Couleur Magnolia
Le printemps est là. Pile au rendez-vous. Il attise le plaisir avec bonheur. Il est tôt. Tout est paisible. Sur le gazon, brillante et généreuse, perle la rosée. Au loin, bourdonnement espacé, la rumeur des premiers mouvements se perd dans le bleu du ciel comme une onde qui bientôt gonflera les voiles d’un bateau porté par les alizés. C’est dimanche. Jour d’insouciance. Le jardin poursuit sa remontée du printemps. J’admire l’épanouissement sublime du magnolia de Soulange. Il trône, majestueux, entre genêts, euphorbes et un camélia au rouge intense. Ce voisinage ne dérange pas du tout les pommiers qui attendent avec la tranquille certitude de ceux qui savent que leur tour viendra. Pas loin, le forsythia flamboie encore. Il a besoin d’être un peu façonné. Plus tard. Sur le devant, par touffes, le crocosmia Lucifer développe ses lames vertes avant floraison avec une envie débordante. Il est bon, ce café !
Dans la politique, comme dans les affaires, il est conseillé de se méfier de ses amis, peu importe le pedigree. C’est le premier commandement dans ce monde hautement crapuleux. Laissons de côté (sans l’oublier) le lamentable épisode de la rumeur et ses occultations. L’excellent papier de Bernard ce samedi (ainsi que celui d’autres blogueurs sur le sujet) a déposé la chose tout en haut de la poubelle pour ramassage et incinération. En fait, cette chose, est encore affaire de diversion. Avec elle, les attentes du pays et des citoyens attendront des jours meilleurs. Cette affaire fait autant de dégâts que la défaite des régionales.
Se méfier des amis, disais-je. Des amis, Nicolas Sarkozy en compte beaucoup dans son camp. De Fillon à Copé, en passant par Juppé, Galouzeau et autres « rats » prêts à quitter le navire amiral – qui n’a plus rien du paquebot de croisière le Fouquet’s – nombreux sont ceux à vouloir lui glisser la bonne peau de banane sous la godasse.
De tous, Jean-François Copé se montre le plus actif sur le terrain ces derniers temps. A force de déclamer son amour pour le Chef, il apparaît suspect. Il prend bien la lumière des projecteurs. Il l’aime avec son sourire carnassier. Il soigne son image de futur présidentiable. Tout en affirmant qu’il n’abandonnera pas le président, il a bel et bien pris le chemin du maquis. L’image présidentielle s’est tellement dégradée avec le gnome, qu’il n’est plus surprenant de croiser le premier bateleur venu nous martelant : « si lui a réussi, pourquoi pas moi ! ». Le patron de l’UMP à l’Assemblée Nationale prend des risques très calculés au nom d’un principe moral (on n’abandonne pas le président en pleine crise de confiance) portant sur la place publique des débats aussi fumeux que celui de la burqa dont il est devenu le champion toutes catégories pour honorer ce qu’il nomme une promesse présidentielle. En haut, son grand ami et patron, ne sait plus sur quelle talonnette danser. Comme pour l’identité nationale dont il vient d’éteindre l’incendie, il sent bien que cette affaire de burqa risque de lui choper le paletot à un moment où il a besoin de repos. Il était si bien aux States ! La navette Columbia a atterri. En multipliant les interventions sur la burqa, Copé sait que le fiasco de l’identité nationale revient frotter le pif de Sarko et que ça l’agace ! Surtout que, pas bête, l’autre voit bien où son copain François veut le conduire : une nouvelle dégringolade dans les sondages.
Samedi soir, Copé était l’invité de Ruquier dans son talk-show « On n’est pas couché ». J’ai coupé le récepteur. Pas seulement à cause de Copé, mais pour l’ambiance et l’environnement. Marre de ces émissions où le public est dirigé par un chef d’orchestre pour crier, siffler ou faire la claque, en échange d’un chèque-cadeau, d’un ticket restaurant ou des bons d’achat. Depuis que mon fiston m’a raconté comment ça se passe sur les plateaux, partout, y compris, bien sûr, sur Canal, je ne peux pas empêcher une forte envie de gerber me monter à la gorge. C’est sans doute ça l’effet spontané !
Toujours à propos de Copé et de ses façons un peu personnelles, je lis la sortie de Bernard Accoyer (il veille au grain, lui !) sur les manières très cavalières du patron de l’UMP à l’Assemblée. Le président Accoyer l’accuse de cultiver la « confusion et l’ambiguïté ». Lui reproche, en gros et dans le détail, la confusion des genres qu’il entretient au sein de son groupe. De vouloir transformer la plateforme UMP en parti politique et d’avoir doublé la « mission parlementaire pluraliste sur le voile intégral », multipliant déclarations et prises de positions pour se faire mousser tranquilou. Bref, à l’image de son maître de l’Elysée, Copé développe lui aussi le système de l’hyper-présidence pourtant si mal perçu dans l’opinion. Dire qu’Accoyer et Copé ne partageront pas le même camping l’été prochain n’est pas exagéré, tant le torchon brûle entre les deux présidents. Dans cette histoire, il ne manquait que la touche finale. Elle nous vient par la bouche de Georges Tron, secrétaire d’État à la Fonction publique, villepiniste récemment dévoyé, qui estime que monsieur Accoyer pousse le bouchon un peu trop loin, que J.-F. Copé ne représente pas un problème en soi. Qu’il cherche à crever l’abcès en tout bien, tout honneur. Ce qui est un peu normal, selon lui, après un revers électoral de cette ampleur.


Notre ami Rodo m’étonnera toujours par ses connaissances sylvestres. Pour tout dire, je réussirai à peu près à différencier un baobab et un palmier, avec un bon éclairage.
Quant à la forêt vierge de la politique, plus retorse et fratricide que celle d’Amazonie, vaut-elle vraiment la peine d’une monographie ? Ce ne sont là que rodomontades de perdants perdus perdreaux où le méchant Galouzeau, du haut de son honneur retrouvé, distribuera quelques coups de son calibre 12 chargé à petits plombs. Ne seront épargnés ni les galinettes cendrées, ni les Chantecler aux ergots douteux, ni les autruches de service en pleine méditation, ni les harpies de (haut?) vol, ni les jars à l’intelligence presque égale à celle des oies,comme dirait le dicton populaire.
Chacun pourra s’imprégner de l’appellation du siège à quoi y est le maître de céans : sans doute sera-t-il le premier atteint parmi les coqs, alors que d’autres se signalent par des attributs du chef plus courants chez les bœufs. La taille moins élevée a parfois ses avantages.
Nous sommes lundi, le ciel est encore bien foncé : bonne semaine.
Beau billet champêtre avec du Copé dedans ! Lui, il a du passer un pacte avec Narcisse pour 2017. Mais c’est plus fort que lui faut qu’il l’asticote. Chassez le naturiste, il revient au bungalow !
ces descriptions de nature en fleur et en renaissance nous changent agréablement du marigot et des miasmes de la « politique », ou plutôt de l’agitation incessante des vampires assoiffés de pouvoir qui se targuent de nous représenter ! Pendant ce temps, à Matignon les « cons »certations sur les retraites débutent (comme si les conclusions de ces échanges n’étaient déjà connues) et la Grèce s’enfonce sans que personne ne lève le petit doigt….Ah, un beau printemps grec, éclatant, lumineux, pour tout dire révolutionnaire, voilà qui me ferait bien plaisir !
et beh…mon humeur ne s’améliore pas décidément ! je vais aller arroser mes jeunes pousses, ça au moins c’est utile
NI DIEU NI MAITRE, on est bien d’accord, ô botaniste amoureux du printemps! Mais, justement je te suggère une petite exception savoureuse, grâce à un humaniste de 82 ans qui livre ses ‘CONFIDENCES D’UN MAITRE JARDINIER’, chez lui en Anjou. Cela est publié à ‘terre vivante’, coûte 19 euros. C’est donné, si l’on sait qu’il est illustré des très belles photos d’Etienne Begouen, dont je me flatte d’être le papa… Et ces confidences là sont recueillies par la mère du photographe, ‘mon-ex’. En plus, les droits d’auteur sont reversés à l’association ‘Terre Fraternelle’. Avis aux amateurs d’aller butiner un tel maître, Jacques VALLIN ! – Rodolphe, si tu le veux, je tenvoies le bouquin (l’ai-je déja fait? J’ai la mémoire qui flanche…)
En tout cas je ne vais encombrer mon cerveau de ‘la jungle politicarde’ que tu décris, dans l’ombre après la lumière de ton jardin… Je rejoins l’avis de Babelouest (1°message)!
ça y est ! La propaganda pour l’allongement de l’âge de la retraite bat son plein dans les médias. Axel de Tarlay, journaliste économique chez Europe 1 s’essaie à la pédagogie pour mieux servir l’ami de son patron. Faut dire, Lagardère a beaucoup de choses à se faire pardonner ! L’affaire du pigiste du JDD, les photos de Cécilia et de son amant dans paris match etc…
De tarlay prone carrément la retraite à 67 ans, arguant que la durée de vie augmente sans arrêt ! oui mais dans quel état ? fourbu, arthrosé, sénile, alzheimerisé… Elle est pas belle la vie ? BURK !
on passe de l’ère du travailler (un peu) pour vivre (mieux) à celle de vivre (moins bien) pour travailler (plus longtemps)…et jusqu’au bout hein ! ça me rappelle la chronique d’Yves Blanc sur couleur3 hier qui soulignait que pour la première fois depuis un siècle, la courbe d’espérance de vie commençait à s’inverser et que nos enfants vivraient moins longtemps que nous (et nous, moins que nos propres parents)…si qq’un a des infos/stats sur le sujet, je suis preneuse…
je n’allume plus la bécane, même pour récupérer mes mails qui ne demandent qu’a l’être, mais ce soir machinalement j’ai ressorti le portable de sa sacoche et là je tombe sur ton intro rodo.
que c’est bon de lire ça, tu peux pas t’imaginer à quel point ça me manque en ce moment de ne pas pouvoir me pourrir la santé avec les adventices que l’on prétend indésirables mais qui, pour certaines, ont un rôle indéniable dans le jardin, pas celui du mondain à la con qui veut un truc au carré et tout en monoculture…
j’ai pas lu la totalité de ton article mon rodo biscotte la politique me sort par tous les pores en ce moment, je sature de chatesté à force de me faire entuber par des enfoirés professionnels qui ne se préoccupent que de leur petite carrière minable.
mais putain, mettez moi avec un politicard, droite ou gauche peu importe, et l’un de nous deux bouffera les pissenlits par la racine assez rapidement, mais au préalable, je lui aurai causé du pays, de mon pays, celui où l’on crève non pas de vieillesse mais par peur de l’avenir, celui de cette fameuse vieillesse justement que l’on atteint et qui coûte la peau des couilles tant l’accès aux soins dits gratuits est une foutaise sans nom.
je ne me reconnais plus (dans tous les sens du terme)en cette société du fric et du chacun pour soi, de la grosse caisse et du pipeau élyséen, je vais me laisser charmer par ces putains de sirènes qui me disent de vivre maintenant plutôt que d’écouter l’autre enclume chantonnant son travailler plus pour gagner plus ou sa fumeuse rupture, putain lui tout ce qu’il va réussir comme rupture c’est celle de mon anévrisme!
vous me manquez les gars, mais bon parait qu’on voit toujours le bout du tunnel, faut juste que j’arrive à le sortir de ma manche !
prenez soin de vous
Toi aussi,tu nous manques, Laurent. Mets de l’huile dans la bécane et reviens-nous vite ! Bises.