( 30 avril, 2010 )

La lettre ouverte de Desdémone

traitementdesorduresmenageresmedium.jpgNote de Rémi – Une certaine Desdémone a donné à Rémi Begouen le double d’une lettre manuscrite qu’elle envoie au maire de Saint-Nazaire et donc président de la communauté de communes locales. Comme ce courrier vaut son pesant de cacahuètes, notamment dans le contexte du débat autour du film de Coline Serreau lancé par Clomani, voilà ce qu’écrit Desdémone et qui peut sûrement être écrit un peu partout..

Desdémone à Monsieur Joël BATTEUX Président de la Carène Communauté d’Agglomération de laRégion Nazairienne et de l’Estuaire BP 305 44605 ST-NAZAIRE Cédex Le 28 avril 2010 Objet : réponse à la rubrique « Vos déchets »
Journal de la Carène, avril 2010
(voir en annexe)

Monsieur Batteux,

A mon arrivée à St-Nazaire, il y a environ 7 ans, j’ai apposé sur ma boîte aux lettres un « stop-pub », tel que vous le préconisez dans votre Journal de la Carène, rubrique : vos déchets. Et je me suis aperçue que je ne recevais pas ce Journal ni celui des infos de St-Nazaire, tous deux distribués –sous emballage plastique, un comble – avec la fameuse pub qu’il convient de refuser et qui rend les sacs jaunes si lourds. Cela n’est-il pas contradictoire avec votre politique « écologique » ?

En tant que citoyenne éco-responsable :

- je bois l’eau du robinet. J’ai reçu récemment la facture de la Carène d’un montant de 56 euros, somme que je ne suis pas en mesure de payer dans l’immédiat. J’ai fait une demande d’aide FSL auprès du CCAS, mais cela demande un délai d’une durée indéterminée,

- je fais du compost avec les épluchures de fruits et légumes et mes « restes de repas », quand il y en a,
- je me sers des sacs réutilisables pour faire mes « courses » au Secours populaire ou aux Restos du cœur,

- je ne fais guère d’impressions papier, sauf que le fait d’être « bénéficiaire » du RMI puis du RSA exige une grande production de photocopies de nombreux documents administratifs. Car je n’ai pas les moyens de me payer l’accès à Internet qui est d’ailleurs générateur de pollution autant, sinon plus, que l’usage du papier (voir document ci-joint, cf. La Décroissance n° 58 – Avril 2009). Pourquoi ne pas mettre en service des bornes internet gratuites à l’usage des plus démunis dans les services publics (je crois que cela existe à la Sécu) ?

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( 29 avril, 2010 )

Extra les terrestres

extraterrestre.jpgCela fait du bien de regarder la vie innocemment. Sans aucun mal à discerner nulle part. Des hommes, des femmes, des enfants. Des humains qui passent. Il fait un temps indolent sur les bords de la baie. Une température estivale donne au badaud l’air du transhumant perpétuel qu’il est.

Depuis le balcon du quatrième étage de l’immeuble où je ripoline un appartement, la vue est magnifique. Le soleil se jette dans l’eau du port comme un miroir magique dispersé en des milliers de morceaux scintillant comme des étoiles.

Sur ma gauche, au-delà de la pointe du château, l’île Tomé montre un bout de son nez. Tomé est la huitième île de l’archipel des 7. Pour quelle raison elle n’en fait pas partie, nul ne le sait – trop proche de la terre ? -, mais nombreux sont ceux qui le croient.

Parfois, quand je vais pêcher, on y jette l’ancre pour y casser une graine et piquer une tête quand l’eau n’est pas trop froide, qu’elle vous remonte le matos jusqu’au nez, en attendant la marée montante. Une roche mousseuse sortie de l’eau il y a 350 000 ans, dit-on. C’est toujours planant une île…

J’écoute France Inter. Tout un programme ! Cela faisait longtemps. Les sujets défilent avec la même indolence que celle du badaud. Pas grand-chose à se mettre sous la dent. Ronron et compagnie. Un sujet sur le logement social en France. Une patate chaude. Un quota plus loin, des familles se logent comme elles le peuvent dans des taudis. Des familles avec des revenus décents s’entend. Pas question de pauvreté, mais de pauvreté de la politique tout simplement…

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( 28 avril, 2010 )

Dans le labyrinthe de la vie et du livre

laabi01.jpg

J’ai toujours eu goût pour des autobiographies, surtout lorsqu’elles sont rédigées avec grâce, celle de la lucidité et de la poésie. Celles qui n’ont pas prétention de ‘documentaire objectif’ (vain souci), mais le souci d’une maîtrise d’écriture dans ‘le labyrinthe de la vie’, récits teintés d’émotion, d’humour et fantaisies, ce qui n’exclut pas la grave méditation, devant la mort… J’ai beaucoup aimé, par exemple, ‘Les mots’, de Jean-Paul Sartre… que de ‘savants sartriens’ dédaignent parfois bêtement. Puisque j’ai gardé au coeur ma lointaine ‘vie égyptienne’ (d’enfant et d’adolescent), j’ai aussi eu goût de lire pas mal de biographies de grands leaders arabes du xx°siècle (Nasser, Arafat, Ben Bella, Boumediene, Ben Barka…), ainsi que celle que Gilles Perrault consacre à Henri Curiel (‘Un homme à part’, 2 volumes, en poche). Mais je tiens surtout à citer ces 4 autobiographies magnifiques :

- du palestinien Edward Saïd, ‘A contre-voie’ (Le serpent à plume)

- du palestinien Georges Habache, ‘Les révolutionnaires ne meurent jamais’ (Fayard)

- de l’égyptien Samir Amin, ‘Itinéraire intellectuel’ (L’Harmattan)

- du marocain Abdellatif Laâbi, ‘Le livre imprévu’ (La Différence), que je viens de lire et que je replace d’abord dans ce bon voisinage, avant d’aller plus loin.

Car plus loin, Laâbi se défend d’avoir voulu faire son autobiographie. C’est exact : il voyage dans l’espace et le temps, ainsi que dans sa langue si talentueuse de poète. Sa verve nous emmène donc dans son ‘labyrinthe’ : ce qui nous donne une autobiographie bien plus chaleureuse qu’un vain effort de rationalité du récit. Précision : le marocain Abdellatif  est d’abord un poète et écrivain de langue française hors pair, qui peut rendre jaloux bien de nos vaniteux ‘hexagonaux’ (des deux sexes) ! En 219 pages, nous voilà en voyage d’un chapitre à l’autre, aux titres bien divers. ‘Journal, La valise rouge, Le syndrome andalou, Bonjour Jérusalem, Pied de nez au Mur, Mahmoud et les autres, Mon amie la fourmi, L’île des Ravageurs, Couloir de la mort, Plus forte est la vie’. Dans ce dernier chapitre – un épilogue sans le nom -, il écrit sa méditation de grand-père face au berceau du nouveau-né : ‘Je n’ai rien d’autre à te léguer que ce livre se présentant comme un labyrinthe où l’on passe de la poésie à la prose, du théâtre au conte, de la colère à la méditation, de la folie à la sagesse. De nombreux voyages, réels et imaginaires, y sont proposés. Je prétends qu’on peut y lire aussi une belle histoire d’amour et que partout, même si le sujet est grave, le sourire n’est pas loin, quand ce n’est pas le rire franc, utilisé en abondance pour se nettoyer des saletés de la bêtise.’

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( 27 avril, 2010 )

Solutions locales pour un désordre global

solutionslocalespourundsordreglobal300.jpg Clomani est une femme qui connaît bien les arcanes de l’image animée. Elle livre ici  sa première chronique  pour ruminances. Bienvenue à elle.

 

Comme il faisait très beau sur Paris et que les jardins et autres parcs étaient pris d’assaut ce week-end, je me suis dit qu’il serait intelligent d’aller au cinéma. Sur le site de Télérama, je vérifie ce qui passe au Cinéma des Cinéastes, un cinoche d’art et d’essai proche de chez moi et découvre un film de Coline Serreau. « Solutions locales pour un désordre global » ! Bizarre titre pour un documentaire mais Télérama en dit plutôt du bien… « Je vais être toute seule dans la salle, génial, le film commence dans 5 mn« .

Le thème  (selon télérama) : le film se veut à contre-courant des films angoissants ou bébètisants de Y.A.B. et montre des solutions de remplacement à l’industrie agronomique ou au productivisme agricole forcené. A priori, plutôt rébarbatif pour le clampin citadin bobo ou prolo de mon quartier. Arrivée pendant les bandes-annonces. Petite salle quasi pleine. La séance se finira avec des spectateurs assis sur les marches d’escalier d’ailleurs ! Salle comble donc. Et c’est tant mieux car ça va lui donner une chance d’être prolongé dans les salles.

Voilà du matériel subversif positif. On sent l’insurrection alimentaire qui vient. ;o)).

solutionslocalespourdesordreglobal2010195761548162391.jpgColine Serreau a pris bien soin de nous proposer des gros plans. On sent le choix délibéré de ne pas vouloir prendre de la hauteur et filmer la beauté de la terre en faisant peur, comme l’a fait un certain éco-tartuffe. Au milieu du docu, elle fait un clin d’oeil à la Y.A-B : une vache, en Inde, capable de marcher des heures dans le désert, -ce qui n’est pas le cas des vaches européennes importées par beaucoup de pays pauvres-. Gros plan sur son museau, gros plan sur son oeil et gros plan sur l’épi de poils en forme de spirale qu’elle a, en guise de troisième oeil… la caméra s’attarde… et on se surprend à hésiter entre le rire et l’émotion de voir une nature si bien organisée. D’un autre côté, plans plus larges sur une zone sinistrée de la banlieue de Casablanca où animaux et êtres humains sont exsangues (mais où un ou deux Marocains disent « vive Mohammed VI« ). Bref, on a du jubilatoire et du pathétique… mais, tout le long du film, on nous parle de la terre… et de sa générosité.

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( 26 avril, 2010 )

Bleu comme la nuit

riberybenzema.jpgUn gros nuage bien chargé traverse le ciel pas très bleu des bleus. Prévisions météorologiques désastreuses en perspective. Des avis concordants annoncent des tempêtes dans des verres d’eau avec des grands trémolos dans la voix ou quand la morale devient anathème.

Secoué par les frasques coquines de Ribéry, Govou, Benzema…, le monde des crampons est  saisi par l’affaire de « proxénétisme sur mineure » que les tabloïds du monde nous envient. Scarface sans Al Pacino, ça manque de peps quand même ! Il ne fait pas beau temps pour les remakes.

Relativisons. Parlons humain. Humanité serait un bien grand mot tant le sordide l’emporte sur le reste. Si à 19/20 ans, on ne laisse pas Popaul tendre et détendre sa libido dans le bassin des ouragans comme la nature le lui commande, l’âme humaine ne serait plus ce que je pensais qu’elle était. Je suis rassuré, elle demeure !

Les esprits prudes – ils ne manquent pas par ces temps de pudeurs indécentes – sortiront le parapluie de l’hypocrisie pour baver quelques principes anachorètes, se branlant en loucedé le mandrin sans vergogne, l’illustration d’une bimbo scotchée au frontal, jusqu’à extraction des fonds, les guiboles raidies par le spasme qui vient. Que celui qui ne l’a pas fait ou pensé… Tant pis pour lui !

Je ne sais pas vous, mais j’ai regardé avec soin les photos de la fameuse Zahia, celle par qui… Quelle notoriété soudaine ! En les regardant, je me suis vu autrefois, ne lui laissant pas le temps de faire une pause-café pour prendre une photo, à Doubaï ou ailleurs. D’accord avec les anachorètes, elle n’a pas le regard scintillant de l’inaccessible étoile, mais vous n’allez pas me dire que vous êtes insensible à la cambrure et au luxe de son appartement témoin ! Vous n’allez pas me dire non plus qu’elle a l’allure d’une collégienne mormone abusée à son corps défendant dans la grange familiale ! D’ailleurs, elle affirme crânement avoir caché son âge lors de ces « relations coupables »…

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