( 24 août, 2009 )

La gauche est en jachère

univps2009.jpgAh, ça y va, ça y va, ça y va ! L’heure des grands rassemblements a sonné. Il se profile à l’horizon de septembre des rudes batailles pour le monopole du moi absolu dans la guerre contre le mal omnipotent. Entre couloirs et alcôves, tromperies, alliances et scènes de ménage, l’automne promet d’être chaud.

Pour Olivier Besancenot (NPA) l’heure est venue de prendre les choses par le bon bout et de montrer à la face du monde que nous ne sommes pas des pingouins : « l’heure de faire un rassemblement anticapitaliste et donner d’autres propositions« , semble être devenue sa nouvelle et récurrente préoccupation. Jusqu’à présent monsieur Besancenot ne faisait que des tours de chauffe. Désormais, ça va vraiment chauffer !

Cherchant à se positionner comme l’AGV (automotrice à grande vitesse) de la gauche, le NPA organise aussi sa fac d’été à Port-Lecaute dans l’Aude. Olivier Besancenot affiche ses ambitions. Surtout que sur sa droite, la naissance probable d’un axe constitué par le PS, les verts d’Europe Écologie et le Modem, titillé par la perspective 2012, en passant par le rendez-vous électoral des régionales de 2010, semble vouloir se constituer comme alternative crédible face à l’hégémonie présidentielle, portée par l’UMP, son mouvement godillot. Même si nombreux sont les observateurs à remarquer la fragilité de la structure UMP (certains pensent que sans le Président, ce mouvement n’existerait pas) tout le monde s’accorde sur un point : la gouvernance aide à se maintenir à flot. Cela est vrai aussi bien pour l’UMP que pour n’importe quel parti au pouvoir. Et ce n’est pas les mouvements d’humeur provoqués par l’arrivée du nouvel adhérent Philou de Villiers qui va changer quelque chose à l’affaire. Devant les intérêts et les avantages offerts par le pouvoir, il est coutumier de voir des ennemis se tenir par la main, même si celle-ci est moite !

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( 23 août, 2009 )

Série noises: le bout de l’immonde

Série noises: le bout de l'immonde dans Série noises serienoises

 

Je n’étais pas pressé d’arriver à destination. La banquette arrière de la caisse était plus confortable que les parties dures sur lesquelles mon corps avait été jeté ces derniers temps. Un palace, cette banquette. La bagnole cessa de rouler. Arraché au confort de mon baldaquin, on me fit sortir sans ménagement.
Devant moi, la demeure me fit l’effet du Negresco surgissant tel un monolithe d’ébène au milieu des pins maritimes. A regarder la bicoque on sentait bien la difficulté des propriétaires à boucler les fins de mois. Mon Francis d’acolyte claqua des doigts. Ça voulait dire que nous étions arrivés. Il déclama à la va vite quelques vers qu’il croyait bien sentis, pensant sans doute me transformer en Alphonse. J’aime l’humour acerbe et l’absurde poétique, mais mon compagnon par défaut n’avait d’absurde que l’humeur.

Le monospace s’était rangé devant un parterre de potentilles flamboyantes. J’aimais les végétaux. Ils ne vous pourrissent pas la vie, eux ! Ils ne demandent qu’à être bichonnés de temps en temps et ils vous le rendent au centuple. Francis devait se prendre pour Flipper le Dauphin. Il sifflait à tue-tête, claquait la langue contre le palais et balançait à volonté des « aux armes ! Nous sommes les marseillais ». Pute vierge ! Ce gonze intriguait vraiment. Je me demandais ce que Kaplan aurait fait à ma place, étant donné que la mort me coursait depuis trop longtemps à mon goût.

Sur le perron se tenait Évita , un dogue Argentin. Un molosse blanc comme mon Marcel, désormais rouge ou quelque chose d’approchant, tant le mélange des couleurs avait été divers et plus qu’avarié ces dernières heures… Médor sentit de suite l’odeur du sang. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il me bouffait l’avant bras. Francis rigolait tout en scandant : « popolopopopo !!! » C’était la quatrième dimension, ce truc. Je tentais le coup de pied de l’âne sur le clébard, mais je ratais ma cible, allant même jusqu’à paumer ma saloperie de simili doc martens frelatée. Pauvre de moi ! Direct dans les potentilles, la godasse !

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( 22 août, 2009 )

Le dernier mousse – Antartida – Francisco Coloane

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Le dernier mousse – Antartida – Francisco Coloane
L’Allumeur de rêves berbères – Mohand Fellag

Les amis sont épatants. J’aime la facilité avec laquelle ils vous hissent en haut du mât de l’amitié, vous encourageant à montrer les limites de votre savoir ou de vos compétences. Rémi Zetwal (avec i latin pour Rémi, s’il vous plaît !) est de ces amis. Pourquoi Zetwal ? Parce que zetwal signifie étoile en créole martiniquais et que étoile est le signe avec lequel il ponctue le i latin de son prénom.

Zetwal est donc la rencontre de Rémi avec le parlé du monde. Il me dérange dans ma quiétude ruminante, comme il dit, pour m’apprendre ça et m’apporter une idée de chronique pour mes notes de lecture. Joignant l’acte à la parole, je reçois par la poste un petit livre à chroniquer.

Parler de ce livre c’est parler de moi. L’auteur est kabyle et moi je suis né en pays berbère. Lui en Algérie, moi au Maroc. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais je ne parle ici que de livres ou d’auteurs que j’aime. Le temps qui m’est imparti dans ce quotidien affolant est si court que je juge inutile de m’attarder sur des livres que je n’aime pas ou sur ceux que je trouve foncièrement mauvais. Ainsi, nul n’est fâché et j’ai économisé un temps précieux pour contempler ne serait-ce que la brillance d’un ciel d’été. Ou d’automne, peu importe la saison du reste. Un ciel où les étoiles sont aussi grosses que mon poing et la lune aussi bleue qu’une orange comme l’écrivait un poète célèbre. Cela fait plus ou moins de trente ans que nous sommes amis et une chose est sûre : cela ne fait pas trente ans pile. Ça sent mauvais les amitiés de trente ans !

La première fois que nous nous sommes croisés avec Rémi, Sabrina avait des problèmes de soutif au bord de la piscine et elle chantait Boys, boys, boys… Évidemment, ça ne valait pas tripette mais sa paire incitait à la paillardise pour rester dans les limites autorisées par la bienséance. J’habitais à l’époque une île du Ponant, la plus belle dit-on. Je ne suis pas loin de le penser. Rémi Zetwal est arrivé de Genève pour une expo photo dans le cadre d’une fête organisée par des insulaires hurluberlus. A l’époque, la photo était sa passion. La photo et la poésie. Il intitulait ses expos « Phoésie ». Il aime les mots valises, Rémi Zetwal. Nous devions jouer sur le bord de la grève « La Chasse au Snark ». Le metteur en scène m’avait attribué le rôle de l’homme à la cloche. Tu parles d’une affaire !

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( 21 août, 2009 )

Tribord amour !

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Mathieu.L, le privilégié qui parle aux français et au monde pose en substance la question suivante. Peut-on vivre à plein temps avec une moitié de droite ? CC embraye au quart de tour et me tague sur la chose. Enfin sur le thème. Coucou n’est pas en reste et fait de même. Me voici doublement obligé de livrer ma pensée (si peu) profonde.

Autant le dire tout de suite, je ne suis en ménage ni avec Rosa Luxembourg ni avec Nadine Morano. Ma femme est apolitique et déteste quand je m’énerve sur Chouchou premier. Et ça m’arrive plus souvent qu’à mon tour. Elle dit que ça ne sert à rien d’invectiver son transistor ou son poste de téloche. Il ne te répond jamais. Elle n’a pas forcément tort mais ça me défoule. Ça me calme le palpitant. Ça me détend les arpions. On ne se refait pas. Surtout à cinquante piges. Elle a voté Force Tranquille en 81. N’a pas forcément vu le changement. A voté Chichi à l’insu de son plein gré en 2002. Sur mon conseil, un comble, je lui avais fait peur avec le borgne. Elle a eu l’impression de se faire… hum, vous voyez ce que je veux dire. Là non plus, elle n’a pas eu forcément tort.

Depuis, elle s’abstient. Pose un coup de saveur sur les politiques des plus méprisants. Aucun ne trouve grâce à ses mirettes. Et c’est aussi bien comme ça. Imaginez être à la colle avec une idolâtre du joggeur au cœur tendre. Je fais quoi moi, je mange mon galurin façon Kouchner, je passe pour une tomate coeur de boeuf, je deviens accroc au houblon fermenté ou on passe des soirées tous les deux à se bouffer le tarin ? Bonjour l’ambiance. Bon, une aventure d’un soir avec une fan de l’idole des Pops, je sais pas. Une escapade « sensuelle et sans suite » comme qui dirait l’autre, why not ? Pendant quelques heures, on n’essaie d’éviter les choses qui fâchent. On cause pluie et beau temps. On esquive façon d’Oriola.

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( 20 août, 2009 )

Série noises: Allée de la besogne à complices

Série noises: Allée de la besogne à complices dans Série noises serienoises

 

Je me tordais l’encéphale comme on tord une serpillère imbibée. Je tentais de lui faire cracher un bout de sens pratique. Rien. Je cogitais la meilleure façon de faire tourner la chose dans mon esprit, mais pas le moindre bout ne pointait son nez à l’horizon du réduit dans lequel mon esprit était confiné. Tel un canari en cage, mes idées avaient perdu de leur vitalité. Je me cassais la binette dans les convolvulacées qui envahissaient le potager de ma cortico-surrénale. C’est fou ce que ça démange une plaie !

Coincé dans cette pièce immaculée que j’avais allègrement mouchetée de mes chiures hémoglobines , je me prenais pour Rouletabille, investigant au mystère de cette chambre des jaunes. Pas la moindre ouverture. A croire que le milieu avait perdu le sens des relais. A quand un milieu relayeur ? Un vrai. Une attaque sevrée est une ligne frustrée et du mécontentement à gérer dans les vestiaires. De l’argent jeté par les fenêtres.

Justement ! Pas une, de fenêtre, dans mon réduit. Juste cette foutue porte de service qui ouvrait sur je ne sais quel coupe-gorge. Mon oeil, qui n’était pas plus lynx que celui d’une perdrix tant il avait payé de son corps, fut intrigué par un lot de camisoles de mauvaise qualité. De la contrebande textile sûrement. Du commerce pour un petit groupuscule vivotant en pratiquant l’arnaque sur des pauvres gens. La poignée de la porte se mit à chanter dans un murmure : « Sésame, ouvre-toi ! » Un Bibendum, tanguant comme bateau ivre se mit à gueuler comme un putois. En provençal ! Je crus comprendre (j’avais acquis quelques rudiments là-haut sur la montagne avec la fille du coupeur de joints) qu’il allait m’apprendre la langue d’oc, tout en causant du pays. De quel pays parlait-il ? Celui des copains d’abord ou celui des bannis de la terre ?

Ce gars avait l’air d’avoir croûté les restes des 40 repas des 40 voleurs et n’avoir pas digéré les aigreurs. Il était vraiment, vraiment de mauvais poil ! Je ne sais patois, mais moi ça ne me disait rien de rien. Pas des regrets, mais quelques souvenirs. Illico, le voyant déambuler avec nonchalance, je me suis dit, coincé entre les quatre murs de cette petite chambre de torture merdique où je me trouvais : « putain! Maïté va me faire le coup du lapin. Elle va me passer les rognons au Vouvray et me farcir le fion comme un vulgaire dindon. Il ne m’avait pas encore touché que je sentais l’agonie. Même pas le temps d’en griller une dernière. Triste fin que de se faire butiner par la Big Mama ! « Viens voir ma mère grand » chantait le Big Mac. Il arborait le sourire des fossoyeurs. C’est tout juste s’il ne sortait pas son banjo en me demandant de faire la truie. Saloperie de délivrance ,ouais ! Se faire récurer par une scotch brite, outre mon orgueil, cela froissait mon intimité.

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