( 12 juillet, 2009 )

Karachi et Tibéhirine : deux affaires parallèles ?

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Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines français du monastère cistercien de Tibéhirine, situé à une centaine de kilomètres au sud d’Alger, sont enlevés par une vingtaine d’hommes armés. Le Groupe Islamique Armé annonce deux mois plus tard leur exécution. Or le 25 juin 2009, le général François Buchwalter, attaché militaire à l’ambassade de France en Algérie en 1996, a déclaré à un juge que, selon ses informations, les moines de Tibéhirine n’avaient pas été tués par des islamistes mais par l’armée algérienne.

Le 8 mai 2002, juste après la réélection de Jacques Chirac, quatorze personne dont onze français employés par la Direction des constructions navales (DCN) trouvent la mort à Karachi suite à un attentat. La nébuleuse Al-Qaïda est immédiatement accusée du crime. Or les juges chargés de l’affaire privilégient désormais la piste de l’armée pakistanaise.

Le drame de Tibéhirine ressort opportunément des oubliettes de l’histoire juste après la révélation du Karachigate. Sarkozy a déclaré que le secret défense serait levé dans les deux cas. Il se murmure que, dans le premier cas, le massacre serait lié à une bavure de l’armée algérienne qui aurait tué les moines par erreur lors d’une opération héliportée contre des islamistes. Après s’être rendus compte de leur crime, les militaires algériens auraient décapité les moines pour faire croire à une opération terroriste. L’état français avec Chirac à sa tête, mis au courant par Buchwalter, aurait étouffé l’affaire.

L’attentat de Karachi serait du à une volonté du gouvernement pakistanais de punir la France suite à un non-versement de commissions promises en 1994 lors de la vente au Pakistan de trois sous-marins Agosta. Ces commissions devaient été suivies de rétro-commissions, destinées à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. A l’époque, le bel Edouard était premier ministre et son ministre du Budget s’appelait Nicolas Sarkozy. Dès son élection au sommet de l’état, Chirac aurait fait bloquer ces commissions. Charles Millon, ministre de la défense à l’époque a confirmé cet état de fait.

Dans les deux cas de figure, les crimes ont été imputés aux islamistes. Dans les deux cas, il semble bien que nous soyons en présence d’affaires d’état plus complexes dans lesquelles des noms de très gros bonnets de la politique hexagonale apparaissent peu ou prou. Tibéhirine est-il la réponse sarkozyste aux embarras de Karachi ? Y a-t-il eu une volonté de mouiller Chirac ? Assiste-t-on en direct live à un nouvel  épisode du combat des chefs ?

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16 Commentaires à “ Karachi et Tibéhirine : deux affaires parallèles ? ” »

  1. Le Volontaire dit :

    J’aime beaucoup la bagarre en politique ! Mais si la mort des français à Karachi est la faute de l’État Pakistanais, ne l’oublions pas, car certains se focalisent quasiment uniquement sur Sarkozy en oubliant un peu les protagonistes directs. (je dis ça tout en ne connaissant pas très bien cette affaire…)

  2. b.mode dit :

    Dans les deux cas, ça sent quand même la barbouzerie ou au moins le mensonge d’état. Effectivement Sarko n’est pas en première ligne dans l’affaire pakistanaise mais en tant que ministère du Budget, s’il y a eu commissions occultes, il est bien obligé de les avoir vu passées…

  3. Mancioday dit :

    Concernant Tibéhirine, on a un témoignage d’un général français qui sort de sa torpeur 10 ans après. Mais d’un autre coté, on a de multiples témoignages du GIA qui déclare avoir commis ce crime, et qui ne l’a d’ailleurs jamais nié.

    Donc où se situe la vérité ? Va savoir…

  4. Le Volontaire dit :

    @b.mode Oui c’est certain. Je voulais juste dire qu’on n’entend pas beaucoup parler du côté pakistanais qui, selon cette théorie, a quand même commis un attentat contre la France.

  5. lediazec dit :

    « Deux affaires parallèles ». Et qu’il y en a qui soutiennent mordicus que deux lignes parallèles ne se croisent jamais ! Avec Sarko/De Funès tout est possible !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  6. b.mode dit :

    Les parallèles finissent toujours par se croiser ! C’est un matheux genre Poincarré qui le disait à l’époque. La récurrence…

  7. lediazec dit :

    Toujours aussi bête. Je pensais qu’un point était rond et non carré. Je sors.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  8. Le Volontaire dit :

    Ah bah ! Cicéron c’est Poincarré !

  9. BA dit :

    Le ministère de la Défense a bien reçu les demandes de levée du secret-défense des juges chargés de l’attentat de Karachi. Le cabinet d’Hervé Morin s’est engagé à répondre dès septembre. La procédure agace les militaires car ils ont le sentiment de jouer les boucs-émissaires de l’hyperprésident. Un jeu de dupes où la première victime risque bien d’être la vérité judiciaire. Enquête.

    http://www.rue89.com/2009/07/11/attentat-de-karachi-le-secret-defense-leve-en-septembre

  10. b.mode dit :

    @ba Certes, ces deux affaires seront bientôt étouffées comme il se doit… :(

  11. clarky dit :

    tibéhérine…au nom du père, du fis et pourquoi pas dû à dessein d’esprit

    pour éteindre un incendie faut croiire qu’il faille fissa en allumer un nouveau, sarkoshow must go on.

  12. b.mode dit :

    @clarky Tu insinues que les époux Tibéry ont cake chose à voir là dedans ? ;)

  13. clarky dit :

    ça se pourrait, la grippe xavière, la fièvre acheteuse dans le 5eme, le tout gravé dans le marbre de carrare…

  14. BA dit :

    Attentat de Karachi : en juillet 2009, les juges antiterroristes chargés de l’enquête ont demandé au ministre de la Défense Hervé Morin de lever le secret-défense sur des documents relatifs à cet attentat.

    Dans ce cas précis, la Commission Consultative du Secret de la Défense Nationale ( la CCSDN ) doit donner son avis sur la levée du secret-défense.

    En septembre 2009, la CCSDN donnera au ministre de la Défense son avis sur la levée du secret-défense.
    Connaissez-vous cette commission, la CCSDN ?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_consultative_du_secret_de_la_d%C3%A9fense_nationale

    La CCSDN est constituée de cinq membres :
    • un membre du Conseil d’État
    • un magistrat de la Cour de Cassation
    • un magistrat de la Cour des Comptes
    • un député
    • un sénateur

    Qui nomme les 5 membres de la CCSDN ?

    - Les magistrats et le conseiller d’État sont nommés par le Président de la République pour une durée de 6 ans non renouvelable.

    - Le député est nommé par le président de l’Assemblée Nationale, c’est-à-dire par l’UMP Bernard Accoyer.

    - Le sénateur est nommé par le président du Sénat, c’est-à-dire par l’UMP Gérard Larcher.

    Conclusion : les 5 membres de la CCSDN sont tous nommés par l’UMP. Leur impartialité, leur objectivité, leur indépendance seront donc totales ! ! !

  15. b.mode dit :

    @ba on n’est pas près en sarkozie de voir une affaire aboutir… Tout est verrouillé ! Y compris le prétendu 4ème pouvoir… Burp !

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