( 29 juillet, 2009 )

Série noises: le vol des corps mourants

 

Série noises: le vol des corps mourants dans Série noises serienoises

Oeil d’olympe ?… Une histoire d’olympe ?…

Dans l’oppressante chaleur de l’été, moite, l’ennui jetait sur les murs crénelés de ma pensée les bases d’une enquête douloureuse.

S’insinuant entre mes acouphènes pour atteindre les hauteurs d’un cerveau mollasson, la prise de tête bloquait tout mouvement spontané. Certains diraient que je marchais à indolence, mais cela serait on ne peut plus faux. De la mayo que c’était mon encéphale ! N’essayez pas d’être gentils avec moi, je n’ai pas besoin de votre pitié. Mieux : je me fous de ce que vous pouvez penser de ma gueule, je vous emmerde !

Domptant tant bien que mal l’insupportable boucan du ventilo, un truc pourrave récupéré à bas prix dans une Farfouille locale, je délaissais la bande FM pour finir d’ingurgiter les news, toujours les mêmes, avec variante musicale ou vocale chez le présentateur pour faire croire à la nouveauté, mais en vérité, nul n’est dupe dans le studio, c’est toujours la même rengaine que la mémé écoute installée dans son fauteuil, le bichon toiletté de frais installé sur ses genoux !

Le ravent qui me servait de portail numérique laissait présager l’imminence d’un crash. Il y a des périodes comme ça, la loi des séries, sauf que quand ça dure, ça devient dur. Dure à ouïr. Dur à cuire, je sais plus, sans doute les deux. Pour tout dire, de vous à moi, je m’en cogne, vu que je suis comme un avion sans zèle, on ne me retrouverait assurément pas le doigt sur la couture.

Du vieux clavier mécanique IBM s’échappaient des hurlements soumis à l’agacement d’une frappe mal assurée. Lettres et avoirs, fichu programme, pour quelqu’un qui n’avait aucun droit à faire valoir. Fallait s’activer. Robert L’amoureux, roi de l’ellipse, jetant une dernière éclipse, clamsait sur scène. Morne, la vallée s’apprêtait pour une nouvelle phagocytose.

A défaut de petit blanc, j’abreuvais mes cellules d’une mixture plus proche de la bouillie bordelaise que de l’élixir qui donne la science aux esprits et qui se distille à des hauteurs propres aux divinités. Dans la foulée, j’alpaguais avec fureur mon ticket métro-borloo-bobo, la tête dans les nuages, les pieds dans le caniveau et pas de lune à l’horizon !

« Ivres et laisser mourir !»
L’air chaud fit son effet napalm. Vague impression de soleil couchant et pas d’indice pouvant atténuer ce sentiment, ma tocante psalmodiait son tic-tac alors que la nuit du chasseur venait à peine de commencer. Le premier rencard me conduisit jusque dans un troquet pour adeptes de la bienpensance. L’oeuf d’Olympe était de ces endroits pour besogneux du bulbe et groupies asservies. Chaque société, chaque groupement humain organisé, ayant le sien propre, réplique du passé projetant sur l’avenir des lueurs ambitieuses ; la faune des répliquants se donnant la main pour une meilleure admiration de soi dans un univers cherchant à perpétuer les chaînes de la fausse amitié avec la joie hypocrite des bons pièges à con. De la fausse pensée à profusion. De la pensée corrompue ou pas de pensée du tout constituaient le soubassement de ce groupe aux bridures solides comme un cordage marin.

Derrière le bellâtre se faisant appeler « Gueule d’Ange », looké « latin lover » et venu filer des infos, se cachait une vraie pourriture. Sa dope à lui ? Le culte de la personnalité.

Contact froid, limité à sa plus simple expression. Quelque chose de noueux s’était installé en moi, empêchant la moindre familiarité. Poli, mais pas plus, j’attendais celui avec qui je devais avoir affaire. Les doigts de ce séducteur de magasins discount s’accrochaient à un kebab, comme le morpion colle aux poils des testicules. Je sentais le type sur ses gardes, comme un joueur ignorant les règles du « je », ne sachant comment faire pour distribuer les cartes. En fait, il attendait, comme moi, l’arrivée du dernier joueur, son mentor. La confrérie du pavot allait se reformer sous mes yeux d’exilé. Je sentais l’excitation de Gueule d’Ange, transpirant par tous ses pores, il mouillait littéralement son moule-burnes.

Même en été, toutes les soirées ne sont pas des virées heureuses !

(même en athée, toutes les soirées ne sont pas des virées d’enfer!)

Le temps se figea brusquement. Il est là je le sais, le boucher des garrigues, l’homme sans visage voire sans figure, le loup gourou de l’ombre.

Ce soir est mon soir, moi le cloporte ayant manqué sa métamorphose avec ma gueule de médiathèque. « que sais-je » va devoir se mettre à table et balancer tout le Talmud sur le profil de son oeuvre.

Au loin, une mer enfante la nuit des temps avec force et fracas, les rochers pleurent l’écume à jamais dispersée et le sel s’amuse à me cramer la peau encore brûlante.

Enfin je vais savoir…

16 Commentaires à “ Série noises: le vol des corps mourants ” »

  1. lediazec dit :

    L’été couve de son feu, les feux sacrés de tous les possibles. Étoile nacrée, a la nuit tombée, répand sur la cité endormie un parfum exquis.
    Très bonne idée de Ruminances cette série noise ! Et la suite, c’est quoi ?… C’est quand ?…

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  2. clarky dit :

    la suite, bernard dans les landes aux prises avec une bande de surfers excités, une sorte de remake de point break.

    si j’en crois madona, la suite s’annonce royale…tripes poker ;)

  3. babelouest dit :

    La suite ! La suite ! éructa la tocante, le coeur battant de tout son silicium dans un rythme ternaire inquiétant…

    Alors, le ciel s’ouvrit dans un fracas de zip usagé, et l’étoile du Grand Soir cligna de l’œil, qu’elle frotta énergiquement. Un grain de sable s’en détacha avec noblesse, pour aller rouler dans un tonnerre d’applaudissements. C’est l’amas des Pléiades qui jaugeait en connaisseur la prestation.

    Le crépuscule sortit son opuscule ridicule, agita la main couverte de pustules, d’effroi le soleil courut se cacher derrière un cumulus rondouillard et indécent. Le jour en fut tout marri, et rentra dans sa garçonnière pour y cuver cet affront jusqu’au matin. La nuit, coquettement offerte dans ses atours aux fragrances rouges et bleues, délicatement parfumées de vert, resta là, solitaire et fragile au milieu d’un firmament soudain hostile.

    Le brame d’un cerf quelque part rompit le charme. La fraîcheur nocturne fit soudain frissonner l’assemblée, qui se disloqua, se déloqua, et se mua soudain en une frénésie d’unions inattendues et bruyantes.

    Loup garou hou hou !

  4. lediazec dit :

    Oui, c’est encore moi. Mention spéciale pour le titre : « Le vol des corps mourants »!!!

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  5. bam dit :

    Très très bien écrit. Une suite ?

  6. Gaël dit :

    aaaahhhh un feuilleton de l’été !

    j’ai beaucoup aimé aussi !

  7. olympe dit :

    et pourquoi mon abonnement wikio me promène t – il ici ?

  8. babelouest dit :

    Bonjour Olympe !

  9. olympe dit :

    bonjour, rassure moi ai je quelque chose à voir avec cette histoire qui s’annonce je dois dire palpitante

  10. clarky dit :

    olympe rassure toi, l’olympe en question est juste un troquet marseillais mais je n’en dirai pas plus sinon pfiouuuuuuuuu!!!

  11. Trub dit :

    Hum. Ca donnerait presque envie de s´en jeter un derrière le comptoir de bon matin…

  12. b.mode dit :

    Excellent cette histoire qui sent bon le vécu ! Comme les autres, j’attends avec impatience la suite cher Lolo ! ;)

  13. clarky dit :

    lolo et rodo même tu peux dire bovino.

    avec la suite je vais plus pouvoir aller sur marseille :)
    bises à ta mujer et remercie la pour son teléphone.

    salaud, « sacrées noises » ;) :)

  14. b.mode dit :

    eh bah tu vois tu as trouvé amigo ! ;)

  15. b.mode dit :

    magnifique duo ! vite la suite ! :oops:

  16. clarky dit :

    j’ai trouvé bernard, mais je persiste à penser qu’unblog c’est pas le panard :)

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