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( 30 novembre, 2009 )

Quatre minarets mettent-ils le feu au lac Léman ?

suisseminaret3.jpgRuminances prend le large. Après l’incontournable babelouest qui clouait au pilori le thème-leurre de l’identité nationale, voici venu le temps de l’ami remi qui réagit au vote helvétique…

On le sait, la Suisse est un pays paisible. Certes, depuis bien des siècles ses mercenaires se sont engagés nombreux dans diverses armées européennes ; certes la ‘garde suisse’ du Souverain Pontife (‘combien de divisions ?’ disait Staline…) en reste un petit témoignage ; certes les combats fratricides entre calvinistes et papistes furent féroces du temps pas si ancien des atroces ‘guerres de religion’. Et certes la fameuse ‘neutralité’ de la prospère Helvétie s’appuie sur une armée de conscrits unique au monde, car les mobilisables gardent des années leurs uniformes, armes et munitions chez eux, au risque de dérives criminelles, qui font les gros titres de faits divers tragiques, dus à la facilité de faire le coup de feu, dans un moment de colère…

Mais, comme on dit à Genève, ‘y a pas le feu au lac’, pour signifier que ‘tout s’arrange’, en particulier à l’ombre du secret bancaire d’un des plus gros coffres-forts des fortunes capitalistes…dont celles des potentats arabes du Golfe ou de Libye…

Et c’est là que tout commence il y a quelques années, par un fait divers, certes sordide, mais sans coup de feu : Un proche de Kadhafi est arrêté, à Genève je crois, en flagrant délit d’un geste de violence envers l’une de ses domestiques (pour ne pas dire esclave, restons polis !). Il sera libéré peu de temps après, avec versement d’une forte amende. Mais l’honneur libyen est en jeu. Il y aura rétorsions diverses dans des transactions bancaires (domaine, je l’avoue, où je ne connais rien), et, à ce jour il y a toujours deux citoyens helvètes ‘retenus’ (ou prisonniers pour être impolis) en rétorsion…

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( 30 novembre, 2009 )

Le juste mélange des choses

lewis01.jpg

Les cloches sonnent à la volée. Dimanche froid et pluvieux. Le vent tourne, vire, change de bord et revient. Poussée par les rafales d’ouest, la pluie fouette les vitres. J’aime ces journées où l’emmerdement s’annonce solide, vous pousse presque à emmerder le voisinage. A imaginer des bonnes ou des mauvaises blagues. Quand j’étais gamin j’adorais ça. Aller dans les HLM, là-bas, au-delà du quartier des terrasses, au Maroc espagnol, monter au dernier étage d’une cage quelconque, muni d’une corde, attacher les poignées de porte, prenant soin de laisser un peu de mou pour que chacun des voisins jette des cris vers son vis-à-vis, sans pouvoir glisser le bras pour défaire le nœud. Ça me tordait. Généralement, les bonnes femmes venaient à la fenêtre et interpellaient le passant pour qu’il vienne les délivrer. Les mecs c’était encore plus drôle. Moulés dans des Marcel hyper blancs, ils brandissaient un poing solide contre l’ennemi invisible, qu’ils se juraient de terrasser à leur première rencontre. Lui et toute sa race ! J’adorais les observer. C’était moi sa race ! Mais ils l’ignoraient. Il m’arrivait de faire ça chez mes parents. Mon vieux aussi tirait la gueule !

Même ça a disparu. Va aujourd’hui attacher deux poignées de porte dans un quartier pavillonnaire sans heurter une caméra de surveillance, un pitbull et des voisins réunis en bande organisée ! Même Fellini est tout révulsé dans sa tombe.

Et si j’allais au grenier humer la poussière du temps qui passe ? Ça commence à faire un sacré tumulus. En attendant de recevoir le Yonnet conseillé par Didier Goux qui tarde à pointer le bout de ses clichés, je flânais dans mon repaire. Je trifouillais dans les piles. Le livre est un avion. En moins deux, il vous dépose n’importe où pour un prix très raisonnable. Aussi rapide que le charter made in Besson, en plus confortable. Je me souviens de ce livre. C’était à l’île de Bréhat. A l’époque je faisais équipe avec l’ami Daniel, un passionné d’hexagramme et l’ami d’un tas de gens avec qui j’ai partagé des grands moments. Une pensée particulière pour Pierre Clémenti. Nous avons passé avec lui quelques semaines remuantes. La Chine était et demeure le rêve de Daniel. Je précise que rien n’est plus éloigné de la pensée maoïste que mon ami Daniel. Il préfère se colleter avec un réactionnaire intelligent que de se farcir un militant idiot entre midi et quatorze heures. Je dis ça à l’adresse de ceux qui pourraient penser que Daniel est un adepte du petit livre rouge.

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( 29 novembre, 2009 )

L’amer agité

caine02.jpgSi tu ne faisais pas partie des passagers embarqués, la lente et inexorable dérive du paquebot France aurait presque à tes yeux un parfum de spectacle pour salles obscures tant la personnalité de son commandant de bord, bornée, mesquine et névrotique, fascine autant qu’elle révulse. Tu songes à l’Humphrey Bogart d’Ouragan sur le Caine, au comportement inquiétant voire dépressif que seul trahissait un besoin compulsif de masser des grosses billes dans la paume de sa main.

Tu te remémores ses décisions absconses qui, jour après jour, mettaient un peu plus en danger un équipage inquiet. Tu te souviens de son obstination maladive à maintenir un cap illusoire contre vents et marées. Tu frissonnes devant l’épilogue tragique de cette chronique d’un fiasco annoncé. Tu cherches à tâtons dans la nuit hostile le bras rassurant de ta compagne comme pour te convaincre que la réalité présente n’a pas dépassé la fiction. Tu te pinces pour te réveiller de ce cauchemar marin.

Tu te lèves aux aurores scintillantes et dans un demi-sommeil, tu allumes ton poste de télévision. Dans la lucarne vacillante, un petit homme s’agite et harangue ses fidèles. Il grimace puis sourit jaune tandis qu’il est secoué de haussements d’épaule frénétiques. Il sue comme un docker, harassé sans nulle doute par la lourdeur de sa charge. Il scande chaque syllabe de sa logorrhée vaine comme pour mieux convaincre un auditoire pourtant déjà soumis.

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( 28 novembre, 2009 )

Respirez un grand coup, ça va passer

bancpublic11.jpgTout se raréfie. Le boulot. Le sexe. La morale. L’espoir  se dilue dans les volutes qui montent vers le ciel des interdictions comme ultime acte de provocation.

Emportés par un vent de magouille mondial, les marchés financiers tremblent et font trembler. Un séisme de magnitude inattendue s’abat sur le système et les citoyens du monde entier font dans leur culotte. Même si ce n’est pas encore la ruine, ça y ressemble un peu. Quand je dis ruine, ça dépend pour qui. L’or vient de dépasser les 1100 dollars l’once pour la première fois de son histoire. 1 100 dollars les 28,3 grammes (on croirait parler chichon, cocaïne ou autre addictif). Même si les raisons restent floues, la Chine en achète des tonnes afin remplir les coffres de sa banque centrale. Aucun propos pour rassurer quiconque. Le dernier avatar de l’omnipotence capitaliste et de la folie grotesque des hommes, se casse la binette sur le monticule de vanité qui lui sert de soubassement (je parle de Doubaï) et c’est juste si cela relève de l’épiphénomène. Ébranlé mais pas KO, l’émirat demande aux créanciers de son conglomérat Doubaï World, contrôlé par le géant immobilier Nakheel, d’attendre six mois avant de se faire payer la dette. Entre gens de bien…

Quand les choses vont mal dans le monde, les français vont bien. Peut-être avons-nous la chance d’avoir un gouvernement encore plus grotesque que la crise, qui sait. Pour preuve, la déclaration des banques françaises affirmant avoir « une exposition limitée à la crise de la dette qui frappe Doubaï après le moratoire réclamé sur la dette de Doubaï World... » A la rigueur tout ça relève d’une « réaction classique d’aversion au risque », disent les savants de la société générale. La seule chose qu’on sait avec certitude c’est que l’Europe est « durement touchée », mais (tout le monde sait ça) la France n’est pas l’Europe… On s’en cague !

Prenons maintenant un exemple de politique intérieure, le chômage. Selon le gouvernement l’affaire est délicate, mais il n’y a là rien qui indique que nous cédions à la panique. Comme souvent, la guerre des chiffres conduit chacun à camper sur des positions intransigeantes. Ainsi, le PS ne va pas par quatre chemins. Il dénonce une sous-estimation des chiffres dans le but de convaincre les français que chez nous c’est beaucoup mieux que chez les voisins. D’accord, va falloir s’arranger un peu : nous avons la bagnole et le voisin a le carburant. Qui fait le premier pas ? Avec un peu de bonne volonté… Ces déclarations du PS, par la voix de son porte-parole Benoît Hamon, ont fortement énervé les services de l’emploi. Monsieur Charpy (il n’a pas volé son nom), le directeur de Pôle emploi n’a pas trainé pour porter le combat sur la place publique. Il menace de porter plainte contre le porte-parole du PS pour diffamation, après que Benoît Hamon l’ait traité de « canaille ». Diantre ! Signalons que monsieur Hamon n’a pas fait dans la dentelle. Au lieu de dire comme tout porte-parole respectable qu’il contestait les chiffres, point barre, monsieur Hamon fait souffler un vent de sinistrose dans tout le pays.

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( 27 novembre, 2009 )

Le mariage caca d’oie

palette01.jpgAprès les mariages blancs, le chantre (chancre ?) de la lutte contre les vilains envahisseurs de tous pays et de toutes couleurs -tribute to Enrico- s’en prend désormais au mariage gris. En gros un mariage gris, c’est pour sézigue comme un mariage blanc, sauf que le vilain monsieur étranger, avant de mettre les adjas, il a introduit le petit Jésus dans la crèche de la gentille autochtone. Juste le temps d’obtenir des papelards frenchies. Généralement, le vilain monsieur est jeune, beau et fort tandis que la madame est opulente, vieille et naïve. La vie est cruelle. Généralement toujours, le monsieur est noir voire « auvergnat » et la dame est blanche comme neige. D’où sans doute, l’usage de l »élégante appellation « gris » qualifiant leur mélange nuptial.

Remarque bien, on  peut aussi croiser le cas de figure inverse comme le suggère l’amuseur Stéphane Guillon dans sa chronique ci-dessous. Il espère sincèrement que la nouvelle conquête qu’on prête (sans agios) au saigneur de la Jungle, une susnommée Yasmine Torjeman, tunisienne de son état, 22 ans toute mouillée et descendante (excusez du peu) de feu le dictateur Bourguiba, n’a pas mis le grappin sur l’Eric juste pour obtenir un ausweis. Vrai que ça interpelle au niveau du vécu, cette affaire. Pourquoi s’enticher quand on est jeune et jolie, d’un  colin froid entre deux âges et volage de surcroît ? Je donne ma menteuse aux greffiers de la Butte

Passons et extrapolons. Dans la série Palette matrimoniale, que nous inaugurons ici-même, il nous incombe de suggérer d’autres types d’harmonies colorées potentielles. Ainsi, le mariage ivoire, résultant d’une union entre un boat-people du continent jaune et une normande, une limousine ou une salers bon teint. Un amour vache en quelque sorte. Ou encore, dans un registre plus politique, le mariage vert entre un fier élu UMP et une syndicaliste douteuse qui fricoterait avec le patronat. Sinon, pourquoi pas le rose, très tendance au sein de la communauté gay ou chez les socialos, fruit de la rencontre amoureuse entre un(e) authentique Cheyenne (s’il en reste) et un condamné à tort blanchi par la justice. Enfin, l’orange, fort prisé par les fondus de téléphonie, liaison sans faille entre un thaïlandais de quarante ans et une alcoolique anonyme.

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