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( 27 mai, 2009 )

Fascisme 2.0 : Une mise à jour de votre logiciel démocratique est en cours, veuillez patienter.

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Une version 2.0 plus puissante et moins gourmande en ressources policières

Le contrôle des individus dans une société dictatoriale réclamait jusque là des exécutions de masse, de nombreuses arrestations, tortures, enlèvements. C’est à ce prix que le conditionnement des individus devenait suffisamment efficace pour qu’ils n’osent plus jamais remettre en cause le système. Avec le fascisme 2.0 cette brutalité massive est devenue terriblement dépassée. Grâce au contrôle mental des individus, plus souple et assumé par les individus eux-même, le fascisme 2.0 est incroyablement plus efficace que l’ancien. Je vous invite donc en exclusivité à découvrir ensemble les améliorations et les nouvelles fonctionnalités du fascisme 2.0. avant son déploiement imminent près de chez vous.

  1. La prise en main des médias est un des points forts du fascisme 2.0. Comme le disait Goebbels, il suffit de répéter n’importe quoi suffisamment longtemps pour que tout le monde finisse par en être persuadé. Avec la main-mise sur les journaux, radios et télévisions qui font l’opinion, et bientôt sur le web, on assiste à des prodiges. Les individus finissent par croire qu’ils sont les auteurs des pensées dont on les bombarde ! Même les plus réfractaires au conditionnement finissent par renoncer à leurs idées déviantes pour ne pas devenir fous, tellement la dissonance entre ce qu’ils pensent et l’omniprésence du message finit par les perturber.
  2. L’utilisation à grande échelle de la novlangue, telle qu’imaginée par ce grand visionnaire d’Orwell, a sculpté les esprits sans possibilité de retour en arrière. Bien plus ambitieuse que la poussive « langue de bois », l’utilisation systématique de la novlangue par les hommes politiques et les publicitaires a eu comme résultat de vider de leur sens la plupart des mots du vocabulaire courant, rendant ainsi impossible l’idée même de changement. Même ce mot de « changement » ne veut plus rien dire quand il est prononcé dans un discours ! Ainsi les instances gouvernementales peuvent dire tout et son contraire sans avoir peur de se contredire, et dire ensuite qu’on a mal compris leur pensée. Cela ne choque plus personne. Mieux, on habitue les gens à ces pataquès permanents qui finissent par rendre inintelligible toute communication, jusqu’à ce que les administrés finissent par renoncer à comprendre quoi que ce soit. Le quidam, convié solennellement à écouter la messe gouvernementale télévisuelle, n’en tirera donc aucune idée intelligible, à part quelques grosses ficelles qui lui seront tendues pour le rassurer et le conforter dans l’idée qu’il est un imbécile.
    En reprenant non seulement les mots du vocabulaire courant mais aussi le vocabulaire politique et les concepts porteurs développés par ses ennemis politiques (écologie, solidarité, social, etc.) le fascisme 2.0 fait coup double : il profite dans un premier temps de l’aura positive qui entoure les concepts qu’il s’apprête à vampiriser pour mettre en place des lois dont l’objectif est l’exact contraire de ce qui est annoncé. La confusion mentale qui s’ensuit (qui par exemple peut se réclamer contre une loi « pour la solidarité » ?) permet de faire passer la loi sans déclencher d’émeutes. Dans un second temps, les individus vont associer le mot qui avait auparavant une connotation positive aux effets désastreux de la politique appliquée. Le mot est
    vampirisé, et ne peut plus être utilisé par ceux qui le mettaient en avant précédemment (le mot réforme en est le plus bel exemple) . Chaque effort de l’opposition pour trouver des concepts porteurs sera ainsi utilisé et détourné avec succès par le fascisme 2.0. car c’est lui qui détient la force de frappe médiatique.
    En pratiquant ainsi la politique de la terre brûlée linguistique, le fascisme 2.0 oblige ceux qui voudraient s’opposer à lui à réinventer jusqu’aux mots pour exprimer leur désaccord. L’opposition se retrouve donc rapidement muette, faute de mots pour parler ! Nous leur souhaitons quand même bon courage !
  3. Nouveau Donner l’illusion du choix politique : préférez-vous élire au gouvernement un homme (ou une femme) qui se prétend de gauche et qui appliquera le programme de la droite ou une femme (ou un homme) politique de droite honnête qui vous dit sans détour comment il a l’intention de vous exploiter ? A vous de choisir ! La terrible double-contrainte chère à l’école de Palo Alto plonge les électeurs dans la confusion mentale, ce qui les rend incapable de sortir du piège qu’on leur tend. Toute la subtilité du fascisme 2.0 est visible ici.
    Comme l’a dit Nicolas Sarkozy « l’important en démocratie c’est d’être réélu » Effectivement ! Peu importent les moyens pour y arriver. D’ailleurs qu’est-ce qui interdirait à Nicolas Sarkozy d’être premier ministre à partir de 2017 avec un président potiche, sur le modèle de Vladimir Poutine ? Rien.
  4. Une pincée de terreur « old school » : le fascisme 2.0 ne peut pas s’empêcher de faire quelques clins d’oeil à la version 1.0, qui est encore dans toutes les mémoires. Pour marquer les esprits on lâche de temps en temps les forces de l’ordre, les laissant commettre quelques bavures effrayantes, sans jamais désavouer ce qui a été commis. Il faut que les gens comprennent que s’ils ne vont pas dans le sens dans lequel ils doivent aller, on peut les humilier, les frapper, les mettre en prison de façon arbitraire et pendant le temps que l’on veut, ruiner leur vie, et même les tuer de façon extra-judiciaire. Des piqûres de rappel fréquentes sont indispensables. On notera ici la supériorité de la version 2.0 du fascisme : une seule personne rouée de coups et suffisamment médiatisée est aussi efficace que 10 000, et c’est plus économique ! Il faut aussi habituer les gens à ce que leur vie soit en permanence exposée à la surveillance et à l’arbitraire, au nom de la sécurité.
  5. Nouveau Des trolls à votre service Le fascisme 1.0 faisait taire tout ceux qui s’opposaient à lui, un travail épuisant et voué à l’échec sur le long terme. Le fascisme 2.0 utilise une technique innovante, plus simple à mettre en oeuvre et plus robuste. Elle consiste à rendre inopérantes les communications de ses adversaires au lieu de chercher à les empêcher, en lançant par exemple des trolls*. Un exemple : la veille d’une grève nationale des salariés pour défendre le pouvoir d’achat, lancez la nouvelle que dès la rentrée scolaire prochaine les châtiments corporels vont être rétablis à l’école, ou que les personnels des maisons de retraites vont être équipés de pistolets Taser à 20 000 V pour maîtriser les personnes âgées qui essaient de s’échapper**. Que va-t-il se passer ? Tout le monde commentera jusqu’à l’hystérie votre sortie, tous les ténors des partis adverses monteront sur leurs grands chevaux et satureront les médias de leurs cris outragés pendant 24h, le temps que passe la grève et les manifestants dont personne ne parlera. Il faut juste prendre la mesure du troll nécessaire en fonction de la taille de l’évènement à étouffer***.
  6. Nouveau La prison intérieure Le nec plus ultra du fascisme 2.0 c’est d’arriver à emprisonner les gens sans prisons physiques. Prisonniers de faux concepts, saturés de non informations, bombardés à leur insu d’injonctions et de sollicitations permanentes, les individus cherchent à combler leurs insupportables frustrations dans toujours plus de consommation, toujours plus d’enfermement, toujours plus de solitude. La boucle est bouclée.

* un troll est un internaute ou un usenaute qui poste des messages polémiques, provocants, insultants et souvent répétitifs sur des sites communautaires, comme les forums de discussion, pour susciter la colère des autres internautes ou usenautes. Les trolls utilisent souvent de nombreux pseudonymes appelés faux-nez. (Wikipedia)

** NDLA oui je sais que je ne devrais pas donner des idées qui pourraient réellement être employées, mais bon…

*** La communication du fascisme 2.0 inspirée du web a 20 ans d’avance sur la loi. De tels procédés sont déjà proscrits sur le web et un troller qui tenterait un coup pareil se verrait immédiatement banni du forum sur lequel il a posté. Pourtant, dans les médias traditionnels, on ne peut que regarder passer le troll de son pas pesant, et admirer la manoeuvre. Et cela risque de durer encore un moment.

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21 Commentaires à “ Fascisme 2.0 : Une mise à jour de votre logiciel démocratique est en cours, veuillez patienter. ” »

  1. Erby dit :

    Excellent ! Un super synopsis de SF !…….. Cannes 2010 !?

  2. La_Ligne dit :

    « Il n’y a, bien entendu, aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement aux moyens de triques et de pelotons d’exécution, de famines artificielles, d’emprisonnement et de déportations en masse, est non seulement inhumain (cela personne ne s’en soucie de nos jours); il est – on peut le démontrer – inefficace: et, dans une ère de technologie avancée, l’inefficacité est le péché contre le Saint Esprit.

    Un Etat totalitaire vraiment efficace serait celui dans lequel le Tout Puissant comité exécutif des chefs politiques et leurs armées de directeurs auraient la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude.

    La leur faire aimer – telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d’aujourd’hui au ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maîtres d’école. »

    Aldous Huxley, préface au Meilleur des Mondes (édition de 1946)

  3. b.mode dit :

    Je me permets d’ajouter à cet excellent article un septième alinéa, celui de l’aliénation des individus par le travail. L’idée : les exploiter et les épuiser jusqu’à plus soif pour leur nier jusqu’à la faculté de penser autrement, éreintés qu’ils sont à « travailler plus pour gagner plus ». Vider leur neurones de leur substance libertaire originelle à force de subordination, d’inculquation de fausses valeurs telles la consommation ou l’avancement…

  4. minotor dit :

    http://www.wikio.fr/high-tech/informatique/logiciels

    Looool Wikio a classé l’article dans la catégorie logiciels !

  5. b.mode dit :

    Ild auraient pu mettre la source et l’auteur les ségolénistes

  6. Colandon dit :

    http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/

    Madame, Mademoiselle, Monsieur

    Suite à la lecture de votre – pertinent – article, nous est venue l’idée de vous contacter, non point pour vous féliciter, mais plutôt pour faire part de la sainte horreur qui nous étreint présentemment.

    Lors, vous serez assez aimable de bien vouloir faire figurer dans vos liens, notre propre Blogue, à seule fin que les jeunes – et moins jeunes – générations puissent revenir dans le droit chemin après que vous les eûtes égarées, maladroitement, ou intentionnellement.

    Germain de Colandon, Vice-Président du Directoire du « Caennais déchaîné »

    http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/

  7. b.mode dit :

    Demandé gentiment comme cela pas de problème mais ce serait bien que ruminances figure dans les votres ! ;)

  8. Colandon dit :

    A Monsieur B. Mode,

    Je viens de tancer à l’instant mes gens pour cet affreux oubli. Vous êtes maintenant parmi nous. Il est dur, de nos jours, de trouver du petit personnel qualifié.

    Mes hommages

    GdC

  9. b.mode dit :

    Vous en êtes désormais ! ;)

  10. b.mode dit :

    Je parlais des politiques mon bon, pas des historiens… :) Sarkozy est aussi historien que ma grand-mère…

  11. minotor dit :

    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-retour-des-chemises-noires-en-57562

    Le retour des chemises noires en Italie

    « Un projet de loi du gouvernement de Berlusconi prévoit la possibilité pour des associations de volontaires non armés de collaborer avec la police pour surveiller le territoire et garantir l’ordre public. » [...]

    « Celui qui a reçu plus d’attention et de critiques est la « Garde Nationale Italienne », association née de l’initiative du parti d’extrême droite « nouveau Mouvement Social Italien – Droite Nationale ». à Milan, les « rondes noires », comme on commence à les surnommer, ont présenté hier leurs uniformes avec une grande fierté. »

    Un exemple à méditer pour tous les faux-culs de la droite française qui ont peur des mots. Berlusconi n’a pas honte d’avoir des amis fascistes lui.

  12. moka63 dit :

    excellente analyse. Je l’ai relayée ici :

    http://4tous.net/ecoledemain/spip.php?article327

    Amitiés

  13. Schrouki dit :

    Un petit commentaire :

    http://www.sos-detresse.org/dossiers/francais-la-democratie-est-en-jeu.htm

    Merci de m’avoir donné la parole :)

  14. Morpheus dit :

    1.  » La liberté politique n’est pas un fait, mais une idée. Cette idée, il faut savoir comment l’appliquer quand il est nécessaire, afin de la faire servir d’appât pour attirer les forces de la foule à son parti, si ce parti a décidé d’usurper celles d’un rival. Le problème est simplifié si ledit rival s’infecte d’idées de liberté, de soi-disant libéralisme, et si, pour l’amour de telles idées, il cède une partie de son pouvoir.  »

     » La presse est, entre les mains des Gouvernements existants, une grande puissance par laquelle ils dominent l’esprit public. La presse révèle les réclamations vitales de la populace, informe de ses sujets de plainte, et parfois, crée le mécontentement. La libre parole est née de la presse. Mais les Gouvernements n’ont pas su tirer parti de cette force, et elle tomba entre nos mains. Par la presse, nous acquîmes l’influence, tout en restant dans la coulisse  »

     » Grâce à la presse, nous accumulâmes l’or, bien qu’il nous en coûta des flots de sang ; il nous en coûta le sacrifice de bien des nôtres; mais chacun de nos sacrifices vaut [pour milles de nos ennemis]  »

     » Le problème essentiel de notre gouvernement est celui-ci ; comment affaiblir la pensée publique par la critique, comment lui faite perdre sa puissance de raisonnement, celle qui engendre l’opposition, et comment distraire l’esprit public par une phraséologie dépourvue de sens ? Discours éloquents De tout temps, les nations, comme les individus, ont pris les mots pour des actes. Satisfaits de ce qu’ils entendent, ils remarquent rarement si la promesse a vraiment été tenue. C’est pourquoi, dans le seul but de parader, nous organiserons des institutions dont les membres, par des discours éloquents, prouveront et glorifierons leur contribution au « progrès ». Nous nous donnerons une attitude libérale vis-à-vis de tous les partis et de toutes les tendances, et nous la communiquerons à tous nos orateurs. Ces orateurs seront si loquaces qu’il fatigueront le peuple de leurs discours, à ce point qu’ils lui rendront tout genre d’éloquence insupportable.  »

     » Pour s’assurer l’opinion publique, il faut, tout d’abord, l’embrouiller complètement en lui faisant entendre de tous côtés et de toutes manières des opinions contradictoires, jusqu’à qu’à ce que [nos ennemis] soient perdus dans leur labyrinthe. Ils comprendront alors que le meilleur parti à prendre est de n’avoir aucune opinion en matière politique ; matière qui n’a pas été comprise du public, mais qui doit être exclusivement réservée à ceux qui dirigent les affaires. Ceci est le premier secret. Le second secret, nécessaire au succès de notre gouvernement, consiste à multiplier à un tel degré les fautes, les habitudes, les passions et les lois conventionnelles du pays afin que personne ne soit plus capable de penser clairement dans ce chaos ; les hommes cesseront ainsi de se comprendre les uns les autres. Cette politique nous aidera également à semer des dissensions parmi tous les partis, à dissoudre toutes les puissantes collectivités et à décourager toute initiative individuelle pouvant gêner nos projets.  »

    2.  » Nous fûmes les premiers, jadis, à crier au peuple : « Liberté, Égalité, Fraternité », ces mots si souvent répétés, depuis lors, par d’ignorants perroquets, venus en foule de tous les points du globe autour de cette enseigne. À force de les répéter, ils ont privé le monde de sa prospérité et les individus de leur vraie liberté personnelle si bien protégée naguère contre la populace qui voulait l’étouffer. [Nos ennemis], soi-disant sages et intelligents, ne discernèrent pas combien étaient abstraits ces mots qu’ils prononçaient et ne remarquèrent point combien ils s’accordaient peu les uns avec les autres et même se contredisaient.
    ils ne virent pas qu’il n’est aucune égalité dans la Nature qui créa elle-même des types divers et inégaux d’intelligence, de caractère et de capacité. De même en est-il pour la soumission aux lois de la Nature. Ces prétendus sages n’ont pas deviné que la foule est une puissance aveugle et que les parvenus sortis de son sein pour gouverner sont également aveugles en politique ; ils n’ont pas compris davantage qu’un homme destiné à régner, fût-il un imbécile,. peut gouverner tandis qu’un autre qui n’a pas reçu l’éducation voulue, fût-il un génie n’entendra rien à la politique. Tout ceci a échappé [à nos ennemis].  »

     » Les gens sont asservis, à la sueur de leur front, dans la pauvreté, d’une manière plus formidable qu’au temps des lois du servage. De celui-ci, ils pouvaient se libérer d’une manière ou de l’autre, tandis que rien ne les affranchira de la tyrannie du besoin absolu. Nous avons eu soin d’insérer, dans les Constitutions, des droits qui sont pour la masse purement fictifs. Tous les soi-disant « droits du peuple » ne peuvent exister que sous forme d’idées inapplicables en pratique.  »

     » Qu’importe à un ouvrier prolétaire, courbé en deux par un dur labeur et opprimé par son sort, qu’un bavard obtienne le droit de parler, ou un journaliste celui de publier une sottise quelconque ? A quoi sert une Constitution au prolétariat s’il n’en retire d’autre avantage que les miettes que nous lui jetons de notre table, en échange de ses votes pour l’élection de nos agents ? Les droits républicains sont une ironie pour le pauvre, car la nécessité du travail quotidien l’empêche d’en retirer aucun avantage, et ils ne font que lui enlever la garantie de salaire fixe et assuré, le rendant dépendant des grèves des patrons et des camarades.

     » Sous nos auspices, la populace extermina l’aristocratie qui, dans son intérêt propre, avait pourvu aux besoins du peuple et l’avait défendu, car son intérêt est inséparable du bien-être de la populace. De nos jours, ayant détruit les privilèges de la noblesse, le peuple tombe sous le joug de profiteurs rusés et de parvenus.  »

    3.  » Un esprit logique et sensé peut-il espérer réussir à gouverner les foules par des arguments et des raisonnements, alors qu’il est possible que ces arguments et ces raisonnements soient contredits par d’autres arguments ? Si ridicules qu’ils puissent être, ils sont faits pour séduire cette partie du peuple qui ne peut pas penser très profondément. Etant entièrement guidée par des raisons mesquines, des habitudes, des conventions et des théories sentimentales, la population ignorante et non initiée, ainsi que tous ceux qui se sont élevés de son sein, s’embarrasse dans les dissensions de partis qui entravent toute possibilité d’entente, même sur une base d’arguments solides. Toute décision des masses dépend d’une majorité de hasard, préparée d’avance, qui, dans son ignorance des secrets de la politique, prend des décisions absurdes, semant ainsi dans le Gouvernement les germes de l’anarchie.  »

     » Pour élaborer un plan d’action convenable, il faut se mettre en l’esprit la veulerie, l’instabilité et le manque de pondération de la foule incapable de comprendre et de respecter les conditions de sa propre existence et de son bien-être. Il faut se rendre compte que la force de la foule est aveugle, dépourvue de raison dans le discernement et qu’elle prête l’oreille tantôt à droite, tantôt à gauche. Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tombent tous deux dans le fossé. En conséquence, les parvenus, sortis des rangs du peuple, fussent-ils des génies, ne peuvent pas se poser en chefs des masses sans ruiner la nation.  »

     » Seul un personnage élevé pour exercer la souveraineté autocratique peut lire les mots formés par les lettres de l’alphabet politique. Le peuple livré à lui-même, c’est-à-dire des chefs sortis des rangs, est ruiné par les querelles de partis qui naissent de la soif du pouvoir et des honneurs et qui créent les troubles et le désordre. Est-il possible à la masse de juger avec calme et d’administrer sans jalousie les affaires de l’État qu’il ne lui faudra pas confondre avec ses propres intérêts ? Peut-elle servir de défense contre un ennemi étranger ? C’est impossible, car un plan, divisé en autant de parties qu’il y a de cerveaux dans la masse, perd sa valeur et devient inintelligible et inexécutable.  »

     » Notre devise doit être : « Tous les moyens de la force et de l’hypocrisie ». Seule la force pure est victorieuse en politique, surtout quand elle se cache dans le talent indispensable aux hommes d’État. La violence doit être le principe, la ruse et l’hypocrisie la règle de ces gouvernements qui ne veulent pas déposer leur couronne aux pieds des agents d’un nouveau pouvoir quelconque. Ce mal est le seul moyen d’arriver au bien. Ne nous laissons donc pas arrêter par l’achat des consciences, l’imposture et la trahison, si par eux nous servons notre cause.  »

    4.  » On pourrait comparer les effets de la sédition à ceux que produisent, sur l’éléphant, les aboiements d’un roquet. Si le gouvernement est bien organisé, non pas au point de vue de sa police, mais à un point de vue social, le chien aboie sans se rendre compte de la force de l’éléphant ; mais que celui-ci montre une bonne fois sa force, et le chien se taira sur l’heure et il agitera sa queue dès qu’il apercevra l’éléphant.  »

     » Pour enlever au crime politique son auréole de bravoure nous placerons ceux qui l’auront commis au rang des autres criminels ; ils iront de pair avec les voleurs, les assassins et autres malfaiteurs du même genre odieux. L’opinion publique ne fera plus alors de différence entre les crimes politiques et les crimes vulgaires et les chargera d’égal opprobre. Nous avons fait tous nos efforts pour empêcher [nos ennemis] d’adopter cette méthode particulière de traiter les crimes politiques. Nous avons employé pour cela la presse, le public, la parole et des manuels classiques d’histoire habilement conçus. Nous avons inspiré l’idée qu’un condamné pour crime politique était un martyr, puisqu’il mourait pour l’idée du bien commun.  »

    Ces quelques extraits de texte proviennent des très controversés  » Protocoles (dit) des Sages de Sion « . Ce texte, attribué par les nazis au juifs dans les années trente, serait en réalité une fabrication pour la police secrète du Tsar Nicolas II (qui aurait refusé d’utiliser cette supercherie). Ce que l’on sait avec certitude, c’est que le texte plagie abondamment l’ouvrage de l’écrivain français Maurice Joly  » Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu « , qui sous le couvert d’une discussion entre les deux auteurs historiques, dénonçait la politique et la personne de Napoléon III.

    Mais l’essentiel, c’est que quel que soit l’origine de ce document, il constitue, en de (très) nombreux points, le plan détaillé pour aboutir au contrôle du monde et à l’établissement d’une dictature mondiale, tel le Nouvel Ordre Mondial publicisé par Bush père et fils, mais aussi Sarkosy (d’autres aussi). Nous pouvons voir concrètement cette stratégie, point par point, mise en oeuvre depuis plusieurs décennies (en fait, depuis sans doute plus d’un siècle), et depuis 20 – 30 ans, une accélération très visible.

    Donc, je ne sais pas si l’on peut parler de « fascisme 2.0″, car à mon avis, la méthode est mise en application depuis l’origine du fascisme moderne. En fait, à voir cela sur le long termes et au plan mondial (global), j’assimilerais plutôt les zones et périodes de fascisme « dur » (1.0) à ce que le point 4 évoque dans cet article, mais visant à frapper les consciences sur le plan global.

    PS : attribuer cette volonté aux juifs et aux Francs-Maçon me semble bien réducteur, je ne me range pas dans cette interprétation. Par contre, je m’interroge sur l’interdiction de publication dans certains pays (dont la France), car si l’on retire les allusions aux juifs, au gentils (non juifs), au goïm et aux Francs-Maçons, le texte prend une tournure non connotée dont on voit aisément qu’elle est appliquée, par exemple par le milieu bancaire et financier international et les multinationales, et bien sûr, les gouvernements sous leur influence (voir complices).

  15. babelouest dit :

    Action Directe était un petit groupe actif, mais manquant d’envergure : il n’a pas (sans doute pas pu) frapper plus haut, plus fort, plus grand. Au moins, il a fait quelque chose.

    Aujourd’hui, les choses vont bien plus loin : à Tarnac, un groupe non-violent a subi les pires avanies, simplement pour délit d’opinion (et encore ce n’est pas prouvé). C’est au point que tous ont été relâchés, malgré les efforts d’une police politique partiale, mais incompétente.Et tant pis pour un Pouvoir attentif à briser toutes oppositions, même inexistantes.

  16. Poufplouf dit :

    Vous dites : « D’ailleurs qu’est-ce qui interdirait à Nicolas Sarkozy d’être premier ministre à partir de 2017 avec un président potiche, sur le modèle de Vladimir Poutine ? Rien. »

    Je tiens juste à vous rappeler que le président actuel de l’Europe le belge Van Rompuy terminera son mandat en mai 2012………rien que de lire la date….ca m’effraie !!!

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