( 31 mars, 2010 )

Du rêve pour les ouf – Faïza GUENE

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Je serai certainement très maladroite pour vous conter ce livre car, en moi, se mêlent des colère, de honte et aussi une certaine fierté de savoir que beaucoup résisteront et vivront librement dans le pays qu’ils ont choisi.

D’un bout à l’autre l’histoire de cette jeune algérienne, de son frère tous deux sans-papiers et de leur père naturalisé vivant dans cette cité « de l’insurrection » est racontée dans le langage parlé des « djeunes » qu’ils soient nés en France ou immigrés. Ils vivent dans cette cité de banlieue où des voitures ont été incendiées, celle qui fait peur à toute la bonne société bourgeoise.

Elle se nomme Ahlème, son frère Foued, son père « le patron », il a fait partie de ces milliers de travailleurs maghrebins que la France a drainé par manque de main d’œuvre, il est handicapé, un accident du travail qui lui a laissé des séquelles, il bat « à Niort » parfois. Elle a 24 ans, Foued 15, c’est elle qui l’a élevé depuis qu’en Algérie, la guerre civile ai assassiné sa mère, un jour de mariage dans un autre village que le sien. Elle avait 11 ans quand son oncle l’a mise dans l’avion d’Air France, son bébé de frère dans les bras en direction de ces maisons hautes comme le ciel et froides comme … Elle est allée à l’école jusqu’à 16 ans, élevant son frère, s’occupant de son père, puis après des petits boulots, intérim, ménages, intérim, la vie quoi. Elle a des amies de son âge avec qui elle sort parfois, celles-ci veulent à tout prix qu’elle trouve l’amour (normal hein ?) et lui présentent des mecs en « mode 2 de QI » qui friment comme pas permis, des prétentieux, des types qui n’ont pas de conversation ou des dépressifs chroniques. Trucs de ouf quoi !

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( 29 mars, 2010 )

Un homme à la mer !

rosedesvents.gifVous allez penser que je joue l’acharne, mais dieu que la tentation est grande ! Qui peut m’en vouloir ? Cette défaite des régionales que la droite considérait comme une élection « mineure » a laissé dans les esprits plus de traces qu’on ne pouvait imaginer pour une échéance de si peu d’envergure. Cette défaite était prévisible et même programmée. C’est à se demander si quelqu’un se souciait du résultat. Aucun candidat de la droite ne s’attendait à autre chose. Tout le monde savait, à droite comme à gauche, que ce vote était ou devenait un vote sanction contre le National Président. Tout le monde s’accordant pour affirmer que seule la présidentielle de 2012 avait de l’intérêt dans l’esprit des français. Une manière olé/olé d’expliquer l’énorme taux d’absentéisme.

Absentéisme que certains faiblards du bulbe ont présenté comme du fascisme larvaire, propre aux citoyens de la zone, sans aller plus loin que leur bêtise. D’où alors cette débandade dans les rangs des élus de la droite ? Il y souffle comme un vent de bérézina qui fait craindre le pire pour leurs fauteuils si douillettement chauffés. C’est qu’après la présidentielle à venir se profilent les législatives et au train où vont les choses – si on en croit les sondages, jamais avares d’une mauvaise nouvelle – la gauche emporterait les deux échéances sans avoir à forcer le train. Une pichenette et, hop !, tout le monde dégage son barda. La haine ! J’exprime le voeu que la gauche soit assez responsable pour ne pas rompre cette dynamique de la défaite chez l’adversaire, en allant se chamailler pour des ambitions et non pour un programme cohérent.

Après l’entrée en scène officielle de de Villepin, c’est au tour d’Alain Juppé de déclarer à la téloche qu’il n’exclut pas l’aubaine si… le National Président abandonnait l’idée de se faire humilier une nouvelle fois par voie électorale. Le rêve n’interdit pas l’audace. Cette floraison soudaine de vocations à droite me fait jubiler. Pour bien asseoir ses intentions, le désopilant bordelais (ah ! Cet humour froid qu’il distille !) écarte d’un revers de la main la possibilité d’entrer au gouvernement, si, d’aventure, on venait à lui proposer un maroquin. La chose a l’avantage de la franchise entre frères et de faire économiser, le cas échéant, un coup de fil à la présidence.

Ça bouge beaucoup dans les hautes sphères de la droite. Ça bouge et ça grimace. Le navire prend l’eau de toutes parts et le maître des étoupes n’a pas le matos pour colmater. Son fournisseur lui joue le coup de la rupture de stock. Tout le monde écope tête baissée et personne à bord pour regarder la rose des vents pour indiquer la direction. L’équipage est à cran. Ce n’est pas tout. Voici qu’à présent, un habitué du coup de poing, Luc Ferry, philosophe de son état, homme soigneusement coiffé, envoie sa banane au vent et déclame à qui veut l’entendre (le public est nombreux) une ode du souvenir, invitant Nicolas Sarkozy à « revendiquer le gaullisme ». Comment pourrait-il revendiquer son gaullisme, puisqu’il est Rolexien d’origine incontrôlable ? Dans ce fatras, un seul réconfort : la formidable entente qui règne entre le président et son premier ministre François Fillon. Il l’a déclaré lui-même à l’antenne. Dont acte.

Nous traversons une période très riche pour l’esprit. Comment ne pas en profiter ? Comment oublier l’insolence et l’obscénité du personnage que la France a porté tout en haut de son cénacle ? Comment ne pas être atterré en imaginant l’image que la France donne d’elle dans le monde ? Certains, je sais, n’ont rien à foutre de cette image, ils ont des raisons de le penser, mais moi, citoyen français, fier de ma culture et de sa lumière, j’ai honte pour mon pays. N’en déplaise à monsieur Besson, roi du doigté.

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( 29 mars, 2010 )

Le futile et l’indécent

grafuckheikowindischfutile.jpgJ’ai vécu une semaine lourde pendant laquelle la micro-sphère s’est agitée autour du pseudo sujet Eric Zemmour. C’est long une semaine à entendre le néant vous souffler dans les oreilles. A écouter le people s’épanchant sur le people, imaginant nous parler de médias, de liberté et que sais-je. Pour échapper à la lamentable débilité – je suis d’un naïf !-, j’ai mis mes genoux à terre et me suis décidé à reconfigurer mon jardin. Tant qu’à faire, soyons utiles, observons et admirons la nature dont chaque pas est une leçon de philosophie.

J’ai donc passé du temps à changer de place certaines plantes, à mettre de côté ou balancer d’autres. A en ajouter certaines que je viens de récupérer chez des copains et qui manquaient dans mon espace… C’était compter sans les effets pervers de l’accoutumance. Pendant que je finissais d’aménager un coin pour une jachère fleurie que j’ai en tête depuis pas mal de temps, j’ai eu l’idée de mettre la radio. Ecouter et travailler. Souvent, mon entourage me surprend en train d’interpeller les ondes pour des propos ou des attitudes qui me sont révoltants. Il m’arrive de taper plus durement le sol à la place du con ou de la conne qui m’exaspère ou me révolte. Là, c’est tendance, sur quoi je tombe ? Vous me croyez si je vous dis Eric Zemmour ? Si ! L’heure de la soupe c’est l’heure de la soupe ! Soupe pour tous ! Cette fois-ci c’est par le biais de Philippe Bilger, avocat général convoqué par le procureur général de Paris pour avoir blogué en faveur de la liberté d’expression et contre l’interdiction des humoristes et autres polémistes à travailler librement, que l’écho de cette débilité s’est jeté dans mes conques ! La belle affaire d’État ! J’ai coupé le poste et continué mon entreprise de mise à jour des bordures. Décadence !

Un qui n’a pas le temps de se mettre en colère contre la radio, c’est monsieur Jean-François Copé, le boss des parlementaires UMP à l’Assemblée. C’est qu’il a du taf pour recoller les morceaux éparpillés, pour remonter le moral en chute libre de son mouvement. Qu’à cela ne tienne, l’homme est pugnace et ne recule pas devant l’effort. Il est brillant et il est malin. Et très, très ambitieux ! Si son destin doit passer par là, il fera la corvée. Il rameute les troupes, fait la tournée des cantines, lustre une image personnelle, jouant au fidèle avec pour objectif (évidemment !) la fidélité à son petit chef. 2017 reste son objectif, il le dit à qui veut l’entendre. Qui ne donne rien n’a rien ! Tout peut et doit servir plus tard, tel est sa règle de conduite.

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( 28 mars, 2010 )

Cakes en stock

cake.jpgOn ne sait si dieu est apprenti-pâtissier mais force est de constater qu’on nous signale cette semaine sur l’écran radar de nos cerveaux usés, une recrudescence de cakes à la une de l’actualité. Inventaire ! On commence par le premier d’entre eux. Incontournable. Un cake aux fruits déconfits. A ne pas consommer sans modération. Aussi indigeste qu’un ragoût faisandé aux champignons vénéneux. On se demande encore comment la majorité d’entre nous a pu se faire abuser par un bonimenteur dont la seule qualité reste une énergie hystérique qui n’a pour effet concret que de brasser du vent. On songe à Cervantès et à son pathétique héros…

Don qui Chute s’est pris un gros vent. Une rafale de force 7 sur l’échelle des riches terres. Tout faux. Le honteux bouclier fiscal n’a protégé que les nantis tandis que le chômage et la misère s’installaient durablement en France profonde. Le nauséabond débat sur l’identité nationale a agi comme un boomerang et a provoqué la renaissance glauque du parti du borgne. La douteuse taxe carbone a implosé avant même sa mise en place. Ce devait, selon les propres dires du brasseur neuilléen, la réforme la plus importante depuis la peine de mort.

plonge.jpgA force de vouloir rentrer dans l’histoire à tout prix y compris par un trou de souris, l’illusionniste du château devient aussi crédible qu’un Pinocchio de chair et d’os. Ses perpétuels zigzags décisionnaires donneraient le tournis à un vieux loup de mer et même ses proches ne comprennent plus rien à sa feuille de route. Fillon voulait quitter le navire après la débâcle et reste à la barre (ou ce qu’il en reste) à l’insu de son plein gré. Jouanno rue dans les brancards et se fait sermonner par le chef. Les sondages sont calamiteux. Même Aubry battrait Narcisse aux prochaines présidentielles. 30 % des français lui font encore confiance.

Un autre cake s’est distingué cette semaine. Un cake rance fourré à l’hostie. On savait l’église un tantinet légère sur les problèmes de pédophilie de ses prêtres. On ne se doutait pas que leur grand chef, Benoît XVI, fermait les yeux sur des cas avérés alors qu’il n’était encore que cardinal Ratzinger. Moult affaires d’abus sexuel mettant en cause les dignitaires catholiques sont mis au grand jour actuellement mais l’une d’entre elles touche plus particulièrement ce drôle de paroissien.

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( 27 mars, 2010 )

Sacred Games – Vikram Chandra

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Il paraitrait que c’est le salon du livre…Dans mon salon, c’est la fête du livre tous les jours, mais entre la déconfiture de la construction technocratique européenne chaque jour plus patente et le bourbier de la peopolitique à la française, ça me donne l’envie de changer d’air…Respirons un grand coup, et retrouvons celui que je préfère : l’ère littéraire.

Avec en prime un petit parfum épicé puisque je vais vous parler de Sacred Games de Vikram Chandra. Avec un nom pareil, il n’y a pas l’ombre d’une ambigüité, nous sommes en Inde ! Après une rapide vérification googlienne, je vous confirme que ce roman épique a été traduit en français sous le nom de « Le Seigneur de Bombay » pour ceusses qui causent pas l’anglish dans le texte J

J’ai lu cette épopée (parce que, oui, quand on parle de 947 pages, j’estime qu’employer ce terme n’est pas abusif même si ce n’est un poème !) il y a environ 2 ans…ou 3, je ne sais plus, mais tout cela pour vous dire que mes impressions ne sont pas Frêche, donc vous me pardonnerez certaine imprécision quant à l’intrigue…D’ailleurs, si c’était un tableau, il serait clairement d’inspiration impressionniste : de petites touches de couleur, quasiment indiscernables dans leur unicité mais qui se mélangent admirablement pour former un tout somptueux, de ces petits détails qui donnent chair à un grand roman, qui vous font pénétrer insensiblement dans l’univers dépeint par l’auteur, jusqu’à en être inexorablement imprégné ! A tel point que je me suis découverte une passion pour la cuisine indienne après avoir partagé le quotidien des multiples personnages de ce livre pendant des jours et des nuits.

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