( 10 août, 2009 )

La Chasse au Snark – Lewis Carroll

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Notes de lecture par Rémi Begouen

PRÉSENTATION RAPIDE : Rémi Begouen, nomade sédentarisé à St Nazaire, a couru le monde dans une sorte d’état second, la traversée fabuleuse des miroirs pour seule obsession. Photographe, poète, écrivain, sans ordre défini, joueur d’échecs, Rémi est un lecteur invétéré. De par son insatiable curiosité on peut le placer (si tant est que « placer » soit le terme qui convienne) aux côtés d’Armand Robin et de quelques esprits à la matière souple et revêche, pour qui la vie, la vrai vie, se respire à des hauteurs improbables. Si vous le cherchez sous sa barbe, vous ne trouverez que quelques poils mal peignés. Bien que… de souvenir de barbe, pas un poil n’échappe à la couleur grise de son hirsute prestance, sauf ceux qu’il veut bien laisser filer. Pour le trouver, tentez plutôt votre chance dans une librairie, à l’intérieur des pages d’un livre, n’importe lequel, vous le trouverez dedans en train de déclamer des vers de Léo Ferré! _______________________________________

Joueur de Snark

Gaucher contrarié et bègue, Lewis Carroll écrivait debout. Particularités qui expliquent quelques aspects si surprenants de son œuvre : le mouvement, la symétrie, les mots-valises… et la modestie d’un homme qui devint célèbre avec le succès de son « Alice au Pays des Merveilles », dès 1865. Né en 1832, il avait alors 33 ans. Dix ans plus tard, il écrit « La Chasse au Snark », puis des oeuvres mineures avant de s’éteindre en 1898, à 66 ans – toujours célibataire et n’ayant sans doute eu aucune relation sexuelle.

Lewis Carroll rêvait beaucoup. Pas seulement aux petites filles. D’ailleurs il les faisait rêver bien plus qu’il n’en rêvait. Il préférait les photographier beaucoup… et beaucoup sublimer en rêveries poétiques et ludiques ses pulsions sexuelles pour Alice.

Bibliothécaire, puis professeur de morale et de logique, le mathématicien et clergyman Charles Dodgson – Lewis Carroll – aimait beaucoup le jeu d’échecs. Il faisait, comme tout joueur d’échecs épuisé de parties disputées, des rêves confus où se mêlent des bribes de jeux d’échecs et d’aventures de vivre. Ceci en tout illogisme scabreux et poétique de l’activité onirique. Une trace de cette fantasmagorie des rêves échiquéens du logicien Lewis Carroll se retrouve dans Alice confrontée à la Reine Rouge. Elle est moins explicite, mais encore plus prégnante dans son chef-d’œuvre « La Chasse au Snark ». Où, curieusement, il n’y a que des personnages masculins… à l’exception peut-être du mystérieux « Castor » – figure ultime d’Alice ?…

Ce sont des surréalistes, un demi-siècle plus tard, qui réhabilitèrent en France ce Snark, car la filiation est nette entre le « non-sens » carrollien et le surréalisme. Citons André Breton : « Tous ceux qui gardent le sens de la révolte reconnaîtront en Lewis Carroll leur premier maître d’école buissonnière. »

Rappelons Queneau et Roubaud, poètes amateurs du jeu d’échecs, tout comme Topor ou Perec et tant d’autres artistes mathématiciens proches de l’Oulipo – cet étonnant « Ouvroir de la Littérature POtentielle » né il y a 60 ans en France de la mouvance surréaliste. Et de celle d’Alfred Jarry, dont le féroce couple « Roi Ubu-Mère Ubu » peut être parodie caricaturale du couple royal du Jeu d’échecs.

Mais le cas antérieur du britannique Lewis Carroll est encore plus particulier. Ce grand poète et piètre précepteur entraînait son élève Alice, par plaisir, « Au Pays des Merveilles » ou « De l’Autre Côté du Miroir » – là où son jeu d’échecs fantaisiste devint fantastique composante d’un univers onirique inouï… « pré-surréaliste ».

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( 10 août, 2009 )

A Monsieur le Président de la République de Russie

aigle01.jpg Babelouest, de l’excellent site Dazibaoueb, nous propose de débattre sur sa lettre ouverte à Medvedev. Nous la publions ci-dessous. Merci pour sa contribution.

Cher Dmitri Anatolievitch, aidez-nous à nous protéger des ambitions de Washington. Votre grand pays, traditionnellement très proche du nôtre, a bien repris ses marques depuis la chute du régime soviétique. Ensemble, et avec l’aide d’autres pays européens, nous pouvons faire pièce à la politique constamment hégémonique du pygargue à tête blanche qui s’est niché à Washington. Cependant, dans notre propre entourage, il sera nécessaire d’écarter un président qui ne jure que par son ami George Walker, même si celui-ci n’est plus à la Maison Blanche.

alone.jpgOn le sait, certains gouvernements à l’est de l’Europe officielle ont eux aussi un faible depuis longtemps pour ce pouvoir d’outre-Atlantique, dont ils attendent beaucoup – à tort, j’en suis persuadé – et pour lequel ils sont prêts à bien des compromissions. La partie est donc loin d’être gagnée, de créer un simple rééquilibrage des influences. Le passé l’a montré, particulièrement en Amérique du Sud : certains organismes US n’hésitent pas à aller jusqu’à l’assassinat pour conserver une mainmise sur un Monde, dont ils ne doutent aucunement qu’il leur appartient.

Il ne s’agit pas du tout de s’attaquer aux Etats-Unis, bien entendu, mais de les empêcher de s’attaquer aux autres nations. Une guerre est actuellement en plein développement ; mais comme il s’agit essentiellement d’une guerre économique, les journaux n’en font guère état. Les événements du Honduras sont cependant là pour nous rappeler que la plus petite tentative de sortir de leurs griffes est punie. La propagande montrant Manuel Zelaya comme un dictateur bat son plein, malheureusement largement relayée par la presse européenne. On peut d’ailleurs rapprocher ce coup d’Etat et sa représentation médiatique du conflit entre Mikheïl Saakachvili et vous-même, où il fut bien difficile de contrer ceux qui vous présentaient comme l’agresseur. Ou des difficultés que connaissent les Chinois avec une propagande musclée pour l’indépendance du Tibet ou du Xinjiang.

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( 9 août, 2009 )

Carla m’a tuer

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Avant, je me gavais du matin jusqu’au soir de chocolats divers et variés. Noir ou blanc, au lait ou aux noisettes, aux noix de Pécan ou aux raisins, en tablettes, en œufs de Pâques ou en poissons d’avril, tout était bon pour moi. Et pis, ça stimulait ma libido bien plus qu’un poster de Loana en string.

Avant, je me jetais sur tout ce qui portait jupon, des politiques plus ou moins expertes, des capnegre.jpgconseillères plus ou moins techniques, des plumitives plus ou moins douées et aussi des commerçantes plus ou moins achalandées. Parfois, je roulais même en Ferrari, c’est dire…

Avant je lisais Pif le chien, la série Harlequin et Guillaume Musso. Je me matais des chouettes toiles comme Mon curé chez les nudistes, Les bidasses en folie ou encore On a retrouvé la cinquième compagnie. J’adorais le théâtre et ses grands comédiens comme Jean Lefebvre, Jacques Balutin et Bernard Tapie. J’écoutais en boucle Les mariés de Vendée, Les filles de mon pays et J’ai gardé l’accent.

Avant j’avais des petites poignées d’amour que le Paris-Match de mon ami Lagardère s’escrimait à gommer. Un petit ventre rond que mon cacao chéri et aussi les pizzas quatre-fromages avaient sculpté au fil du temps. Avant je sortais tous les soirs jusqu’à plus d’heures avec mes potes Brice, Christian, Didier, Enrico, Johnny et Patrick. Une vraie vie de patachon, quoi !

Certes, je ne buvais que de l’eau minérale. Pas par hygiène de vie mais parce que la moindre goutteskardio.jpg de raisin fermenté me rendrait patraque. Remember mon premier G20 après mon entrevue avec Vladimir. J’étais pas beau à voir. Qu’importe, tout cela appartient désormais au passé. Maintenant à l’ordre du jour, c’est régime sans sel et serrage de ceinture. Exit les confiseries bonjour la salade crue. Plus musculation du périnée pour assurer au pieu et footing à midi sous un cagnard d’enfer quitte à avoir un malaise cardiaque, vagal, lipothymique. Rayons la mention inutile… Bon, remarque bien, ce genre de petits pépins, ça fait grimper dans les sondages !

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( 6 août, 2009 )

Conseils d’experts, suivez le guide.

robinson.jpgJe me suis levé, bon pied, bon oeil. Aussi futile que cela puisse paraître, je suis heureux de vivre, de sentir mon fluide communier avec cette journée qui m’ouvre les bras pour des bonnes surprises, je l’espère. J’allume la bouzine, laisse sortir les bestioles (chats, chiens, j’entends au loin le chant du coq), regarde le ciel, mets le café en mouvement. Tout ça est exécuté de manière mécanique, pareil que quand on conduit une voiture. On passe les vitesses sans même en avoir conscience. Le ciel est couvert mais la température, elle, est on ne peut plus clémente. Comme si une touche équatorienne avait déposé un petit reste de sa moiteur dans mon jardin. De la mer monte une brume matinale qui ajoute un peu d’épaisseur au silence. Tout à l’heure, tout cela va disparaîtra et la vie dansera sur le son d’un nouveau single. C’est le tube de la vie. Envie de me mettre torse nu. Qu’est-ce qui m’en empêche ? Mon nombril. Il est très moche. Même moi, j’ai du mal à supporter sa tête de pet ! Cela dure depuis des années. J’ouvre la téloche, j’aime prendre mon café en suivant les nouvelles sportives de la veille qu’on diffuse en boucle, les rumeurs de transferts dans le foot, les sommes astronomiques dépensées pour un bipède jongleur de ballon. A peine éveillé déjà souillé.

Comme rien de neuf ne semble bouger la ligne d’horizon, je vais à l’ordi, café en main, et consulte mon horoscope. Important, l’horoscope ! Quand on n’attend plus rien de nulle part, les astres sont les auxiliaires de l’espoir. Ils sont l’aliment d’un bon démarrage… Qui croire ?… Ça commence bien pour moi. Je lis : « Aujourd’hui, vous pourriez vivre dans un tourbillon de rencontres sous le signe du plaisir. » Ça tombe bien je n’avais rien prévu. Je kiffe la perspective. Une petite gorgée de café et je file plus loin. Si je dois faire des rencontres, il n’y a que sur Twitter que la chose peut s’amorcer. J’imagine mal ce « tourbillon » s’organisant près de chez moi, dans le trou perdu où je vis. Je continue : « Une personne dans votre vie active pourrait vous empêcher de réaliser vos objectifs, aujourd’hui. » Aujourd’hui précisément ! C’est foutu ! Je n’ai pas de vie active, je suis chômeur… Quant à la personne dans mon entourage pouvant m’empêcher de… Plus j’avance dans la lecture des prophéties et plus la brume matinale s’épaissit. Je vous laisse juge : « Si vous espérez vous éloigner de son influence, la seule manière sera de rentrer dans son jeu… » Aie, aie, aie ! Là, franchement, il y a des cloches qui sonnent. Multiplicité des rencontres, plaisir… Jusque là, rien à dire. C’est ensuite que je m’interroge, au moment où entre en scène la personne de mon entourage (ma femme ?) cherchant à empêcher mes désirs de se réaliser avec cependant la possibilité de trouver un arrangement à l’amiable avec elle. Ça, s’il s’agit de ma femme, j’ai comme un doute!

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( 3 août, 2009 )

Les Bonnes Nouvelles de l’été

soscom.jpgFranchement pas terrible ce début de mois d’août. Météo morose ; porte-monnaie en berne ; voilà que maintenant, effet boule de neige, s’installe dans les esprits les mauvais résultats du mois de juillet : une ca-tas-tro-phe ! Il suffit pour cela d’aller interroger les professionnels de l’industrie du tourisme qui d’un timbre unanime lâchent : « un été pourri ! » Ils ne parlent pas de la météo, croyez-moi. Pas besoin pour appuyer ce constat de l’aide de l’INSEE, avec variation et tintouin, chiffres qu’on rend souvent attractifs, histoire d’attraper le couillon comme on taquine le goujon dans les rivières et les étangs. Et rien à l’horizon ne laisse entrevoir l’éclaircie, même si, comme le martèle le président, la France est le pays qui est le mieux armé pour répondre à la crise économique qui frappe le monde. Ne soyons pas étonnés si, à la rentrée, le quidam investit dans la gomme pour aller écumer le pavé et demander des comptes au gouvernement de monsieur Sarkozy, président et premier ministre du gouvernement d’un pays qu’il s’était engagé à redresser avec la vigueur qu’il fallait.

Voici quelques flashs qui nous aideront à astiquer quelques colères qui se traduiront le cas échéant par des noms d’oiseaux à l’adresse de qui nous savons et plus si affinité. La bonne nouvelle dans tout ça (il n’y a pas que des mauvaises en ce bas monde) étant l’interprétation de deux partitions inconnues de Mozart à Salzbourg ce dimanche 2 août. Deux œuvres pour piano inconnues ont été interprétées dans la ville d’où était originaire le prodige. Un concerto de quatre minutes et un prélude d’une minute. Question : quelle relation entre la morosité ambiante et cette découverte dans l’oeuvre d’Amadeus ? Aucune ! C’est cela qui est inquiétant. Ne sentez-vous rien venir ?… Moi non plus. Attendons. La patience est une vertu ! En attendant, réjouissons-nous ! Le ministre de l’industrie, Christian Estrosi, vient de le proclamer comme on déclame une tirade de Shakespeare devant un public absorbé par l’écoute du côté d’Avignon : 400 emplois vont être créés à Châtellerault, là où des gars énervés (très énervés !) menaçaient de se faire sauter l’caisson si une prime de 12 000 euros ne leur était pas versée. Les licenciés de New Fabris ont obtenu, en plus des 12 000€ de prime réclamés, 20 000 euros d’indemnités et de « contrats de transition » leur assurant 95 % de leurs salaires pendant un an. De quoi attendre la période des soldes pour s’acheter des bonnes paires de chaussures et quelques écharpes aussi. La grippe A pourrait toucher 40% de la population. « Comment votre entreprise anticipe-t-elle la pandémie ? », telle est la question proposée dans le cadre d’un sondage national.
Le ministre de l’industrie semble avoir trouvé la bonne réponse : Belle victoire de la promesse sur la menace !

Pour vivre heureux, vivons dans le noir ! Car pendant que nous nous prélassons au soleil lisant des mauvais romans, EDF met de la lumière dans ses comptes. Résultat : 20% d’augmentation en moyenne sur les factures à venir. Profitons encore un peu des longues « nuits » d’été, EDF prépare sa contribution à la future taxe carbone. Et la lumière fut ! Mais que penser de la décision de l’UE concernant les fellahs français ? En effet, ces koulaks vont devoir rembourser les aides publiques versées par l’État entre 1992 et 2002 (plusieurs centaines de millions d’euros), ces aides ayant « faussé » la concurrence dans l’Union. « Il est certain que nous devrons engager une procédure de remboursements auprès des producteurs », a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, dans un entretien au quotidien Le Parisien. « Je ne veux pas exposer la France à une condamnation qui l’obligerait à rembourser une somme plus conséquente dans cinq ou dix ans », a-t-il expliqué. Les vergers cuisent déjà sous la pressions des cocottes ! «Tierra y Libertad !» criaient jadis les paysans du monde devant l’injustice des puissants oligarques. La lutte continue !

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