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( 11 novembre, 2009 )

Prends ton prix, ferme ta gueule et dégage dans ta brousse !

marie20.jpgAlors que nous déplorons avec insistance le manque d’engagement des intellectuels français dans le débat politique, même si certains tel Michel Onfray sont exception, voici qu’un prix littéraire tombe comme un cheveux dans la soupe sarkozyste. J’avoue m’être méfié de ce coup d’éclat. Je me suis dit : « ça c’est encore un coup médiatique soigneusement préparé pour booster les ventes… » Avec tant de gens assis, j’étais surpris par l’attitude de quelqu’un ayant conservé une position verticale et la langue bien pendue des gens libres. “Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton », dit un proverbe italien.

Je ne suis pas amateur de prix littéraire. Je ne juge pas indispensable la lecture d’un livre ayant reçu une distinction nationale. Un livre est une aventure en même temps qu’une découverte. Un livre est un train qu’on prend sans idée précise. Tenez ! L’autre soir, à la faveur d’une insomnie, j’ai ouvert le poste et là, sorte de sortilège noctambule, je suis tombé sur la rediffusion de la très bonne émission « Des mots de minuit », animée par Philippe Lefait. Il était question du Liban (ah, la merveilleuse plaine de la Bekaa), le livre comme sujet et comme fil conducteur à une sorte de voyage extraordinaire dont le va-et-vient des vagues, le soleil, la chaleur palpable, donnaient envie d’aller piquer une tête et se laisser aller ensuite à la dégustation d’un thé à la menthe. Le livre blessé par tant de souffrance, mais pas mort. Le livre comme dernier recours contre la guerre. Le livre comme refuge et comme rempart.

La question était la suivante : « Comment vit le livre au Liban ? Comment se porte-t-il ? Qui achète ?… A quel prix ? » Au milieu d’un décor, un écrivain. Pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Jean-Marie Le Clézio. Quand Le Clézio parle livre, on a l’impression que le monde n’est que ça : un grand livre ouvert pour aventurier de la vie. Un poème épique où chaque mot se gagne de haute lutte. Où chaque instant est unique et non divisible. Et ce trébuchement qu’il a quand il parle, cette fragile et pourtant solide certitude se perdant dans les brumes de l’esprit pour nous revenir plus forte, plus fragile et plus vraie. Grand moment difficile à partager

Je ne suis pas sûr que ces choses soient à la portée de monsieur Eric Raoult. En rendant publique son intention de solliciter les services de Frédéric Mitterrand pour obliger une romancière à un « devoir de réserve » pour des propos que celle-ci a tenus à l’encontre du gouvernement et dont on ignorait jusqu’à présent l’existence, ce monsieur montre les limites d’une pensée, ouvrant des perspectives inquiétantes pour la liberté d’expression dans ce pays. Après la célébration ubuesque du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, voici que monsieur Eric Raoult, ajoutant son parpaing, viendrait presque à regretter l’autorité du régime dont on fêtait la disparition.

Qu’a-telle dit pour mériter une telle charge madame Marie Ndiaye ? Rien que nous ne dénoncions déjà. Elle confirme ou ajoute sa voix citoyenne à celle de n’importe quel citoyen un tantinet inquiet par la dérive inquiétante de la vie politique de son pays. Seulement voilà : madame Ndiaye est quelqu’un d’important. Elle vient de recevoir le plus important prix littéraire du pays. Sa déclaration constitue une lézarde dans le mur du sarkozysme.

Les citoyens n’ont pas tous, comme Marie Ndiaye, les moyens financiers pour aller s’installer à Berlin ou ailleurs, mais laissons lui la parole. Venant du prix Goncourt 2009, cela a son poids. A la question : « vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy », elle a dit ce qu’une grande majorité de français ne cesse de dénoncer depuis que Nicolas Sarkozy a pris ses fonctions à la tête du pays : « Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »

Quand on est nul et qu’en plus on est bête, comme monsieur Raoult, il n’y a aucune raison pour que cela arrange les affaires du chef de l’Etat. Le problème avec les gens autoritaires, monsieur Sarkozy en particulier, est simple : pour se convaincre qu’ils sont les meilleurs, il faut qu’ils s’entourent de gens médiocres. Dans l’obscurité une bougie suffit à faire la lumière.

http://www.dailymotion.com/videoxb0ga7

Quand le même Raoult défend son ami le dictateur tunisien Ben Ali, on comprend mieux son étrange conception de la liberté d’expression… 

52 Commentaires à “ Prends ton prix, ferme ta gueule et dégage dans ta brousse ! ” »

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  1. b.mode dit :

    Raoult dont on connaissait les idées d’extrême droite se rappelle à notre mauvais souvenir. Les gens bons bâillonnés, telle sera toujours la pitance sarkozyste…

  2. Delphine dit :

    Merveilleuse idée que celle d’Eric Raoult : la censure rétro-active. Tout écrivain devrait s’abstenir à un devoir de réserve au cas où il aurait un jour le prix Goncourt. Car après tout, c’est la France qui a donné ce prix à quelqu’un qui ferait mieux de réfléchir à la chance qu’elle a d’être française plutôt que de dénigrer. Ce Monsieur vient ici d’ajouter sa petite pierre au mur Bessonnien de notre identité nationale.
    A quel ministre faudra-t-il demander de faire quelque chose (mais quoi ?) quand un ministre se làche, abandonne tout droit de réserve et envoie valdinguer l’image de la France aux yeux du monde ? En effet, « Une personnalité qui défend les couleurs littéraires/politiques de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions ». En France, sont gravées dans le marbre la liberté de parole et de pensée.
    Après des dirigeants menteurs, voilà la censure étatisée et officielle qui arrive. Le politiquement correct est décidément un lit bien étroit et quand on voit les péripéties actuelles de Rama Yade, on se dit qu’il ne fait pas bon être une femme noire sous le gouvernement de Sarkosy : entre les démentis obligés et les procès rétro-actifs, il y a un côté ministère de la propoagande en 1984 qui fait très très mal dans notre beau et encore LIBRE pays de 2009.

  3. mrsclooney dit :

    juste pour te faire un petit coucou de 11 novembre Monsieur le Diaezec

  4. lediazec dit :

    @ Delphine. Merci pour cette belle contribution. On sent du dépit, mais aussi une colère qui peine à se contenir. Comment en serait-il autrement ? Bah, hier c’était le mur et le petit burin présidentiel, aujourd’hui c’est le 11 novembre, un carnage organisé pour satisfaire le plaisir et le phantasme de très riches industriels. C’était les sentiers de la gloire…
    @ Mrsclooney. Comment vas-tu ? Longtemps que nous ne nous sommes pas parlé. Je vais bien. Cela dit, un temps assez déprimant me rend ronchon. Sauf aujourd’hui, il y a de la lumière matinale. Cela va-t-il durer ? Bises.

  5. Didier Goux dit :

    Il y a tout de même ceci que, la sottise de Raoult ne faisant aucun doute, Marie N’diaye est en quelque sorte DESCENDUE sur son terrain, je veux dire qu’elle s’est abaissée à la polémique, elle a prêté le flanc, ce qui est dommage. (Je précise que je n’ai jamais lu une ligne de cette dame : je parle plus « en général » qu’autre chose.)

    Et j’entends d’ici le formidable rire de Flaubert ou le ricanement grinçant de Baudelaire, si vous aviez parlé de leur parole « citoyenne »…

    Un écrivain n’a pas a être « citoyen », à moins d’assumer cette déchéance de son art.

  6. Made dit :

    Merci pour votre billet. vous avez tort lorsque vous dîtes qu’il est difficile de faire partager que vous avez ressenti lors de l’émission avec Le Clézio car vous m’avez donné une « furieuse envie de la voir »…Je vais essayer de trouver le lien.

    Que dire de raoult, est-ce la peine de parler d’un personnage aussi insignifiant ?

    Je ne connais pas Marie Ndiaye mais j’ai bien l’intention de la rencontrer à travers son bouquin.

    Je vais avoir 65 ans au mois de janvier et j’attends toujours une révolution qui me permettra d’aller mettre le feu à la préfecture…

  7. lediazec dit :

    @ Didier. Ca va ? J’apporte un petit correctif : Marie N’Diaye n’est pas « descendue sur son terrain ». A une question précise de journaliste, elle a répondu en toute franchise. Cette affaire n’aurait pas eu de répercussion majeure si Eric Raoult ne s’en était pas saisi et entraîné avec lui l’opinion publique.
    Sinon, j’aime ce passage de ton commentaire : « Et j’entends d’ici le formidable rire de Flaubert ou le ricanement grinçant de Baudelaire, si vous aviez parlé de leur parole “citoyenne”…

  8. babelouest dit :

    Soumis à la conscription en 1911, mon grand-père ne revint au foyer qu’à la moitié de 1919. A 52 jours de sa libération du régiment, il rempila d’office pour 52 mois. Deux ans plus tard, il épousa la fiancée (et déjà veuve) de son frère plus âgé. C’était un homme doux et paisible. Cela ne l’empêcha pas de participer à cette fête des morts avant la déclaration officielle de guerre, son régiment étant caserné tout près de la frontière fut sous les armes dès la veille dans la nuit.

    Bien plus tard, son petit-fils fut surnommé par ses propres enfants encore petits, Mouton. Mais quand ce sont les propres dirigeants de son pays qui deviennent monstrueux, le mouton montre les dents, et attaque. La guerre est déclarée, entre des porteurs de haine nommés Raoult, Hortefeux, Lefebvre, Morano, et bien d’autres ; et les citoyens responsables et respectueux des valeurs de la république.

  9. rem* dit :

    A quand une petite vidéo sur Marie N’Diaye, à la place de ce piteux UMP copain de Ben ALI, pour une piteuse vidéo !
    A part ça, oui, ton commentaire sur Le Clezio, chouette alors ! Et ton rêve de Bekaa avec thé à la menthe ! A quand aller ‘dégager dans cette brousse là? Avec le formidable rire de Flaubert…ou de Le Clezio…

  10. En plus des relents nationalistes et pétainistes dans l’intervention de Raoult, il y a cette idée que toute personnalité publique française doit participer à soutenir la marque « France », et, par extension, la marque « Sarkozy ».

    C’est un peu comme si on travaillait tous pour Nike.

  11. clarky dit :

    ah le raoult je l’ai toujours en travers de la gorge !!!
    c’est pas le chic type qui déclara le couvre feu dans sa ville ?
    le même qui ne veut surtout pas entendre parler de 2, ni même 3 hommes et un couffin, lui est surtout adepte d’un gars une fille !
    ou encore, cette volonté farouche de rétablir la peine de mort des fois qu’on aurait oublié la loi du talion de cet achille de mes deux…
    et que dire lorsqu’il fleurtait gentiment en pelotant goulument les idées proches d’un certain parti nationaliste bien de chez nous.

    le raincy en a de la chance d’avoir un haut maire dont l’odyssée ne fait que confirmer qu’au pays de cet aveugle les idées du borgne sont roi !

    putain à l’aède ;)

    merci breton, j’aime ta verticalité mais l’horizontale n’est pas forcément déplaisante surtout lorsqu’elle est crapuleuse :)

  12. Didier Goux dit :

    Je voulais simplement dire que c’est elle qui s’était placé sur un terrain purement politique, primairement politique si je puis dire. Ce qui ne rend pas moins con la sortie de Raoult, évidemment.

    Quant à ce pompeux nobélisé (il ne l’a pas volé, tiens !) de Le Clézio, je n’ai jamais compris ce qu’on pouvait bien lui trouver. N’en restera pas une ligne dans cinquante ans, de celui-là…

  13. Raoult confond les prix littéraire et le jury de miss France. Il faut l’excuser. Didier Goux, un écrivain devrait rester dans sa sphère intellectuelle?

    Est-ce que le ministre de la censure culturelle a répondu

  14. b.mode dit :

    Salut Omelette, content de te voir par là… bien ta parabole sur le PS !

  15. clarky dit :

    tiens en parlant de prix littéraires, le dernier que j’ai lu était le rocher de tanios de maalouf, ma vulgarité chronique me permet de dire que je m’étais bien fait chier à l’époque.

  16. lediazec dit :

    @ Clarky. Même chose que toi avec Amin Maalouf, mais en ce qui concerne « les jardins de lumière ». Ma fille me l’avait passé en disant « sans plus ». Moi aussi, j’ai laissé tomber au bout de quelques pages. Je n’aime pas décrocher comme ça, mais, que faire quand ça ne veut pas venir ? Un de ces quatre, je vais essayer de le reprendre…

  17. BiBi dit :

    Didier Goux ne connait pas Flaubert qui etait un fieffé anar de droite et qui flippait devant les Communards qu’il qualifiait de chienlit.

    Par contre dans ses livres,oui, oui, il est le génial Flaubert.

    Monsieur G. ne supporte pas ( ne peut pas comprendre) qu’un génial ecrivain puisse souffrir d’arrieration mentale et politique alors qu’il ecrit de tres tres tres beaux livres.

    Cher Didier, médite sur ça avant de délivrer tes stupidités.

    Cette reflexion de Goux que l »artiste » n’aurait pas à être « citoyen » ( avec ou sans guillemets) est d’une stupidité reactionnaire sans nom.
    La matinée de BiBi commence donc par la lecture d’une grosse bêtise…

  18. mtislav dit :

    Ce serait quand même un paradoxe que l’écrivain la ferme alors même que la ministre l’ouvre.

  19. rem* dit :

    Petite piqûre de rappel au bon Lediazec qui souffre de grisaille du 11 novembre. Je cite :
    Le 11 novembre 2008 (il y a pile un an, c’est le rappel), des policiers encagoulés accompagnés de caméras de télévision investissaient une ferme de Tarnac(Corrèze) et plaçaient en détention huit militants dits ‘anarcho-autonomes’. Julien Coupat, que les services du ministère de l’Intérieur considéraient comme ‘le chef’ de ce groupe ‘à vocation terroriste’ et l’auteur présumé d’un livre ‘L’Insurrection qui vient’, devenu depuis un important succès de librairie, sera le dernier d’entre eux à être libéré, en mai 2009(…)
    Extrait de la 4° de couv du costaud petit essai d’Alain Brossat:
    ‘Tous Coupat tous coupables’ (ed lignes, sept 2009). D’ailleurs, Lediazec, je t’envoie ce bouquin dès que je l’ai fini. Je pense que nous pourrions tous deux (entre autres) en causer dans Rumi…

  20. lediazec dit :

    @ Avec grand plaisir mon ami !

  21. lediazec dit :

    @ Bernard. Une façon d’édulcorer son propos sans se renier ? La pression (la vraie, pas celle de la bière) doit être « énorme » dans les salons et les arrière-salles. J’allais écrire « sales » !

  22. babelouest dit :

    Oui, le sieur Raoult ou ses amis ont dû mettre la pression sur l’éditeur, qui à son tour a dû contacter Madame Ndiaye… C’est un petit monde fermé, que celui de l’édition !

  23. le coucou dit :

    Au journal de treize heures, sur France inter, E. Raoult disait:«On lui a donné le prix», j’ai trouvé ça suri dans sa naïveté de gros blaireau franchouillard. Quand à l’atténuation des propos de M. Ndiaye, il me semble plus probable qu’elle ait souhaité temporiser dans le contexte festif où elle se trouvait, si j’ai bien compris. Croire que l’éditeur ait pu jouer un rôle là-dedans, me semble bien hasardeux: la polémique va faire sans doute de ce Goncourt un grand cru, sur le plan des ventes. D’ailleurs, à 13 heures encore, le compagnon de M. Ndiaye, écrivain aussi, rajoutait une belle couche d’ironie à la levée de bouclier contre Raoult.

  24. Didier Goux dit :

    Mais QUI a ressorti le p’tit Bibi du formol ?

    Je comprends très bien qu’un écrivain puisse souffrir d’arriération mentale et politique, puisque c’est précisément, il me semble, le cas de Mme Ndiaye.

    Sinon, vous avez raison : je ne connais absolument pas ce Flaubert, dont je venais de trouver par hasard le nom dans une pub du Conseil Général de Haute-Normandie.

  25. babelouest dit :

    @ Didier Goux
    Madame Ndiaye n’est ni arriérée, ni stupide, ni ignare. Seulement, à la différence de beaucoup, elle sait être franche. Je ne peux que l’approuver et la féliciter. La critiquer ainsi dénote un esprit que je préfère ne pas qualifier, tant cela est désolant et mauvais.

    A bon entendeur, salut !

  26. Didier Goux dit :

    Babelouest : je vous prie de noter que c’est le P’tit Bibi qui a parlé d’arriération mentale et politique à propos de Flaubert (car, bien entendu, quand on n’est pas de gauche, on ne peut qu’être arriéré, n’est-ce pas ?). Je n’ai fait que retourner l’argument, pour en montrer la profonde bêtise.

    Encore une fois, je ne connais pas cette Marie Ndiaye, n’ayant jamais rien lu d’elle. Mais j’avoue que sa sotte déclaration ne me donne guère envie de le faire. enfin, bon, on ne va pas passer la semaine là-dessus non plus, hein !

    C’est assez pour moi.

  27. Didier Goux dit :

    Ah, j’oubliais : je vois très bien à quoi nous mène votre petit sous-entendu fielleux et qui se voudrait menaçant, à propos de mon esprit « que vous préférez ne pas qualifier » (Monsieur est trop bon, trop indulgent avec moi…) Ceci : j’ai repris le terme d’arriération. OR, Mme Ndiaye est noire. DONC je suis forcément raciste. C’est bien ça, n’est-pas ?

    Mais oui, bien sûr. Votre « bon entendeur » de petit Fouquier-Tinville est là pour le confirmer.

  28. babelouest dit :

    @ Didier Goux
    Votre première réponse n’appelait pas de retour. Mais pour la seconde, je suis ulcéré de cette réaction. A aucun moment je n’avais pensé à la couleur, car pour moi ce n’est pas signifiant. Vous traiter de raciste ? Je rêve….

    Non, c’est seulement que je ne veux pas m’entraîner à insulter quelqu’un : cela n’en vaut effectivement pas la peine.

  29. BiBi dit :

    BiBi ( ce petit Fouquier-Tinville-bis) n’a JAMAIS prétendu que vous etiez raciste.
    Aussi pourquoi « devrai-je le confirmer ? »

    Vous avez l’habitude de ne rien lire et de vous prononcer sur tout. Déjà vous me traitiez de petit con sur un blog en vous vantant de n’avoir pas lu une ligne de moi.Demander à Mtsilav.

    Je maintiens que Flaubert etait un anti-Communard de la pire espèce et en même temps un écrivain de génie : ça heurete evidemment votre représentation des Ecrivains mais c’est mon avis ( juste mon avis).

    Je vous invite à lire ce que j’ai écrit sur mon blog, précisément sur cette arrieration mentale (Shakespeare etait antisémite, Voltaire a ecrit des pages indignes alors que Montaigne et Cervantès, non) qui touche ceux qu’on caractérise comme « Génies » (et qui le sont dans leur travail d’écriture).
    J’essaye avec mes humbles moyens intellectuels d’expliquer cette difficile question.

    Voir et lire si vous avez envie :http://www.pensezbibi.com/livres-de-lecture-poesie/cousin-singe-et-cousin-ange-1562

    Je précise encore mon avis : Dire qu’un homme politique n’a pas à s’occuper de littérature, je peux comprendre ( encore que cet imbécile versaillais de Raoult ne le comprenne pas) mais dire à un ecrivain qu’il n’a pas à s’occuper de la vie politique est une Stupidité sans nom

  30. Alexandre dit :

    Un écrivain devrait se soumettre au devoir de réserve. Maréchal nous (re)voilà !

  31. BiBi dit :

    Eric Raoult rêve plus sûrement d’un bon AutoDaFé à la porte de Brandebourg à Berlin , avec les livres de Marie N’Diaye en fumée… ça lui rappelera The Good Old Days, le Bon Vieux Temps.

  32. Mathias dit :

    Monsieur Goux, ayez l’obligeance de lire Marie Ndiaye, qui est un de nos meilleurs écrivains, avant de vous aventurer dans des propos qui vous dépassent. Nous devrions être fiers de cet écrivain qui représente bien mieux la France que E. Raoult ne pourra jamais l’escompté. Rappelons que M. Ndiaye est la première contemporaine à être jouée à la Comédie française: elle n’a aucune réserve pour faire briller la France (quant à son gouvernement…).

  33. lediazec dit :

    C’était passionnel, donc show, par ici. C’est le propre de tout débat et c’est bien. J’ai adoré, les emportements, les accusations hâtives, la prise de melon, la passion. J’aime l’esprit de Didier Goux que je trouve proche de celui des hussards, le mouvement littéraire inspiré par l’œuvre de Roger Nimier… et dont Antoine Blondin fut un autre pilier.
    Je ne pense pas (sincèrement) que Didier Goux soit raciste. Si vous me demandez : « Didier Goux est-il un provocateur ? » Sans aucune hésitation je répondrai oui ! C’est même une des choses qui le relie aux autres.
    Et merci à vous tous pour la formidable qualité de vos posts !

  34. Didier Goux dit :

    « Rappelons que M. Ndiaye est la première contemporaine à être jouée à la Comédie française » :

    Bien fait pour elle ! Il ne lui manque plus que le Nobel pour être aussi « fréquentable » que Le Clézio, tiens ! Je lirai cette dame si l’un de ses livres me tombe sous la main,comme je le fais pour tous les livres qui ont cette obligeance, mais je n’allongerai pas le bras pour cela. C’est sans doute idiot de ma part, hein, mais elle me semble tellement avoir le « bon profil », la bonne pensée (celle qui fait se pâmer le chéri-Bibi), les bons contacts à Saint-Germain, etc. que ça me coupe toute envie de la lire.

    De toute manière, à quelques exceptions près, les romanciers français contemporains me gonflent, et pazr dessus le marché je n’ai pas de temps à perdre avec les livres de gonzesses, à part Sévigné, Mme de Boigne, et une petite goutte de Yourcenar le dimanche midi après la messe (pour n’évoquer que des Françaises).

    Mais je suis tout de même content d’apprendre que Mme Ndiaye « n’a aucune réserve pour faire briller la France » : j’ai moi-même perdu ma boîte à cirage, ça crée des solidarités forcément.

  35. Didier Goux dit :

    Lediazec : j’ai oublié un truc : votre référence aux Hussards (outre qu’elle me flatte, d’une certaine manière m’amuse, dans la mesure où je n’ai jamais été fou des livres de Nimier et que Blondin, bien que savoureux, me paraît assez surestimé.

    Sinon, à propos de Nimier, avez-vous lu son échange de lettres avec Céline, lorsque Paulhan, ne supportant plus de se faire insulter par par le chien féroce de Meudon, a refiler le bébé au dit Nimier, chargé de jouer le rôle de tampon entre l’enclume Gallimard et le marteau Destouches ? Ça, c’est vraiment savoureux !

    Et cessez donc de me considérer comme un « provocateur » sous prétexte que nos visons du monde diffèrent radicalement (et encore, il faudrait voir…) : ce n’est digne ni de vous ni de moi.

  36. clarky dit :

    putain, maintenant je sais pourquoi je préfère le rugby au goncourt !!!

  37. Didier Goux dit :

    Donc, M. Mathias me somme de lire Mme Ndiaye. Grâce à mon ami Christophe Bohren, je tombe sur ces lignes, au tout début de son glorieux Goncourt :

     » Et celui qui l’accueillit ou qui parut comme fortuitement sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n’avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu’elle semblait impérissable.  »

    Et après une prétentieuse bouillie pareille, vous voudriez vraiment que je lise la suite ? Petit sadique, va ! Qu’elle reste donc à Berlin et qu’elle n’en bouge plus, la cuistresse !

  38. lediazec dit :

    @ Didier Goux. C’est là un extrait de ce Goncourt ? Nooon ! Au secours ! Il n’existe pas une version berlinoise du Goncourt ? Comparativement, Cartland c’est du Flaubert !
    J’avais raison d’écrire : Je ne suis pas amateur de prix littéraire. Je ne juge pas indispensable la lecture d’un livre ayant reçu une distinction nationale.
    Nul !

  39. babelouest dit :

    Je n’ai lu qu’un Goncourt, que je refeuillette de temps en temps avec plaisir. Il se trouve que son auteur soit une dame acadienne, pas une française. Une certaine Antonine Maillet, et le livre, le conte dirai-je plutôt, a pour nom Pélagie-la charrette. Elle a eu le Goncourt il y a juste trente ans, en 1979.

    Le « Grand Dérangement » y prend des allures de fête et de merveilleux.

  40. Didier Goux dit :

    Lediazec : oui, hein, ça fout la trouille ! Mais on s’en branle des pris Goncourt, bordel ! Tenez, faites-moi plaisir : commandez-vous et lisez « Rue des maléfices », de Jacques Yonnet, écrit vers 1950 ou 60 (j’ai la flemme de me lever pour vérifier). Je ne vous connais pas, mais je parierais volontiers ma couille gauche (celle dont je ne me sers presque plus) que vous allez adorer ce livre (salué par queneau et d’autres) et que vous passerez ensuite le reste de votre vie à m’adorer à deux genoux.

    Babelouest : si vous voulez lire un pris Goncourt, tentez donc « À l’ombre des jeunes filles en fleurs » : c’est pas mal…

  41. clarky dit :

    oupela, cet extrait du goncourt m’a piqué les yeux, pute vierge, ça me donne envie de relire fissa l’épervier de maheux plutôt deux fois qu’une.

  42. lediazec dit :

    @ Didier Goux. Merci à toi (tu permets qu’on se « tu » ? J’ai 58 berges…, mais bon ce n’est pas une raison non plus) pour ton conseil concernant cette « rue des maléfices, chronique secrète d’une ville ». Je ne connaissais pas, ni le titre ni l’auteur. Et j’ignorais jusqu’à l’instant la participation de Robert Doisneau pour les photos. Dès que mon libraire ouvre ses portes, je commande.
    Pour le reste, couille et saint-frusquin, pas de folie ! Garde tout ça bien au chaud.

  43. Didier Goux dit :

    Je vous assure que vous ne regretterez pas (je garde le voussoiement, mais n’est rien contre le fait que l’on me tutoie : je trouve même le décalage plutôt amusant…) cette plongée dans le Paris des bistrots pourris, des clochards célestes, des environs de la place Maubert, ces plongées dans d’autres époques, dont celle de la rue du Petit-Pont de François Villon, etc. Bonne lecture !

    (Vous me direz ce que vous en avez pensé ?)

  44. lediazec dit :

    @ Didier. Tu sais peut-être qu’en langue bretonne le « vous » n’existe pas. Je garde donc le tutoiement. Je viens de commander le bouquin, je l’aurai mardi/mercredi prochain.

  45. Didier Goux dit :

    Mes connaissances de la langue bretonne sont fortement lacunaires (litote…), bien que j’aie assidument pratiqué Glenmor dans mon adolescence et ma prime jeunesse.

  46. babelouest dit :

    Il y a quelque 30 ans et plus, ma chère moitié était la voisine d’en face de Gilles Servat. Un honneur !

    Mais, saintongeais, j’avoue ne guère connaître le parler Ar Mor….. j’ai seulement pu m’enorgueillir de compter parmi mes amis Yves Rabault, poète patoisant poitevin qui fit les beaux jours du Lapin Agile, à Montmartre.

  47. lediazec dit :

    Puisque nous sommes dans les confidences, j’ai eu plaisir à partager le repas avec Glenmor sur l’île de Bréhat. Sa dame était charmante. Dans la foulée, je buvais le coup avec Xavier Grall. Etant passé par Melilla, l’autre place-forte militaire espagnole au Maroc, avec Ceuta, où je suis né, Grall me disait avoir beaucoup aimé le pays berbère. En tant que breton insoumis, il étudiait l’évolution des minorités de par le monde. J’ai aussi fait une radio avec Henri Queffélec. Magnifique bonhomme !
    Tout ça pour dire que je ne parle pas breton, quelques bricoles piochées au hasard de mes folles soirées druides.

  48. clarky dit :

    putain, moi j’ai juste eu la chance de bouffer avec bernard, et c’est déjà pas si mal ;) , accessoirement avec gaudin jc pour cause de spécialisation estudiantine à la con mais j’aurais préféré grailler seul sans dec !!!

    gloria genmor et après tu peux chanter i will survive :) , voilà ça c’est fait.

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