Coq en stock
Posté par b.mode le 1 mars 2009

Il était une fois un tout petit coq dont le chant quotidien avait fini par lasser presque tous les autres animaux alentour. Il faut dire que depuis trop longtemps déjà, il squattait en permanence leur petite lucarne, leur infligeant des cocoricos à répétition aussi ridicules que stériles. Il y avait bien encore un roquet à poil long qui aboyait de plaisir après chacune des interventions du gallinacé mais à force de montrer les crocs envers quiconque oserait critiquer les agissements du roi du poulailler, le vilain clébard avait perdu toute crédibilité.
Mais il y avait pire. Chaque déplacement du coquelet en France et en Navarre était désormais chose ardue. Pour éviter qu'il subît huées et quolibets de la part des locataires des basses-cours, des hordes de poulets quadrillaient désormais chaque ferme où il se présentait. Récemment, lors de sa visite à la plus grande d'entre elles, on avait même soigneusement écarté de sa trajectoire, les vilains petits canards qui auraient pu troubler la fête. Des faisans malicieux avaient même poussé le cynisme jusqu'à convoquer dindes et paons fanatiques du volatile afin qu'ils lui glougloutent et lui braillent tout leur amour pour son auguste plumage.
Le petit peuple était décidément très injuste avec son altesse à crête. Lui qui avait pourtant épousé la plus belle poule du monde. Lui qui portait sous l'ergot une bague de grand luxe. Une bague dont un faucon (un vrai ?) ami et entremetteur à ses heures réclame (ça ne s'invente pas) et huit à qui veut bien l'entendre que si l'on n'en possède pas après cinquante ans, c'est qu'on a raté sa vie.
La vie était bien cruelle pour notre volaille incomprise. Lui, qui pour noyer le poisson, sortait chaque jour de sous ses plumes une idée nouvelle pour l'avenir de l'élevage. Il avait même chargé un vieux dindon goitreux de re-découper les régions de l'hexagone. C'était vraiment la priorité des priorités au moment où la majorité des bêtes ruminaient contre lui à force d'être à la diète depuis son arrivée au trône.
Il avait tant promis avant son accession. Telle la Perrette de monsieur de La Fontaine, il avait tiré des plans sur la comète pendant sa tournée de campagne. Il s'était vu beau, efficace, adulé. La réalité était manifestement tout autre. Son chant désespéré n'était pas des plus beaux. Telle la jeune laitière, il ne lui restait plus qu'à coqueliner dans son coin Adieu veau, vache, cochon, couvée…
PS : toute ressemblance avec un coquelet ayant déjà existé serait purement fortuite
Article relayé par























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1 mars 2009 à 9:17
Ca me rappelle pourtant quelque chose.
1 mars 2009 à 9:28
Que c’est étrange ! Une fiction dont le personnage central me fait penser à quelqu’un de réel. Mais qui ?…
Décidément, je me fais vieux !
1 mars 2009 à 10:03
Très bien vu! L’effet de style permet de bien beaux jeux : “La plus belle poule”, “les faucons”, “les faisans malicieux”
1 mars 2009 à 11:22
il suffira d’un cygne, un matin
un matin tous tranquilles et sereins
quelque chose d’infirme c’est certain.
déchirées nos guenilles, de vauriens
l’enfer à nos chevilles, plus très loin
il rit mais est tranquille un matin
il aura tout ce qui brille dans ses mains.
donne son avis que veux tu qu’on y fasse
nous n’avons plus que ça au bout de notre impasse
mais le moment viendra, tout changera de place.
et tu verras que les filles, ouais tu verras bien
n’auront plus les yeux qui brillent pour ce clampin
plus de faim de fatigues, moins de festins
langue de fiel et vanille, et le vain.
Dassier qui nous mutile, oh oh oh, du pantin
des blessures si utiles pour certains.
nous ferons de nos grilles, des lendemains
nous changerons nos vils en nains de jardin.
il aura suffi d’un cygne, d’un malin
triste poisson d’avril ce matin…
punaise du goldman revisité un dimanche matin, je suis dans un état de délabrement cérébral plus que citrique…
1 mars 2009 à 11:33
joli le coq. Gaulois non ?
1 mars 2009 à 11:48
Gaulois oui et si peu comestible !
1 mars 2009 à 11:59
gauloises personnellement, et blondes de préférence…le tour de poitrine important peu.
1 mars 2009 à 12:31
Belle fable.
Pour la réorganisation territoriale, c’est une bonne chose. Elle tombe au mauvais moment, c’est tout…
1 mars 2009 à 13:47
Coq doré alias Gallus gallus
Classification classique
Ordre Galliformes
Famille Phasianidae
Genre Gallus
Nom binominal
Gallus gallus
(Linnaeus, 1758)
Parcourez la biologie sur Wikipédia :
Le coq doré ou coq bankiva (espèce Gallus gallus) est un oiseau de la famille des Phasianidae originaire du sud-est asiatique. L’espèce a été domestiquée et est à l’origine de toutes les races de poule domestique.
La forme sauvage de l’espèce est couramment appelée « coq bankiva », dénomination qui peut prêter à confusion étant donné que « bankiva » est le nom de la sous-espèce originaire de Java.
Pour avoir possédé quelques spécimens de cette race particulièrement belliqueuse, je peux vous certifier que cela s’est toujours très mal terminé entre nous.
1 mars 2009 à 13:48
Prise de bec, breton ?
1 mars 2009 à 13:56
On peut dire ça comme ça. Je n’ai pas apprécié cette façon obscène qu’ils avaient à tout vouloir mater qui m’a particulièrement excédé.
1 mars 2009 à 14:24
quid du staphylocoque doré alors ??!!??
ce qui est assez marrant rital, c’est que tout ce qu’entreprend cette nouvelle vague qui nous fait son cinoche, tombe immanquablement au mauvais moment…mais pas forcément pour tout le monde.
2 mars 2009 à 1:38
Merci à tous et bienvenue à Alcibiade, un p’tit nouveau !
2 mars 2009 à 22:16
cependant,il est des automnes après des étés chauds et brûlants,
où l’on se retrouve “one night” comme une ombre
à se demander: moi qui voulait être soleil,
qu’ai-je fait pour ressembler à la lune?
bonsoir Alcibiade
2 mars 2009 à 22:18
‘tain clarky ton poême i’ déchire
2 mars 2009 à 22:50
tu crois pas si bien dire jo…
aujourd’hui j’ai déchiré le portail d’une voisine…journée de merde, monde de merde, vie de merde, politique de merde etc etc.
en fait je crois que je devrais me déchirer la tête une bonne fois pour toute, me refaire une bonne vieille biture à l’ancienne, évacuer tout ce trop plein qui te fait perdre sournoisement les pédales et te pompe insidieusement le peu d’énergie qui te fait encore tenir à peu près d’équerre…
l’expression “en avoir plein le cul” n’a jamais aussi bien pris tout son sens qu’en ce moment!!!
5 mars 2009 à 19:36
comme prophétisait Nougaro :
Pour imaginer son trépas
Point n’est besoin d’être devin
La pendule sonne l’heure du repas
Coq au vin