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( 26 novembre, 2009 )

Ô pucelage ! Ô trésor précieux…

lesmaisonscloses01.jpgMalgré un temps pourri, je démarre la journée sur les chapeaux de roue. La bonne humeur est là. Lire Didier Goux, écrivain en bâtiment, pour commencer, n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux à faire quand on a la tête un peu dans le sac, mais ce matin c’était très réjouissant. Ça vous revigore un mental en moins deux. Ça pétillait dans les coins. Les voyants clignotaient comme les lumières d’un sapin de Noël : rouge, vert, orange, violet, bleu, blanc, jaune… et pastis pour tous. C’est l’arc-en-ciel des passions blogosphériques. Pourquoi tant de bruit ? Là n’est pas la question. Comme souvent, la question est ailleurs. Si je savais où, je ne perdrais pas mon temps à en parler.

Après un tel « bordel », allez vous concentrer sur l’actualité ! J’ai lu un truc sympa dans Siné hebdo. Un article signé Jean-Paul Rocher, « goûtez au pif » où il question de tarin, de pic, de péninsule et autres poires d’où j’extrais ce passage : « Qui ose aujourd’hui se pencher sur un étal de poissons ou même de légumes pour y sentir de plus près ? (…) Ce roc, ce pic, se limiterait-il seulement à nous faire renifler la pollution ? » Ça paraît con comme ça, mais moins idiot que ça n’en a l’air. Comment garder son sérieux quand vous entendez dans la bouche de Christine Lagarde, la ministre de l’économie, qu’elle pense (moi aussi, ça m’arrive) que « le quatrième trimestre sera toujours positif, et sans doute meilleur que les trimestres numéro deux et numéro trois. » Elle a dit ça comme on commande une dinde au marron à papy Noël, prenant soin de mettre l’enveloppe dans la boîte aux lettres et adressée là où vit le pape des cadeaux.

A propos de bordel, une qui n’a pas froid… aux yeux, c’est la néo coquine Christine Boutin. En déclarant ne pas être contre la réouverture des maisons closes, elle remue le buzz avec l’audace d’une jeune fille délurée à une époque où la pudibonderie s’installe sous les lambris de la république. A contre-courant de la rigidité ambiante, pour ceux qui en douteraient encore, elle se dépoile, adressant à ceux qui l’avaient mal jugée, qu’elle regrette qu’on l’ait prise pour une « réac » ou, pire, « moraliste », ou bigote, incapable de parler crûment des choses du cul. De culbutage, de mandrin, de bite, de chatte, de braquemart, de jonc, de moule, de fellation, de string, de porte-jarretelles, de guêpière (même si elles sont tricotées à la Phildar), de sodomie, d’interpénétration, avec le naturel qui sied à la chose. La Présidente du Parti chrétien-démocrate se lâche et va plus loin, donnant à sa démarche le souci « de mieux suivre les prostituées sur le plan sanitaire et de mieux les protéger au niveau de la sécurité… »

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( 25 novembre, 2009 )

Identité nationale : une piste pour aujourd’hui

id01.jpgL’ami Babelouest, du site Dazibaoueb nous livre ici sa version toute personnelle de l’identité nationale…

Nous l’avons déjà fait ressortir ici. Si elle existe, l’identité nationale est un consensus bien ancré sur des valeurs communes.

En priorité, il se dégage un sentiment très fort d’égalité. Celui-ci s’est montré au grand jour à l’occasion de la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790. Tous les français qui ont pu accomplir le déplacement se sont mélangés sans retenue, bretons, périgourdins, auvergnats, marseillais, et ont fêté ensemble une unité qu’aucun pays alentour ne connaissait. Tous se sentaient français et picards, français et normands, français et lorrains, dans cet ordre. A l’époque, malheureusement, les femmes étaient généralement moins égales que les hommes.

Parce qu’égaux, les français se sont sentis libres, libres de faire de grandes choses, comme renverser la royauté qui les assujettissait justement, ou plus prosaïquement définir un nouveau système de poids et mesures, rien que cela. Ou l’abolition de l’esclavage, le 16 pluviôse an II (4 février 1794). Ou plus tard, en 1905, la suppression de la tutelle ecclésiastique, grâce à  la séparation des Eglises et de l’Etat.

Ces deux composantes primordiales ont permis l’émergence de la fraternité, dont la première manifestation fut justement la Fête de la Fédération. C’est aussi ce qui a permis de former les Armées de la République, assez cohérentes malgré leur inexpérience pour prendre le dessus sur les troupes des monarques à Valmy et Jemappes . A noter également les nombreuses insurrections qui ont émaillé notre Histoire dans le courant du XIXème siècle, où bourgeois et ouvriers formaient ensemble les barricades. Malheureusement un évènement comme la Commune Insurrectionnelle de Paris fut aussi le plus sanglant, tant le Pouvoir en place prit peur et décida de massacrer les participants.

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( 25 novembre, 2009 )

Désenchantés…

greve02.jpgEntre 11 et 40 % de grévistes dans l’enseignement, selon la couleur et l’emplacement des baromètres choisis, entre 15 et 30 pour la Poste, on ne peut estimer que ce mouvement social du 24 novembre soit une franche réussite malgré la légitimité des revendications respectives des deux corps de métier en colère. Plus de 40 000 postes supprimés en trois ans pour les premiers, une menace à peine voilée de privatisation pour les seconds, voilà qui, jadis eut motivé les troupes massivement.

Ce relatif échec est du véritable pain béni pour Sarkozy et consorts qui vont vouloir encore y voir un motif d’approbation de leur politique assassine de démantèlement du service public. La vérité est tailleur comme on dit au Sentier. Il règne en cette fin d’année sur le royaume de France, un sentiment de désenchantement dans la population qui atteint des sommets abyssaux. Il faut avouer que le spectacle politique est particulièrement affligeant : au pouvoir, une droite désormais plus désorientée que décomplexée et en face, une gauche plus minée que déterminée…

Usé, abusé, désabusé, le peuple courbe l’échine, se fait piquer comme du bétail et subit sans mot dire les frasques et autres gesticulations d’un monarque à jamais déconnecté du réel. Et, tandis que son altesse énervissime nous improvise en banlieue une énième variation médiatique sur fond de commerce sécuritaire, la soumission collective atteint son paroxysme. Pour combien de temps encore ?

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Mylèèèèèèèèèèèèèèèèèèène…

( 24 novembre, 2009 )

Toile d’araignée qu’on tisse dans le vide

p42.jpgSi quelque vil débris barre la voie humaine,
Écartons de la main l’obstacle qui la gêne (…) Lamartine

La chose est assez insolite pour être soulignée. Insolite mais pas surprenante. Elle ouvre aussi  quelques perspectives !… Si l’idée venait à s’installer durablement dans les mœurs républicaines, il est certain qu’une partie du problème de surpopulation carcérale serait résolue pour le grand bonheur du contribuable.

Voici ce que je lis dans les défilantes du moment : « Le maire socialiste de la capitale, Bertrand Delanoë, a laissé entendre que la Ville de Paris pourrait retirer ses demandes de réparation financière, et donc sa constitution en partie civile, dans le futur procès de Jacques Chirac pour détournements de fonds publics, à partir du moment où les sommes réclamées sont remboursées. »

Depuis le renvoi de Chirac en correctionnelle, c’était la première intervention de Bertrand Delanoë sur le sujet en tant que premier magistrat de la Ville de Paris. Cette action en justice contre l’ancien maire de Paris et ancien Président de la république n’est en réalité qu’une course de relais commencée par des particuliers dans laquelle l’actuel maire Bertrand Delanoë, au nom de la Ville de Paris, a saisi le témoin de ce qui ressemble plus à un marathon juridique qu’à un 100, voire 200 m. courus façon Hussain Bolt.

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( 23 novembre, 2009 )

Ça fume chez les censeurs

gains01.jpgC’était dans les années 77/79, ma mémoire reste floue, d’ailleurs je m’en fous un peu. J’habitais l’île de Bréhat où l’hiver nous semblait si long, si long, que nous étions quelques-uns à vouloir le biffer du calendrier. Le cortège des robes noirs se dirigeant vers l’église, puis revenant, disparaissant et le va-et-vient des rideaux derrière les fenêtres observant le manège, avait de quoi vous faire regretter on ne sait quel pêché. Avez-vous songé à organiser une semaine sans dimanche ? Quand on traversait le bourg, même le vent qui le balayait avait l’air désolé. De temps à autre, un chien glapissait aux abords du cimetière. Le bistrot, « Aux Corsaires », était le point de chute obligé pour qui le dimanche était synonyme d’éternité. On buvait. On essayait de parler ou nous nous taisions. De temps en temps, quelqu’un regardait à travers la vitre de la porte pour voir de quoi avait l’air aujourd’hui le visage du silence.

C’était vers les quatorze heures que démarrait la partie de « L’oreille en coin » qui m’intéressait. C’était ça ou Jacques Martin et l’école des fans. L’émission était en fait un programme avec plusieurs émissions que France Inter diffusait le week-end. Celle dont je parle était animée par Kriss et sa bande d’hurluberlus. L’espace de quelques heures, l’animation nous reliait aux choses réelles ou imaginées d’un continent distant de quelques encablures. De la vraie radio, en réalité. J’adorais ces instants que je passais à écouter l’émission de Kriss. J’avais le sentiment d’être (toute proportion gardée) le double bien portant de Darrell Standing dans le « Vagabond des étoiles » de Jack London, roman dans lequel le dimanche n’existe pas. Il est remplacé par des tas de choses palpitantes. Cette émission de Kriss, qu’elle animait avec Marie-Odile Monchicourt, venue sur Bréhat tourner un sujet sur la femme dans une île, fut une très belle expérience dans le cachot de ma vie. Cela demeure encore un très beau dimanche. Aujourd’hui Kriss n’est plus là, mais voilà que si, puisque je vous en parle et que nous sommes dimanche.

Cela n’est pas fait pour être rassurant, mais la vie qu’on nous prépare dans les anti-chambres n’a rien d’héroïque. Après Tati et sa pipe, Coco Chanel et sa cigarette, c’est à Gainsbourg et aux arabesques de fumée qu’on voit dans l’affiche du film qui lui est consacré, de rejoindre le panthéon des bannis de la bonne conscience nationale. L’affiche du film « Gainsbourg, vie héroïque » de Joann Sfar est interdite de couloir métropolitain pour cause de fumée. Pas le bout du bout du moindre bout de clope, mais la chose est suffisamment suggérée pour que cela heurte la seule conscience des censeurs. Pour les générations futures, pour l’histoire telle que les nouveaux manuels l’écriront, Serge ne fumait pas. Serge ne buvait pas. Serge avait horreur du sexe. N’avait aucun vice et envisageait la conversion. Pour ceux qui l’ont vu grillant une bonne gitane avec le bout de laquelle il allumait une suivante d’une main tremblotante, pendant que de sa voix à peine audible il psalmodiait un bout d’homme à tête de chou, nous pouvons leur garantir que l’hallucination est une pathologie qui se guérit.

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