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( 18 février, 2010 )

Soyons bêtes, nous serons récompensés

ecran01.jpgIl y a des jours où j’ai envie de tout mettre en veilleuse. Passer une soirée tranquille. Une soirée pieds en éventail, l’esprit au sec. C’est ce que j’ai fait ce mardi soir. Soirée téloche. Dans mon galetas, j’ai une petite téloche qui capte les chaines généralistes. Pas besoin de plus. La ligue des champions, Lyon-Real sur la Bouygues chaine, non merci. Les commentaires, les commentateurs, les millions, les transferts, les salaires, les déclas, les analphabètes d’avant et d’après match, gavant ! C’est arrivé à tel point que lorsqu’un match m’intéresse, je coupe le son. Je mets de la musique. J’ai suivi le dernier Monaco-Marseille avec mon vieux baladeur CD. Je me suis attardé sur Anouar Brahem, musicien tunisien que j’adore. Il y a dans sa musique des accents lointains qui m’apaisent. « Le pas du Chat noir », « Astrakan café » ou « Le voyage de Sahar » sont simplement magnifiques. Cela me donne la chair de poule rien que d’y songer.

Donc, les pieds en éventail dans mon pageot, je lisais le programme télé de la soirée de mardi sur l’Ouest-France.  « Sur la route de Madison », de et avec Clint Eatswood, accompagné par une Meryl Streep merveilleuse dans son rôle de femme au foyer usée mais gardant assez d’énergie pour une dernière et magnifique aventure amoureuse… J’avais déjà vu ce film de Clint. De toute façon, Clint est mon réalisateur préféré. Il sait raconter une histoire. Que demande-t-on au cinéma sinon des bonnes histoires ? J’ai opté pour FR 3. J’étais content de mon choix : le film, les infos et le « ce soir ou jamais » de l’intelligent et jovial Frédéric Taddei. Ouste! Le foot, « le grand frère » qui suivait sur la une, les JO et autres « les parents les plus stricts du monde » sur la 6. Pauvre monde !

Les choses ont commencé à se gâter sitôt le film terminé. Entre deux spots publicitaires, tous les soirs, avant les infos, apparaît à l’écran une sorte de jument surréaliste venant nous expliquer dans sa « minute hippique » les arcanes des hippodromes. Hallucinant ! Cela est d’une nunucherie atterrante ! J’ignore d’où vient cette canassone, ni l’idée de l’avoir mise là à cette heure, mais j’exhorte vivement FR3 à déprogrammer la  chose s’ils ne veulent pas perdre l’audience pour le reste de la soirée. Le temps que cette frangine quitte le fenestron, je suis passé sur la 2. Fidèle au service public je suis. Il pleuvait des médailles dans le camp français. Les cocardiers étaient à la fête.

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( 17 février, 2010 )

On l’ouvre, ça nous concerne

retraite01.jpgLes retraites : voilà un débat de portée nationale et non la daube qu’on a voulu nous fourguer à grands coups de matraque médiatique sur l’identité. Un débat entre exploiteurs et exploités, sans castagne, si possible. On peut rêver. Une discussion politique sur la justice sociale. Sur les arnaques et les dérobades. Sur les peurs, les frustrations et les haines. Un débat qui fédère les citoyens autour d’une même préoccupation. Les riches, les pauvres, les malins, les coquins, les malfrats de la finance, les indigents, tous ensemble. Un débat et une volonté éthique : justice et solidarité. Est-ce trop demander ? Assurément.

Un débat débarrassé des intérêts partisans et des idéologies, un débat sans l’habituelle réplique, celle que l’on sort pour évacuer la question gênante, pour cacher, pour se cacher, pour occulter : « rendez-vous compte ! Puis quoi encore ! » Les temps sont difficiles, les questions aussi. Nous ne pouvons nous y soustraire. C’est ça où à plus ou moins long terme ce sera la guerre. Une guerre sociale avec ce que cela comporte comme dangers.

Les spécialistes en magouille politique, poussés par leurs bases, sont sur le pont. Les esprits s’échauffent, mais ce n’est pas encore la rébellion. Cela n’est cependant pas à exclure. Le texte ne sera présenté aux deux assemblée qu’à l’automne. D’ici là… Comme pour les négociations salariales, les patrons et le gouvernement ont une limite à ne pas dépasser : tant c’est tant ! Aux négociateurs de faire leur job. Les syndicats le savent depuis toujours, nous le savons tous, c’est un jeu. Nous exigeons tant, qu’ils disent. Ils tapent très fort du poing sur la table (devant les caméras c’est mieux) et dans les ateliers ou dans les bureaux on applaudit également très fort. Mais de part et d’autre (patrons et syndicats) on fait mariner, les médias s’en mêlent (faut bien quelqu’un pour touiller), l’état aussi, un peu. Tout le monde sait que la chose est « impossible ». De part et d’autre, on fait des déclarations intransigeantes, ça bloque, c’est au point mort, mais chacun sait qu’il va falloir couper la poire en deux. Pareil que le pâté d’alouette, moite/moite : un cheval, une alouette. Où sera servi le cheval ? Cela devient agaçant pour le cheval.

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( 16 février, 2010 )

Aubry qui court

080313053044177941822732.gifJoseph Jacotot le proclame par la bouche de Jacques Rancière : un ignorant peut apprendre à un autre ignorant ce qu’il ignore lui-même. J’interprète ? A peine. Ce même Jacotot, une drôle d’escopette, allant plus loin, proclamait « l’égalité des intelligences ». Un scandale ! Ce sieur Jacotot disait ça au début du XIXème siècle ! Pensez bien que très vite ces idées sont tombées dans l’oubli. Aucune oreille sensible pour les accueillir. En les ressortant, les lustrant et les mettant au goût du jour, Jacques Rancière nous rappelle une évidence : nous sommes toujours aussi cons et aussi fiers de l’être. Imaginez l’idée révolutionnaire : un con. Un vrai de vrai. Un qui en a des couches sous la couche. Et bien, sans le savoir, par pur génie intuitif, s’affranchissant du poids encombrant des atavismes, faisant fi du matraquage culturel dont il est l’objet sinon la victime, comme ça, par enchantement, malgré ces brutes de papa-maman qui n’ont rien fait d’autre qu’envoyer la sauce, le rejeton expulsé, livré au démerde-toi-avec-la-jungle-que-voici, devenant, sans crier gare, l’être émancipé dont parle Rancière. Géant, non ?

Je vous le donne en cent comme en mille, ce gars-là est né pour emmerder tout le monde. A commencer par lui-même. Vous vous rendez compte ? Au début du XIXème siècle. Même Fourrier avec ses phalanstères a oublié de nous parler de Jacotot ! Mais où est la vérité dans tout ça ? Ne serait-elle que le simple reflet d’une idée dans la vitre des utopies ? De telles interrogations dans la nuit de dimanche à lundi, ne vont pas arranger ma semaine. Ça démarre très mal.

Je sortais de ma nuit, très tôt, à vrai dire. Trop tôt. L’avais-je seulement démarrée ? J’étais en sueur. Mon ti-short baignait dans une sorte de jus que je me dépêchais de rincer sous la douche. Je m’étais frotté avec un savon qu’on disait actif et énergétique. Un savon miraculeux, qui, quand tu es mort te ressuscite. Aussi revigorant que le bouillon du soir chez les vieux. Soudain, je me suis senti très bien. Pas trop quand même. Mais assez pour récupérer le bout de nuit qui manquait à ma mémoire. Il n’était que 2h40. Je venais à peine d’éteindre la lumière. Je m’endormais devant je ne sais plus quel programme quand j’ai appuyé sur le bouton stop.

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( 15 février, 2010 )

On en Grèce les oies

roizic01.jpgJe devais aller à la pêche ce dimanche. Finalement, je suis resté à quai. Pas à cause du mauvais temps, comme je l’ai annoncé sur Twitter. On raconte n’importe quoi sur ce réseau social au nombre de caractères limités. Je ne suis pas allé pêcher à cause de mes collègues matelots restés en rade. Hier soir et jusqu’à tôt ce matin, ils étaient en jaille. Ils trainaient une sacrée secouée les saligots ! Ils sont venu boire le café vers les 6 heures du matin. On annule tout qu’ils ont dit. Tu devineras jamais pourquoi : y a de la piole dans la baie qu’ils ont ajouté, riant comme des cinglés. Pour me consoler, de bonne heure, après leur interminable départ, j’ai longé la baie. La vraie baie de Perros. Pas cette chose graisseuse qu’ils se frottaient en riant… Mer d’huile. Temps frisquet, mais supportable. Quelques coureurs faisaient comme à la télé. Les goélands survolaient le port en criant. Au loin, les contours de Tomé laissaient deviner ceux de Rouzic, avec sa grosse tache de fiente dans sa partie est. Au café du port, il y avait les tardifs et les matinaux. Les uns parlaient fort, les autres se réveillaient.

Journée tranquille ce samedi. Comme je n’avais rien à écrire pour Ruminances, j’ai regardé la télé, lu les journaux et quelques pages de « Après l’histoire » de Philippe Muray. Si vous voulez vous instruire sur la vie et l’œuvre de l’Homo festivus, appellation d’origine contrôlée, je vous y invite. C’est autrement plus intéressant que du BHL. Je ne dirai rien sur Yann Moix aperçu chez Ruquier, tentant d’apporter son soutien à BHL. J’ai lu aussi le petit essai de l’ami Rémi Bégouen, « Les acharnistes », suivi de « Au bord du Canal ». Quelques textes ont déjà illustré les pages de Ruminances, Orwell et Carroll notamment. Ces souvenirs d’une vie en quelques fragments sont une bonne chose. Voici ce que j’ai écrit à leur sujet : « …dans leur continuité ou dans leur unité, ces souvenirs sont le fil invisible du funambule guidant le lecteur dans le hasard de sa vie et de ses engagements politiques. Qui peut échapper à l’enfance ? A son hasard ?… »

Plus ça va et moins j’aime ce « On n’est pas couché » de monsieur Ruquier et consorts le samedi en seconde partie de soirée. Tout ça est d’une grande décadence. Des penseurs au rabais vous vantant la futilité comme mode de vie. Le public fait la claque et le vendeur propose sa came. Qui un livre. Qui un film. Qui une pièce de théâtre ou un programme politique. Dans tous les cas, une justification. On ne peut pas avoir tout le temps l’air grave et concentré. Cela serait ennuyeux un monde ainsi formaté. Du piment dans la vie, que diable ! Rions ensemble. Même si nous rions bêtement. Ceux qui n’ont rien d’autre à faire ou qui n’ont aucune idée de ce qu’ils pourraient faire pour bien s’amuser trouvent cela fort épatant. Cela est certes fort dégradant.

Le week-end c’est sport. Cérémonie d’ouverture des JO, strasse et paillettes, en veux-tu, en voilà ! Le peuple expulse les toxines, se bouge le train. Le commentateur commente au kilomètre. On crache des hectolitres de salive. L’hiver c’est chaud. L’été aussi sera chaud. Chaud tout le temps. Le monde crève de misère, d’ennui, d’injustice et d’indifférence, mais nous avons les jeux. Du plaisir. Des larmes. De la joie. De la déception. Un peu de dopage aussi. Faut bien engraisser la poulaille. Dans quelques temps on retirera sa médaille à un champion pour tricherie. Oulala ! La honte ! Mais la morale est sauve. Un lugeur est mort à point nommé. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut pleurer autour du corbillard olympique ! On se demande qui, dans le monde, n’a pas vu ou entendu parler de ce lugeur que nous avons déjà oublié.

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( 14 février, 2010 )

Yasmine de rien

torjeman02.jpgYasmine Torjeman est une movie star. Même si elle n’a pas encore tourné avec Besson. Luc, le chantre du grand bleu. Le visionnaire des profondeurs aquatiques pas celles de l’UMP. Elle est pourtant la cible de tous les internautes qui la traquent sans répit sur les moteurs de recherche. Qu’a-t-elle  bien pu faire pour mériter un tel sort ?

Quand on cherche à comprendre, en bref, qu’on googlelise, on apprend qu’elle est la petite-nièce du producteur de cinéma Tarak Ben Ammar et l’arrière petite-fille de Wassila Bourguiba (épouse de l’ex Président Tunisien, Habib Bourguiba). Certes, son curriculum interpelle au niveau du vécu mais pas plus que cela. Si l’on fouille un peu plus, on apprend que cette jolie étudiante de 22 ans aurait des difficultés pour obtenir des papiers en France, ancienne terre d’accueil s’il en est.

Si l’on s’entête, on découvre que son oncle Tarak a demandé au ministre de l’Identité nationale de faciliter la requête de la belle. Nul doute que notre saigneur de la Jungle saura rester de glace face à cette intolérable demande de passe-droit. Qu’il restera droit dans ses bottines et qu’il reconduira lui-même  la jeune femme à la frontière de notre territoire. Qu’il ne cédera à aucun prix au charme exotique de cette pasionaria sans papiers…

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