Après une semaine agitée par des faits et des méfaits, il est bon de se retrouver dimanche, le ciel pour couverture et le silence pour compagnon. Bon signe, je n’entends pas les cloches de St Quai. La mer est lisse et brillante comme une laque sur laquelle les nuages regardent leur traversée.
Comme je ne suis jamais de la messe, au grand désespoir des familles, j’envisageais une partie de pêche au large des 7 îles. Le seul endroit où dieu pisse dans l’eau sans avoir à donner la pièce à la préposée aux toilettes. Sauf que ce matin, changement de programme, on fait autre chose.
Un grand méfait a été le vote des irlandais
Comment vont-ils s’y prendre désormais nos politiques européens pour convaincre polonais ou tchèques de rentrer dans le rang ? Quelqu’un a des chiffres à avancer ? Je parle argent, fric, pèze, picaillons, pognon, oseille ! Combien tout ça va coûter en labeur cette supercherie dont on prévoit l’explosion en plein vol ?
Si c’est ça l’Europe que vous avez rêvé pour nous, passez votre chemin bande de malpropres ! Que les choses soient claires : ne pas vouloir de cette Europe ne signifie pas ne pas vouloir d’Europe du tout. Je dis cela à la face de ceux qui lisent mal, qui lisent vite ou pas du tout. Mais interprètent.
N’ayant rien d’autre à faire, le PS a salué samedi soir la « mobilisation historique » autour de la « votation citoyenne » sur La Poste, et a annoncé qu’il déposerait une proposition de loi en vue de l’organisation d’un « référendum d’initiative populaire » Selon un sondage ifop, 59 % de français souhaitent un référendum national sur le sujet.
Un qui n’a pas froid au melon c’est le ministre de l’industrie Christian Estrosi. Outre qu’il conteste la légitimité de cette consultation sauvage, il déclare à la face de tous les velléitaires de France et de Navarre que la poste restera à 100% publique, pour finir par cette envolée qui rappelle le lyrisme de la guerre froide : « A n’en pas douter, ça fera du 99 % contre, et donc ce n’est pas un vote. Il n’y a aucun contrôle sur ces urnes, ça rappellera les grandes heures de l’Union soviétique. »
Après cet exercice de « démocratie participative et l’engouement des gens », comme le déclarait l’élu syndical Nicolas Galepides, la balle est dans le camps de monsieur Sarkozy. Lequel, il faut le dire, aurait pu se passer de ce vrai-faux référendum. Avoir été élu pour mettre la France au boulot et voir à la mi-mandat que la seule chose qu’il fait consciencieusement est de démanteler son socle social et de vendre le pays au plus offrant n’est pas de nature à rassurer quiconque. Comme souvenir la France en a des meilleurs en matière de présidence.
Avant d’aller chercher des poux dans la tête des iraniens pour donner du lustre à une image ternie par l’empreinte de sa médiocrité, l’Omnipotent devra attendre que les inspecteurs de l’agence internationale de l’énergie atomique visitent le nouveau site iranien d’enrichissement d’uranium de Qom le 25 octobre. D’autant plus frustrant pour le nain que , selon Mohamed El Baradei, directeur général de l’organisation en visite à Téhéran, les relations entre l’Iran et les puissances occidentales étaient sur le point de passer du « complot » à la « coopération ». Incroyable ce que la sémantique peut résoudre comme problèmes.
Avant d’aller me vautrer devant la télé pour une soirée merdique je voudrais citer les propos de monsieur Didier Lombard le 20 janvier 2009, stigmatisant les ouvriers de France Télécom qui « ne sont pas à Paris, qui pensent que la pêche aux moules c’est merveilleux… eh bien c’est fini. » Sûr que le salarié qui s’est récemment jeté d’un pont était un frustré de la pêche aux moules. Comme l’écrivait un irlandais, Edmund Burke : « Ceux qui ont beaucoup à espérer et rien à perdre seront toujours dangereux. »

