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Revue de la foire au troc

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pissarrofoiredieppe1.jpgLa semaine avait démarrée avec le vote de la Suisse des minarets et, bien sûr, la prise de tête et de bec qui vont avec tout sujet « sensible » : les pour, les contre et les indécis se livrant entre chaque commentaire au jeu du « si je n’ai pas raison je me sectionne le minaret ! » Le machisme, mettant en danger sa virilité, allait jusqu’à vouloir jeter son instrument musical par la fenêtre. On aura tout vu ! La passion ayant atteint un certain paroxysme, la chose est retombée comme un soufflé. Cela n’a rien de surprenant, on ne peut pas passer notre temps tels des muezzins, tombant le chant des crépuscules ô dieux !

Elle s’est poursuivie (la semaine) avec les couacs identitaires d’où il ressort ce que nous étions nombreux à dénoncer : le mauvais choix d’une mauvaise stratégie électoraliste, réveillant les bas instincts d’un pays qui n’en a point besoin. Ni maintenant, ni jamais. Une claque,une de plus, pour une présidence irresponsable. Maintenant que monsieur Besson a servi, il est bon pour aller retrouver l’anonymat qui lui est légitime. A défaut d’avoir eu un vrai débat, nous avons découvert ce qui se cache sous l’épaisseur du chef de faction qui gouverne le pays.

Pour clôturer ces quelques jours de la semaine et pour bien démarrer la suivante, disons merci à monsieur Mélenchon d’avoir alimenté le foyer de nos passion en lançant des appels du pied en direction de Daniel Cohn Bendit et Europe Écologie dans le but de « prendre le PS à revers ». Invité sur France Inter dans le cadre des « Questions du mercredi », Méluche s’est jeté comme un fou sur le micro déclarant que l’enfilage des perles c’était bien mais que cela n’était pas suffisant pour un homme de sa valeur et de ses convictions.

Une fois franchi le rubicon, il laisse aller le cours d’une pensée que chacun prendra comme bon lui semblera. Le fait est que les deux sabots dans la porcelaine, Méluche agite, touille et fouette la mixture avec certaine frénésie et pourquoi ne pas le dire, une sorte de joie. Je me borne ici à retranscrire une partie du propos : « J’ai quelque chose à proposer, là, maintenant, sur ce plateau. Lui et moi et les Verts, nous le Parti de gauche et le Front de gauche, on a un souci. On n’est pas là pour faire du témoignage dans l’histoire. (…) Comment peut-on faire pour réussir notre opération qui est que nous voulons un vrai changement à l’occasion de ces régionales.»

Depuis mercredi, nous sentons chez le militant socialiste de base, un peu plus que de l’agacement. Une sorte de picotement urticant s’est emparé de lui et le rend irritable. La moindre allusion aux manœuvres en cours, aux démissions dans le PS en direction du PG, le pousse vers une attitude négative envers le bon copain d’hier. Il se transformerait presque en adversaire. La durabilité de notre amitié est compromise par la passion des idées. Cela me revigore, car cela est la preuve que ce que je subodorais se confirme et j’en suis heureux : le débat d’idées n’est pas mort en France. La bouzine à cogiter se met de nouveau en branle, elle ronronne de mille bruits positifs.

Cela étant, Méluche, outre les discussions sur le fond pour les régionales, genre je t’apporte de quoi être majoritaire, en échange de ma part de gâteau, j’exige que le MoDem ne fasse pas partie de l’aventure. Cette mise à l’écart de Bayrou comme condition ne devrait pas poser des gros problèmes puisque selon les infos du moment, il se dessine depuis samedi un « arc central » (joliii !) entre Ségolène Royal et François Bayrou. La madone du Poitou-Charentes se dit mûre pour rencontrer le taureau des Pyrénées-Atlantiques afin de « faire de sa région un laboratoire du rassemblement, des altermondialistes au MoDem.» Wahou ! Mais rien n’est encore fait, puisque Marielle de Sarnez vient de le déclarer ce dimanche : « nous irons aux régionales sous nos propres couleurs. » Laissons l’eau couler sous les ponts.

Pendant ce temps, attaqué de toutes parts, le PS est à cran. On serre les dents dans les rangs.La tactique adoptée, du moins celle qui semble se dégager, est celle du travail et de la réflexion. Sage attitude. Cela ressemble à de la restauration rapide : ce n’est pas de la cuisine, mais ça comble.

Bourratif comme du pudding, mais c’est tout ce qu’on peut s’offrir pour le moment. Dans l’urgence, le parti ne se laisse pas distraire, il bosse, il élabore, il compte les militants, s’interroge. Comment s’y prendre pour remonter la pente, pour ne pas y laisser trop de plumes, voire davantage ? Faut-il réorienter le PS à gauche ou jouer définitivement la carte de la social-démocratie comme le fait Ségolène de son côté ? Qui veut vraiment changer le PS et dans quelle perspective ? Bonjour les migraines !

Une situation cornélienne pour un parti qui n’a aujourd’hui d’autre solution que celle de travailler dans le silence.

De leur côté, les citoyens (il faut quand même songer un peu à eux) qui en ont plus que marre de la politique de Sarko et de ses combines de diversion pour cacher son indigence, veulent du concret, un programme et des engagements qui ressemblent à des engagements et non à une foire du troc d’où ils sont toujours exclus.

http://www.dailymotion.com/video/xbcvdk

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13 Commentaires

  1. rem*

    6 décembre, 2009 à 15:14

    Joli propos sur ‘la restauration rapide’ en guise de cuisine électorale. Quelle plume ce diabla-zec jamais à sec. Si ça bouge dans tes neurones ainsi, de mieux et meilleur, tu vas réussir à faire bouger les nôtres, et on t’offrira un fauteuil (de Président de la République ou d’Immortel sous la coupole, à ton choix…)

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  2. b.mode

    6 décembre, 2009 à 15:46

    J’avoue être un peu paumé entre les avances de Méluche à Dany le vert, la liposuccion de Ségo face à Bayrou, les errements de Martine et l’ombre de DSK…

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  3. babelouest

    6 décembre, 2009 à 16:45

    Excellent, vraiment excellent panorama. Je me suis permis d’en faire une copie sur Dazi…..

    On croirait voir les maquignons, sur les marchés aux bestiaux….. « Tu me fais un lot, si je te donne tant du kilo je prends aussi ceux-là de deuxième choix. A prendre ou à laisser…. »

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  4. LA GRIGNETTE

    6 décembre, 2009 à 16:50

    Oh Oh Oh ! et je suis militante, j’avoue de cinq minutes avant de voter sur la liste unique, je ne savais pas quoi faire.
    Ils sont marrants de parler de programme, je voudrais bien savoir si, en s’amusant, comme çà, on demandait à quelques personnes au hasard, que connaissez-vous du programme de tel parti? ou de tel autre? Ils nous répondraient en coeur qu’ils ne les connaissent pas.
    Oui, le mixer à idées s’est mis en marche, il est presque en survoltage dans certains coins, ils pensent faire « nouvelle cuisine » alors que dans le fond l’ultime recours à DSK est la recette de Tante Marie, le reste c’est du « surgelé-réchauffé ».
    Mais il ne faut pas croire que les militants de la base vont se faire couillonner une fois de plus, ni d’un côté, ni d’un autre, ils sont trop en rogne pour cela.

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  5. cpolitic

    6 décembre, 2009 à 16:56

    Oh oui du concret. Enfin déjà dans le programme, il faudra l’abrogation de toutes les saloperies votées par une assemblée de députés godillots.
    Il faudra ensuite poursuivre les collaborateurs de ce régime National Sarkoziste.

    Après seulement, on pourra y voir plus clair. Pourquoi ne pas interdire purement et simplement le lobbying déjà en France et après à Bruxelles. Alors qu’actuellement c’est plutôt la norme avec 3 lobbyistes pour 1 parlementaire comme dans les funestes pays anglo-saxons.

    Ensuite une chtite taxe tobin et l’application de la loi DALO.

    En fait, il faut déjà revenir là où on en était resté avec Chirac, ce qui ne sera pas une mince affaire que d’y revenir et ensuite, partir sur une branche diamétralement opposée à celle imposée par le p’tit nerveux.

    Du taf, des idées. Mais avant il faut mobiliser les gens, le « No Sarkozy Day » le 20 mars 2010 sera certainement la prochaine étape.

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  6. lediazec

    6 décembre, 2009 à 17:23

    Comme nous tous, je suis en colère, anxieux, frustré, en attente. Comme nous tous, j’ai envie de voir Sarko foutre le camp, mais pas n’importe comment, ni à n’importe quel prix. Je pense que l’opposition à la droite sarkozyste a une réelle chance d’embarquer les deux prochaines échéances. A condition de le vouloir. Le voulons-nous vraiment ? Il n’y a pas déjà rupture entre la base et les appareils ?…
    @ Rem* Non, espèce de malin, ni immortel, ni président, citoyen parmi les citoyens.
    @ Babel. Merci d’avoir relayé sur Dazi. Cela me fait vraiment plaisir !

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  7. denis.w.cousin

    6 décembre, 2009 à 18:06

    Jolie prose;félicitation.Comme a dit Mac Arthur : »je reviendrai » voir votre prochain commentaire.

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  8. Didier Goux

    6 décembre, 2009 à 20:02

    Lediazec : vous n’êtes pas paumé, vous êtes inaudible ! Le peuple est contre vous, il vous faudrait l’entendre, une bonne fois. Le peuple est « populiste », le peuple vous emmerde ! Vous comprenez ça ? Le peuple, il sera toujours plus près des partis qui savent lui parler : le PC, dans les années 70, ou le FN, aujourd’hui. Le peuple, mon grand, il vous emmerde.

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  9. b.mode

    6 décembre, 2009 à 20:08

    @goux Marine vous entend !

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  10. lediazec

    6 décembre, 2009 à 20:08

    Mais moi aussi, j’emmerde le peuple et la terre entière, la faune, la flore, tout ! Et quand j’ai fini de bien emmerder tout ce monde (quel boulot !), je m’auto-emmerde et c’est à ce moment que je m’aperçois que le plus dur reste à venir !
    Ca va Didier. Toujours aucune nouvelle du bouquin commandé.

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  11. BA

    6 décembre, 2009 à 20:37

    Mais qu’est-ce qui se passe sur ce blog ?

    Mais qu’est-ce qui se passe sur ce blog ?

    Mais enfin, allons, voyons, les gars, enfin.

    Répondre

  12. Didier Goux

    7 décembre, 2009 à 9:11

    Il est nul, votre libraire ! Doit être de droite, à mon vis…

    Sinon, j’avais oublié de vous dire : j’aime beaucoup l’image du minaret qui retombe comme un soufflé.

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  13. lediazec

    7 décembre, 2009 à 9:22

    @ Didier. Bonjour. Tu parles ! Il n’y a pas un, mais deux libraires associés et ils sont de gauche. Quand tu vois leurs tronches t’as envie d’aller voir du côté de chez Ségolène. Et encore, je me demande s’ils ne sont pas encartés par la dinde du Poitou ! Cerné que je suis !
    Merci pour l’image.

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