• Accueil
  • > Archives pour septembre 2009
( 30 septembre, 2009 )

Dans la jungle, terrible jungle…

tarzanlhommesingea01.jpgDifficile de faire entendre une voix raisonnable dans le concert de malentendants poussés par la furie de la substitution, les uns se prenant pour les juges, les autres pour les deux : juge et bourreau. Rattrapé par le temps (toujours implacable) Roman Polanski fait un voyage de trente deux ans au coeur de sa conscience, se retrouvant de fait devant le principe d’immanence propre à la justice presque divine des États-Unis. Ce qu’il y a d’affolant dans cette affaire vieille d’un certain nombre d’années ce ne sont pas les faits dont on ignore quasiment tout, mais l’aberration qui conduit chacun à juger de ces faits sans même savoir ce qu’il s’est réellement passé. Ni contexte, ni histoire, ni responsabilité, ni témoins (ou si peu), mais un élan collectif irraisonné pousse les gens à juger, condamner et brûler quelqu’un que nous considérions il y à peine un souffle comme « intouchable ».

Arrêtons, voulez-vous, de brandir les arguments habituels : « si c’était ta soeur ? Si c’était ta mère ? Si c’était ta fille ? » La justice ce n’est pas cela. Du moins ce n’est pas pour cela que nous nous sommes battus et nous battons encore. La justice est un ensemble de faits qu’on juge après analyse et non la trame de « La poursuite impitoyable » d’Arthur Penn avec Brando, Jane Fonda et Redford où l’on découvre à la fin (comme toujours) que la victime n’était pas le coupable. Dans ce film (un classique du genre) émettre un doute sur la culpabilité du persécuté vous rendait complice. Dans la situation présente, cela fait de vous un pédophile ou presque, du moins chez ceux pour qui la réflexion est pour après. Il n’y a pas si longtemps, on a exhumé le corps d’Yves Montand pour des histoires foireuses de paternité. Rien à voir avec l’affaire Polanski, d’accord, mais avant de devenir bêtes, essayons d’être ce que nous cherchons à devenir depuis toujours : justes et humains.

A Calais, c’est un autre drame qui se joue. Un drame dont les protagonistes (le gouvernement français et les exilés de passage) jouent avec conviction une histoire grotesque. Dans la salle où le film est projeté le public ne sait pas s’il doit rire ou pleurer. Même les esprits les plus simples ont compris le scénario : on les vire par la porte, ils reviennent par la fenêtre, tel pourrait être le titre de cette comédie humaine, dans laquelle l’empreinte s’efface à coups de fer chauffé à blanc.

Burlesque aussi, car une équipe de l’émission « Action discrète » de Canal Plus en tournage à Calais a été interpellée et le ministre de l’immigration, Eric Besson, dénonce la « grave dérive médiatique » qui semble gangrener le milieu des médias En effet, ces « guignols » avaient tout faux : uniformes, cocardes tricolores, cartes de visite, ordre de mission du ministère, etc. Comble de l’insolence, ils tenaient en laisse des « comédiens grimés et présentés tels des migrants à adopter comme animaux de compagnie. » Bien sûr, le ministre tient à dénoncer avec toute la fermeté du monde cette « mise en scène inacceptable », s’insurgeant « sur une caricature mensongère et insultante du travail des services de police et de gendarmerie, et sur la diffusion d’une image dégradante et humiliante de ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui sont les victimes des filières de l’immigration clandestine, et qui méritent notre respect. »

Lire la suite…

( 30 septembre, 2009 )

Retour vers la Jungle

jungle4.jpg

Erby Kezako

Sur les 138 étrangers en situation irrégulière placés en rétention mardi dernier, 95 ont déjà été libérés, selon la Cimade. « Ils reviennent progressivement à Calais. Ils ont peur. Ils dorment un peu partout maintenant », témoigne une bénévole. Pour sa part, le ministre Eric Besson parle de succès.

« Toute personne de bon sens pouvait pressentir que cette action de démantèlement ne règlerait rien et qu’inévitablement ils reviendraient », a déclaré Jack Lang, député PS du Pas-de-Calais. « Quels que soient les obstacles, les migrants arrivent à passer », souligne-t-il.
Nouvel Obs

A lire d’urgence

Ces migrants qui sentent le cochon grillé après s’être mutilés les doigts

Image de prévisualisation YouTube

( 29 septembre, 2009 )

Des signes forts donnés aux jeunes…

( 27 septembre, 2009 )

Le citoyen bafoué

mask01.jpgJ’aime le dimanche. La campagne est calme. Le coq chante au loin. Une brume légère s’enroule comme une écharpe autour des clochers. Les cloches sonnent et le bruit des moteurs gagne en densité. Au port les bateaux dandinent au pied des corps-morts, tandis que quelques goélands jettent des cris impatients à l’heure du café et du tiercé. On parle canasson et on parle foot. La politique est loin des préoccupations du moment et les gens semblent vivre comme dans un rêve. J’aime cette ambiance conte de campagne.

De retour à la maison, tranquille, je fais mon petit tour d’horizon des nouvelles que je n’ai pas lu et que j’ai rangé dans un coin pour y jeter un oeil. Je déroule au petit bonheur la chance. J’aime ce qui sort du cadre.

Une bonne nouvelle. Les députés ont le droit de surfer sur le net quand ils siègent dans l’hémicycle. Après le droit de dormir et l’absentéisme, l’Assemblée gagne de haute lutte le droit de surfer. C’est fun la vie d’un député. Allez les djeuns ! Les banlieues vous soutiennent. Victoire sur le conservatisme ambiant. Hasard ou pas, l’autorisation de surfer sur le net intervient le lendemain de l’adoption de la loi Hadopi 2.

Qu’on se le dise, cela ne s’est pas fait sans peine. Imaginez la logistique : appel d’offre, étude des dossiers, discussions, acceptation du meilleur devis, la république ne doit pas jeter l’argent du contribuable par les fenêtres, tout ça c’est du boulot. L’administration ne chôme pas pour donner aux représentants du peuple les armes de la modernité. L’outil dont ils ont besoin pour faire battre en retraite le monde obscur du conservatisme et de l’exploitation.

Pendant que nous tentions de faire dorer une pilule couleur aspirine sur des plages bondées, des gens travaillaient au bien-être des élus du peuple. Des travaux ont ainsi été réalisés pendant l’été pour flanquer des prises électriques partout où besoin était, plus une connexion par câble au réseau informatique. Seul petit problème demeurant dans l’enceinte de la république : le portable de nos représentants restera brouillé, sauf pour une courte durée afin de réceptionner et expédier des textos.

Lire la suite…

( 26 septembre, 2009 )

Gouverner, c’est faire peur

cri011.jpgL’art de la gouvernance a inspiré au fil du temps moult maximes. Ainsi, au XIXème siècle, le journaliste Emile de Girardin pense que « gouverner, c’est prévoir« . Au XVIIIème, le maréchal François Gaston, duc de Lévis, estime pour sa part que « gouverner c’est choisir« . Quant à Saint-Just, il constate que « l’art de gouverner n’a produit que des monstres« . Il en connaissait un rayon sur la question, l’archange de la Terreur…

La première citation ne peut guère s’appliquer à la présidence Sarkozy. A l’Elysée, on ne prévoit rien du tout, on navigue à vue au gré des sondages d’opinion et des crises économiques subies de plein fouet mais jamais anticipées. Les abus des banquiers et autres grands patrons ne datent pourtant pas d’hier et le plafonnement des bonus ainsi que la moralisation des échanges boursiers eussent du se faire il y a bien longtemps. Mais à l’époque, le leitmotiv à la mode, c’était touche pas à mon fric !

La seconde réflexion s’applique partiellement au régime actuel. Non pas pour ses choix idéologiques qui fluctuent au gré des flots financiers et des vagues médiatiques. Un jour ultra libéral, l’autre pseudo-social, la tactique, c’ est de changer de cap sans complexe en donnant l’impression que l’on sait où l’on va… En réalité, pratiquer jour après jour une gestion chaotique digne d’une usine à gaz soviétique, aussi incohérente que les inventions du professeur Shadoko.

Il existe par contre un réel choix dans la sélection des gens qui font office de ministres. Un véritable casting même, plus axé sur la représentation et sur la figure emblématique que sur les compétences réelles et sur la connaissance des dossiers. Ainsi Rachida Dati en son temps, Rama Yade, Bernard Kouchner, Eric Besson, Brice Hortefeux et peut- être bientôt Philippe de Villiers ont été de toute évidence choisis pour leur dimension symbolique. Figures de proue des minorités visibles, de l’humanitaire bon teint, de la gauche félonne ou de la droite extrême, elles participent toutes à la confusion des genres voulue par l’apprenti sorcier élyséen.

Lire la suite…

12345
Page Suivante »
|