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Le temps fredonne ses remords

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Aujourd’hui, ma présence dans le grenier n’avait pas de rapport avec les pages de lecture que je partage avec vous. Je bricolais une douille en pvc qui venait de cramer sous la chaleur de l’ampoule. Voici la troisième fois qu’elle me fait le coup en quelques mois. Mon installation électrique est pourtant conforme aux normes… L’employé de la maison Briconaute est perplexe, mais réglo. Chaque fois, il me remet une nouvelle pièce gratuitement, en espérant que…

Chemin faisant, entre deux fils qu’on dénude, une colère concentrée et l’odeur ambiante, le nom d’Albert Londres vint me titiller l’esprit. Quel rapport entre ma douille, mon ampoule, la lointaine fermeture du bagne de Cayenne, les émeutiers de la Guadeloupe, la Martinique et, probablement, bientôt la Réunion ? S’il existe une relation de cause à effet, elle se trouve sans doute dans la gestion pitoyable de ce conflit par un gouvernement irresponsable qui, se croyant malin, laisse pourrir une situation qui exige beaucoup de savoir-faire et, surtout, ce que le Président de la France n’a pas, une certaine idée de la dignité.

Le fait est qu’une telle attitude pourrait conforter avec raison les antillais dans l’idée d’une France non pas « unique et indivisible », mais belle et bien celle qu’un français de couleur ne mérite pas les mêmes égards qu’un français d’origine contrôlée. On voudrait le souligner qu’on ne s’y prendrait point différemment. De ce mépris à l’égard des classes pauvres ou ethniquement différentes, Albert Londres aurait tiré un reportage de tonnerre de feu. Hélas, n’est pas Albert Londres qui veut !

J’abandonnais momentanément ma douille à son sort et me mis en quête du livre du reporter-romancier dans le bordel de ma passion. J’aime à relire les ouvrages que je soumets à votre curiosité par souci et par respect. Peine perdue. Au bout d’une heure de recherche infructueuse, je laissais tomber, l’esprit chagriné par le dépit. Je m’en voulais. Je me reprochais vivement mon manque d’ordre dans le rangement de mes livres…
Cela dit, lisez Albert Londres et méfiez-vous de ses disciples ! Par les temps qui courent, nombreux sont ceux qui s’en réclament !

C’est au moment où je quittais la pièce que mon regard vint à se poser sur une curiosité littéraire. Un bouquin d’histoire d’un genre très particulier. J’avoue avoir éprouvé à sa lecture il y a fort longtemps un sentiment singulier. Sensation corroborée par la relecture de ce que l’on peut considérer comme une passionnante énigme historique. On connaît l’auteur de « Le zéro et l’infini », « Les hommes ont soif » ou de « réflexions sur la peine capitale », en collaboration avec Albert Camus, mais si vous n’avez pas lu d’Arthur Koestler « La treizième tribu – L’Empire khazar et son héritage », je pense que cela mérite le détour.
A vous de voir.

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5 Commentaires

  1. b.mode

    18 février, 2009 à 16:17

    Y’a beaucoup trop en ce moment de similis Albert Londres. ça donne les manipulations dans les reportages qu’on voit tous les jours…

    Répondre

  2. lediazec

    18 février, 2009 à 17:12

    Je pense particulièrement à un certain V., pseudo-satiriste de métier.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  3. rimbus

    18 février, 2009 à 21:32

    salut, j’ai lu, et j’en ai fait une note parfaitement antisioniste le mois dernier :
    http://rimbusblog.blogspot.com/2009/01/chronique-du-chat-pour-en-finir-avec-la.html

    Répondre

  4. lediazec

    18 février, 2009 à 21:37

    Très belle note, rimbus. Etonnant, non ?

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  5. b.mode

    19 février, 2009 à 11:42

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