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On achève bien les socialistes

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Les partis politiques naissent, grandissent et meurent, comme des êtres vivants. Un homme crée ou investit un parti en le modelant à sa main, lui donne vie et le mène à la victoire. Cela a été le cas avec François Mitterrand pour le PS, Jacques Chirac pour le RPR et Nicolas Sarkozy pour l’UMP. Ce dernier n’a pas hésité à refondre le RPR de Jacques Chirac dans l’UMP pour forger sa nouvelle machine de guerre. Le PS aujourd’hui montre le triste spectacle d’un parti qui a survécu à son créateur, et qui continue à courir comme un poulet à la tête coupée. Aux trois dernières échéances présidentielles le PS a échoué, incapable de parler d’une seule voix, tiraillé par des querelles internes, essayant dans un effort pathétique de marier la carpe sociale avec le lapin libéral.

Les partis politiques d’aujourd’hui se présentent et se vendent comme des produits de consommation; pourquoi pas après tout, c’est dans l’air du temps. Mais, tous les experts en marketing vous le diront, un produit qui n’a pas un  positionnement clair a peu de chances de connaître le succès. On ne peut pas vouloir plaire à tout le monde, au risque de ne plaire à personne. Le parti socialiste était jadis un parti du peuple. Dans les années 80 – les années du fric – la gauche caviar, la gauche Tapie puis plus récemment la gauche bobo ont créé une certaine confusion dans les esprits.
Que veut dire le socialisme aujourd’hui quand quelqu’un comme Tony Blair s’en réclame ? Personne ne l’a viré de l’internationale socialiste à ma connaissance. Que veut dire « socialiste » quand Pascal Lamy est le patron de l’organisation mondiale du commerce et Dominique Strauss Kahn celui du fonds monétaire international, deux bastions de l’ultra-libéralisme le plus pur ?
Alors quand Ségolène Royal ou Martine Aubry nous parlent de socialisme, doit-on se fier à ce qu’elles nous disent ou à ce que l’on voit des socialistes qui ont réussi à l’nternational ? Et j’oubliais ceux qui ont préféré rejoindre les rangs de l’UMP. Quand un général quitte son camp c’est un traître, quand il y en a 10 c’est une cause perdue. Ou alors la frontière entre les deux camps n’est qu’une illusion d’optique. Que croire ?

Il est donc temps de clarifier les choses, puisque le mot même de « socialisme » est aujourd’hui si entaché de soupçon. Les mots s’usent aussi, même si les idées qui sont derrière existent toujours. Il faut alors parfois en changer pour savoir vraiment de quoi on parle, et démasquer les « faux-amis ». Après tout, même si le concept de socialisme est déjà ancien, le « parti socialiste » français  ne date lui que de 1969. Ca n’a gêné personne avant.
Cependant, il n’est pas naturel de lâcher la proie pour l’ombre et rares sont ceux qui sont prêts à renoncer à un douillet potentat local aux couleurs du parti socialiste pour risquer de prendre des coups dans une bataille à l’issue incertaine. Mais ceux qui se croient à l’abri dans leur forteresse sont en réalité à la merci d’un vicieux changement de mode de scrutin qui pourrait bientôt  leur faire perdre en une fois jusqu’à leur culotte. Raffarin a déjà lancé un ballon d’essai avant le week-end de la Pentecôte en parlant d’un mode de scrutin à un seul tour pour toutes les élections, qui favoriserait évidemment le parti le plus puissant, c’est à dire en l’état actuel des choses l’UMP.

Les socialistes ont attendu pendant des années « l’alternance », comme un dû démocratique. Autant le leur dire tout de suite, elle ne viendra pas de sitôt. Ce n’est pas Sarkozy qui leur fera ce plaisir. Mais ce dernier a bien appris sa leçon, rendons-lui cet hommage. C’est en effet François Mitterrand qui a inauguré « l’ouverture » et semé la confusion dans les rangs de la droite. C’est lui aussi qui a soufflé sur les braises du front national pour mieux diviser la droite, comme tente aujourd’hui de le faire Sarkozy avec le NPA . Pourtant Le danger le plus immédiat venait de la droite elle-même, dont le parti socialiste n’a depuis cessé de se rapprocher jusqu’à aujourd’hui. Les dernières victoires de François Mitterrand ont été des victoires de stratège, au moment où les hautes sphères du parti socialiste  consommaient leur union avec le libéralisme économique dans l’ivresse du pognon. En gagnant ces élections dans les urnes mais en perdant la foi de ses électeurs, François Mitterrand donnait le baiser de la mort à la gauche.

Si on regarde la situation actuelle, on ne peut pourtant pas dire que Nicolas Sarkozy ait gagné les dernières élections européennes par un sursaut de popularité. Nicolas Sarkozy n’a pas  gagné la bataille des idées comme il le prétend. Il a simplement gagné par forfait car les électeurs de gauche ne croient plus suffisamment au parti socialiste pour se déplacer. C’est le PS qui a perdu.
Si la gauche veut arrêter de perdre un jour il va falloir en finir avec le PS, qui n’a pas gagné d’élection présidentielle depuis 1989, il y a tout juste 20 ans. Peut-être n’est-ce pas encore suffisant ? Un petit quinquennat supplémentaire de Nicolas Sarkozy ? Et pourquoi pas ensuite quelques années de Sarkozy Nicolas en premier ministre, à la mode russe, comme je le suggérais dans un précédent article ? avant peut-être le sacre de Sarkozy Jean ? Comme le disait le père de Nicolas Sarkozy, « une dynastie ne commence qu’à la troisième génération », ça nous laisse le temps de voir venir.

Devant Troie les Grecs brûlèrent leurs vaisseaux pour que personne ne puisse  être tenté de s’enfuir devant le combat. Qui mettra le feu au parti socialiste ?

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http://www.dailymotion.com/video/x9jkvg

L’enterrement du  Parti Socialiste

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14 Commentaires

  1. lediazec

    19 juin, 2009 à 8:41

    Au fond le PS n’a que ce qu’il mérite. A quoi bon se péter le cul à vouloir leur donner quelques conseils pour le tirer de la mouise dans laquelle il est puisque c’est encore là qu’il est le mieux. Il ne veut pas (le PS) d’une société de gauche, d’un monde meilleur. Il ne les souhaite pas. Mieux : l’a-t-il jamais voulue cette société idéale ? Le PS était, est et demeurera une espèce de nébuleuse tiraillée entre l’ambition de quelques-uns et la déception de beaucoup d’autres. Entre les deux quelques pages publicitaires diffusées sur les ondes et subventionnées par le con… tribuable.
    N’espérons plus rien du PS et nous nous porterons beaucoup mieux ! Nous ferons l’économie de nouvelles déceptions. Cherchons d’autres voies avec des gens qui ont vraiment envie de changer les choses.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  2. minotor

    19 juin, 2009 à 8:58

    Tout à fait d’acccord Lediazec, qui ose encore nous parler d’un « monde meilleur » ?
    Pourtant c’est bien de cela dont nous avons besoin.

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  3. Etiam Rides

    19 juin, 2009 à 9:35

    J’approuve sans réserves.

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  4. clarky

    19 juin, 2009 à 10:55

    positivez les gars, valls vient de se lancer officiellement dans la présidentielle de 2012, danny sur les marches du palais semblait copain copain avec le roitelet échangeant tapes amicales et poignées de main langoureuses, martine au sortir de sa rencontre avec ce même monarque paraissait s’être faite lobotomisée voire hypnotisée …

    alors la gauche en l’état c’est juste un puzzle dont aucune des pièces ne coïncide.
    donc entre râler de longue et ne surtout pas s’inscrire dans une optique de gouvernement dit de gauche (ça c’est pour le facteur) et un ps qui à force de faire le grand écart va finir par y laisser ses couilles sur le carreau, sûr que l’avenir n’est pas tout rose, mais après tout je commence à m’en foutre mais d’une force !!!

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  5. b.mode

    19 juin, 2009 à 14:11

    Vrai que c’est pas joli joli à voir la dérive des éléphants malades de leur ego tandis que les baronnies régionales veillent uniquement à la sauvegarde de leur pré carré… Boulevard 2012 pour Sarko !

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  6. clarky

    19 juin, 2009 à 14:33

    boulevard 2012 pour sarko…et l’ump en général t’aurais pu rajouter.

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  7. clarky

    19 juin, 2009 à 14:41

    envoyez la piste aux étoiles, tu m’étonnes que sarko se sente intouchable, avec tous les baltringues qui s’agitent sur sa gauche pour savoir qui aura l’honneur suprême de se faire démonter au 2ème tour de la présidentielle…:)

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/19/ps-montebourg-propose-des-primaires-ouvertes-a-la-gauche-de-gouvernement_1208709_823448.html#ens_id=910156&xtor=RSS-3208

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  8. Rébus

    19 juin, 2009 à 18:53

    Suite au premier com de Clarky, je déduis que le PS est atteint de vandamite aigue et, il est logique que personne ne comprenne plus finalement. la philosophie aware, ce n’est pas à la portée de tout le monde.

    Pour ce qui est de savoir qui mettra le feu au PS, ils sont nombreux à l’heure actuelle à jouer avec des allumettes mais prudents, ils ont l’extincteur à proximité , Solférino c’est confortable

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  9. b.mode

    19 juin, 2009 à 21:01

    @rébus oui confortable dans les canapés en cuir des régions et des conseils généraux.
    Mais au delà ?

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  10. clarky

    19 juin, 2009 à 23:30

    @rébus
    les allumettes si elles sont suédoises et à forte poitrine ben je suis preneur.

    faut-il vraiment essayer de comprendre ce qui se passe au ps ?

    j’en doute de plus en plus, et là je vais dire une grosse connerie qui dénote de mon côté has been en politique friction, mais je préfère mille fois un mec comme emmanuelli plutôt qu’un valls .

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  11. Rébus

    20 juin, 2009 à 18:19

    C’est peut être has been, mais je confirme, Emmanuelli est préférable à Valls

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  12. lediazec

    20 juin, 2009 à 18:48

    Un peu plus broussailleux au niveau des sourcils, il impressionne davantage, en effet.
    Plus sérieusement, moi aussi ! Je parlais des sourcils. OK ! Je connais la sortie.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  13. ras la fosse s(c)eptique

    25 juin, 2009 à 13:15

    Sur le plan de ses seules causes, il est quelque part triste de se sentir pleinement d’accord avec un auteur que j’imagine de gauche (en tombant pour la première fois sur ce blog) ainsi qu’avec divers commentateurs alors qu’on est comme moi un quinquagénaire de droite. J’ai pour mon inconfort personnel la conviction de croire que la qualité de l’une est corollaire à la qualité de l’autre. Car il faut intégrité dans les deux ainsi que la liberté d’autres courants de pensée politique pour avoir une démocratie susceptible de mériter ce nom. La droite comme la gauche ont depuis des décennies démérité de façon aussi scandaleuse que répugnante. En France comme ailleurs, avec les multiples conséquences regrettables que cela implique au niveau de l’UE et sur lequelles les médias français se taisent d’ailleurs complaisamment; ô énorme surprise!

    Les classes politiques européennes et américaines donnent l’impression de penser que leurs électeurs avalent non seulement les hameçons qu’elles leur lancent mais aussi les cannes à pêche avec. Simplement parce qu’une très large part des dits électeurs vote en choisissant ce qui constituera selon elle un moindre mal dans des situations complexes. La pure ou large approbation électorale de droite ou de gauche prend des formes d’expression différentes de celles observées jusqu’ici. Et elle engendre aussi bien moins de problèmes sociaux. J’attends la prise de leçons plus que méritées par la classe politique avec plus d’impatience que d’optimisme. Les changements ne viendront jamais d’elle et cela ne peut survenir que par ce qui est supposé être le bas. Composé par celui que non sans pertinence lediazec appelle le « con… tribuable ». Un contribuable souvent plus otage d’un système qu’il a hérité ou contribué à laisser s’établir que vraiment con. Les paris seront bientôt lancés.

    Gageons pour sûr d’une chose. Les échanges hypocrites d’anathèmes et coups de couteau dans le dos ne vont une fois de plus pas manquer sur la scène d’un théâtre politique aussi guignolesque qu’il est prêchi-prêcha envers des masses supposées stupides. Préparez vos seaux pour dégueuler allègrement.

    Répondre

  14. b.mode

    25 juin, 2009 à 14:36

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