• Accueil
  • > Archives pour janvier 2010
( 23 janvier, 2010 )

« Un frère » Yasmina Khadra – Les sirènes de Bagdad

yasmina.jpg

Choisir un écrivain musulman Algérien, alors que nous sommes en plein « débat sur l’identité nationale » n’est certainement pas de bon goût, ni sans risques, surtout si celui-ci évoque des sentiments incompris et un conflit qui nous fait encore grincer des dents….

Voici Mohammed Moulessehoul, autrement dit Yasmina Khadra, cet écrivain atypique, né en 1955 aux confins du désert algérien, fils d’un berbère et d’une bédouine nomade. Il porte, selon lui, sur les évènements « le regard d’un citoyen qui aime atrocement son pays« .

photossublimes.jpg

Enfant de troupe à l’âge de 9 ans, il poursuit une carrière militaire brillante jusqu’à devenir le responsable de l’organisation anti-terroriste de la région d’EL BAHIA (pour les nostalgiques ORAN), secteur regroupant 14 départements, de 1992 à 2000. A la suite de « chikaïa » avec les gouvernants de son pays, il quitte l’armée et poursuit sa carrière d’écrivain.

Car il écrivait, et même bien, des fictions policières où racontant les aventures du commissaire Llob (toujours mal fringué) et son adjoint Lino (sorte de Berurier jeune, mais mieux habillé) il décrit l’état de pourrissement de la société de son pays (royaume du bakchich où la promotion-canapé ne peut survivre mais où la démonstration du théorème de Peter s’épanouit) dans un style « écriture du parler » particulièrement savoureux.

A le lire on entend les bruits et on sent les odeurs…

Lire la suite…

( 22 janvier, 2010 )

Je viens de tuer ma femme – Emmanuel Pons / Déraison – Horacio Castellanos Moya

pons01.jpg

Dans la vie, il est préférable de ne pas tout prendre au pied de la lettre. Sinon…

L’autre jour, je lisais un livre que je m’étais procuré chez mon libraire borgne, alors que j’étais venu lui acheter « Le spectateur émancipé » de Jacques Rancière. Il ne l’avait pas en rayon. Non pas qu’il soit borgne, pas du tout. J’exagère quand je dis ça. Il a un regard tout ce qu’il y a de plus clair et c’est un homme séduisant. Les voisines branchées le trouvent très à leurs goûts. Tant mieux ! Comme ça elles me foutent la paix. Ma femme est très jalouse et ça me mine. Pour un rien elle me fait une scène. Elle tire une gueule comme ça. Il est borgne parce qu’il me plaît d’ainsi le présenter. C’est injuste ? Et alors !

J’ai donc lu un petit livre qui, comme disent les puristes, ne mange pas de pain. Ne mange pas de pain, peut-être, mais il a l’avantage de crépiter comme un bon feu de cheminée dans l’hiver de nos menus plaisirs. Au lieu de regarder à la télé pour la énième fois la même série avec une appellation différente, j’ai lu d’Emmanuel Pons « Je viens de tuer ma femme ». Le titre est brutal et le contenu l’est aussi un peu. Mais moins qu’on ne peut l’imaginer à la lecture du titre. Il s’agit ici d’humour, d’humour macabre. Avant de faire le procès de cet homme paisible à forte tendance bucolique, écoutons ce qu’il a à nous dire. Pas content d’avoir commis l’irréparable, il faut qu’Emmanuel (c’est le nom du héros) trouve chez autrui des oreilles réconfortantes.

Attention pas n’importe quelles oreilles. Des oreilles qui savent écouter. Cela ne se trouve pas au détour du premier chemin vicinal venu. Une oreille compatissante. Une oreille plaisante. Une oreille amie. Une oreille complice, cela n’est pas donnée à n’importe qui ! Emmanuel a un dilemme, il doit se rendre à la police, il le sait, c’est ainsi qu’il l’a décidé, c’est inévitable, mais il manque de timbres pour expédier ses faire-part. Du coup, il retarde un peu son arrestation. Il faut qu’il se procure ces fichus timbres, mais pour cela il faut qu’il se rende à la maison de la presse, à trois kilomètres de son domicile. En chemin, il échafaude, il imagine la meilleure façon possible d’organiser sa future célébrité. Avec un tel acte, il ne peut qu’être célèbre. Du moins dans ce village de Normandie où il est venu s’enterrer avec sa femme. Ses scénarios sont nombreux mais pas convaincants. Du moins c’est ainsi que la chose lui apparaît après analyse. Il hésite encore et encore. En suivant le cours de la rivière voisine, la Durdent, il songe à la meilleur façon de…

Je n’ai pas lu ce livre pour vous raconter toute l’histoire ! Si vous voulez connaître la suite et éprouver un plaisir frivole et tout à fait délicieux : « Je viens de tuer ma femme » – Emmanuel Pons – Arléa – 7€ environ.

Lire la suite…

( 21 janvier, 2010 )

La morale et le dégoût

proglio01.jpgLes avocats de de Julien Coupat, le célèbre anarcho-autonome de Tarnac, vont réclamer l‘annulation de toute la procédure sur l’affaire des sabotages des lignes TGV en novembre 2008. C’est affaire de bon sens, il me semble. Déjà qu’il n’y avait pas grand-chose à mettre dans le dossier en guise de preuves, vient s’ajouter à la  famélique boîte cartonnée, l’utilisation par les super-policiers d’un système de vidéo-surveillance illégal. En effet, deux caméras avaient été installées au domicile parisien de Julien Coupat, histoire de le coincer parce que soupçonné d’être à l’origine de ces sabotages.

La première caméra matait en permanence la porte d’entrée de l’atelier ; l’autre, était placée dans la cour intérieure. Le tout, trois mois avant les arrestations et l’ouverture de l’instruction. Bien sûr, aucune autorisation n’avait été délivrée par aucun juge. Maître Assous, le représentant de ce dangereux terroriste français (on a les Ben Laden qu’on peut !), le déclare sans ambages : « Ça témoigne de la méconnaissance des règles élémentaires de la procédure pénale par les officiers de la sous-direction anti-terroriste chargés de cette enquête. Ils se croient tout permis… » Cette affaire n’étant que du vent, quoi de plus naturel que d’annuler la procédure ?

Comme souvent, dans ce genre de nullité judiciaire, les services de polices et ceux de la justice, pour ne pas se montrer plus ridicules qu’ils ne le sont, haussant le menton, montrant par là qu’ils sont libres et indépendants, n’ayant d’ordre à recevoir de personne, n’étant pas à une incohérence près, le regard froid et le front lisse, n’imaginent à aucun moment l’abandon de la partie, au pire, ils consentent le retrait de quelques photos du dossier, prises au noir, sans aucune autorisation légale. Pour le reste, l’affaire continue. C’est ça la justice. Regardez l’affaire Seznec, même dans le doute absolu, elle se tient toute raide ! Espérons que dans l’affaire Tarnac, elle saura se montrer à la hauteur.

Lire la suite…

( 20 janvier, 2010 )

Blogs et tremblements

gauguin02.jpgBelle matinée sur la Côte de Granit Rose lundi 18 pour une rencontre entre blogueurs trégorrois. Mer d’huile, ciel limpide, l’île Tomé préfigurant l’archipel des 7 îles, sourire aux lèvres, nous longeons la baie de Perros en direction de Louannec. Les mots s’entrechoquent, on se coupe la parole, on rit et on avance. Pas moyen d’en placer une avec Marie. Yann est encore pire ! Objectif : consolider nos liens et taper gentiment la discute sur le temps qui passe, avec ses bons et ses mauvais vents. La brise est légère et les restos ont tiré les rideaux du côté du port de Perros. Tant mieux ! Repas à Coatreven, au Dibi Mad, « Bien Manger » en breton. C’est dans les terres, comme on dit, mais le coeur aime la terre.

Chez Thierry et Nadine c’est toujours bon. Un resto breton. Un resto ouvrier. Pas de carte, mais le père Thierry a l’alchimie et le touché qu’il faut pour emballer l’amateur. Thierry est un passionné. Je l’ai déjà surpris à engueuler des clients parce qu’ils n’ont aucun goût pour les bonnes choses ! Yann a été le premier à ouvrir le feu : « c’est ici qu’on fera notre prochain Trégor des blogs au mois de février !». Marie, voisine de Coatreven, en connaisseuse, l’oeil pétillant, a acquiescé.

Vendu ! Cela dit, entre deux coups de fourchette, les régionales fixées dans le frontal, en Bretagne les choses semblant assez claires et c’est presque réjouis que nous avons fait ouf : Jean-Yves Le Drian se succédant à lui même ? Ailleurs les choses ne seront pas aussi simples. Ayons l’esprit assez lucide pour faire le meilleur choix possible, hors chapelles et affects. Un seul objectif : mettre un trait d’union entre notre mécontentement et le bulletin dans l’urne. Que le message soit assez net pour ébranler les certitudes de celui qui a voulu faire de ces échéances un test national.

La soirée de ce lundi n’était pas mal non plus. Sans vouloir donner dans la nostalgie à bas prix, cela m’a fait beaucoup de bien de regarder l’émission de télé que FR3 consacrait à Serge Gainsbourg ce lundi 18 en début de soirée. Une très belle et très bonne émission intitulée « Gainsbourg, l’homme qui aimait les femmes ». Un portrait qui, dans les mains de n’importe qui d’autre aurait pu donner dans le racolage à deux sous. Cela ne fut pas le cas ici. Birkin, Bardot, Gréco, Bambou, Régine ou Vanessa Paradis pour brosser un tableau, lustrer une image, montrer un homme tout en pudeur, un artiste avec ses bonnes et ses moins bonnes facettes. Un artiste libre, sans inhibition, un véritable homme de spectacle, un créateur hors pair, nous a quitté et chaque jour sa disparition est ressentie comme un vide important dans l’univers musical du pays. Ne pleurons pas, c’est ainsi. Un film vient de lui être consacré. Il est sorti en salle. J’irai le voir prochainement. Cette émission m’a donné l’envie. Merci à Didier Varrod, à l’origine de ce portrait, qui n’est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà saisi avec le même bonheur Renaud, Julien Clerc, France Gall.

Lire la suite…

( 19 janvier, 2010 )

Narcisse se plante en octobre

sarko50.jpgOctobre 2009 restera dans les annales du semi-quinquennat comme le pire mois de la Sarkozie vacillante. Plus de doute, Narcisse a perdu la main et tout ce qu’il entreprend se termine irrémédiablement en eau de boudin. Tout commence par le meurtre d’une joggeuse. MAM et le pitbull en profitent pour demander la castration chimique. Toujours instrumentaliser les faits divers en Sarkofrance. Jusque là rien de nouveau…

L’adjectif connard est très a la mode en ce mois maudit. Narcisse l’emploie souvent à l’encontre de ses collabos et ceux-ci l’imitent à foison. Hortefeux y a droit suite à sa plaisanterie sur les « auvergnats ». Copé aussi mais ça vient du vert-galant Besson, clone triste de son modèle. Idem pour Hirsch de la part de l’inutile Fadela. Pareil pour le gros Bertrand en provenance de Borloo. Tous des connards, on vous dit…

Tandis que Polanski se fait rattraper par la justice helvète, Frédéric Mitterrand, récent ministre de la Culture se lâche un peu trop dans sa défense passionnée du cinéaste. Marine Le Pen en profite et ressort des poubelles un livre écrit par le dandy triste où il contait ses exploits en Thaïlande. Une polémique monstre jaillit alors, sa démission est demandée par certains et il doit s’expliquer en direct live. On ne l’a toujours pas entendu depuis…

Jour de gloire ! Le prince Jean va prendre la succession de Patrick Devedjian, qui a dépassé la date de péremption, à la tête de l’espace le plus glauque et le plus riche de la sphère européenne de la magouille affairiste, l’EPAD, l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense, un organisme opaque et corrompu, jadis tenu par son géniteur. Seul problème, c’est le tollé général que cette annonce provoque dans l’opinion. La dérive monarchiste est révélé au grand jour par cette manœuvre grossière. Sous la pression médiatique, le blondinet est obligé de renoncer à ce poste en direct live. La valeur n’attend pas le nombre des damnés. On ne l’a toujours pas entendu depuis…

Lire la suite…

12345...7
« Page Précédente  Page Suivante »
|