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( 17 septembre, 2009 )

Le nouvel Home vidéo

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Plusieurs canaux le confirment : la pornographie ne fait plus honte. Finie l’époque de la flétrissure chaque fois que le sujet posait un cul indiscret dans la conversation ; quand l’évocation de nos pratiques faisait honte, nous rendant coupable d’on ne sait quelle atrocité. Finies ces allées et venues dans des ruelles en cul de sac où l’homme, jeune ou vieux, célibataire ou marié, se rendait en cachette pour se taper le dernier Brigitte Lahaye dans une salle glauque, assis à côté d’un déshinibé qui fixait l’écran, pupille obsédée, se tapant une branlette de bonobo, n’éprouvant pour la pudeur de quiconque le moindre égard. Était-ce bien l’endroit pour ce genre de scrupule ? Finie aussi ces sorties de salles, tristes à mourir, ébloui par le soleil indécent d’un après-midi du mois de mai, l’organe soulagé et l’esprit perturbé par une carence toujours aussi latente.

Ouste ! La morale coupable des culs bénis ! La pornographie fait son entrée dans votre salon ! Que dis-je ? Dans votre couple ! Aujourd’hui, c’est la tête haute qu’on revendique la soirée couple passée à regarder le dernier opus de Clara Morgane et Roco Sifredi pratiquant la fellation avec gourmandise ou s’adonnant à la sodomie, rugissant de plaisir, scandant des onomatopées traduisibles en n’importe quelle langue, mettant à exécution ce que l’on voit à l’écran avec son compagnon, son mari ou le voisin de palier avec plus ou moins de bonheur, fiers de cette liberté soudaine, gagnée à grands coups de reins ! D’ailleurs, on parle désormais de Marc Dorcel comme on parlerait de Luchino Visconti ! Voilà qui est grand ! Des soirées top comme celles qui semblent s’être installées dans l’esprit des françaises et des français, ça vous change un mental en moins deux.

Imaginez-vous l’ambiance le lendemain au bureau, à la caisse de la supérette ou dans les locaux du Pôle emploi ? Chacun relatant l’événement comme si nous avions regardé la remasterisation des films de Sophia Loren ou de Sylvana Mangano avec Marcello Mastroianni comme partenaire masculin. Selon un sondage d’opinion, la chose deviendrait très naturelle chez les couples d’aujourd’hui. Une façon comme une autre de lutter contre la morosité ambiante en s’offrant des soirées chatterie (entendez par là friandise), avec un film pornographique. Même s’il n’y a pas là de quoi fouetter son partenaire, la chose allume un débat aussi vieux que le désir.

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( 16 septembre, 2009 )

Cherchez la femme !

besson32.gifAu fil du temps, chacun a pu mesurer le courage politique d’Eric Besson. Sa constance jouxte l’infiniment petit, sa fidélité avoisine le néant. On se souvient qu’il fut secrétaire national du PS qui avait choisi Ségolène Royal comme candidate à la Présidentielle. On se remémore qu’il l’avait trahie juste avant le lancement de la campagne électorale et qu’il avait écrit sur elle un livre à charge intitulée Qui connaît madame Royal dans lequel il affirmait entre autres cette terrible assertion : « Seule sa propre gloire la motive. »

On se rappelle qu’il avait alors annoncé qu’il allait arrêter la politique pour retourner dans le privé. Ambition ou opportunisme, juste avant le premier tour des Présidentielles, il s’était rallié à Nicolas Sarkozy dont on sait tous que sa propre gloire ne le motive en aucune façon. Le natif de Marrakech avait simplement oublié qu’il avait pondu juste auparavant un brûlot sur le roitelet intitulé L’inquiétante rupture tranquille de Nicolas Sarkozy dans lequel il affirmait entre autres cette terrible assertion : « Ce « Sarko-show » est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir « être jugé sur ses résultats » n’a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d’un médiocre ministre de l’économie et des finances ou ceux d’un ministre de l’Intérieur survolté mais peu efficace : les violences faites aux personnes n’auront cessé d’augmenter en dépit de ses communiqués triomphants.»

On ne saurait qu’être d’accord avec sa dernière diatribe bien qu’obligé de constater que la cohérence d’idées n’est pas son point fort et que le retournement de veste semble chez lui un acte naturel. Son « courage » politique l’avait ensuite fait grimper tous les échelons de la Sarkozie triomphante en commençant par un secrétariat d’état chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques. C’est lui qui devait avoir la lourde tâche de noter ses collègues. Ça lui allait bien au teint, ce rôle de délateur, d’évaluateur, à l’homme qui, selon sa propre femme, ne sourit jamais. Au fait, y’a-t-il un français dans la salle qui ait été mis au courant des résultats de son labeur ingrat vis à vis de la performance de ses nouveaux amis ?

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( 14 septembre, 2009 )

Papiers collés – Georges Perros

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Je n’ai aucun critère dans le choix d’un livre. Aucune directive ne me guide vers tel bouquin plutôt que vers tel autre. Le hasard est ma seule nécessité. Aucun éditeur pour me contraindre à parler de tel ou tel navet pour les besoins libéraux d’une entreprise prenant le livre pour un objet et l’objet pour de la littérature ou de la philosophie. Parfois c’est bien, voire très bien, et cela me rend heureux. Souvent, c’est très mauvais et cela me met en rage. C’est pour cela que je préfère le terme de chronique à celui de critique. Critique de quoi ?

Quand je file dans mon grenier, je cherche un peu de quiétude et le plaisir solitaire du silence qui m’entoure, à l’écart des doigtés politicards des uns, loin du propos raciste des autres et de cette obscénité qui pourrit la vie des sociétés.

Sentir l’odeur indéfinissable du papier qui dort. Entendre le bruit d’une respiration apaisée et me demander quel phénomène est à l’origine de ma présence dans cet espace à la fois minuscule et immense. Cela est pour moi la source d’un plaisir dont je revendique le besoin. Qu’on le veuille ou non, une bibliothèque est aussi vaste que l’univers et aussi discrète que les choses qu’on ignore. Quand Rémi Zetwal a appris que j’allais toucher un mot sur Georges Perros, il s’est dépêché de me proposer un titre de sa bibliothèque, soulignant de sa voix usée par des plaisirs iconoclastes : « tu le lis et tu me le renvoies. » Ma réponse est toujours la même : « Évidemment ! Tu me connais. » C’est ainsi que je me retrouve avec tout un rayon de bibliothèque rempli de livres de l’ami nazairien.

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( 13 septembre, 2009 )

Gauchisse ou gauche œuf de l’ump ?

gauche01.jpgQuelques jours avant que surviennent les problèmes désormais résolus avec son hébergeur, Juan de Sarkofrance avait posé une question à moult euros et à différents blogs (dont ruminances ici-présent) : « Etes-vous de gauche ?« . Depuis quelques blogueurs tels Nicolas ou Romain nous ont demandé la même chose. Céline, Jean-Louis, Jean-Marc, Poison social et aussi Donjipez (liste non exhaustive) y ont répondu de bien belle façon. Aussi oserons-nous humblement une réponse collective à défaut d’être collectiviste.

Ex abrupto, que dire ? Vaste gourbi ! L’étendue du chantier flanque la migraine. Comme tout ça relève d’un jeu amusant type « que ferais-tu si… », essayons de faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Trêve de procrastination, commençons par une négation : être de gauche, ce n’est pas vendre des instruments de guerre comme les Rafales fourgués récemment au Brésil, à des pays qui ne la font pas ou qui n’ont pas envie de la faire. Ce n’est pas non plus jouer les VRP de luxe pour le compte de multinationales privés. Au bas mot, nationaliser l’industrie de l’armement. Arrête ton char, Dassault.

Etre de gauche, c’est vouloir changer le visage monarchique de notre état en instaurant une VIème république avec à la clé un régime parlementaire digne de ce nom. Dans la foulée, supprimer la présidence de la République, creuset de tant de dérives égotistes et la remplacer par un collège, un genre de directoire, élu par l’ assemblée et le sénat.

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( 12 septembre, 2009 )

Je rêvais d’un autre monde…

aziz01.jpgParfois, le cerveau est assailli de questions bêtement métaphysiques, « qui suis-je, où vais-je« , du classique quoi. Mais la réalité rattrape bien vite les divagations de tout un chacun, surtout quand elle porte un uniforme de police. L’histoire je la laisse aux historiens dont c’est le métier, mais pour la petite histoire je ne me sens pas le droit de fermer ma gueule de métèque et d’être frappé d’amnésie collective surtout quand elle arrange, à sa manière,  les faits qu’on aimerait bien lui reprocher.

Juin 2009 devait être un joli mois de mets pour Ali Ziri, vieil homme bien peu amer malgré une vie déchirée entre Kabylie et France.

« Quelques heures avant sa mort il respirait encore » aurait pu éructer Mr de la Palice national. En effet, le minuteur du décompte de la folie ordinaire venait de s’enclencher et tonton Ali,  comme le surnommaient ses amis,  ne verrait malheureusement pas le soleil se lever à nouveau. En ce 8 Juin 2009,  Ali Ziri fait ses courses en ville comme le font certainement vos parents,  il rencontre Arezki, 61 piges au compteur et ami de toujours. Que peuvent faire deux vieux potes quand ils se rencontrent ? boire un coup et faire un tiercé. Sur les coups, inoffensifs ceux-là,  de 14 heures ils se pointent dans une galerie commerciale pour acheter un jean qu’un des fils de Mr Ziri lui a demandé d’acheter. Faire les boutiques ça creuse, alors les deux hommes investissent un restaurant pour casser la croûte.  Au menu, steak, haricots et comme il faut faire descendre tout ça un peu de vin, s’ensuivent un café et un calva, bref pas de quoi fouetter un chat quand on est né bon vivant et un mort qu’on s’ignore!

L’après-midi se poursuit au rythme des vitrines et des coups bus pour rincer le gosier, mais il est temps de se rentrer. Arezki prend le volant, son vieil ami Ali à ses côtés, et là commence la mortelle randonnée. Centre ville d’Argenteuil, une patrouille intercepte le véhicule de nos deux compères et procède à un contrôle. Dès lors, le crépuscule d’adieu d’Ali ziri s’égrène.

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