Accueil Politique Estrosi ou le pire contre-attaque

Estrosi ou le pire contre-attaque

10
0
454

estrosi02.jpgOn avait déjà en magasin une troïka de perruches dont le maître oiselier avait pour leur pitance omis de séparer le bon grain de l’ivraie. Etait-ce la présence de Neotyphodium coenophialum – champignon toxique s’il en est – dans la plante enivrante qui rendait le moindre de leur propos grotesque et abscons, nul ne saurait l’affirmer. Quoiqu’il en soit, leur faculté crasse a singé leur éleveur forçait le respect et même l’admiration. On les appelait respectivement Brice, Frédéric et Xavier. Un triumvirat de drôles d’oiseaux dont même le grand Hitch n’aurait point voulu pour le casting de son film éponyme. Un trio de baltringues assurément plus à même de figurer dans un remake chip de Le bon, la brute et le truand (répartissez les rôles) que dans une adaptation modern style de Trois hommes et un coup fin.

Contrairement à ce qu’affirme le vieil adage populaire, pour que la cage soit pleine (en même temps que sa cour), l’apprenti fauconnier se devait d’y jeter encore quelques volatiles. D’y ajouter quelques espèces rares qu’on espère de tout cœur en voie de disparition. Ainsi hérita-t-il en sus, d’un vautour converti sur le tard à sa cause, dont la mission fut bientôt de bouter les coucous étrangers hors de la volière et d’une dinde blonde à souhait dont la disposition à enflammer les dance-floors ovipares n’avait d’égal que son populisme et sa médiocrité.

Avec ces cinq-là, madame, monsieur, on croyait avoir tout entendu en matière de flatteries, de dérapages verbaux, de poujadisme et d’obscénité. Depuis bientôt trois ans, ce pathétique quintet de psittacidés thuriféraires nous avait saoulé par sa logorrhée répétitive et lénifiante. Force est désormais de constater que nous n’étions pas au bout de nos peines et que le pire était encore à venir.

Le pire était objet de moqueries et possédait deux sobriquets : le motodidacte à cause de son passé de coureur de deux roues entre 1972 et 1983 qui lui apprit persévérance et ténacité. Une passion débordante qui ne lui permit pas de gagner le moindre trophée mais qui explique en partie son second surnom, Bac-5, une appellation d’origine incontrôlée qui se passe de commentaires. Poursuivi par ses études sans jamais qu’elles le rattrapent, il fut néanmoins repéré en 83 par ce vieil hibou de Jacques Médecin qui en fit son adjoint aux sports pour la bonne ville de Nice.

Fidèle jusqu’au bout à son premier mentor, le schpountz, comme on l’appelle aussi parfois en référence à la célèbre pagnolade avec Fernandel, ira même jusqu’à déclarer après la fuite du sulfureux maire azuréen :  » Cet homme, en dépit des affaires qui l’ont entouré, avait d’immenses qualités. Il a été caricaturé« . C’est déjà tout lui, ce genre de propos. Une propension naturelle à s’accommoder de la législation, à justifier l’injustifiable et à se dévouer corps et âme à ses différents Pygmalion.

A ce titre, sa vision des rapports entre Napoléon III et Hugo est édifiante et révèle bien des choses quant sa propre posture : « C’est un chef d’Etat qui a conservé jusqu’à ce jour une connotation négative dans l’inconscient collectif des Français. En particulier, du fait que Victor Hugo, grand poète et écrivain, n’a cessé d’assouvir sa haine contre lui. Sans doute, aurait-il été appelé à être un de ses ministres, qu’il l’aurait encensé comme il l’a démoli !« 

Lui, la loyauté faite homme, met désormais toutes ses qualités au service de qui vous savez, un ami de vingt ans. Et n’hésite jamais à en remettre une couche en matière d’idées sécuritaires et rétrogrades voire liberticides et extrémistes. Ainsi en 1991, il dépose une loi à l’assemblée pour rétablir la peine de mort. En 1998, il s’oppose à la création du Pacs et accuse la majorité d’agir sous l’influence de lobbies. Ministre de l’outre-mer en 2008, il veut supprimer le droit du sol et déclare : « Nous pourrions prendre une décision exceptionnelle qui fasse que tout enfant né de parents en situation irrégulière ne puisse plus réclamer son appartenance à la nationalité française.« 

Depuis, il multiplie les déclarations ultra-sécuritaires. Il veut pêle-mêle couper les prestations sociales aux parents d’élèves auteurs de vandalisme, installer des portiques de sécurité dans les établissements scolaires, instaurer le délit de participation à une bande violente et décréter le couvre-feu pour les moins de 13 ans non accompagnés. Ce faisant, il relaie avec zèle le rôle de « testeur d’opinion » initié par mon saigneur Lefebvre et si cher à leur chef commun. Inonder les médias de petites phrases assassines et voir si la mayonnaise prend dans la population est le sport à la mode aujourd’hui.

Jamais avare de confusion verbale et intellectuelle, le quidam à l’impeccable brushing, a récemment martelé qu’il fallait du « courage » à l’état pour doubler le salaire d’Henri Proglio par rapport à son prédécesseur à la tête d’EDF . On a beau phosphorer et retourner son propos dans tous les sens,  on ne voit pas le rapport avec la choucroute. Décidément ma bonne Simone, la lâcheté n’est plus ce qu’elle était.

Et puis, pour justifier l’incongru débat dérivant sur l’identité nationale, le docte motocycliste a mis les petits plats dans les grands et a sorti la perle : « Si, à la veille du second conflit mondial dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d’interroger sur ce qui fonde réellement l’identité allemande, héritière des lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité le naufrage de la civilisation européenne.« 

Un chef d’œuvre absolu d’amalgame ridicule et inepte. Un degré d’ignorance qui mérite ipso facto le bonnet d’âne. « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver !« , rappelle une vacillante mémoire en attribuant (à tort) cette funeste citation à Hermann Göring…

http://www.dailymotion.com/video/xbepd0

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par b.mode
Charger d'autres écrits dans Politique

10 Commentaires

  1. Renaldini Alain

    11 décembre, 2009 à 6:53

    “Quand j’entends le mot culture je sors mon révolver !!!”
    Cette phrase est souvent attribuée à Goebbels, Elle est, en fait, du dramaturge Nazi Hans Johnst dans “Schlageter”.
    Pour le reste du texte, j’adhère à 100 %…
    Amitiés

    Répondre

  2. babelouest

    11 décembre, 2009 à 7:01

    C’est difficilement contestable : sur un fumier laissé par 53% de moutons apeurés et désorientés, poussent les champignons le plus vénéneux qui soient. Il aura suffi d’un onze septembre érigé en vision d’horreur médiatique, de son pendant madrilène, et quelques autres broutilles abondamment montées en épingle, pour que les exemplaires citoyens de 2005 finissent par se tourner vers N’a Qu’Un Neuilly, le grand (!) vainqueur par KO du dieu de la Trinité. Celui-ci s’en pendit à son Saint Clou.

    Tout champignon bien ordonné se multiplie grâce à son mycélium, qui élargit son assise souterrainement, de proche en proche. Les cercles d’amis s’étendent ainsi. Les spores sont aussi un moyen de porter la bonne parole, grâce au vent qui les transporte. Les deux systèmes fonctionnent très bien, on l’a remarqué : autour du pommier bleu et rouge de multiples nouveaux fongus se sont pressés, certains venant d’un rose pâle (très pâle) quand ils parasitaient un rosier.

    Tous ces porteurs de chapeaux se nourrissent abondamment des déjections ovines, que pour simplifier on appelle désormais « euros » : il est vrai que cela un effet eurotique sur ces champignons, qui en arrivent à se prendre pour des choux tant ils se sont développés. Des Brussels, quoi. En revanche, ils supportent de moins en moins les champignons d’autres couleurs. C’en devient gênant, surtout que ceux qu’ils pourchassent sont de braves fongus, comestibles et utiles, alors qu’eux-mêmes continuent à parasiter l’espace autour du pommier à leur seul bénéfice. Une tare génétique, sans doute. Nul doute qu’à force d’aller dans ce sens, ils vont affaiblir le pommier, qu’il faudra brûler sur place pour éviter la contagion. Ne subsistera alors qu’une grève, où l’on replantera avec allégresse des Monsieur Poireau et autres tubercules qui ont la patate, et où de paisibles Ruminants pourront venir paître.

    Répondre

  3. b.mode

    11 décembre, 2009 à 7:29

    @alain Merci pour la précision. je rectifie tout de go ! amitiés à toi ;)
    @Babel Il est toutefois de nobles champignons tel par exemple le botrytis cinerea, à la fois responsable de la pourriture grise mais béni générateur du divin Sauternes… A ma connaissance, il n’existe pas l’équivalent en Sarkozie… :)

    Répondre

  4. lediazec

    11 décembre, 2009 à 8:41

    Ma voisine, la deuxième dauphine de Miss France le trouve très avenant, Brice Estrosi.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  5. cybersapien

    11 décembre, 2009 à 9:11

    J’habite à Nice…

    Nous avions Peyrat, ex FN, et nous pensions qu’il n’était pas possible de tomber plus bas.
    Ben si !
    Celui là est encore plus con, plus facho. Mais en plus il est prétentieux, dépensier etc…
    Quelle horreur !

    Nous avons la crème de la racaille.

    Répondre

  6. RPH

    11 décembre, 2009 à 9:25

    J’avais toujours cru que cette phrase avait été dite à l’occasion de l’exécution de Federico Garcia Lorca. Comme quoi « cent fois sur le métier remettons notre ouvrage… »

    Répondre

  7. b.mode

    11 décembre, 2009 à 9:25

    @cyber pauvre de vous ! vous vérifiez l’adage ô niçois qui mal y pense… ;)
    @rodo montre lui ce qu’est un homme, un vrai, un tatoué !!!

    Répondre

  8. lediazec

    11 décembre, 2009 à 9:40

    Je crois que si elle continue comme ça, je vais la lui jouer Hubert Bonisseur de la Bath. Un peu d’élégance et beaucoup de ridicule ! Elle mérite.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  9. 2pasag the papoteur

    11 décembre, 2009 à 11:37

    « l’an_pire du milieu 2010 sera ou ne sera pas … soyons serin napoléon le non IVème surveille toujours les champs du haut de la tour du palais d’élisée.

    Répondre

  10. b.mode

    11 décembre, 2009 à 13:12

    @ rodo Parait d’après certaines que tu es le OSS 117 des côtes d’amor… sans oubli !
    @2pasag Pire import dirait besson à propos des afghans…

    Répondre

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Jégo face au tout à l’ego

Jégo mérite la diatribe. Sa gestion du conflit en Guadeloupe restera inscrite black sur wh…