Il est bien connu que la meilleure défense c’est l’attaque. Pour Jean, fils de Nicolas, c’est surtout l’arche. Or, depuis quelques jours, des averses diluviennes s’abattent en Sarkozie, faire la pluie et le beau temps n’est point chose aisée, même du haut de la splendeur de ses 53%. L’homme qui battait la campagne électorale et le fer, pendant qu’il était bien chaud, proclamait du haut des scènes populaires son populisme à peine voilé. Il convainquait le gueux et le manant que ceux qui seraient les plus méritants devraient en récolter les fruits, certainement de la croissance.
Il exaltait les foules avec des délires sectaires, la France aux François, et fustigeait le piston comme seul ascenseur social. La victoire en chantant du Barbelivien fut l’avènement d’un ordre nouveau, basé sur la rupture et la dénonciation des insanités de Mai 68. Cette nouvelle ère serait celle du renouveau politique. Quelques années plus loin et une crise financière prise sur le coin de la tronche, ceux que l’on a essayés de semer reviennent tempêter leur colère. Peine perdue mais pas pour tout le monde puisque le roi avait un fils…
Dans le jeu de cette famille, on en avait presque oublié que l’un des rejetons était entré en politique pour le meilleur et pour l’empire Sarkozy. Papa avait été un traître sublime, le fils en serait un tout aussi prodigieux. Tuer ses pairs pour mieux s’émanciper tel fut le credo régulier de Messire Nicolas. Inscrit au patrimoine de l’inhumanité, le paternel transmit à son fils Jean, le fameux code génétique lui permettant de marcher dans l’EPAD de son père. Camorra au poing, Sarkozy père avait assujetti l’UMP à une seule idéologie, la terre des siennes. Jean, son fils prodigue, n’avait plus qu’à se pencher tout en faisant en sorte que Frédéric Mitterrand resta à bonne distance de lui, pour ramasser le royaume de Neuilly. Berceau de la civilisation moderne nationale, Neuilly était de ces villes où la vie semblait d’une rudesse insoutenable, les logements sociaux foisonnaient et sortaient de terre avec des relents indécents de mixité sociale. En Sarkozie point de pauvres, s’attacher à la richesse sonnante et trébuchante plutôt qu’à celle dite humaine ou intellectuelle. Fort de cette expérience Neuilléenne, Jean suivra à la lettre, loin d’être Persane, les recommandations de son seul maître et dieu de père qui êtes odieux.
Faire croire que l’on s’occupe de vous quand in fine on ne s’occupe véritablement que de soi, servir une cause qui se prénomme ambition personnelle sous couvert de prédispositions autoproclamées pour des fonctions savamment préparées et mises à disposition, furent les alibis politiciens avancés lors du terrible procès d’intentions, forcément malveillantes puisque à charge contre un système quasi monarchique, de l’an 2009 du mois « je suis Jean et je vous emmerde tous autant que vous êtes« .
L’ascension, par la farce sud de Neuilly, se fit crescendo. Le creuset de la tombe des rois maudits en Sarkozy se mérite de façon réfléchie. Dans cette bande de garçons dans le vent, Martinon aurait dû se méfier de l’appui prétendument inconditionnel de Jean, et lorsqu’on conjugue l’inconditionnel à l’impératif, on obtient le premier fait d’armes marqué du sceau Sarkozien, la traîtrise comme étendard. Le pacs romana Neuilléen implosa. A pacte de velours, Jean le puceau politique mit un terme à la solidarité affichée envers un Martinon prié de mettre les voiles le plus loin possible de cette annexe du pouvoir elyséen, l’ombre du père se confondant désormais avec celle du fils: fidélité tu ne jureras point, trahir tu devras si tu veux conquérir le pouvoir, mentir devra être ta première langue vivante.
« Prendre son enfant par la main, pour l’emmener vers demain, pour lui donner la confiance en son pas, prendre son enfant pour un roi » résonnait dès lors dans les ruelles miséreuses de Neuilly la rebelle. Une fois les « allô papa tango charlie » évacués et l’élection de Fromantin officialisée avec la bienveillance de saint Nicolas, Noël pointa sa gueule pour Jean de bonne famille. Un poste de conseiller régional en poche, obtenu avec mention « félicitations du jury de Neuilly sud« , le jeune poussin va se sentir pousser du zèle. Son père l’ayant élevé avec un grain, lui n’aura même plus à le moudre tant tout est cuisine locale pour élevage intensif. Jean sait désormais marcher sans mâcher ses mots, il apprend vite et il la prend vite selon des sources anonymes du SAV de Darty, mais cela ne nous regarde pas.
Papa est plein d’ambition pour son fils, il lui réserve donc un cadeau royal. L’homme qui tombe à pic pour ce roi de carreau sur place, bien mal acquise, se nomme Hervé Marseille. L’histoire ne dit pas s’il s’est pris un savon mais toujours est-il qu’il va devoir laisser sa planche, devenue glissante, à l’héritier du roi dont l’appétit semble grandir, bien manger sur le dos des autres est une nécessité vitale en Sarkozie.
L’affaire des collets ayant été vite expédiée, Jean devient donc « président » du groupe ump-nouveau centre-divers droite du conseil général des Hauts de Seine au détriment du candidat soutenu par Devedjian, déjà. La petite monarchie en liberté inconditionnelle est en marche, papa veille aux gains, la basse-cour jacasse mais ne se mouille surtout pas et le gentleman farmer Jean obtient sa première ferme intention de mener à bien un projet personnel, soutenu en cela par les hommes de main du président qui du haut de sa foire du trône assemble le manège politicien de sa progéniture comme il gouverne la France…
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Par politistution

