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( 3 janvier, 2010 )

Rue des maléfices – Jacques Yonnet

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« Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu hais. »

Jusqu’à très récemment, j’ignorais tout de Jacques Yonnet. Il n’était même pas une date dans le dictionnaire de mes soucis. Grâce à Didier Goux, cet écrivain discret (sa production est quasiment vierge, hormis poèmes, nouvelles et articles de journaux) squatte mes pensées avec ce livre captivant. En piochant sur le net, j’ai lu que l’auteur avait été résistant, qu’il était érudit, anticonformiste, poète, conteur, vagabond, grandissime observateur et fin connaisseur de l’histoire de Paris. La lecture du livre confirme tout cela et plus encore.

Jacques Yonnet est mort un mois d’août de l’année 1974, à l’âge de 59 ans. Un mois idéal pour prendre congé, aurait-il pu écrire si l’ankou lui avait laissé le temps. Ce livre, paru initialement sous le titre « Enchantements sur Paris » est le seul qu’il publia. Mais quel livre !

Avec Yonnet on approche Paris comme on hasarde la conquête d’une femme qu’on sait trop belle et trop mystérieuse, pour laquelle on éprouve des envies furieuses. Gagnée ou perdue, la partie se doit d’être jouée.

Dès les premières lignes on sent que la chose ne va pas vous lâcher le train de sitôt. Le souffle tiède des nuits mouffetardes vous enveloppe et, vous tirant par la manche, vous entraîne dans une randonnée exceptionnelle. De la base au sommet, la pyramide de l’inconscient fait l’objet d’un mouvement continuel. Du faux plat aux collines escarpées ; de l’avenue à la ruelle, Paris se dénude tout en restant couvert. Nous sommes à Paris pendant l’occupation. Paris occupé. Paris préoccupé. Paris privé. Paris débrouillard. Paris vivant, encore et toujours. Paris collabo et Paris qui résiste.

Des souffleries de ses forges s’échappe l’oxygène de sa vie et de sa démesure. De sa poésie. De sa beauté et de son incroyable vitalité. Paris dont Jacques Yonnet fouille l’histoire à coup de semelles pour nous rendre une copie pleine d’amour, de passion et de rêve, dans un style d’écriture somptueusement vivant. Dans une ambiance nocturne oppressante mais poétique, le crépuscule se faisant jour, c’est toute l’histoire d’une ville qui vous apporte sa formidable lumière. Entre Mouffetard et Gobelins, ça grouille d’une faune colorée qui vit ou vivote au rythme d’une histoire faite de sortilège, de croyances et d’architecture mentale échappant à la logique de la science cartésienne. Une géographie où la vérité, cherchant à se frayer un chemin dans les méandres d’un monde inconnu, a parfois des accents pathétiques. La poésie n’ayant que faire des craintifs, vit au grand air. Ici c’est le grand défilé des bataillons de la « cloche » de la rue Mouffetard. Sous les enseignes des « Quatre Sergents », chez Olivier, celle du « Vieux Chêne, ou encore « Aux trois mailletz », on y trouve, selon l’humeur, outre les habitués, Flora l’Hallucinée ; l’Amiral, gardien de phare de son état ; Pépé la Lope, amputé, et pas que de la jambe ; Pierrot la Bricole et autres Léon la lune. Le Paris-Bouge est à l’œuvre, avec Danse-Toujours, Dolly-Longue-à-Jouir, Mina-La-Chatte et autres estampillés de la même graine, Paris est à la fête. Une drôle de fête. Dans cette farandole, la gitanerie, elle aussi, a son mot à dire et, parce que l’aventure est humaine, elle se lit aussi bien entre que dans les lignes de la main. Magnifique !

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( 2 janvier, 2010 )

Narcisse et le pot aux roses

sarko502.jpgMars et ça ne repart pas. Le chômage progresse en notre douce France à la vitesse d’un Usain Bolt en  forme olympique. 79 000 demandeurs d’emploi en sus juste pour le mois de février. On se remémore avec cynisme le visionnaire slogan de campagne électorale de Narcisse : Travailler plus pour gagner plus. En route pour la gloire ajouterait Woody Guthrie !

Mars, c’est le mois guerrier. Sarko et sa clique réceptionnent par missive des balles de 9mm. Remarque bien, ça vaut mieux que de les recevoir dans le bide. MAM en profite pour crier haro sur l’ultra-gauche. L’enquête révèlera beaucoup plus tard que cet épiphénomène était en fait l’œuvre d’un malade mental. Qu’importe le mal est fait. Faire feu de tout bois pour stigmatiser l’ennemi supposé est une constante du sarkozysme.

Mars et le crêpage de chignons. Boutin et Morano s’étripent sur la question du statut parental. La bigote ne veut pas entendre causer d’homoparentalité tandis que la murène soutenue par son mentor fait preuve pour une fois de clairvoyance. Brûlons un cierge tandis que Narcisse déclare à l’adresse de Cricri d’amour : “Quand on n’est pas content, on s’en va.“ Elle sera du reste lourdée sans ménagement au prochain remaniement.

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( 1 janvier, 2010 )

Besson, doigt d’honneur 2009

sarkodoigt01.jpgAinsi donc les résultats sont tombés. Vous avez élu l’ultime boulet 2009 de la Sarkozie. Il s’agit d’Eric Besson dont l’ensemble de l’œuvre nauséabonde aura illuminé l’an passé. Il l’emporte d’une courte tête devant l’inénarrable Frédéric Lefebvre dont les petites phrases assassines ponctuèrent avec bonheur notre difficile quotidien. Dommage qu’il ne soit pas aux affaires, celui-là, il eut emporté la queue du mickey avec brio. Rassurons-nous, cela ne saurait tarder. Brice Hortefeux complète ce triumvirat. L’auvergnat fut égal à lui-même, c’est à dire au top de sa méforme.

Pour cette solennelle occasion, ruminances a demandé à dix blogueurs quelques lignes de présentation des joyeux nominés. Qu’ils en soient remerciés chaleureusement. Pas les nominés, les blogueurs… Ci-dessous le palmarès complet.

or.jpgDoigt d’honneur d’or : Eric Besson dit « le félon » par Rva
Le traître-Etalon est heureux : capable de signer un document où il qualifiait son futur patron de néo-conservateur à passeport US et de couiner ensuite « Forza Nicolas » devant des UMP surpris. On le sait susceptible de trahir des petits et grand secrets comme lors de la campagne de 2007. Désormais, il s’est doté d’une nouvelle qualité : il ment comme il respire et sa trahison concerne les valeurs de la république. Rappelons  la conclusion de son introduction à son fameux ouvrage « L’inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy : « Il s’agit certes, d’une boutade. Révélatrice, cependant. Spontanément, Nicolas Sarkozy ne voit rien qui le distingue de Georges Bush. Sauf que l’un a gagné deux fois une élection présidentielle. Et l’autre pas. Pas encore ? Nous voilà prévenus… « Eric Besson, 10 Janvier 2007

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