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( 17 décembre, 2009 )

Accident du travail ou arrêt maladie ?

berluhallyday1.jpgMême si des hommes meurent de maladie, de faim, de torture ou, tout simplement, d’indifférence, que d’autres se suicident en prison dans le mépris le plus total, cela n’empêche ni le plaisir, ni le bonheur d’un grand nombre d’hommes et de femmes. Savoir que Johnny est tiré d’affaire, est un immense soulagement pour les fans et pour les businessmen. Seul point noir : il ne sera pas prêt pour sa tournée d’adieu du mois de janvier. D’abord la santé, que diable ! Dans l’ensemble, les choses vont bien pour Johnny. Il est aimé et il le sait. Je vous donne pour preuve les propos de son assureur en personne, monsieur François Chiesa, du groupe Pont Neuf (si, si !) : « Ce n’est pas grave, on paiera, c’est notre métier ! Ça fait vingt ans que je l’assure, c’est la première fois qu’il m’arrive un tel sinistre avec lui. Auparavant, c’était essentiellement pour des problèmes liés aux intempéries« . De telles paroles arrachent des pensées émouvantes.

En cette période de dinde farcie, réjouissons-nous, mes chers frères, mes chères soeurs, tout le monde n’a pas la chance de compter avec la solidarité et les moyens médiatiques nécessaires pour se faire entendre. L’indifférence nous guette, y compris les célébrités. Surtout les célébrités. L’oubli est chose cruelle pour qui vit du feu des projecteurs.

Un qui a eu une chance inouïe c’est Olivier Besancenot. Ce néo-révolutionnaire, postier à Neuilly-sur-Seine, ostracisé par la classe politique pour son radicalisme idéologique, a été hospitalisé pour une fracture au doigt causée par les forces de l’ordre suite à une interpellation musclée. Formés à la va-vite par David Douillet, ne maîtrisant pas encore la technique de l’immobilisation en douceur, surtout s’agissant de dangereux activistes, les gendarmes n’ont pas hésité à s’y employer. On ne badine pas avec la gendarmerie dans ce pays. A propos de clé, voici la version du leader du NPA : « Plusieurs personnes ont été interpellées, mais trois, dont moi, avons été emmenées dans des locaux, à l’intérieur de l’Assemblée par des gendarmes qui nous ont pris de manière musclée. Des gendarmes nous ont emmenés avec une clé de bras en prenant la moitié d’un bras et en remontant très très fort, il y en avait un qui était particulièrement zélé avec moi – je le lui ai fait remarquer d’ailleurs. Il m’a collé la tête contre le mur en montant la clé assez haut. Un gradé lui a dit d’ailleurs ‘recule maintenant’. A ce moment j’ai entendu un petit craquement« .

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( 16 décembre, 2009 )

Demain c’est aujourd’hui

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« Il me semble qu’un pays est civilisé quand on n’est pas obligé d’y perdre son temps avec la politique. » Javier Cercas

De temps à autre, on prend une phrase en pleine lecture. Une phrase. Une vraie. Une dure. Une qui te chope. Qui s’engouffre. Qui te remue. Qui te fait plaisir. Qui vous rend léger. Une phrase, c’est la peau des couilles tendue comme une outre pleine. C’est le cerveau happé par des eldorados imprévisibles. La chose dont on devient le jouet. Pourquoi celle-là et pas celle d’avant ? Ou celle d’après ? Une phrase est une histoire d’odeur. Une question de phéromones. Elle est la convulsion des habitudes.

Un bout de doute traine par là. J’ai l’habitude. Il me colle. Je sens l’humidité de sa frousse me poisser le crâne. Une nappe de fioul s’étalant à la surface de l’océan. Visqueuse et paralysante. C’est ça le doute : ma nappe de pétrole. Ma connerie et mon honneur. Le doute c’est ma perruque. Sans elle, je me sens bizarre. Mon cerveau se refroidit. Puis c’est la surchauffe pour excès de gamberge. On pense à tout. A rien. A n’importe quoi. Surtout à ça. Si je l’enlève (ma perruque, mon doute), je me sens bizarre. Lisse comme un galet trimbalé au hasard des courants et des marées.

Avez-vous déjà approché une pensée chauve ? C’est ça le doute. Une perruque chauve. Ralala ! Depuis le temps que je lui file des coups de pied ! Dégage que je lui dis. Rien à faire. Toujours là. Parfois (ça lui est déjà arrivé), elle fait mine de s’en aller. Je parle de la perruque. C’est sournois une perruque. Après une bonne branlée et un bon paquet d’insultes, endolorie, je la vois qu’elle s’éloigne. Dégage, salope, que je lui crie. Elle baisse la tête, me tourne le dos et s’avance courbée sur un chemin dont je ne distingue pas le bout, ni n’aperçois le moindre coude où elle pourrait disparaître. Je parle de ma perruque. De mon doute. Les voyant s’éloigner, tels des siamois, j’ai un peu les jetons. Voir le doute me quitter comme ça, sur un coup de tête, non, c’est stupide, ne trouvez-vous pas ? Je les ai rappelés, le doute et ma perruque. Quelle histoire ! Depuis, même s’il m’agace toujours autant, on ne se quitte plus. C’est beau un doute et sa perruque.

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( 15 décembre, 2009 )

Les acharnistes

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Le texte que voici fait partie d’une étude en cours d’écriture s’articulant autour de la poésie et de la politique.  Après le doux rêveur à la poésie fantaisiste qu’est Lewis Carroll, voici un autre écrivain, fort différent, George Orwell (1903-1950). Tous deux dominent les lettres britanniques : le premier au XIX°, le second au XX° siècle. George Orwell n’est, en apparence, pas du tout poète. Mais il arrive que les apparences soient trompeuses.

Comme tant d’autres, Orwell est poète contrarié – il le dit dans sa correspondance enfin publiée. Simon Leys, auteur du magnifique essai « Orwell ou l’horreur de la politique », le reconnaît ainsi : « Dans l’ordre naturel des priorités, il faudrait quand même que le frivole et l’éternel passent avant la politique. Si la politique doit mobiliser notre attention, c’est à la façon d’un chien enragé qui vous sautera à la gorge si vous cessez un instant de le tenir à l’œil. » A défaut d’être poète, Orwell est devenu « écrivain politique », surtout écrivain tout court. Enfin reconnu… après sa mort et le rayonnement de « 1984 », écrit en 1948.

Le Magazine Littéraire de décembre 2009 publie un beau dossier de 32 pages qui dépoussière, via articles et entretiens, l’œuvre et la personne de George Orwell. Ce dossier s’ouvre ainsi : « L’auteur de 1984 ne fut pas seulement un génie de l’anticipation, mais aussi un grand styliste et un penseur politique : à la fois antifasciste et antistalinien, il chercha toute sa vie à trouver la juste mesure entre engagement et rigueur, socialisme et humanisme. » Et sa dénonciation de la ‘novlangue’, dans « 1984 », est bien d’un amoureux de la poésie… Je ne connais d’ailleurs qu’un seul poème de l’auteur, qu’il cite dans son essai « Pourquoi j’écris », et qui commence ainsi : « Heureux curé, j’aurais pu l’être / Voici cent ou deux cents ans, / A menacer mes ouailles de l’enfer / Et à regarder mes noyers pousser. / Mais né, hélas, en un temps mauvais / Ce havre de paix j’ai manqué. / Une moustache m’est poussé sous le nez / Alors que tous les curés sont rasés. »

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( 14 décembre, 2009 )

A croire et à manger

pollock100.jpgIl est dimanche et les cloches sonnent. Les cloches sonnent toujours pour quelqu’un ou pour quelque chose. La température a sensiblement chuté. Ça pèle. Encore une semaine qu’on pousse dans la pelle avec la balayette. Un petit tour de blogosphère. Je n’avais pas lu le papier de Didier Goux sur la question que tout homme de plume se pose ou devrait se poser « s’il veut avoir une chance de devenir romancier ». On dirait que Didier Goux se parle à lui-même en écrivant. Interroge et s’interroge. Cette forme de savoir est agréable à suivre. Un jeu de piste où quand l’on croit devoir donner sa langue au chat, on se ravise, parce que soudain…

Comme je n’ai rien lu de Philippe Muray dont Didier dit le plus grand bien, il ne me reste plus qu’à me rendre chez le libraire pour commander un truc pas trop gonflant pour commencer. Du moins je l’espère. Je n’aime pas les choses existentielles, écrites pour donner l’impression qu’on est propriétaire d’un loft tout en haut de la colline, là où le cerveau donne le sentiment de culminer de temps en temps. Didier s’arrangera pour me donner le bon conseil.

En revanche, je ne lui demanderai rien sur Houellebecq. Je n’ai jamais considéré ce gars comme un écrivain. J’ai pourtant essayé. Avec ou sans les « miasmes de 68 », le père Michel est trop payé pour ce qu’il rend. Hormis quelques fulgurances, ça ne froisse pas le turban.

Allez ! C’est dimanche. S’il fait froid par ici, cela n’est pas le cas à Copenhague au sommet sur le climat. Outre l’arnaque que représentent ces symposiums planétaires sur la substance du vide, cela n’arrange que les affaires de ceux qui y ont un intérêt. Je songe aux politiques, qu’ils soient moyennent ou fortement verts. Qu’ils arborent la moustache ou l’écharpe. Ce sommet est une arnaque de plus dans la longue liste des escroqueries politiques. Que les vierges effarouchées chic et bon genre (hommes ou femmes) se réveillent, il est temps d’ouvrir les yeux. N’avez-vous pas remarqué comme le buzz climatique s’insinue sous les duvets ? Debout les cons !

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( 13 décembre, 2009 )

Les doigts d’honneur 2009

doigt01.jpgPour les fêtes, Ruminances propose un concours inédit intitulé « Les doigts d’honneur » en partenariat avec le docte institut de sondages IFLOP et lance pour la circonstance une consultation auprès de ses lecteurs en leur posant une question et une seule. Quel est pour eux l’ultime boulet de la Sarkozie ? Celui (ou celle) qui accumule les bourdes les plus retentissantes, les phrases ineptes ou assassines, les actions nocives, les flatteries honteuses auprès du chef. Il va s’en dire que ce dernier est exclu du panel sélectionné tant son palmarès en impose. Hors concours depuis Mathusalem, nous lui décernons bien volontiers en cette fin d’année 2009 un doigt d’honneur spécial pour l’ensemble de son œuvre. Voici donc une rapide présentation des heureux nominés ainsi qu’un florilège de leurs plus fines déclarations.

Le french doctor : il a troqué ses sacs de riz et ses convictions contre un strapontin honorifique de figurant de la raie publique. Avaler des couleuvres ne lui suffit plus. Il est passé aux anacondas et attaquera bientôt les pythons 357 magnum… « Je crois ce que dit le Président, systématiquement.« 

La murène : Populiste à souhait, elle aime à enflammer les dance-floors des jeunes populaires déclenchant chez eux leur première érection. La vulgarité fait partie de sa trousse de toilette tandis que le racisme ordinaire lui sert de brosse à dents. « J’adore le karaoké et je chante, mais je n’aime pas l’opéra. »

L’auvergnat : celui-là, on refuserait sans façon qu’il nous donne quatre bouts de pain de peur qu’ils soient empoisonnés au cul rare. Doté d’un physique désavantageux de chef de section teutonne, il possède en outre le charisme d’une huître bigoudène. « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.« 

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