Difficile de trouver un sujet dans la défilante quotidienne en ce mois d’août finissant. Martine Aubry et son accord pour l’organisation de « primaires ouvertes élargies à l’ensemble des sympathisants » afin de désigner celui ou celle que soutiendra le PS à la présidentielle de 2012 ? Je ne sais pas vous, mais, en ce qui me concerne, j’ai l’impression qu’on pousse le bouchon du « renouveau » et de la « démocratie participative » comme on envoie une sonde dans une mer inconnue. Et si les responsables politiques disaient clairement : « rien de tout ça n’est crédible, cela est fait pour buzzer le blaireau… » Par ailleurs, si on nous parlait de la sorte, le renouveau et la démocratie participative n’auraient pas besoin d’être annoncés par voie de communiqué.
Triste, la vie d’un fonctionnaire ! A n’importe quelle époque de son histoire, il est la soupape. La pauvre bête attachée au piquet du système. Prenons Paul Girot de Langlade, préfet de son état, accusé (à tort? On dit de lui qu’il aurait eu des antécédents en la matière…) d’avoir tenu des propos racistes à l’encontre des agents de sécurité d’Orly et qui, dépité-courroucé, oriente son offensive vers Brice Hortefeux, allant jusqu’à déclarer qu’il est victime d’une cabale et que c’est le ministre de l’intérieur en personne qui aurait orchestré tout ça pour se refaire une virginité d’antiraciste. Nooon ? Brice Hortefeux vierge ? Des preuves !
Rien à se mettre sous la dent et une page à remplir. Par devoir, par honneur. Par plaisir ! Perdu, ne sachant que faire, je vais consulter ma boîte mail, prise d’assaut par une bordée déchaînée de left blogueurs qui, après avoir pollué ma tranquillité, sont partis faire la nouba du côté de la Comète, au Kremlin Bicêtre. Venant des six coins de l’hexagone et non des quatre, en attendant l’heure du rendez-vous, ils boivent du rosé ou autre chose à proximité de Beaubourg, contemplant le passant et admirant cet ensemble de plomberie qu’on nomme Centre d’Art Contemporain, dans lequel est programmée une exposition qui a pour titre « Elles », sur les artistes femmes, ou « la transformation de la condition des femmes s’impose comme un des faits économiques, sociaux et culturels majeurs du XXe siècle. »
Entre Twitter, la province, la Comète, le Kremlin-Bicêtre et Beaubourg cette faune d’exaltés a convergé vers la capitale pour une rencontre capitale entre blogueurs-blagueurs. C’est surtout l’occasion pour aller picoler au bar « La Comète » devenu le siège social d’une partie de la blogosphère. Mais aussi pour mettre un nom et un visage sur un pseudonyme. Quoi de plus humain, messieurs de la police ? La Comète comme jadis Le Flore ou les Deux Magots à Saint Germain, lieu privilégié de tout une génération de philosophes, écrivains, chanteurs et glandeurs ? Nous en parlerons un autre jour, si vous le voulez bien.
C’est aussi et surtout pour aller mater le cul (somptueux) de la serveuse de « La Comète » qu’une partie de cette bande de libidineux s’est donnée rendez-vous dans ce nouveau lieu de perdition. Si Martine Aubry avait eu les mêmes arguments philosophiques que Karima (notre magnifique serveuse) où croyez-vous que les blogueurs se seraient donné rendez-vous ?… Est-ce ce manque d’équivalence chez la première secrétaire du PS qui expliquerait la difficulté du PS à embrayer la rénovation ou même les primaires ouvertes ? La question se pose. Et ce n’est pas Marielle de Sarnez, si charmante soit-elle, future alliée, qui pourrait me contredire et encore moins hausser le niveau de référence. Pas grand-chose à se mettre sous la dent. Par là j’entends de petites nouvelles que nous n’ayons pas ressassées dans la blogosphère avec liens et contre-liens. Parlerons-nous de l’arrivée des premières doses du vaccin anti-grippe A que la France serait prête à mettre en application dès le 28 septembre ? Pourquoi attendre tout un mois ?… Voilà encore une de ces questions qui risque d’en énerver plus d’un. Passons.
Et si nous évoquions les deux lunes qu’on annonce dans le ciel la cette nuit comme l’événement visuel du mois d’août ? La première lune on la connaît. Tout le monde sait où elle se trouve. Suffit pour ça de lever les yeux. C’est d’un banal ! La seconde, en revanche, c’est autre chose. Elle revient de loin : « à minuit trente, raconte mon correspondant, regarde bien vers le haut. La planète Mars sera la plus brillante dans le ciel étoilé. Elle sera aussi grosse que la pleine lune. Mars sera à 34,65 millions de miles de la Terre. Sois donc certain de ne pas manquer ça. Cela nous apparaîtra, à l’oeil nu, comme si la Terre possédait deux Lunes !!! » Même pas cette chance chez les druides. Il est 22 heures et même notre lune habituelle, celle qu’on ne regarde plus tellement elle nous gonfle à la fin, est cachée par une couverture nuageuse de tonnerre de Brest !
Ça tombe bien, je rêve. Je rêve de Karima, la serveuse de la Comète. Elle a fini sa journée à 16 heures. Elle bosse de 7 à 16. Est-elle bien rémunérée pour supporter le surplus occasionné par l’intrusion de la partie la plus agitée de la blogosphère dans son lieu de travail ? Je continue de rêver. Le temps de se détendre dans mes bras, de nous apprêter, nous choisirons ensuite un p’tit resto sympa pour un diner aux chandelles, roses rouges et roses blanches pour bouquet, et à minuit sonnante, dans une région où il n’y a pas de nuages, hop !, plein les mirettes devant les lunes pour un spectacle d’un romantisme sidéral…
J’embrasse toutes les Karima de la blogosphère. Faites des beaux rêves en pensant au pauvre fou que je suis, que même cette citation de Salvador Dali ne console pas : « L’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi je ne suis pas fou; »

