( 4 mars, 2010 )

Pour qui sonne le gras ?

bertrand.jpgInlassablement, la cloche sonne pour appeler le fidèle. Le muezzin le fait avec sa voix, le Choffar avec sa corne. Inlassablement, Xavier Bertrand, quant à lui, siffle toujours le même air à ses ouailles : le chef a toujours raison. A l’instar d’un Lefebvre ou d’une Morano, il approuve la moindre décision du tout-puissant, loue chacune de ses actions. Qu’importe si ce dernier se plante lamentablement (et dieu sait si cela lui arrive plus souvent qu’à son compte), sa mission à lui, c’est d’approuver, que dis-je, de vanter la pensée de son mentor. Et d’en faire le plus large écho sur tous les plateaux télé ou au micro de toutes les radios.

Il est curieux de constater comme la Sarkozie engendre des créatures politiques sans relief, clones cérébraux de leur dieu vivant, toutous de plage arrière qui hochent la tête après chaque intervention du maître. Il ne me semble pas que la Mitterrandie ou la Chiraquie produisaient des êtres si peu autonomes. Même un Jack Lang existait par lui-même et proposait, certes sur un plan strictement culturel, une politique personnelle.

Jamais un futur candidat aux présidentielles, Xavier Bertrand vise 2017, n’aura montré une personnalité aussi terne, présenté un visage aussi falot. L’asservissement dont il fait preuve quotidiennement est-il honnêtement compatible avec les fonctions aussi décisives que doit assumer un chef de l’état ? Là où ses adversaires potentiels à droite, de Copé à de Villepin font tonner régulièrement leur différence, lui ne sait que s’aligner sempiternellement sur les positions de son modèle.

Qu’on ne se trompe pas, sous son air patelin, sa voix doucereuse et ses rondeurs bonhommes, se cache un vrai hargneux. Il n’est qu’à voir comment il y a peu, il s’en est pris de manière odieuse à un journaliste du Courrier Picard, le quotidien opposant et critique de  son fief nordique. Le pauvre plumitif n’avait commis pour seule faute que d’avoir posé une question un tantinet maladroite. Peu habitué des plateaux télé, il s’est fait humilier en retour et en direct live par l’ancien assureur qui s’est acharné sur lui avec un sadisme certain. La face cachée du garçon révèle un drôle de zèbre.

Lire la suite…

( 3 mars, 2010 )

Les conversions express

paulconversion.jpgOn dit que l’indignation est un état non-philosophique. Je ne serai jamais philosophe. Ou alors une espèce de Botul. Une sorte de penseur de la jubilation et du coup de gourdin aux vanités ambiantes.

Parmi les mauvaises choses qui lui arrivent en ce moment, il en est une dont BHL aurait pu se passer, c’est le soutien qu’il reçoit de la part de Ségolène Royal. Notre exaltée du Poitou-Charentes, habitée par je ne sais quel sublime motivation, parle d’une « incroyable chasse à l’homme » (ni plus ni moins) le concernant. De même que Jean-Edern Hallier se séquestrant lui-même, on peut considérer que BHL s’est livré à sa propre chasse à l’homme avec un succès certain. Besoin de personne pour se servir. Dans une tribune publiée dans « Le Monde » daté du 28 février-1er mars, Ségolène n’y va pas de main morte. Quelque chose d’intense s’agite sous la bure. Elle est, disons-le, indignée. Donc dans un état non-philosophique. Juste si elle n’accuse pas Botul d’avoir emprunté à Frédéric Pagès je ne sais quel déguisement dans le but de nuire au plus grand philosophe que la terre ait connu. Va-t-elle aller demander à Frédéric Pagès de se joindre à elle pour terrasser une fois pour toute le très nuisible Jean-Baptiste Botul ? Tout est possible.

Blague à part, il s’en passe des drôles dans les têtes de nos illustres dirigeants. Prenons Bernard Kouchner. Animé par un soudain désir d’anarchisme, il propose la destruction pure et simple des barrières diplomatiques (elle sert à quoi la diplomatie ?) et suggère la création immédiate d’un état palestinien. « Vite ! » qu’il a dit dans le « Journal Du Dimanche ». Il est fou le Nanard ! Personnellement, je suis d’accord avec lui en ce qui concerne la Palestine. Pour les kurdes aussi. Les tchétchènes également. Le premier à avoir ouvert un contrefeu depuis Amman a été François Fillon qui a tenu à « modérer le propos ». Nicolas Sarkozy a fait comme s’il n’avait rien entendu. Je me suis amusé à lire l’article (magnifique) de Denis Sieffert dans « Altermonde-sans-frontières ».

Lire la suite…

( 2 mars, 2010 )

Simple et léger

quad.jpgUn dimanche de détente à patauger dans la boue pour encadrer une course de Quad, ça vous change un citoyen plus vite qu’on ne peut le croire. Ce fut sympa de mettre les mains à la pâte. Ça roule vite ces bestioles. Beaucoup de boue donc, des gagnants et des déçus. J’ai apprécié l’ambiance grillade et grosses blagues. J’adore ça et la provoc’. Le milieu étant assez droitier, j’ai cru bon de crier « Sarko est… » suivi d’un nom d’oiseau. Manque de bol, ces rustres partageaient mon opinion. J’aurais dû m’en douter, c’est des bretons ! Ah, ces blagues qui fusent pour se perdre dans les néants balisés de l’idiotie, qu’elle soit consentie ou pas, m’ont fait grand plaisir. Là où vous me voyez je sais être grossier comme un charretier ! Et, double peine, j’adore ça ! J’ai aussi beaucoup aimé la gifle que l’OM a donnée au PSG. Rien à dire. Comme le déclarait Kombouaré, écoeuré, le très classe entraineur des lopettes parisiennes : « ils tirent cinq fois au but, quatre tirs cadrés, trois buts ! » C’est ça les marseillais, Antoine. Quand ils s’énervent, ils vont à l’essentiel. Et on aime ça ! Quant au PSG, n’exagérons rien non plus, ça n’a rien à voir avec les époques Rai, Ronaldinho, etc. Ils sont à leur place.

Les JO de Vancouver ont bâché leur devanture. Gare à la resucée en produit dérivés : articles de la presse (écrite, parlée ou imagée), affiches, anecdotes, stupeur, joie, déception. Héroïsme et déception sont en vente dans tous les kiosques. Sur toutes les antennes et sur tous les plateaux. Certains seront même reçus à l’Elysée. Dans l’échelle de mes dégoûts, je me demande quelle est la forme de bêtise la plus insupportable : celle dont je parle à l’entame de ce papier ou l’autre, celle qui se torche avec le drap du spécialiste consciencieux, méticuleusement employé à nous niquer l’esprit. Bye-bye !

Notre petit cochon national a snobé l’ouverture du Salon de l’agriculture ce week-end. Ça couine dans les étables. Aux dernières nouvelles, il ferait en sorte d’être présent lors de la clôture, le 6 ou le 7 mars. Tout le monde tire la tronche, à commencer par la FNSEA, le gros syndicat de pedzouilles proche de la droite pure. Jean-Michel Lemétayer, le président de la grande Fédération le dit sans détour, le Président NS « a beaucoup de difficultés avec la campagne, le monde paysan ». La grosse blague ! Souvenons-nous de la finale de la Coupe de France entre Rennes et Guingamp. Il fallut le tirer par la manche pour le faire venir au SdF. Monsieur avait besoin de repos. Monsieur n’aime pas les bretons. Qu’il se rassure, les bretons le lui rendent bien. Le week-end prochain il viendra au Salon en prenant soin de ne pas croiser Galouzeau ou Chichi, ou tous deux, un porcelet dans les bras, faisant la tournée des popotes, tapant la boustifaille en compagnie de quelques rougeauds goguenards ! Quelle horreur ! Tout son plan d’aide pour juguler la jacquerie qu’il prépare pour l’occasion tomberait à l’eau avec un gros plouf ! Mais d’ailleurs a-t-il quelque chose à offrir aux agriculteurs ?

Lire la suite…

( 1 mars, 2010 )

I’ll be your mirror

Image de prévisualisation YouTube

C’est l’excellent donjipez qui a réveillé en moi le souvenir de Nico. Sur twitter, il avait exhumé le somptueux Femme fatale. Je me rappelais ces étés 1974 et 1975 où l’occurrence de la programmation des festivals pop du sud de la France me fit rencontrer deux années consécutives cette légende vivante. La première fois, c’était dans l’amphithéâtre d’Arles (avec Kevin Ayers, Can et Ash Ra Tempel) et la seconde au théâtre antique d’Orange, là où les hasards ou les coïncidences me permirent de découvrir également sur scène John Cale prisonnier dans une camisole de force. Là où le très attendu Lou Reed ne vint jamais car il annula sa tournée européenne au dernier moment. Ces deux-là et Nico avaient fait partie de l’immense Velvet Underground, groupe mythique de la fin des sixties, parrainé excusez du peu, par son altesse sérénissime Andy Warhol en personne.

Elle était là seule, désormais brune dans sa longue robe noire, derrière son harmonium et déclamait des mélopées glaciales et funèbres jusqu’au bout de la nuit. Je frissonne encore d’émotion en me remémorant cette voix unique et monocorde, issue de nulle part dont les accents gutturaux ajoutaient encore à la solennité de l’instant.

Christa Päffgen, son véritable patronyme, était née à Cologne en 1938. Sa beauté sculpturale l’amena naturellement à faire une carrière à Paris de mannequin très en vogue. Puis elle s’essaya au cinéma apparaissant entre autres en 59 dans la Dolce Vita du grand Fellini et décrochant en 63 le rôle principal dans Strip-tease dont Serge Gainsbourg assura la bande originale. A cette occasion, elle enregistra sous la férule du maître son premier opus.

Lire la suite…

1...34567
« Page Précédente
|