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Chaque livre a son double

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Le vice étant mère et vertu, je suis revenu dans mon grenier afin de dénicher de quoi alimenter ma chronique livres sur Ruminances.
A vrai dire, je n’avais pas l’esprit à ça. Mon grenier, c’est exactement l’image que la planète donne d’elle même, politique et économie confondues, haine et guerre en moins bien entendu.

Je me suis installé au milieu de l’arène, civilisation en état de décomposition, cherchant, farfouillant dans les décombres, dandinant comme un pauvre pêcheur en quête d’un bonheur improbable, entre une oeuvre de Fénelon, auteur lointain des « aventures de Télémaque » et un Michel Zévaco et son « Triboulet », de quoi ne pas perdre raison, la bande de Gaza scotchée dans la tête comme un interminable cauchemar. L’histoire du monde et de ses crimes à date ponctuelle. La mort et son catéchisme. Obama et un certain répit. Obama et cette rose blanche qu’on cherche à cultiver « en junio como en enero » dans le calendrier de nos peurs.

L’écriture c’est de l’image. C’est de la parole. C’est de la colère. C’est de l’impuissance. C’est beaucoup de triche et autant de dégout. Comment dire à monsieur Bernard-Henri Levy , entre autres, que juif ne doit pas rimer avec état criminel sans passer pour un moins que rien ? Comment dire à des Dieudonné et à son soutien national que le fait de ne pas souffrir BHL, ni la politique criminelle d’Israël n’implique pas la caution des thèses du Front National, ni celles tout aussi douteuses des frères musulmans ? Comment dire que la liberté n’a pas de prix ? Qu’aucune politique, aucune religion, ne doit, en aucune circonstance, prendre le dessus sur un droit mondialement reconnu et constamment bafoué ?

Un livre ? Oui, je veux vous parler d’un livre. Il est là. Il tend la main. Un ami de passage l’avait oublié dans la chambre de passage de notre maison dans les années 90. Je l’ai ramassé. Rangé. Oublié. Un livre pas cher. Un livre qui parle d’amitié. Un livre qui parle de misère et de temps difficiles. Un livre qui chante et qui diffuse un parfum. Un livre télépathique qui tombe de l’étagère, vulgaire passant, dont chaque mot, chaque phrase, chaque mouvement vous incite à devenir sinon l’égal de l’auteur du moins son semblable. Son meilleur ami.
« L’orgie », suivi de « 1933 fut une mauvaise année ».
John Fante, c’est canon !

Musiques

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19 Commentaires

  1. b.mode

    25 janvier, 2009 à 21:07

    Bah voilà quoi… Respect à toi. Que dire de plus… Tu mets les mots sur les maux… Une homonymie si actuelle…

    Répondre

  2. lediazec

    25 janvier, 2009 à 21:20

    Pite ! Même là, je ne suis pas content ! J’espère que clarky ne sera pas trop déçu… Ni Mancioday. Ni Erby !!!
    Je me suis inscrits à « Esprits libres », mais je suis mauvais navigateur.
    Que la dame pardonne ma maladresse !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  3. b.mode

    25 janvier, 2009 à 21:40

    Arf… la dame a elle aussi des problèmes de sextant… mais bon, on est là pour l’aider ! ;)

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  4. Farid

    25 janvier, 2009 à 21:46

    Beau billet, même si je ne connais ni John Fante
    ni pourquoi en dépit de « L’orgie », « 1933 fut une mauvaise année ».

    Par contre pour Dieudonné, je crois qu’il a poussé la bêtise au point de se faire taper dessus pour un peu plus que pas grand chose. Et le pire c’est qu’il insiste !

    Je ne l’ai jamais entendu tenir des propos négationnistes (je suis peut être sourd) …

    Pour moi ça reste un comique (ce que Faurrisson n’est pas !) et puis si on devait poursuivre tous les comiques pour les vannes qu’ils sortent … ;-)

    En attendant je suis en train de décortiquer ça :
    http://mariereveuse.over-blog.com/article-26872917.html

    Pour démêler la part de la bêtise, du lynchage médiatique.

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  5. mancioday

    26 janvier, 2009 à 0:01

    B.mode a résumé ma pensée. Merci pour tes articles, tu donnes vraiment envie de lire et c’est un don qui n’est guère répandu.

    Comme promis, je me suis mis à la Conjuration des imbécile, il égaye mes long trajets dans le RER B. Un peu de folie et d’irrationnalité font du bien au milieu de ce spectacle gris et machinal. J’en suis à la moitié et je suis conquis.

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  6. b.mode

    26 janvier, 2009 à 10:27

    J’aime cette façon élégante de glisser l’actualité au fil de ta chronique littéraire

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  7. lediazec

    26 janvier, 2009 à 12:56

    En parlant de ça, on peut imaginer un morceau de musique : « Les aventures extraordinaires d’un billet de banque » de Bernard Lavilliers. C’est vieux « Le Stéphanois ». Même Bernard a encore la larme à l’oeil. Moi aussi.
    Pour de vrai ! Allez ! Un petit lien svp !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  8. lediazec

    26 janvier, 2009 à 13:10

    Si on peut ajouter « Balthazar ». Si on pouvait allonger jusqu’à la « grande marée », Lediazec, en un mot… Si on pouvait ajouter « San Salvador » et les larmes de Gaza, du Liban et… je serai un homme heureux, l’espace d’un instant, la planète aurait de la justice une certaine idée, noble et généreuse.
    Un lien musical ?

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  9. b.mode

    27 janvier, 2009 à 6:32

    Juste trouvé deux titres sur cinq sur deezer. Cliquez sur musiques en bas de l’article.

    Répondre

  10. lediazec

    27 janvier, 2009 à 19:26

    San Salvador. C’est du Live !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  11. joaqin

    29 janvier, 2009 à 19:11

    le diazec, j’ai une musique pour toi.
    a+ là-bas

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  12. lediazec

    29 janvier, 2009 à 20:47

    Dis-donc Joaquín, ne vient pas mettre ta zone ici, hein ! Lediazec est un type cool. Un type bien. Jamais un mot plus haut qu’un autre. Toujours discret. Toujours en boule. Jamais avare d’un mot.
    Pour la zique, pas de blème. T’envoies ! Ou tu viens. Tu connais le chemin.
    Mefies-toi clarky, voici ton alter ego. En pire. En plus vieux. Il est né à Cancale. Quand tu croises un cancalais, files, c’est le meilleur chemin à prendre pour sauver sa peau !
    Pierre Mac Orlan, c’est lui ! Jacques Brel et Jo, c’est encore lui. Six pieds sous terre, il vit encore.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  13. joaqin

    29 janvier, 2009 à 21:52

    avec ton texte « noël arrive demain », il y a une musique. je viens dès que je peux en mars si ok.
    joaqin de cancorcaledoba et non de cancale( petit rectificatif).

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  14. clarky

    29 janvier, 2009 à 23:02

    ok breton, haltère je veux bien mais égo je ne le suis pas, jamais été d’ailleurs, ça rend plutôt fou cette maladie d’amour même pas propre ;)

    y’a que sur la toile que je fais le kéké, dans la réalité je suis insignifiant et d’une couardise pathétique voire ridicule, en fait je me sers de ruminances juste pour pouvoir être publié dans vendredi, je suis d’une avidité digne d’un supercalculateur de la nasa.

    le jour où on va se croiser tu vas vite déchanter en me voyant et te dire que t’aurais mieux fait de ne jamais me connaitre :)

    sinon, cancale c’est en pays angevin non (rapport à ma boulette stupéfiante au tout début de ruminances :) . )??!!??, sont fous ces bretons.

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  15. Mancioday

    30 janvier, 2009 à 1:24

    Jojo
    Moi je t’entends rugir
    Quelques chansons marines
    Où des Bretons devinent
    Que Saint-Cast doit dormir
    Tout au fond du brouillard

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  16. joaqin

    30 janvier, 2009 à 16:42

    « vous seriez venu hier, il faisait beau(même à st cast) »
    proverbe breton entre deux éclaircies.

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  17. joaqin

    30 janvier, 2009 à 16:48

    aaaah! l’égo ce fameux gros « moi-veux » ou ce petit, tout petit « moi-paraître », même avec talons incorporés, tiens, avec une rolex on y est presque!

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  18. clarky

    30 janvier, 2009 à 17:44

    exact, aller chercher la croissance avec les dents pour relancer l’égonomie.

    Répondre

  19. b.mode

    4 février, 2009 à 6:25

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