( 31 août, 2009 )

Journal d’un génie – Salvador Dali

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Un livre en vrac ou la pensée fragmentée, voici un journal plein d’une formidable jubilation. Un endroit dans lequel le terme « modestie » et autres synonymes sont proscrits. Pas proscrits à la manière dont on bannit quelque chose ou quelqu’un, parce que cela importune les bonnes moeurs ou agace le potentat. Aucun tabou là-dessous. Dali ignorait la signification du mot tabou, tout comme il ignorait la modestie. Ici nous sommes dans une autre dimension avec la sublime surprise du plaisir mégalo. Le lecteur ne lit pas, il absorbe ou il poursuit son chemin frottant en le tournant avec frénésie son index sur la tempe, prenant l’auteur pour un fou ou pire encore. Le lecteur que je suis, a devant ce « Journal d’un génie » le regard curieux et souvent complice de celui qui découvre et non l’oeil accusateur de celui qui juge. Je suis portion, je suis néant. Je suis cet accent circonflexe qui chapeaute l’univers et ses complexes aurait pu écrire Salvador Dali sur la toile tendue d’un univers prosterné devant son génie.

Une mégalomanie absolument virtuose. Car qu’y avait-il de plus sublime que Dieu dans la pensée de Dali ? Dali lui-même ! Dali était un croyant de l’absolu. Quand Dali se mettait à imaginer une religion, il faisait plus que y croire, il remodelait la religion jusqu’au son paroxysme mystique, jusqu’à ce que la croyance devienne son artère principale, le boulevard de sa circulation sanguine. Quand il avait été convaincu de la nécessité de devenir surréaliste, il savait à l’avance qu’il serait le premier et le dernier surréaliste. Dali était le roi de la boucle.

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( 28 août, 2009 )

Des plans sur la Comète ou le jour des pleines lunes

comete02.jpgDifficile de trouver un sujet dans la défilante quotidienne en ce mois d’août finissant. Martine Aubry et son accord pour l’organisation de « primaires ouvertes élargies à l’ensemble des sympathisants » afin de désigner celui ou celle que soutiendra le PS à la présidentielle de 2012 ? Je ne sais pas vous, mais, en ce qui me concerne, j’ai l’impression qu’on pousse le bouchon du « renouveau » et de la « démocratie participative » comme on envoie une sonde dans une mer inconnue. Et si les responsables politiques disaient clairement : « rien de tout ça n’est crédible, cela est fait pour buzzer le blaireau… » Par ailleurs, si on nous parlait de la sorte, le renouveau et la démocratie participative n’auraient pas besoin d’être annoncés par voie de communiqué.

Triste, la vie d’un fonctionnaire ! A n’importe quelle époque de son histoire, il est la soupape. La pauvre bête attachée au piquet du système. Prenons Paul Girot de Langlade, préfet de son état, accusé (à tort? On dit de lui qu’il aurait eu des antécédents en la matière…) d’avoir tenu des propos racistes à l’encontre des agents de sécurité d’Orly et qui, dépité-courroucé, oriente son offensive vers Brice Hortefeux, allant jusqu’à déclarer qu’il est victime d’une cabale et que c’est le ministre de l’intérieur en personne qui aurait orchestré tout ça pour se refaire une virginité d’antiraciste. Nooon ? Brice Hortefeux vierge ? Des preuves !

Rien à se mettre sous la dent et une page à remplir. Par devoir, par honneur. Par plaisir ! Perdu, ne sachant que faire, je vais consulter ma boîte mail, prise d’assaut par une bordée déchaînée de left blogueurs qui, après avoir pollué ma tranquillité, sont partis faire la nouba du côté de la Comète, au Kremlin Bicêtre. Venant des six coins de l’hexagone et non des quatre, en attendant l’heure du rendez-vous, ils boivent du rosé ou autre chose à proximité de Beaubourg, contemplant le passant et admirant cet ensemble de plomberie qu’on nomme Centre d’Art Contemporain, dans lequel est programmée une exposition qui a pour titre « Elles », sur les artistes femmes, ou « la transformation de la condition des femmes s’impose comme un des faits économiques, sociaux et culturels majeurs du XXe siècle. »

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( 26 août, 2009 )

Série noises: les vexés étaient bouclés de l’intérieur!

Série noises: les vexés étaient bouclés de l'intérieur! dans Série noises serienoises

 

Cela faisait combien de temps que je n’avais pas mangé un bon repas ? Je l’ignore mais l’envie irrépressible de m’installer à une table pour déguster de la bonne cuisine me traversa l’esprit. Hélas ! Ça attendra. Comme attendront d’autres choses. Lire un bon article de journal. Un bon livre. Sentir l’odeur de l’encre et entendre le bruit des pages qu’on tourne. Le froissement du papier entre les mains. Mettre de l’ordre dans tout ce désordre. Voilà l’urgence. Casser la gueule à la mocheté ambiante. Prendre une bonne douche, me laver les dents, me parfumer un brin avec une eau de toilette boisée, avec une touche de tabac. Sentir mon corps se détendre dans un bon lit, tirer sur la clope en regardant les volutes de fumée se perdant dans la matité du plafond. On verra ça plus tard.

Pour l’instant Daktari me dévisageait de la tête aux pieds. J’imagine que, comme les autres, il devait me trouver l’air con. Cela est souvent le cas chez ceux qui ont l’avantage de la situation. Ma chaussure en moins, la gueule de la chaussette que je trimballais toujours au pied pour amortir la douleur de ma voûte plantaire, ou parce que je n’avais rien d’autre à y mettre, n’arrangeait rien à l’esthétisme de l’ensemble. Grotesque ! Daktari esquissa un léger sourire, découvrant une incisive redoutable. Je crois qu’à cet instant j’aurais préféré me faire becqueter par le Clarence argentin plutôt que de me faire mordre par ce cannibale aviné. Il referma le pont-levis qui tenait lieu de porte d’entrée. Un truc énorme ! Encore une coquetterie des hospices. Une fois à l’intérieur, il m’indiqua un petit salon genre lion’s club, tandis qu’il, bougrain-du-bourg local, jouait dans la pénombre. Là où se cachent les oiseaux pour mourir. Pas âme qui vive là-dedans. Que dalle ! Juste des bouquins partout. A croire que la Bibliothèque Nationale de France se fournissait chez l’huissier!

Une nouvelle porte vint me rire au nez en se fermant à ma curiosité. Plus de bibliothèque à contempler. Plus d’alexandrin à savourer. Une clé qui tourne, martelant clairement : « sans moi point de salut! » et Gutenberg qui frémit de froid se blottissant tout contre moi. « La distance de sécurité c’est 20 cm, dis-je. Même quand j’entame l’approche d’une belette.                                                                                                                                                                                 « Rassure-toi, blaireau ! C’est pas à ton cul que j’en veux, mais il faut que je te palpe la truffe et le reste, histoire de m’assurer que la bande de « coyote attend » t’a pas calé un mouchard dans l’fion ! J’ai pas envie qu’on nous retrouve tous deux là où dansent les morts.

Putain ! Ce mec me prenait pour un demeuré. Ok, je n’étais pas bien fini et ces dernières heures n’avaient pas contribué à faire évoluer mon image, mais je connaissais mes classiques question polar ! Quand ses mains se prirent pour des conquistadors ravageant mon incontinent de corps, j’aurais pu montrer à ce Charles Quint de mes deux que l’Amazone coulait encore et qu’il avait intérêt à savoir nager, sauf que Clarence était au garde-à-vous, façon bronze de Giacometti et à la moindre fausse note de ma part il serait en train de me faire chanter le générique de 30 millions d’amis en argentin.

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( 25 août, 2009 )

A fond la forme !

sarko601.jpg, le très zélé Figaro cornaqué par Mougeotte et illustre propriété de la maison Dassault, se fend sous la plume de Bruno Jeudy, d’un billet savoureux intitulé Rentrée studieuse pour Nicolas Sarkozy. Ce petit bijou mi passe-plat mi people débute par cette phrase délicieuse : « Sevré de sport, il a passé beaucoup de temps au téléphone avec ses ministres. » Tout est dit. On l’imagine hurlant dans son portable, vociférant à tout va tel un de Funès pas drôle, stigmatisant les uns et incendiant les autres. Maudit jogging du 28 juillet qui oblige les plus hauts serviteurs de l’état à trimer en plein cagnard aoûtien parce que le roi s’ennuie…

Ainsi l’ami Hortefeux s’est vu être obligé d’interrompre ses vacances dans le Var et d’aller rassurer la bonne cité balnéaire de Royan victime d’une bande de racketteurs originaires de l’Essonne. « Qu’est-ce tu fous ? T’es pas encore à Royan? » lui a lancé le président raconte Bruno Jeudy. Ce dernier ajoute que c’est en lisant les journaux que le convalescent a poussé sa colère. Le Canard Enchaîné lui a une toute autre version des faits et nous rappelle que Royan est le lieu de villégiature de toujours de Dadu, la mère du président qui lui-même avait jadis l’habitude d’y aller faire bronzette. La reine-mère aurait bigophoné à son fiston pour lui faire part de son royal courroux.

Ainsi le sourcilleux Fillon est allé s’enliser sur ordre au milieu des algues vertes de Saint-Michel-en Grève où un canasson avait trouvé la mort, asphyxié par les gaz émanant des dites-algues en décomposition. Toute cette expédition périlleuse en terre bretonne pour annoncer qu’il allait faire nettoyer les plages sans s’attaquer bien sûr au racine du mal : la production excessive de cochons bretons. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

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( 24 août, 2009 )

Rose marrie, baby ?

diable01.jpgC’est bien connu, quand il fait trop chaud on devient rapidement irascible. Mais si en plus on me donne à lire ce genre de truc, c’est les urgences en l’état à défaut d’état d’urgence chez les roses marries.
2007 fut un très mauvais millésime pour l’amateur de grands crus euphorisants, par contre les amateurs de grande cruche furent servis. J »ai toujours adoré le militantisme sous quelque forme qu’il se présente, des gars qu’on conditionne à une pensée parfois plus rigide qu’une trique, qu’on oblige à écouter des discours partisans débouchant bien souvent sur du fanatisme que le religieux n’aurait rien à lui envier. Bref, il n’est pas nécessaire de mettre une étiquette sur le militant, sa couleur au final importe peu, des mecs à qui l’on demande de penser avec la tête de leur leader me paraissent au mieux crédules au pire dangereux!

Etant de gauche, mais là le doute en moi s’est plus qu’immiscé ces derniers temps, je regarde ma/notre famille se sublimer avant de mettre les gaz, enfin ça c’est du charabia. faudrait plutôt voir à arrêter la sublimation qui comme chacun ne le sait peut être pas, consiste à faire passer un corps de l’état solide à celui de gazeux, exactement ce à quoi aspire le PS. D’un corps bien solide, ce parti s’évapore depuis la formidable sortie de Jospin, dès lors, y’a surtout de l’eau dans le gaz. La gauche plurielle ne supportant plus sa singularité de façade, s’est remise à se conjuguer à tous les temps, surtout ceux du passé. Verts, rouges, roses ont récupéré leur couleur distinctive pour reformuler leurs idéaux.
Le parti qui compte à gauche, qu’on le veuille ou non, c’est donc le PS, lui seul a le pouvoir de fédérer Roger, accessoirement, mais surtout les pauvres bougres qui aspirent à un certain mieux vivre. Or en 2007, les militants d’une famille de France ont intronisé celle qu’ils pensaient être la meilleure. Pas la peine de remettre le couvert, on connait l’histoire avec un tout petit h. le plus ennuyeux est que depuis, on assiste à l’effondrement de tout un pan de valeurs qu’on pensait communes.

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