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Régime brûleur de Grèce

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acropole01.jpgJe m’intéresse à beaucoup de sujets, mais il est vrai que je n’en connais que peu dont je peux disserter doctement…et l’économie n’en fait pas partie. Pourtant, ses impacts sur la vie de la cité me passionnent, mais n’étant pas économiste de formation, je ne suis pas en mesure d’en tirer suffisamment de substance pour faire une analyse « scientifique », argumentée, qui tienne la route dans tous ses détails. Il n’empêche que la sphère économique résonne et que ses ondes ont des impacts bien réels, même si les rouages complexes de sa mécanique intrinsèque restent un mystère pour moi…

Ainsi de la situation en Grèce actuellement. Certes, la Grèce a « menti » sur ses niveaux de déficit, sur l’état réel de son budget… Il n’empêche qu’elle subit actuellement l’assaut de spéculateurs de tous bords, requins assoiffés qui ont senti l’odeur du sang et de l’argent facile. Et la meute se rue déjà vers le Portugal, l’Espagne et l’Irlande… Les anglo-saxons ont trouvé un joli terme pour ce quatuor : après le BRIC, voici le PIGS (voire PIIGS si on y adjoint l’Italie). Saignons le cochon ! D’ailleurs, tout est bon dans le cochon, pour nos vampires financiers ! Dépeçons ce pays !

La Grèce donc, lâchée par l’Union Européenne, qui se contente d’accepter le plan de rigueur drastique qu’elle propose, sans y croire vraiment d’ailleurs… Et pour cause, notre fameux Traité de Lisbonne sensé faire avancer les choses ne prévoit rien, que dalle, bézef pour une telle situation : il n’y a pas de solution prévue ! La Grèce, mise sous tutelle, tel un adulte irresponsable… sauf qu’il s’agit d’un pays, et non d’une personne !

Et un crash plan qui méritera à coup sûr de figurer dans la prochaine mise à jour de la Doctrine du Choc de Naomi Klein : un ajustement structurel dont les règles ont été tellement intériorisées que le FMI n’a même pas besoin de les réclamer ! Gel de l’enveloppe salariale de la fonction publique, gel des recrutements de fonctionnaires, remplacement d’1 départ en retraite sur 5, allongement de l’âge de la retraite (ça, je ne suis plus certaine que cela figure dans le draft, mais si ce n’est pas encore le cas, ça le sera incessamment !)… et probablement privatisation de toutes les structures étatiques rentables pour renflouer les caisses (ça aussi, ça va venir, c’est garanti !)

Flash back il y a quelques mois, décembre 2008… vous vous souvenez ? La Grèce à feu et à sang ? les étudiants, cette génération à 1000€, qui ne voyait qu’un avenir borné, sans espoir, sans idéal ? Les ouvriers qui étaient avec eux ? un gouvernement qui a tremblé ? Les acteurs de ces évènements ne sont pas beaucoup plus vieux, et leur désir de changement, d’un avenir digne de ce nom, n’a certainement pas disparu, au contraire ! Observons de près ce qui va se passer dans les prochaines semaines… peut-être que le berceau de notre civilisation sera celui de notre renaissance ?

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19 Commentaires

  1. lediazec

    6 février, 2010 à 8:50

    C’est toute la zone Méditerranée qui va mal. Je flippe ma race. Si le feu se propage, je te dis pas. Cela me fait penser à une sorte de « Balkans » de l’économie. J’espère que cela n’aura pas les mêmes effets dévastateurs.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  2. babelouest

    6 février, 2010 à 9:18

    Mais pourquoi donc, aussi, vouloir à toute force faire entrer des pays méditerranéens dans un système économique seulement viable (et encore ! voir l’Irlande) dans les pays anglo-saxons ? Les résultats sont terrifiants. Une parenthèse : je parlais de l’Irlande, mais celle-ci, avec son vieux catholicisme, n’entre pas dans la mentalité protestante du chacun pour soi, dieu pour tous, et le mérite se voit à la grosseur du compte en banque.

    C’est toujours la même chose : selon les critères de ces Messieurs, il est indispensable de casser la solidarité naturelle dans nos contrées. Pas bien ! Le système fonctionnait pas mal, mais ce n’était pas le leur. Au plus méchant, au plus veule, au plus avide, au moins scrupuleux la grosse galette. Comme si l’argent était le but ultime, avec le pouvoir sur les autres qui en découle. Les tenants du Nouvel Ordre Mondial sont ridicules.Je l’affirme. Ridicules, dangereux, égotistes et incapables de se projeter sur l’avenir. En somme, des psychopathes.

    C’est la folie qui mène le monde, si rien ne change (mais cela peut changer, par la base) elle mène ce monde à sa perte.

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  3. Droldidé

    6 février, 2010 à 9:22

    Et c’est pas fini, un autre épisode dramatique de la crise s’ouvre. Toujours les mêmes qui tirent les ficelles avec la complicité des pouvoirs d’état en place. Changer la forme, c’est tout ce qur peuvent proposer les gouvernements. Quand à changer le fond, alors là pas touche, chasse gardée des capitalistes. Les peuples savent ce qu’ils doivent faire pour se débarrasser de cette engeance. La question c’est jusqu’à quand vont-ils supporter ces régimes iniques qui les pressurent.

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  4. BA

    6 février, 2010 à 10:03

    Dépense intérieure d’éducation (DIE) :

    En 1995, la France dépensait pour l’Education Nationale 7,6 % du PIB.

    En 2000, la France dépensait pour l’Education Nationale 7,3 % du PIB.

    En 2001, la France dépensait pour l’Education Nationale 7,2 % du PIB.

    En 2003, la France dépensait pour l’Education Nationale 7,1 % du PIB.

    En 2004, la France dépensait pour l’Education Nationale 7 % du PIB.

    En 2005, la France dépensait pour l’Education Nationale 6,8 % du PIB.

    En 2007, la France dépensait pour l’Education Nationale 6,7 % du PIB.

    En 2008, la France dépensait pour l’Education Nationale 6,6 % du PIB.

    http://media.education.gouv.fr/file/2010/97/4/NI1001_135974.pdf

    Qu’on en finisse.

    Je propose qu’on privatise l’Education Nationale, et puis qu’on n’en parle plus.

    Et avec l’argent économisé, on pourra aider les banques françaises.

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  5. laetSgo

    6 février, 2010 à 10:10

    @BA et en plus, quand l’Educ Nat sera privatisée, on pourra enfin enseigner des programmes dignes de ce nom, et pas un fatras républicain/civique/laïque avec des morceaux d’esprit critique dedans ! Il faut « former » les serfs de demain diantre !

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  6. laetSgo

    6 février, 2010 à 10:19

    @lediazec : belle allégorie (métaphore ? image ?) c’est tout à fait cela, un Balkan économique et qui ne sera pas moins meurtrier que l’éclatement de la Yougoslavie
    Elle aussi avait été composée « de force » par Tito avec moultes brassages ethniques, histoire de la rendre moins hétérogène (cc @Babelouest)…tant qu’une main de fer la tenait
    Avec ce conflit-ci, les morts seront plus lentes, plus insidieuses, ce seront des morts économiques ! Et les premières victimes sont déjà connues : système de retraite, éducation, justice…rien de neuf sous le soleil radieux des marchés…

    @droldidé : oui, jusqu’à quand, là est la question ! je regardais une émission sur Chavez, hier soir, dans laquelle un des interviewés soulignait que la solution venait du peuple, qu’il ne fallait rien attendre de l’extérieur…mais les vénézuéliens ont un Chavez qui a su focaliser leurs attentes…qui avons-nous en France ??? et puis nous sommes encore trop dans le confort pour faire une révolution…

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  7. b.mode

    6 février, 2010 à 10:21

    Ce sont les pays qui étaient en grande difficulté avant leur entrée en Europe qui sombrent à nouveau. Comme si tout cela n’avait été qu’un leurre et que leur extraordinaire et ultra-rapide développement ne reposait sur rien…

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  8. Droldidé

    6 février, 2010 à 10:38

    A défaut de faire la révolution pour changer le fond. Le peuple a toujours la possibilité dans les démocraties de voter pour changer la forme, de la rendre plus digeste en quelque sorte. Mais même cette alternative part en peau de boudin à cause du peu de conscience politique d’une majorité de « veaux ».
    Enfin, je constate que ce sont souvent les mêmes qui refusent d’être emmené à l’abattoir, les anarchistes. Voir l’exemple Grec en 2008.

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  9. lediazec

    6 février, 2010 à 11:10

    @ Droldidé. L’histoire dégorge d’exemples où les anarchistes tirent les châtaignes du feu pour un retour plus que minime. Ils sont, souvent, sinon toujours, les oubliés de l’histoire. Le père Léo a bien résumé la chose :

    Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
    La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
    Faut croire qu’en Espagne on ne les comprend pas
    Les anarchistes
    Ils ont tout ramassé
    Des beignes et des pavés
    Ils ont gueulé si fort
    Qu’ils peuv’nt gueuler encor

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  10. Droldidé

    6 février, 2010 à 13:07

    Ouais, ce sont des oubliés de l’histoire car leur but n’est pas de prendre le pouvoir, mais de l’abattre. Ils ne disposent pas du pragmatisme nécessaire à la conquête du pouvoir et à plus forte raison pour le garder. Ce sont de vrais idéalistes et c’est pour cela que je (on) les aime. A part ça le père Léo les a très bien chanté.

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  11. le coucou

    6 février, 2010 à 23:13

    Ce qui est toujours un peu inquiétant avec la Grèce, c’est qu’elle peut exploser dans tous les sens… Il ne faut pas oublier que ce pays a fait partie des dernières dictatures d’Europe l’Ouest. (L’anarchisme, c’est la vraie démocratie, ça doit être pour ça qu’on lui a laissé si peu de chances, de la Russie à l’Espagne en passant par chez nous)

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  12. remi begouen

    7 février, 2010 à 1:20

    La Grèce, ce n’est pas l’Antiquité. C’est l’avenir, le nôtre. Celle de la jeunesse révoltée de l’an dernier et du coup de bâton d’aujourd’hui. Avant que, enfin ensemble, ‘tous ensemble, tous ensemble, ouais’…
    Pour rappel, les si terribles guerres civiles d’Espagne et de Grèce. La première qui précède et l’autre qui suit la (non moins abominable) guerre 39/45. Deux affrontements perdus par les peuples insurgés, principalement du fait des intérêts de ‘GRANDE PUISSANCE’ de l’URSS stalinienne.
    La seule ‘GRANDE PUISSANCE’ est désormais le Cours de la Bourse, la FOLIE du capitalisme en crise, via ses moeurs mafieuses. Celles qui nous fout, à tous et à chacun, la misère ( en Euro ou autre ). Bon, on vit encore. Mes quatre petits-fils je ne sais pas si va être possible… si on ne se bouge pas le cul…tous ensemble !

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  13. lapecnaude

    7 février, 2010 à 1:53

    A vous lire on dirait qu’il y a urgence ?

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  14. des pas perdus

    7 février, 2010 à 10:10

    L’UE va jouer au FMI… Décidément, très intéressante cette Europe sociale.

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  15. clarky

    8 février, 2010 à 14:34

    si je me souviens bien (mais j’attends les rectifs de hara si jamais ça doit se faire), le portugal et l’irlande étaient considérés à une certaine époque comme le tiers monde de l’europe.
    l’irlande est ensuite devenue un putain d’eldorado pour nouvelles technologies, lors de 2 très arrosés voyages d’études (enfin c’était plus des beuveries dans les pubs)début 2000, je me suis rendu compte que les gros de l’informatique se ruaient chez les celtes, dell, intel, hp et même microsoft investissaient la lande, optimisme fiscal et pour cause, fallait voir la faible fiscalité sur les entreprises à l’époque.

    sauf que ce paradis économique a un revers de médaillon, le logement a putain de flambé, pire qu’un pilier mal coffré, et comme l’économie irish est tout de même basée sur la finance à outrance, la crise a fait de gros dégâts à tous les niveaux…

    l’europe économique ??!!?? un drôle de machin, l’europe sociale ??!!?? une enculerie de première !!!

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  16. eric citoyen

    8 février, 2010 à 23:59

    Ce que nous devons faire … ? c’est finir cette P….. de révolution ! B….. !

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  17. emule

    19 février, 2010 à 11:32

    j à vais pense que la situation de la GRêce avais amélioré, mais je vois que j`été trompe.. dommage, il est génial le pays, au niveaux culturel, sociale et quotidienne..

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  18. b.mode

    4 mars, 2010 à 19:11

  19. b.mode

    4 mars, 2010 à 19:24

    Les néo-colons touristiques allemands http://bit.ly/bNkI5e

    Répondre

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