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Cheval fougueux refuse l’obstacle

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cheval100.jpgCheval fougueux est un bipède courageux mais pas plus téméraire que ça. Plutôt que d’affronter le grand concours de saut d’obstacles que lui avaient concocté, porte de Versailles, onze mille maires en furie, il a préféré rentrer au ranch benoîtement. Pas au sien, Devedjian, le palefrenier souffre-douleur du 92, étant loin d’avoir fini de « nettoyer les écuries d’Augias » du département. A-t-il du reste un jour commencé ? Poser la question, c’est déjà y repondre. Bref, c’est au haras royal de son ami Abdallah, le souverain wahhabite, celui-là même qui l’a gratifié de l’amusant sobriquet équin cité ci-dessus, que Poney indomptable, comme le surnomment également certaines irrespectueuses amazones, s’est opportunément réfugié.

Pour ne pas sombrer vingt mille lieues sous les maires, il ne fallait pas envoyer à la boucherie ni un poulain de l’année ni un vieux bourrin sur le retour pour pallier l’absence fortuite de notre pur-sang hongrois. Ce fut à un habitué des secondes places qu’on intima l’ordre de dompter la colère des bourgmestres. La parité n’étant pas encore de mise en matière d’élus, ce n’est pas loin de onze mille verges qui fustigèrent à son entrée dans le manège (ou plutôt dans l’arène), le sang froid du sourcilleux volontaire désigné. Huées et sifflements accompagnèrent pendant de longues minutes le pas cadencé du canasson meurtri. (voir vidéo ci dessous)

Pendant ce temps-là, notre fier destrier goûtait aux joies des paradis saoudiens. Officiellement pour y négocier des contrats. Du nucléaire civil par exemple. Il aime ça les signatures de contrats de vente, Cheval fougueux. Il aime surtout à le faire savoir autour de lui à qui veut bien (encore) l’entendre. Au fait quelqu’un a des nouvelles de l’achat par le Brésil de nos chers et fiables Rafale ?

Pendant ce temps également, la commission des Lois jugeait «irrecevable» la demande d’une commission d’enquête sur les pharaoniques sondages élyséens (plus de cinq millions d’euros en deux ans) malgré l’accord de principe rendu par le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer. Qu’on se rassure, l’argent du contribuable était utilisé à bon escient dans notre cher et vieux pays. La question de savoir si Cheval fougueux était bel et bien le plus bel étalon de la planète n’avait en effet pas de prix par les temps qui courent. Le risque de « dictature » dénoncée par son ancien poulain, Jean-François Copé n’était vraiment pas pour demain.

Pendant ce temps, encore et toujours, un proche de notre globe-trotteur préféré, Basile Boli, ancien footballeur nommé secrétaire national de l’UMP en charge du co-développement en octobre 2007 mais soupçonné d’abus de confiance et de recel d’abus de confiance, était placé en garde à vue hier matin à la Brigade de répression de la délinquance économique. C’est « Entreprendre et réussir en Afrique« , une association humanitaire présidée par mon Basilou qui serait dans l’œil du cyclone judiciaire.

Enfin selon Mediapart, pendant ce temps ou presque, un directeur financier et administratif de la Direction des Constructions Navales, Gérard-Philippe Menayas, interrogé par le juge Marc Trévidic, en charge de l’enquête sur les causes de l’attentat de Karachi, révélait que Cheval fougueux, à l’époque ministre du Budget, aurait eu un « rôle particulier dans le cadre de la signature du contrat Agosta – la vente par la France de trois sous-marins au Pakistan en 1994. Ce contrat pourrait avoir un lien, direct ou indirect, avec l’attentat, selon plusieurs éléments de la procédure judiciaire« .

Bref au grand steeple-chase de la République bananière ainsi qu’au grand prix de l’arc de Triomphe auto-proclamé, on reniflait bien ça et là quelques remugles nauséabonds dans les travées de l’hippodrome hexagonal. Mais, esprits chagrins, en ces temps identitaires de retour à la terre et aux valeurs du terroir, quoi de plus bucolique et de plus champêtre que l’odeur du fumier ?

http://www.dailymotion.com/video/xb6hq8

http://www.dailymotion.com/video/x2pvbt

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16 Commentaires

  1. babelouest

    18 novembre, 2009 à 4:15

    Pendant que la cavale rit en compagnie de l’une des juments du pur-sang arabe, Cadichon prêche dans le désert. Qu’il fasse. Il est loin des rumeurs, des bruits et des fureurs qui l’attendent de pied ferme, et même de sabot ferme, là-bas, au pays.

    Il ne lui restera qu’à retourner, plein d’usage et raison, si chose lui est possible, quand les hourvaris se seront calmés. Il sait qu’il les aura à l’usure, puisque beaucoup mordront la poussière de l’arène, victimes de la destruction de leurs écuries respectives. Quand le cher pays où il est né ne sera plus qu’un immense cirque, sans rien d’autre que lui en haut (de l’affiche) du trône élévateur, tout sera pour le mieux. Rien que des laudateurs en transes, tous derrière, et lui devant.

    Il sera nécessaire de fixer cette image mémorable, car les nuages au loin annoncent sans doute quelque désagrément funeste. Qu’importe : Cadichon est heureux.

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  2. Donjipez

    18 novembre, 2009 à 4:24

    Excellente inspiration. Drôle et moqueur face à situation de plus en plus grave. Le poney nous prend pour des ânes… et on se laisse faire.

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  3. lediazec

    18 novembre, 2009 à 9:21

    Grosse course à handicap. Pour sauver les meubles d’une politique intérieure mitée, l’idéal serait un bon petit conflit extérieur, comme la Géorgie à l’époque de la présidence européenne. Ou alors, comme cela semble vouloir se dessiner, une petite polémique avec Obama à propos du climat. Des petites choses comme ça qui l’aident à ne pas regarder de près l’indigence de sa politique intérieure.
    Très beau texte. Bien envoyé.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  4. b.mode

    18 novembre, 2009 à 11:15

    Ou alors un vrai développement de la grippe cochonne. Bachelot chaque jour à ce titre implore le dieu H1N1. Parait qu’une journaliste a trouvé un max de vaccins déjà périmés dans les poubelles à cause du manque de mobilisation de la population. Crédibilité quand tu nous tiens…

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  5. lediazec

    18 novembre, 2009 à 11:40

    Il faut dire que si le virus H1N1 venait à gagner en pugnacité, le gouvernement verrait ça comme une aubaine. A savoir si Roselyne ne mets pas des cierges au pied de notre Dame de la Clarté pour que le virus se dépêche un peu.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  6. Didier Goux

    18 novembre, 2009 à 14:44

    Une épidémie de grippe cochonne : je ne sais pourquoi, l’intitulé me laisse tout rêveur…

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  7. b.mode

    18 novembre, 2009 à 14:56

    @didier Ne vous méprenez pas, je ne fais pas référence à une pandémie libidineuse mais bel et bien au nom initial de la maladie mortelle… ;)

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  8. babelouest

    19 novembre, 2009 à 0:13

    Ah tu verrat tu verrat tu verrat…..
    Oui, je sais, elle est facile, mais avec cette pandémie (quel nom de luxe) on nous prend pour des truies (c’est pour changer, habituellement on nous prend pour des vaches à lait).

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  9. la grignette

    20 novembre, 2009 à 2:04

    «  » au réclamé des Ecuries d’Augias, des huées et des sifflets ont accompagné « bourrin sur le retour », outsider du peureux « cheval fougueux » (celui-ci ayant refusé le départ). Le public, venu très nombreux pour la circonstance n’en ayant pas pour son argent, trépigne et grogne dans les tribune devant cette bande de vieux chevaux sur le retour, malgré tous les efforts de « vieux bourrin sur le retour » pour tenir la tête de la course à la corde et au bout de sa longe, quand déboule, soufflant de tous ses naseaux « crock-madame », une porcine de belle taille, qui de toutes ses forces, galoppe dans un nuage viruslent et passe… »"

    A la prochaine course « prix de ma femme qu’elle est belle qu’ele est jolie », je parie !

    Et cochon qui s’en dédit.

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  10. b.mode

    20 novembre, 2009 à 4:00

    @Grignette Assurément vous êtes mûre pour vous substituer à feu big Léon ! :)

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  11. babelouest

    22 novembre, 2009 à 11:29

    Casaque à trous-trous, toque bleu « tes zyeux », le coursier familier arrive en force.

    Pour Big Léon, ce Russe parlait un français bien meilleur que celui de nombreux de nos compatriotes . Vous voyez ce que je veux dire.

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  12. b.mode

    22 novembre, 2009 à 14:05

    @babel C’était quand même un bon vieux connard. Lâche et lèche-cul, il aurait plu à qui tu sais…

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  13. poison-social

    22 novembre, 2009 à 23:32

    @ b.mode
    Bobiyé !
    (mais quand on parle de développement de grippe cochonne, forcément, on s’engage sur un terrain glissant…)
    :) )

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  14. b.mode

    23 novembre, 2009 à 2:14

    @Poison social Merci ! ;) Bah au départ, c’était son nom à la pandémie jusqu’à ce qu’on la rebaptise mexicaine puis A… A ça ne mange pas de pain, si je puis dire…

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  15. Quarter Horse Jura

    13 février, 2010 à 13:07

    Le style d’écriture est excellent !!!

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  16. ssiap

    4 avril, 2010 à 21:26

    on ne c plu qui croire dans tout sa

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