( 24 mai, 2009 )

Les mendiants – Louis-René Des Forêts

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Si l’enfance est le port de toutes les angoisses, de tous les rires, de tous les bonheurs, de tous les désordres et de toutes les perspectives, mon grenier en est l’échancrure. Il est l’estuaire d’une nécessité inaltérable.
Si passer sa vie à lire, à découvrir et à partager passe pour un luxe aux yeux des gens pressés, ce luxe a un prix, je persiste et je signe : lire est le négatif sur lequel est fixé l’ombre et sa lumière.

Lire c’est inventer quelque chose qui n’existe pas. Du moins pas encore. Mais ces réalités paradoxales ont ceci de tangible : c’est quand on les oublie qu’on mesure le vide qu’elles laissent. Mais que le tcheuf tcheuf du moteur vienne par hasard à se faire entendre dans le subtil réseau des exigences et c’est tout un pan de l’histoire universelle qui se met à virevolter dans votre tête pour un inévitable come back.

Qui dit enfance, dit grenier, dit vieille malle qu’on ouvre comme on découvre une vie avant la vie. Cette cantine à l’intérieur de laquelle ondoie la cartographie du monde intérieur que la mémoire préserve comme ultime refuge. L’endroit où sont conservés les objets les plus incongrus et des choses beaucoup plus secrètes. Le lieu où votre coeur entend la rumeur des galets sous la houle tranquille ou le terrible grondement des orages pendant la tempête. Le coffre de toutes les émotions, l’océan de toutes les passions réduit aux dimensions d’un simple objet de fabrication artisanale ! Si nous devions rendre réelle la somme de toutes ces miniatures nous découvririons avec perplexité que notre planète ne suffirait point à contenir sa totalité. Elle serait pour ainsi dire ridiculement petite !

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( 24 mai, 2009 )

Euro-chiffres

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Erby Kezako

Sans rapport aucun, je répare un oubli. Je tague l’ami David sur le thème dont auquel m’avait fait plancher Jean-Louis à l’initiative de Nicolas. Bonjour l’anonymat ! Je cite :  « Bon, Mesdames, Messieurs, chers compatriotes, on parle beaucoup de l’anonymat dans les blogs mais au fond de nous-mêmes est-ce qu’on ne devrait pas s’en foutre royalement dans la mesure où la plupart des gens ne savent même pas ce qu’est un blog ? Ne serait-on pas un peu trop centrés sur nous-mêmes ? »

( 23 mai, 2009 )

De l’anonymat narcissique du blogueur

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« Bon, Mesdames, Messieurs, chers compatriotes, on parle beaucoup de l’anonymat dans les blogs mais au fond de nous-mêmes est-ce qu’on ne devrait pas s’en foutre royalement dans la mesure où la plupart des gens ne savent même pas ce qu’est un blog ? Ne serait-on pas un peu trop centrés sur nous-mêmes ? ». Ça, c’est la question du jour à laquelle je dois répondre ayant été tagué par surprise par un coucou du sud sur une idée initiale d’un buveur de bière breton.

Chacun lit son blog peut-on lire sur un dessin trouvé sur celui d’une quadra engagée. Cela ne résume pas la question mais cela introduit assez bien le débat. Après une intense cogitation et une sévère agitation des neurones, le blogueur arrive péniblement à pondre un papier. Il en est fier, c’est le petit dernier. Il le lit et le relit, traquant la moindre erreur de syntaxe, la plus petite faute d’orthographe, ajoutant çà et là, une idée nouvelle au hasard des tribulations de sa pensée fumeuse. Ce même blogueur lira en diagonale (voire pas du tout) un article jugé trop long ou pas assez accrocheur sur le blog du voisin qui cause pourtant d’un sujet similaire. Ça, c’est pour la partie narcissique.

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( 22 mai, 2009 )

De l’excès de zèle en Sarkozie

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On le savait. Depuis des lustres, le chouchou de Carla avait fait de la sécurité, son terrain de chasse préféré. On avait observé qu’il avait institutionnalisé la peur comme axe de gouvernance, ratissant large sur les terres nauséabondes du borgne. Un raccourci sémantique tend à le voir confondre plus souvent qu’à son compte la notion de sécurité avec celle d’absence de contestation et celle de répression des libertés publiques. Dès lors comment s’étonner que forces de l’ordre, médias, juges et ministres, j’en passe et pas forcément des meilleurs, rivalisent d’imagination dans ce registre pour satisfaire le tout-puissant. Le hic est que ce faisant, ils multiplient les excès de zèle en la matière. Petit inventaire non exhaustif :

On se souvient de Bourreau-Guggenheim, licencié il y a peu par TF1 pour avoir envoyé un mail privé à sa députée qui contestait la loi Hadopi. On n’oublie pas le conseiller régional Leclercq gazé par un policier pour lui avoir dit que ce n’était pas nécessaire de frapper un homme à terre les bras en croix. On s’étonne qu’un professeur de philosophie qui assistait à un contrôle d’identité viril gare Saint-Charles à Marseille soit condamné pour tapage injurieux diurne pour avoir osé dire aux policiers « Sarkozy, je te vois« . Le président de la Ligue des droits de l’Homme, Jean-Pierre Dubois, s’est dit « inquiet face à cette nouvelle affaire qui révèle une fois de plus la dérive policière et judiciaire et l’atteinte aux libertés« . Même Chatel, le porte-parole du gouvernement a parlé à propos de cette pantalonnade ubuesque, d’un « malheureux excès de zèle ».

ruminancesdarcos.jpgOn franchit encore un pas dans la dérive et dans la démesure quand on apprend que deux enfants de six et dix ans sont arrêtés par six policiers devant leur école pour un vol de vélo qu’ils n’ont en plus jamais commis. A ce sujet, même Darcos a cru bon de dire que « l’excès de zèle tue le zèle« . Pourtant, ce bon Xavier oublie qu’il fait la même chose au quotidien dans son ministère amer. Quand il veut que les professeurs fouillent les cartables des élèves. Quand il parle d’installer des portiques détecteurs de métaux à l’entrée des établissements scolaires. Quand il propose de créer une force mobile d’agents destinée à intervenir en milieu scolaire.

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( 22 mai, 2009 )

I’ve got the blues

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