanité », enrichies de deux nouvelles que je n’ai pas encore lues. Je ne connais que la version espagnole qui date… : « Horas estelares de la humanidad »
    Un détail important : il était considéré comme auteur allemand, mais il était bel et bien autrichien, la nuance est importante, tout comme le mec.
    « Etre né quelque part », dit la chanson.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  3. b.mode

    27 décembre, 2008 à 14:50

    Premier paragraphe de toute beauté, breton ! sissi imperator ! :)

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  4. clarky

    27 décembre, 2008 à 16:40

    tout comme le bovino, je ne connais zweig que de nom, jamais rien lu de lui, certainement par fainéantise intellectuelle induite par une non moins ignorance avérée, mais surtout mon esprit se tourne plus que tout vers le polar noir.

    je te promets de lire «  »les très riches heures de l’huma » breton, d’autant que je dois faire une commande bouquins d’ici quelques jours.
    je repasserai ici même pour laisser une vague impression de ce que mon moi maladif en aura assimilé.
    et comme dirait kant (qui m’aura anéanti le peu de parcelles cérébrales encore fertiles à l’âge où je ne pensais qu’à folâtrer auprès des jeunes filles en fleur), si l’on part du postulat que toute représentation se doit d’être portée par la conscience, techniquement cela se traduit par l’aperception transcendantale de soi-même… enfin, personnellement à l’époque, mon je transcendantal prenait pleinement conscience que l’ego cintré que je fus n’aspirait qu’à exprimer son moi de façon empirique, et l’empirique de l’époque se nommait florence, une brune fougueuse et mutine…

    pute vierge, je ne me suis pas encore remis du vieux marc de gigondas, je tiens plus l’alcool, terrible!!!

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  5. fuchinran

    28 décembre, 2008 à 3:27

    Bonjour,

    Faute de lien privé pour vous contacter, je me permets de le faire via votre site.

    Je m’appelle Sandrine (Fuchinran) et je suis la webmaster d’un magazine généraliste et participatif Esprits Libres, un site qui cherche à cultiver sa différence, qui se veut le sérieux d’un magazine, la richesse du foisonnement des blogs, la diversité des opinions politiques, qui va des sujets d’actualité, économiques, politiques, de société, jusqu’à la recette de cuisine, aux critiques sur les biens culturels aux récits et conseils de voyages, de jardinage ou de bricolage, en passant par tous les aléas de la vie quotidienne et les témoignages les plus personnels… J’ai lu avec intérêt votre article d’Agoravox et je pense qu’il aurait tout à fait leur place sur un magazine comme le nôtre. J’aimerais donc savoir si vous accepteriez d’être diffusé sur Esprits Libres. Evidemment, cela se ferait avec toutes les mentions des sources et les renvois vers les liens originaux avec un compte dédié de manière à ce que vous puissiez toujours intervenir, modifier, supprimer et exercer tous vos droits d’auteur.

    Notre projet ? : Offrir une synthèse pertinente de tout ce qu’on peut trouver sur Internet, sans renoncer à l’aspect généraliste et à une information accessible et utile, surtout en privilégiant les discussions autour des contenus pour mettre en perspective les idées. Une véritable exploration où chacun devrait pouvoir trouver à nourrir ses attentes…

    Notre souhait ? : associer des contenus d’experts, de personnes ayant des compétences spécifiques à des contenus d’amateurs, de citoyens engagés et de passionnés. Nous misons sur une exigence de qualité, sur la variété des contenus et un esprit d’engagement et de partage : seul comptent les idées, les convictions et les passions. Notre site compte environ 200 catégories, des plus génériques aux plus spécialisées, en accord avec les compétences et les affinités des contributeurs.

    Esprits Libres ne doit pas un être un simple et énième agrégateur pour servir de relais publicitaire, même si vous pouvez ajouter un lien vers votre site en signature de vos contributions, mais il s’agit plutôt de le transformer, au fil des jours, en plateforme d’intelligence collective au service du plus grand nombre, qui permet surtout de mettre en lumière les richesses de vos savoirs et de vos expériences et de varier les points de vue …

    Nous sommes à la recherche de contributeurs, auteurs ou commentateurs ou les deux dans le meilleur des cas, qui nous permettent de transformer Esprits Libres en magazine de référence, pour la qualité et la richesse de ses contenus dans tous les domaines qui font le quotidien et l’actualité. Si vous le souhaitez, la publication d’articles peut être prise en charge par un système d’importation automatique des flux RSS de votre blog ou par notre équipe éditoriale. Certes, Esprits Libres est modeste (entre 4000 et 6000 visiteurs par jour) mais il pourrait aussi vous permettre de faire découvrir vos opinions et éventuellement le ou les sites où vous intervenez.

    Le site est : http://www.forumdesforums.com

    Dans l’attente d’une réponse.

    Fuchinran

    Répondre

  6. b.mode

    28 décembre, 2008 à 8:11

    Bonjour Sandrine,
    A priori, il ne devrait pas y avoir de problème pour répondre positivement à votre demande mais il s’avère que nous sommes quatre sur ce blog dont deux à ma connaissance sont publiés sur Agoravox. Aussi pour que la personne ad hoc vous réponde, pourriez vous préciser de quel article il s’agit ?
    Très cordialement

    Répondre

  7. mancioday

    28 décembre, 2008 à 11:15

    Bel article, ça donne envie de se replonger dedans. Ca a du vraisemblablement secoué Clarky pour qu’il se laisse aller à des songeries kantiennes.

    Répondre

  8. clarky

    28 décembre, 2008 à 16:46

    voué enfin, c’est surtout de me remémorer l’apprentissage de kant par la délicieuse florence qui m’aura agité le périscope, pis n’en déplaise au breton et sans vouloir l’offenser, kant à l’époque j’en avais quasiment plus rien à secouer, et question secousses, un tremblement de terre sur florence ça te procure quelques bonnes décharges.

    pour redevenir sérieux trente secondes, je viens de commander sur l’amazone deux bouquins de zweig, celui conseillé par l’îlien et « fouché », j’ai pris d’autres livres mais je ne voudrais pas ternir le peu de crédébilité qu’il me reste.

    Répondre

  9. lediazec

    28 décembre, 2008 à 19:30

    @clarky.
    Extraordinaire oubli de ma part et non moins extraordinaire choix de la tienne, le Fouché. Un sacré Joseph, l’animal ! Un véritable roman politico-policier, avec la touche barbouze qu’il faut pour rendre le récit époustouflant.
    Très, très, bon choix. Napoleon lui-même, occupé à guerroyer je ne sais plus où, entre deux assauts, a eu ce mot sur ce monsieur très laid (séquence extraordinaire), je cite de mémoire (pardon pour l’exactitude): « Et Fouché est à Paris ! »
    Génial.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  10. b.mode

    3 février, 2009 à 15:49

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