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La voix des équinoxes

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Je n’ai pas cherché à cultiver le masochisme ce jeudi soir devant mon fenestron à écouter le discours présidentiel et à supporter le bal des soumis. Cela allait me flanquer le bourdon et je n’aime pas ça. L’idée de devoir subir ce que je sais déjà sans aucun moyen de riposte décuple ma colère. Mon esprit sait ce qu’il faut admettre et ce qu’il doit refuser. J’ai donc pris la direction de mon grenier afin de faire un aller-retour dans le passé pour une invitation festive à la table des amateurs de sensations authentiques. J’avais rendez-vous avec un livre. Un livre et un auteur. Un homme libre. Autant considérer que j’avais rendez-vous dans une autre dimension.

J’ai grimpé les degrés de l’escalier, me suis installé et jeté un regard circulaire. Je disposais d’une heure trente, voire plus, d’isolation phonique pour faire mon choix, laissant dériver des lambeaux de mémoire au hasard de mes arrêts-pages le long des rayons et des piles d’ouvrages.

Il me fallait un livre de circonstance. Un livre de vie et d’intelligence. Un livre que je n’écrirai jamais, mais que vous rêvez de partager comme si vous en étiez l’auteur. Un livre dont la rumeur fait le roulis de la pensée comme une vague s’échouant sur la grève et aspirant les galets qui la bordent dans un même bruit, quel qu’en soit l’endroit où cela se produit. Des pages qui prennent la mer et m’emportent loin de l’hypocrisie et de la corruption. Je me suis levé et fait le tour des piles. A chaque arrêt, un morceau d’histoire offrait sa bobine à la lumière du présent. Fresque, roman, nouvelle, essai, peu importe le genre, tout ça dansait dans le désordre d’une passion dévorante.

J’ignore comment il s’est décroché de la masse pour joindre sa singularité à notre besoin, mais Jean Grenier est venu pose son orthographe entre mes doigts. « Les îles » est un « petit » livre que j’ai découvert et lu dans les années 80. Attiré par le titre, insulaire moi-même, cela explique sans doute le choix, je l’ai lu, j’ai aimé. Je viens de le relire, je l’aime toujours autant, sinon plus. Si on ajoute à cela la préface d’Albert Camus, vous êtes paré pour un séjour sympa au pays du libre envol.

Remarque personnelle : ceci est un livre pour aller loin et non pas un ouvrage de vitesse. Bien qu’en y réfléchissant un peu…

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11 Commentaires

  1. mancioday

    8 février, 2009 à 0:30

    La possibilité d’une île…

    Merci du partage et du conseil de lecture.

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  2. b.mode

    8 février, 2009 à 5:35

    Un auteur éponyme du lieu de prédilection ! Quoi de plus naturel ! ;)

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  3. clarky

    8 février, 2009 à 11:57

    à l’heure où la peste et le collet ras envahissent les lucarnes hertziennes, leurres de vérité distillés avec force devant une laurence en transe badant l’icône nationale, où l’étranger risque de payer un protectionnisme revival virant à une remontée des nationalismes d’antan (voir ce qui se passe en perfide albion), passer du temps avec camus même en préface permet de prendre un peu le large.

    j’essaierai de trouver cette ile en médiathèque martégale.

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  4. lediazec

    8 février, 2009 à 12:59

    Inutile, en effet, d’aller chercher une quelconque correspondance entre les îles Kerguelen, Fortunées, Pâques ou Borromées…, de Jean Grenier et le guide du routard. On s’y perdrait à coup sûr !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  5. joaqin

    9 février, 2009 à 22:20

    en ce qui me concerne j’ai appris avec enthousiasme le retour des boeufs musqués dans les plaines de Sibérie (arte mme heures).
    aaahhh le retour des boeufs musqués qui, selon un ami, ne feraient pas parti des bovidés comme on pourrait s’en douter, mais des ovins. conclusion: entre plus belle la vie, la pub pour notre vénéré monarque, et le retour des boeufs musqués, me suis endormi..tant pis. Il y a des soirs ou une petite grippe est préférable à des navets.

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  6. b.mode

    12 février, 2009 à 10:42

  7. Rémi Begouen

    15 août, 2009 à 12:31

    De Jean Grenier à ton grenier, Rodolphe, il n’y a qu’un pas, un pas somnabulique que j’ai franchi avec ton aide (attention à ta tête en haut de l’échelle, attention à tes vertèbres en te contorsionnant pour redescendre…). Le gredin dans son île m’invitait, 40° voleur, dans sa caverne d’Ali en soupente. Baba, j’étais. Pourtant je connaissais déja, mais c’était un vieux cauchemar évacué. Un coup de jeune, ça m’a donné. A commencer par ces ‘Iles’ de Jean Grenier, que je te donnais autrefois, petite pépite apportée au grand Ali Baba. Oui, je le dévoile : ce breton, heu, cet espagnol, heu, ce marocain, heu, cet extra-terrien c’est Ali Baba soi-même : Alerte!!!
    D’autant plus qu’il navigue désormais sur la toile, avec donc bien plus que 40 voleurs… avec des neurones par 40 milliards de milliards, de quoi donner le tournis du pauvre à 40 parachutistes dorés tombants du ciel du capitalisme en crise…
    Bref, Lediazec ne connaît pas la crise, j’en témoigne au son de sa mélodieuse voix :’J'en ai marre d’être heureux’…
    Heureux blogueurs vous êtes, sans blague, de lire et dialoguer avec l’artiste; moi encore plus – bande de jaloux! – d’entendre sa voix, de voir sa gueule (de pirate) et de visiter son antre. Plus encore, honoré qu’il m’ait chipé (c’est comme ça, Ali Baba) ma 1° contribution à Ruminances (sur Lewis Carroll) en le mettant dans ses chroniques à lui…
    Ah? vous vouliez que je vous décrive son grenier? Non…autant vous donner le code secret de Bill Gates ou du Pentagone !!!

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  8. b.mode

    15 août, 2009 à 12:51

    Rémy, je confirme pour l’aspect pirate du lascar. Il ne lui manque qu’un grand anneau à l’oreille et un crochet au bout du bras ! ;)

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  9. lediazec

    15 août, 2009 à 13:04

    Je suis flatté, merci, mais un peu de discrétion serait la bienvenue chez Ali, qui à cette allure va finir par l’avoir dans l’baba !
    Merci les copains. Un honneur pour moi de vous connaître !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  10. Rémi Begouen

    18 août, 2009 à 19:58

    -à b.mode. Je te signale que le dit lascar pirate à un anneau à l’oreille (mais c’est un anneau interne qui lui permet d’écouter les potes de loin, par transmission de pensée, chut) et un crochet au bout…de la langue, à défaut du bras (ce qui lui permet d’invectiver le pire et surtout le meilleur, chut).
    Je te signale que Rémi n’est pas Rémy : Cela fait 50 ans que je tente en vain de le clamer, au point de signer d’une étoile sur le i ; ou, en volapük informatique, de signer : Rem*
    -à lediazec. Tu l’as dans l’baba, discret: au grenier…Rem*

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  11. b.mode

    19 août, 2009 à 9:22

    @Rémi Curieux je ne connaissais pas cet orthographe. Une erreur de l’employé de mairie ou bien ? ;)

    Répondre

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