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( 13 février, 2010 )

Désert des arts

travailler01.jpgEn Sarkozie, il est une constance. On ne sait jamais si l’on doit rire ou pleurer. En particulier dans le domaine de l’art, espace cognito-sensitif totalement ignoré pendant plus de cinquante berges par notre guide de poche. A la bonne heure, sa nouvelle compagne, rencontrée chez le docte publiciste Séguéla, et jadis éprise de musiciens, d’acteurs et autres philosophes, s’est donnée pour mission de lui faire rattraper le temps perdu, ces instants improbables si chers au regretté Marcel.

A Narcisse les joies de la culture, les plaisirs littéraires, cinéphiles, picturaux et tutti quanti ! Désormais il dévore les feuilles les plus ardues, se régale des meilleurs navets et se nourrit des toiles les plus indigestes. Comme quoi on peut rester fermé à la connaissance pendant un demi siècle et s’ouvrir tout à coup comme une fleur de printemps. La métamorphose du clos porte, en quelque sorte…

Ainsi son paternel qui ressort des oubliettes de l’histoire en se découvrant à quatre-vingt balais une âme de peintre pseudo-surréaliste. Il n’est jamais trottoir comme disent les motocrottes. Il exposera en avril à Paname, ex-cité des lumières, un échantillon d’ersatz de peinture qui jouxte le kitchissime. On pensait avoir tout vécu avec cette famille Fenouillard revisited. Le pire n’est jamais tatin comme ajouteraient les tartes éponymes. Chassez le surnaturel, il revient au bungalow.

On avait déjà eu droit au filet de voix érotico-sensuelle de sa bien-aimée, aux mix ravageurs de son rejeton rappeur et aux velléités théâtrales du Prince Jean reconverti depuis dans la chose politique. On va désormais subir les délires picturaux du nouveau Dali dont la récente muse n’est autre que Carlita. A Madrid en 2008, c’était son propre fils, récemment élu président, qu’il avait magnifié sur une croûte indicible. Une affaire de famille somme toute. Pas besoin d’aller chercher très loin l’inspiration.

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( 12 février, 2010 )

Vous votez, oui ou non ?

badinter01.jpgDisparitus a gentiment tagué H16 l’invitant à rejoindre une sorte de ronde où les blogueurs sont conviés à s’exprimer sur les prochaines échéances régionales. Vont-ils aller voter ou bien s’abstenir ? Comment envisagent-ils la chose et pourquoi ? Voici le thème : Voterez-vous lors des élections régionales ? Si oui, savez-vous déjà pour qui vous voteriez au premier tour ? Pourquoi ? Avez-vous une idée pour qui au premier tour ?

H16 a répondu. Il explique les raisons qui le font hésiter, voire plus. Rien à dire. C’est son isoloir. Il nous demande de le convaincre du contraire… Au fond, il avoue en avoir gros sur la patate. Drôle de mission ! Surtout quand je lis les raisons qui le poussent à la méfiance à l’égard des candidats : « Voterais-je pour les régionales ? Non, et ce pour deux raisons : d’abord, parce que je n’habite pas en France et que donc, je me vois mal dépendre d’une région quelconque. Mais surtout, même en imaginant que ce soit possible, je n’en ai aucune envie : la vaste plaisanterie que représente la politique en France actuellement n’arrivera pas à me motiver, de près ou de loin, pour qui que ce soit. »

Ruminances est une équipe qui a plein de choses en commun, mais, dans le cas présent, s’agissant de vote et d’élection, chacun parle pour soi. Le débat est ouvert. C’est donc à titre personnel que j’exprime une pensée ruminante. Depuis 1981, j’ai quasiment voté à toutes les élections. Je me souviens de ce 10 mai 1981 et de ma joie en découvrant le visage de François Mitterrand se dessinant sur l’écran. Je me souviens surtout de la gueule défaite quelques instants plus tôt d’un Jean-Pierre Elkabbach, disant : « il est vingt heures… ». Je me souviens, matant sa tronche de chien assis à l’écran, disant  : « C’est Mitterrand ! ».

Livide qu’il était, Elkabbach ! Il s’est soudainement grippé. La suite fut un moment d’une joie extraordinaire. L’insulaire que j’étais à l’époque s’est tout de suite rendu sur la place du bourg, dans le seul bistrot ouvert, « Les Corsaires », et avoir bruyamment exprimé une joie à la fois légitime et puérile. La suite… Une succession de flashs historiques et souvent décevants. Si, une belle photo. Badinter à la tribune de l’assemblée, dans un discours magnifique, clamant son horreur de la barbarie. La peine de mort était abolie. La révolution française pouvait danser.

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( 11 février, 2010 )

Good morning radio surprise

doigt05.jpgJosé Bergamín, intellectuel espagnol que je citais l’autre jour à propos de l’ennui des huitres perlières, me revient à l’esprit. Sans doute les racines qui me chauffent les semelles. Je repense à lui en découvrant dans Libé.fr un entrefilet sur Hugo Chavez. Quelle relation, entre le leader vénézuélien et son cousin espagnol, l’un bien vivant, l’autre mort depuis des lustres ? Il en existe une, forcément. L’inconscient ne vous parle jamais gratuitement. C’est à propos d’une nouvelle émission de radio vénézuélienne où Chavez peut intervenir à tout moment en direct live. Ce pays a une chance incroyable. Ceci dans le but de « surprendre l’auditeur ». Pour être surpris, il l’est, en effet. Non, je ne perds pas le fil, je vous parlais de Bergamín. Voici ce qu’il écrivait au sujet des communistes : « Avec les communistes jusqu’à la mort mais pas un pas de plus. » Quelqu’un pour relayer la citation au Vénézuela sur « radio surprise » ?

C’est de bonne guerre, si tant est qu’une guerre puisse être considérée comme une bonne chose. Georges Frêche a toujours la langue bien pendue et il le prouve. Parti en virée dans la capitale pour laver l’affront dont il s’estime victime de la part de ses camarades de la gauche et du PS en particulier. Il fait la tournée des popotes médiatiques. Avec la faconde de l’un et la voracité des autres, pas étonné si le déroulé des tapis est proportionnel à la gadoue répandue. Frêche a gagné sa place dans les tribunes. Que dis-je, sa place, sa loge ! Avec sa canne et son allure claudicante, on dirait le remake frenchy du docteur House. Un docteur House qui aurait sa place dans « Plus Belle la Vie ». Au contraire de son homologue étasunien, pathologiquement misanthrope, Frêche est l’ami de tout le monde, à commencer par Israël.

Avec les arabes, vous pensez bien !, c’est garbit tous les jours. En revanche, Martine Aubry, niet de chez niet ! Ce n’est pas demain la veille que le sergent Georges va rompre le pain avec « l’élue de la fraude ». Ni avec le néo-normand Laurent Fabius, lequel n’a pas une gueule de viking non plus.

Changeons de rive. On ne peut pas considérer monsieur Bernard Accoyer comme un gars turbulent. Encore moins l’imaginer en néo-trublion de la politique contemporaine. Un de ces vilains garçons, très underground, dissimulé sous la burqa, partant à la nuit tombée incendier des voitures du côté de Villiers-le-Bel ou tirant le tarpé au pied d’une cité HLM avec des petits jeunes du neuf trois. Pas le genre non plus à faire des déclarations tapageuses à la sortie d’un tribunal quelconque pour dénoncer la confiscation de la justice. Président de l’Assemblée Nationale, monsieur Accoyer exerce sa fonction avec le tact et l’exigence que la fonction réclame. Au-dessus des partis, il veille à ce que les débats se déroulent selon des règles équitables. Sauf que ces temps derniers monsieur Accoyer est agacé par l’utilisation abusive de la part du gouvernement de la procédure d’urgence ou du vote bloqué. Une façon pour ce dernier d’éviter le débat.

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( 10 février, 2010 )

Le tout sur le tout – Henri Calet

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Je n’ai qu’un mot à dire, ou plusieurs. Je ne suis pas à un mot près. Je félicite avec enthousiasme monsieur Jean-Baptiste Botul. Un citoyen instruit qui sait voyager et faire rire son prochain. Je n’ai aucune photo de lui pour illustrer le propos du jour. Dommage. J’aurais tant aimé vous montrer sa trogne. Une autre fois. Grâce à monsieur Botul, le Paraguay connaît monsieur Bernard-Henri Lévy, philosophe mondain, un peu égrotant et fort crétin, qui ne parle que de choses graves dans des palaces cinq étoiles. Ainsi va la philo.

Vous allez trouver cela suspect (tant pis) mais c’est encore guidé par le conseil de Didier Goux que, après lecture de « la rue des maléfices », de Jacques Yonnet, livre insolite traitant de Paris, de son histoire, de sortilège et de la Mouffe, c’est au tour d’un autre parigot de talent, mais dans un autre registre, Henri Calet, d’enrichir cet espace de sa démarche élégante et mélancolique. Si ça continue, je vais finir par revenir m’installer dans la capitale que j’ai fui pour la Bretagne il y a plus de trente ans. Avec un tel panel littéraire, Paris peut ronquer sur ses deux oreilles.

Raymond Théodore Barthelmes, de son vrai nom, était un aide-comptable dans une société de câblage jusque dans les années 1930. Que d’éloges de la part du personnel de l’entreprise et de ses supérieurs. Employé modèle, à ceci près que suite à une prise de conscience soudaine il hâta son départ de l’entreprise en direction de l’Amérique du Sud avec le contenu de la caisse, soit l’équivalent à l’époque de plusieurs années de salaire. Ce pécule ne fit pas long feu. Il le dilapida à vive allure. C’est à cette époque, pour les besoins de la cause, que Raymond Théodore Barthelmes devint Henri Calet. Après tours et détours de l’autre côté des exotismes, il revint à la case départ. Parisien de coeur et d’âme, sa ville lui manquait. Homme raffiné et intelligent, fin lettré, il est mort d’ennui, pourrait-on dire, à l’âge de 52 ans. Un poil trop tôt, non ?

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( 9 février, 2010 )

De fil en aiguille

loupe01.jpgAttention, sondages en vue ! Régionales oblige, le somnifère des masses est en rayon. La révolution du cacheton est en marche. Selon la température, la couleur des pilules se nuance, ça peu aller du pastel à l’astrakan, voire plus. C’est l’inflation des couleurs. L’urne vous est offerte avec le bulletin. Du papier et des forêts. Chiffres au gros ou au détail. Soyez gentils, venez nombreux. Il y en aura pour tout le monde. Sondage/médias/pigeon. Ouvrez grand la cage !

J’irai voter envers et contre tout. Par conscience citoyenne. Parce que je ne supporte plus de supporter certaines têtes. Les voir me rend dingue. Or quand je constate le peu de moralité qui entoure cet acte citoyen, – sondages, médias, politiques, tout ça -, comment voulez-vous crédibiliser devant l’opinion l’idée d’un geste hautement démocratique ?

Quel ennui ! A ce propos, cela me fait penser à José Bergamín, écrivain espagnol décédé, qui écrivait : « l’ennui de l’huitre produit des perles. »  Si seulement cela pouvait être vrai pour la politique !

Je sens que je vais m’énerver, je fais une pause. Un petit caoua pour commencer. Un caoua et un peu de lecture. Pas de préférence. Si, quand même ! Je découvre le micro-buzz de la pause-café. A ce qu’il paraît, cette pause améliore les performances. Pas celles auxquelles vous pensez à l’instant. Vous n’y êtes pas. La pause-café améliore vos performances intellectuelles, à condition que vous vous livriez à une assez dense activité, comme le tri d’informations reçues, en retenant les plus importantes.

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