L’excitée radieuse
Les histoires de linge sale, la Sarkozie en raffole. Elle étend ses désirs après dissolution de nos réalités. En 2005, qui n’était déjà plus une année zéro tic, un certain Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, voulait laver plus blanc que blanc la grisaille persistante un peu trop incrustée dans le tissu social banlieusard. A l’époque, la lessive s’effectuait au karcher, faut dire que ce mec était un maniaque de la propreté et les 90°, il les atteignait assez rapidement, non sans bouillir. Monter en haute pression, surtout pour du délicat, ça laisse présager des risques de rétrécissements quant à l’adhésion des personnes visées par ce nettoyage à sec.
La semaine du col blanc s’annonçait parfumée à la lavande des berlines. Onze années, que l’on n’imagine pas forcément radieuses en cité, venaient de s’écrouler quand le petit Sidi-Hamed fut fauché par 2 balles égarées que l’on aurait préféré retrouver aux objets perdus, plutôt que dans la chair d’un minot innocent. Le drame de la cité des 4000 allait mettre le feu aux poudres, servir de crampe de lancement à celui qui en tirait plus que de raison quand il s’agissait de faire le ménage façon grand nettoyage. Hanté par le prix du baril, notre capitaine d’un soir fit en sorte que cette grande lessive soit exemplaire et irréprochable. Monsieur propre mis le paquet, récura son vocabulaire et laissa agir, quelques instants, sa rhétorique. Résultat immédiat, passage des cités, donc des excités, au karcher, se débarrasser de la racaille, volatile savamment élevé en batterie bétonnée depuis des années. L’homme de l’intérieur se faisait les extérieurs façon vendetta, fort du soutien de son supérieur de l’époque, un certain Dominique. Les bonux-malus étaient l’assurance de son constat impitoyable, quitte à faire cowboy autant lâcher la cavalerie et balancer, en tête de gondole, le raid et près de 200 poulagas afin de retrouver le meurtrier. Et si le fameux meurtrier de l’époque n’était tout simplement que la misère, l’abandon, l’oubli…pas facile de faire disparaître une grosse tache d’hémoglobine, ou de merde, sur de la couleur depuis longtemps trépassée, même à grand renfort de jet d’eau, fusse t-elle écarlate et rouge sang.
Mariani montrant la voie, et l’élevant tout autant, ne put retenir un satisfecit vigoureux et plein d’admiration pour Nicolas Sarkozy, « cette vedette mérite notre confiance », pas si sûr que l’amère Seine-Saint-Denis en soit convaincue.
Retro juillet 2009 
Comme vous le savez sans doute, depuis quelques jours un blogueur encore un peu plus entreprenant que d’autres a lancé l’idée du
Rétro Juin 2009
