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( 22 décembre, 2009 )

Twit à St Tropez ou ailleurs…

twitterlogo.pngTwitter, vous connaissez ? C’est pour l’heure le gadget internet à la mode. Dans la langue de Gordon Brown, paraît que ça veut dire gazouiller. Vrai, le mec qu’a inventé ce truc, ce n’est pas la moitié d’un con. Parier sur le fait que les gens prendraient un pied dingue à s’exprimer en 140 signes, ça valait son pesant de cacahouètes à la farfouille du coin. Soyons bref et concis qui disait, le gars…

Comme à la Samaritaine, on y trouve de tout et surtout de rien. Des gens qui décrivent chaque geste de leur vie terne, de leur première surprise-partie jusqu’à leur dernier caca. Des gugusses qui relient en direct live la moindre niouze qui tombe sur les téléscripteurs. Des insomniaques patentés et des dormeurs crasses. Des nanas en mal de mâle qui cherchent l’âme sir (prononcez en angliche). Des gonzes qui traquent la belette tout en faisant semblant de parler d’autres choses. Des pornographes émérites, des musicologues ratés et aussi des geeks en herbe…

Y’en a qui enfilent des perles (autre gadget à la mode), d’autres qui tentent vainement d’opérer une transhumance vers Friendfeed (gadget qui ne prend décidément pas) et y’en a un tas qui galèrent avec leur ordi biscotte y’a toujours un truc qui merde chez l’usine à gaz de Bill. Tout ce petit monde se coopte ou s’ignore au fil du temps qui passe. L’ami de mon ami n’est pas forcément mon ami. Ainsi va la vie sur la timeline en folie.

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( 21 décembre, 2009 )

EADS-toi, le ciel t’aidera

bruegelchasseursdansneige.jpgLa neige me procure un effet tranquillisant. La douceur de son manteau m’entoure et m’emporte vers une autre dimension. La Bretagne est somptueuse sous la neige. Un autre temps. Une autre histoire. Le présent s’est absenté de nos vies pendant ce laps de temps que les hommes maîtrisent peu ou mal. C’est le temps du silence. Celui de l’écoute et des impératifs oubliés. De l’attente et du regard. Du feutre et de l’écho de ses pas.

J’aime la neige. J’aime la Bretagne. Moi, le méditerranéen, je trouve en elle je ne sais quel mouvement tellurique qui me pousse à constamment admirer le bonheur qu’elle diffuse. Nous n’étions pas nombreux à nous plaindre de cette « paralysie » passagère. Hormis, comme souvent, quelques acrimonieux. Pas de voiture donc, mais des bonnes chaussures vagabondes. J’ai emprunté le sentier des randonneurs qui borde la mer sur quelques kilomètres. Muni de mon tube MP3, j’ai laissé la fatigue décider de la longueur du parcours. Je ne suis pas très musique classique, je l’avoue malgré Liszt, Chopin, Albeniz, Casals… mais j’ai au fond de ma mémoire, rangés dans un coin, des morceaux récurrents qui me font bander. Ainsi ce poème symphonique de Richard Strauss : « ainsi parlait Zarathoustra ». Quelle ouverture ! Une merveille ! Avec ça, je te pète une planète et construis un monde meilleur. Un bijou serti dans le chaos d’un métal oublié. Je l’ai réécouté, encore et encore, pendant que la dentelle du paysage brodait dans ma tête le tissu soyeux d’une poésie plusieurs fois millénaire, mes yeux se noyant dans l’espace, ne cherchant dans l’horizon autre chose que le bonheur sidéral de l’instant absolu.

C’était mon petit voyage du dimanche. Terminus, tout le monde descend. Retour sur terre. Finie la neige et autres caprices de l’esprit. Aussi blanc que la neige sale, le dossier EADS vient d’être décroché du fil à linge. Après passage à l’essoreuse de l’Autorité des marchés financiers, l’affaire se termine par un non-lieu général. Un scandale et son couvercle. Magouilles, arnaques et délit d’initiés. Circulez, rien à voir ! L’autopsie a été pratiquée et il y a eu crime, en effet. Crime, mais pas de preuves matérielles. Vous rigolez ?… Bien vu, pas pris. Circulez ! J’ignore sur quels critères la justice est rendue, mais ça ne rassure pas du tout le citoyen quant au sérieux de l’autorité qui la rend.

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( 20 décembre, 2009 )

Qui regretterait Eric Besson ?

besson101.jpgIl était une fois un petit garçon qui n’avait jamais connu son papa. Trois mois avant sa naissance, son géniteur, officier dans l’armée de l’air, disparaissait en plein Atlas dans le crash de son aéroplane. Il était une fois un petit garçon de onze ans que sa maman d’origine libanaise confia pendant quatre ans à un pensionnat de jésuites situé près de Rabat. Un établissement agricole « au régime quasi-militaire, où alternent cours, apprentissages et travaux aux champs. » Ces « quatre années d’enfermement ont créé en lui le sentiment de frustration qu’éprouvent les prisonniers. » ajoutera son ex-femme Sylvie Brunel.

Il était une fois un homme sans état d’âme apparent qui avait trahi sa famille politique pour rejoindre au moment opportun le mec plus ultra du populisme et de l’inculture réunis. Il avait été fasciné par le charisme névrotique du petit homme. L’ambition, la vanité et l’agressivité les avaient réunis à jamais dans une même impasse. L’ancien pensionnaire avait alors réglé ses pas dans celui de son nouveau père spirituel. Au point d’en devenir une copie conforme. Un ersatz, un substitut, un succédané. Il le servirait désormais tel un esclave modern style. Parfois même, il se montrerait plus royaliste que le roitelet. Il fallait toujours prouver plus que les autres quand on arrivait du camp d’en face.

bugbesson.jpgIl était une fois un Terminator aux yeux tristes et au sourire à jamais disparu des écrans radar qui expulsait sans vergogne des êtres humains du territoire français et les renvoyait au casse-pipe dans leur pays en guerre. Il faut dire qu’il avait accepté de prendre en charge le ministère qui pue. La corvée de chiottes de la raie publique. Ses écuries d’Augias à lui. L’autre pouvait tout lui demander. Il n’existait plus qu’à travers son regard.

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( 19 décembre, 2009 )

Ah, les gueules d’atmosphère !

arlety01.jpgJe me demande si la stupidité ne prend pas des allures d’épidémie en cette année finissante. Ah, « l’ultimatum climatique » de Copenhague ! Entendre ou lire les propos d’un grand nombre de personnes est une vraie délectation. L’étrange voyage ! La névrose est telle que même le trou dans l’ozone rebouché, cela ne suffirait pas à contenir le débordement de ce Nil de larmes qu’on déverse à longueur de chronique ou de commentaire. Raisonner devient irrationnel. Impossible d’ouvrir une page ou d’écouter le passant sans éprouver des envies répréhensibles. Tout le monde est à la noce. Ça fonce dans le climat. Chaud devant ! Par ici la monnaie !

Dans le genre débilitant (arrêtons l’angélisme à trois balles !), voici une perle saisie sur le compte Twitter de Libé : « Une amie d’une OGN britannique, en larmes, au tél : « Quatre ans que je me bats pour un accord ambitieux, et on nous a tous viré…»

Que répondre à ça ? « Arme-toi de patience, ma chère, demain ça ira mieux » ? J’en perd le scalp ! Quel vocéro nous chante-t-elle ? Qu’attendait-elle ? Qu’on lui organise un déroulé de tapis rouge et qu’on applaudisse à son passage ?… Que répondre à ce coeur inquiet ?… Que c’était couru d’avance ?… Qu’elle n’est pas seule à être prise pour une imbécile ?… En matière de réconfort on peut imaginer des choses plus agréables.

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( 18 décembre, 2009 )

Bleue comme une orange / L’ombre de l’oiseau Lyre / Ikebukuro West Gate park

laetsgo01.jpg

LaetSgo est une grande lectrice devant l’éternel dont la bibliothèque semble posséder de nombreux trésors. Pour ruminances, elle en a extrait trois ouvrages, « trois livres qui n’ont rien en commun à priori », nous confit-elle. Nous sommes très heureux de l’accueillir ici. Et qu’elle revienne dans cet espace enfumé chaque fois qu’elle en exprimera l’envie… Un grand merci pour sa contribution.  

Notes de lecture :
Bleue comme une orange – Norman Spinrad
L’ombre de l’oiseau Lyre – Andrés Ibañez
Ikebukuro West Gate Park – Ishida Ira

Spinrad est un écrivain nord-américain décalé et auteur culte dans la droite lignée de K. Dick. Tiens, c’est assez drôle la sérépendité et les coïncidences : Bleue comme une orange parle justement de catastrophe climatique et de manipulation à grande échelle. En plein dans le sujet avec le #fail sommet de Copenhague qui se termine aujourd’hui, et dont il ne sortira bien évidemment rien puisque ce ne sont pas les bonnes questions qui sont posées…Une fois de plus, et c’est très occidental comme méthode, on tente vainement de traiter les conséquences, les symptômes, au lieu de s’attaquer aux racines du mal (clin d’œil à Dantec, quand j’appréciais encore ses livres).

Mais je m’égare, revenons à nos moutons (électriques). L’Ombre de l’oiseau Lyre, je suis tombée dessus complètement par hasard : la couverture était absolument splendide, la 4 de couv alléchante, tant dans le résumé que dans le rapide descriptif de l’auteur (espagnol, jazz) et ce fut une précieuse découverte. Un univers onirique et fantastique qui m’a emporté dès les premières pages, une écriture merveilleusement fluide et un récit qui pourrait être un conte enfantin si on l’appréhendait au premier degré, mais qui est, là encore, une allégorie de ce monde dans lequel nous vivons, où l’innocence et le rêve sont niés et combattus pour ne laisser place qu’à une réalité bassement matérialiste. Cela me rappelle un peu l’écriture de Vian dans l’écume des jours…

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