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Un mouton dans la baignoire – Azouz Begag

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Nous avons pris l’habitude sur Ruminances de demander à ceux qui viennent y poser un commentaire et qui ont pris coutume de nous côtoyer au fil des chroniques d’élargir leur propos sur un sujet de leur choix en devenant à leur tour chroniqueur du jour. Au fil du hasard, ces intervenants, en toute liberté, apportent l’écho d’un autre son, d’une autre voix. D’un voyage différent et plus riche. Aujourd’hui nous sommes heureux d’accueillir Françoise, alias La Grignette, alias la pecnaude, cette dernière dénomination étant celle sous laquelle elle s’exprime dans son tout nouveau blog.

Bernard m’a demandé si je pouvais écrire quelque chose sur un bouquin et en pensant aux insanités qui passent en ce moment je suis allée chercher « un mouton dans la baignoire » (dans les coulisses du pouvoir) d’Azouz Begag. Je l’avais apprécié, non pas vraiment pour son style, mais pour sa dose de crédulité et aussi parce que de sa montagne à lui, là bas, à la mienne il n’y avait pas très loin …. à vol d’oiseau.

Il se prénomme Azouz, pas Aziz, non Azouz, il est natif de la Croix Rousse à Lyon, ce n’est pas un intellectuel lunatique, non, naïf, presque enfantin avec au cœur une croyance en la sincérité des hommes et dans l’oreille du cœur les mots de son père « l’icoule, mon fils, l’icoule, c’est bien pour gagner sa vie ». Il est français, chercheur au CNRS, lettré, homme de devoir, on l’a nommé, non, « Madame la France » l’a nommé MINISTRE de l’Égalité des Chances, là son cœur a failli éclater de bonheur. Il se sent encore plus français : Égalité, Liberté mais pas Fraternité, çà il s’en rend compte au fil des jours. Car il tient un journal dans son ministère sans moyens, sans finances, sans autorité. Avec des mots simples il écrit les petites phrases assassines, les rumeurs disqualifiantes, les manœuvres de ses collègues, il est « l’arabe de service« , tampon, objet, moyen de la guerre entre Sarkozy, le ministre de l’intérieur et Villepin le premier ministre. Les autres ? Borloo, incroyable et tout à l’avenant…

Est-il crédule, ou tout simplement sincère ? Il se bat, il y croit à son Égalité, rien qu’à çà, même quand Sarkozy claironne à grand bruit qu’il est favorable au droit de vote des immigrés extra-européens aux élections locales (il est trop jeune pour se souvenir du 14 juin 1958 où de Gaulle clamait « français MUSULMANS à part entière », son père n’était plus là pour le lui dire). Euphémisme pour désigner les Algériens bien sûr ! Azouz dénonce déjà le faux débat politique - »Faites voter ceux qui sont déjà là, les français, avant de vous interroger sur les immigrés qui ne vous ont rien demandé« …

Voilà le débat est engagé, il commence à comprendre l’enjeu électoral de Sarkozy, son cheval de bataille préféré quand il veut créer le désordre d’où naitra SON ordre, il connait son animosité envers Villepin, l’homme à abattre (avec le CPE un peu plus de bruit et de fureur çà va aider la chute se dit-il) et il voit clairement se dessiner ce qui deviendra son slogan, son cri de ralliement : Immigration, Insécurité, Menace Terroriste, l’ISLAM ! On est en 2005 ! C’est vrai qu’il doit être maso, l’enfant du djebel quand il explique à Sarko « qu’il fallait laisser la religion musulmane à sa place dans la société française, comme les autres religions, que les musulmans devraient s’organiser entre eux« . Car le Coran est à l’aise en France, comme la Bible ou la Thora et ce depuis 150 ans ! Il ne rappelle même pas la période de colonisation.

Il ne s’en est pas fait un ami, mais qui peut être un ami dans ce gouvernement pour le descendant français d’un fils de fellah du Adjuration ? Pas ces hommes là, c’est certain. Pendant 1 an, jour après jour, il fait l’expérience par petits coups, par petites touches, traumatisantes, douloureuses, de la xénophobie larvée de ses collègues, il tente de se ressourcer en allant dans cette Algérie qu’il connait, qu’il idéalise aussi et qu’il rêve (il est né à Villeurbanne) qu’il sent vivre en lui, il va à Guidgle dans la mechta de son père, sur la montagne kabyle de Sétif, ciel bleu, air pur, les rochers qui s’illuminent au lever du soleil et prennent des couleurs de figues mûres au coucher. En 2006 son ministère finira comme tous les ministères avant lui en une dissolution lente jusqu’à extinction. S’en sortira-t-il plus Français que Français ?

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60 Commentaires

  1. lucide

    15 janvier, 2010 à 19:03

    Li « cariste » ?
    Esplique-toi Bab-El-West (comme May)

    Répondre

  2. lucide

    15 janvier, 2010 à 19:05

    Navré.
    J’ai envoyé une réponse à la contribution de Balelouest.
    Elle smble s’être perdue dans l’éther.

    Répondre

  3. lucide

    15 janvier, 2010 à 19:21

    Je veux parler de Notre-Dame-des-Minimes, ce Collège (qui était aussi lycée) dont les bâtiments dominaient, des hauts de Saint-Jean, la ville de Lyon. J’y fut scolarisé à la fin des années cinquante.
    Voilà une bonne trentaine d’années, et à l’invite d’une de mes collaboratrices qui habitait Ecully, je me suis rendu en ces lieux (immuables car sacrés … pour moi).
    Temps d’une désillusion, aurait écrit Graham Greene : les bâtiments austères avaient laissé place à de grands immeubles avec, bien entendu, une vue imprenable.
    Je ne suis jamais retourné à Lyon.

    Répondre

  4. lucide

    15 janvier, 2010 à 19:23

    Messieurs les censeurs, bonsoir !

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  5. babelouest

    15 janvier, 2010 à 19:38

    @ Lucide
    Le cariste est cet homme qui se pique de charisme, au point de ne pouvoir rester en place tant cela lui fait mal.

    Répondre

  6. b.mode

    15 janvier, 2010 à 19:45

    @lucide quelqu’un t’a censuré ?

    Répondre

  7. clarky

    16 janvier, 2010 à 0:33

    allez hop, un censeur pour l’échafaud :)

    putain, un cariste c’est un gars qui conduit un clark (nan rien à voir avec moi!!!), purée ces intellos :)

    Répondre

  8. lapecnaude

    16 janvier, 2010 à 2:33

    Vous avez trouvé qui ? Moi je connais pas, enfin on verra, vu wiki mais je doute, je vous tiens au courant.

    Répondre

  9. lapecnaude

    16 janvier, 2010 à 2:39

    sur l’air de la chanson de Brassens :

    Demain je vais voir Ségolène
    Je suis sûre qu’elle viendra…

    Suis fatiguée, je ferai la suite en rentrant.

    Répondre

  10. lapecnaude

    16 janvier, 2010 à 13:45

    @ lucide -
    Tous les mauvais goûts sont … je crois vous avoir éclairé sur certains points. Maintenant vous dites « Tant il est vrai… » je ne sais sur quel type de fumier vous prospérez, qu’il soit raciste ou fasciste, voire ultralibéral, mais j’estime que prendre un pseudonyme aussi connu que celui que vous avez choisi vous fait prendre des risques. A moins que vous ne soyez ce professeur d’université auquel je pense, ce dont je doute, il ne peut être aussi partial que vous.
    Au sujet d’Azouz Begag, il me semble qu’il a écrit plus d’UN livre, que ses écrits ont été reconnus, je le crois poète en plus, qu’il est professeur d’université et chercheur du CNRS, références acceptables par tous les français moyens. Il a eu le mérite de ne pas renier ses ancrages ancestraux et de ne choisir d’être français qu’après mûre réflexion. Il est l’exemple type d’une soit-disant colonisation réussie. Ah, dire que nous leur avons tout apporté, tout appris, nous avons tous fait pour eux. Je n’ai trouvé dans ce pays là, que des serfs vivants comme les serfs d’avant la révolution de 1917 en Russie, avec des colons se conduisant comme les russes blancs de l’époque et une administration française pourrie – Papon était patron du Constantinois – une référence n’est-ce pas ? Mais qu’en plus un enfant de Sétif ne fasse pas grief des massacres de 1945… et en plus soit UN INTELLECTUEL, c’est trop. Il aurait été de gauche, beaucoup seraient allés à droite, il est au Centre, c’est un inconstant …

    Quant aux jésuites, puisque vous vouliez les évoquer, laissez les à Besson, ce jocrisse constipé qui en a si bien assimilé les techniques. Sa dernière prestation a dû vous plaire, (syntaxe, vocabulaire impeccables) au niveau des idées fumeuses aussi : je n’expulserai plus les Haïtiens, le vote des étrangers, oui peut-être, mais uniquement ceux des anciennes colonies (de préférence sous dictature, sous contrats, avec des ressources de sous-sol intéressantes et rentables). Quelle mansuétude ! Heureusement que son interwiew était agrémenté par le visage de Madame Chabot… à croire que c’était la première fois qu’elle était cocue.

    Vous n’êtes pas un bo-bo lyonnais, bo-bo, je connais pas mais neu-neu, oui.

    A vous lire.

    Répondre

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