( 28 avril, 2010 )

Dans le labyrinthe de la vie et du livre

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J’ai toujours eu goût pour des autobiographies, surtout lorsqu’elles sont rédigées avec grâce, celle de la lucidité et de la poésie. Celles qui n’ont pas prétention de ‘documentaire objectif’ (vain souci), mais le souci d’une maîtrise d’écriture dans ‘le labyrinthe de la vie’, récits teintés d’émotion, d’humour et fantaisies, ce qui n’exclut pas la grave méditation, devant la mort… J’ai beaucoup aimé, par exemple, ‘Les mots’, de Jean-Paul Sartre… que de ‘savants sartriens’ dédaignent parfois bêtement. Puisque j’ai gardé au coeur ma lointaine ‘vie égyptienne’ (d’enfant et d’adolescent), j’ai aussi eu goût de lire pas mal de biographies de grands leaders arabes du xx°siècle (Nasser, Arafat, Ben Bella, Boumediene, Ben Barka…), ainsi que celle que Gilles Perrault consacre à Henri Curiel (‘Un homme à part’, 2 volumes, en poche). Mais je tiens surtout à citer ces 4 autobiographies magnifiques :

- du palestinien Edward Saïd, ‘A contre-voie’ (Le serpent à plume)

- du palestinien Georges Habache, ‘Les révolutionnaires ne meurent jamais’ (Fayard)

- de l’égyptien Samir Amin, ‘Itinéraire intellectuel’ (L’Harmattan)

- du marocain Abdellatif Laâbi, ‘Le livre imprévu’ (La Différence), que je viens de lire et que je replace d’abord dans ce bon voisinage, avant d’aller plus loin.

Car plus loin, Laâbi se défend d’avoir voulu faire son autobiographie. C’est exact : il voyage dans l’espace et le temps, ainsi que dans sa langue si talentueuse de poète. Sa verve nous emmène donc dans son ‘labyrinthe’ : ce qui nous donne une autobiographie bien plus chaleureuse qu’un vain effort de rationalité du récit. Précision : le marocain Abdellatif  est d’abord un poète et écrivain de langue française hors pair, qui peut rendre jaloux bien de nos vaniteux ‘hexagonaux’ (des deux sexes) ! En 219 pages, nous voilà en voyage d’un chapitre à l’autre, aux titres bien divers. ‘Journal, La valise rouge, Le syndrome andalou, Bonjour Jérusalem, Pied de nez au Mur, Mahmoud et les autres, Mon amie la fourmi, L’île des Ravageurs, Couloir de la mort, Plus forte est la vie’. Dans ce dernier chapitre – un épilogue sans le nom -, il écrit sa méditation de grand-père face au berceau du nouveau-né : ‘Je n’ai rien d’autre à te léguer que ce livre se présentant comme un labyrinthe où l’on passe de la poésie à la prose, du théâtre au conte, de la colère à la méditation, de la folie à la sagesse. De nombreux voyages, réels et imaginaires, y sont proposés. Je prétends qu’on peut y lire aussi une belle histoire d’amour et que partout, même si le sujet est grave, le sourire n’est pas loin, quand ce n’est pas le rire franc, utilisé en abondance pour se nettoyer des saletés de la bêtise.’

Extrait de mon récent courrier à l’auteur : ‘Le livre imprévu’ m’est arrivé de façon imprévue, suite à une émission de France-Inter… J’ai commencé à le lire mais je n’attends pas plus loin pour établir un premier contact : D’abord, pour me permettre de te tutoyer, contrairement aux usages académiques de la langue française. Car nous sommes des amis qui ne se sont jamais vus – comme tant d’humains chaleureux, sans académisme…Il y a au moins 43 ans que je connais ta plume. C’était dans ta belle revue ‘SOUFFLES’, du temps du maoïsme, qui fut notre lot commun de l’époque… Mais c’est entre poètes engagés, surtout, que j’ai beaucoup aimé cette revue : et la poésie reste notre lot !… Puis ce fut ta si longue et terrible prison (prison politique au Maroc, de 1972 à 1980). ‘J’y étais avec toi’ : mes petites galères, à côté, ne sont rien. Peu après l’arrivée en France de notre camarade Abraham Serfaty (autre célèbre prisonnier politique marocain, qui a subi pire, de 1977 à 1991), j’ai eu la joie de l’accueillir ici, à St-Nazaire avec des amis marocains. Je lui ai parlé de toi et il a dit l’affection qu’il te portait, bien sûr. (…) Voilà : Je ne suis pas un lecteur ‘neuf’ face au poète Abdellatif (ni face à son ami Abraham, qu’il évoque chaleureusement). Et lorsqu’il m’est arrivé, en voyage au Maroc, d’évoquer ces deux hommes, j’ai vu s’écarquiller les yeux de mes interlocuteurs : ‘Tu connais ? Tu es mon ami !’… Mais je connais des lecteurs(trices) de ce ‘livre imprévu’ qui sont aussi séduits que moi du talent de l’auteur, raison de plus de vous le recommander. A preuve, voici l’un de ses poèmes, pour conclure (extrait de ‘Tous les déchirements’ – 1990) :

Cette lumière
n’est pas à décrire
elle se boit
ou se mange

Le jaune attend le bleu
qui s’attarde avec le vert
le blanc sourit
à cette scène ordinaire
du dépit amoureux

Habiter son corps
n’est pas aisé
c’est une maison hantée
un champ de mines

Il faudrait pouvoir le louer
juste pour des vacances

Habiter son corps
n’est pas aisé
c’est une maison hantée
un champ de mines

Il faudrait pouvoir le louer
juste pour des vacances

La rosée
ce n’est que de l’eau
mais c’est une eau amoureuse

Je ne le nie pas
l’écriture est un luxe
mais c’est le seul luxe
où l’homme
n’exploite que lui-même

Le prophète détruit les idoles
le tyran
édifie des statues

J’ouvre la fenêtre
de mon jardin secret

Les prédateurs ont tout saccagé
ils ont emporté
jusqu’au secret de mon jardin

Souvent
je me sens diminué
fautif quelque part
quand on vient me féliciter

Je n’attends rien de la vie
je vais à sa rencontre.

35 Commentaires à “ Dans le labyrinthe de la vie et du livre ” »

  1. Ju dit :

    Nous avons lescmemes lectures ! Du moins pour les 4 que vous conseillez dans le billet. Bonnes lectures depuis l’Égypte

  2. lediazec dit :

    J’irai me procurer ce livre parce que… Parce que tu donnes envie de le découvrir. Merci.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  3. clomani dit :

    Je n’ai lu qu’Edward Saïd… Mais je vais aller me trouver les autres :
    en prem’s Habache (parce que je suis une militante pro-palestinienne)
    ensuite voir si je trouve A.Laabi à la bibliothèque (m’étonnerait… ils ont plutôt les best-sellers) sinon l’inscrire dans mes prochains achats de bouquins.
    Ca donne envie.
    Merci.

  4. b.mode dit :

    Rien à voir mais peut-être quand même un peu. Rémi as tu vu ce film de René Vautier « Avoir 20 ans dans les Aures » ?

  5. remi begouen dit :

    B.mode – Non seulement j’ai vu ‘Avoir 20 ans dans les Aurés’ (j’aurai pu en être…), mais j’ai vu beaucoup d’autres films de René Vautier…dont je suis devenu un ami. Notamment lors du proçès (et de l’appel) qu’il a fait une dingue d’extrême droite (pour qui LePen est un centriste!), ainsi que le cinéaste Mehdi Lallaoui et l’historien Olivier Lecour Grandmaison : ils étaient tous les 3 injuriés publiquement (‘Anti France’ etc) par la dame, sur internet. Ils ont gagné haut la main leur procès (à Quimper puis à Rennes, au printemps et à l’été dernier) avec le soutien moral de militants locaux et de ceux de 4acg (Anciens Appelés en Algérie et Amis Contre la Guerre) dont je suis. René avait un moral d’enfer, sinon une santé (il a plus de 80 ans).Voir le site 4acg pour plus d’info.
    Sinnon je signale que le poème cité de Abdelattif en fin de mon message est hélas assez mal transmis, la faute à Bill Gates, du moins au système ‘courriel’ qui ‘bouffe’ les espaces. Or il y a une ligne de blanc entre chaque phrase (repérable à la majuscule) et cela donne ‘une respiration’ au poème. Corrigez-le mentalement ou allez le relire (avec d’autres) sur le beau site de l’auteur, rubrique ‘choix de textes’, où je l’a découvert.

  6. lediazec dit :

    @ Rémi. Correction faite selon ton désir. T’aurais pu, vieux sagouin, le préciser dans ton courriel et là, Bill Gates n’est en rien responsable !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  7. lapecnaude dit :

    Qu’importe les histoires et les fims, « avoir 20 ans dans les Aures » c’est une partie de ma vie, une partie de mon être qui est resté là-bas. Cà ne se raconte pas, on n’y arrive plus.

  8. lapecnaude dit :

    Phttp://www.marcfievet.com/article-algerie-proposition-de-loi-pour-criminaliser-la-colonisation-fran-aise-41049611.html Pour vous éclairer, voici ce que j’ai reçu en janvier dernier.
    Quid de la loi urgente sur la burqua, et des histoires avec son mec ….
    Kouchner n’est plus le bienvenu là-bas.

  9. babelouest dit :

    http://www.marcfievet.com/article-algerie-proposition-de-loi-pour-criminaliser-la-colonisation-fran-aise-41049611.html
    Rectification du lien. Le grand tort de De Gaulle fut de n’accepter de négocier l’indépendance qu’avec les pires extrémistes, ceux qui sont au pouvoir depuis lors, et n’arrêtent pas de pressurer la population par des massacres, par l’interdiction de la langue berbère, par une attitude d’occupation d’un pays conquis.

  10. clomani dit :

    J’ai entendu (sais plus où) que Mehdi Boucharef, qui va inaugurer le festival du film de Cannes avec son film sur le massacre de Sétif, avait été fortement controversé par un élu de PACA qui disait que Boucharef avait fait du « révisionnisme à sa façon »… jusqu’au moment où ledit élu s’est aperçu que le film représentait l’Algérie : du coup, le film n’est plus du « pipeau » sur les milliers de morts algériens (déclarés 300 par les autorités françaises de l’époque)…
    Ca a vraiment dû être très très grave, ce qui s’est passé en Algérie, pour que la France soit aussi réticente à en parler…
    J’étais p’tiote lorsqu’on parlait des « barricades » d’Alger dans la famille et j’avais 13 ans lorsque le frère de mon amie d’enfance est parti en Algérie au service militaire… Regane. Il est mort à 50 ans, d’un bizarre cancer (suite aux essais nucléaires j’imagine)… Quant aux Aurès, à la Kabylie et à l’Algérie, j’en rêve… mon amie Kabyle (qui retourne au baladouha tous les étés, ne veut pas m’emmener… elle me rapporte de l’huile d’olive des oliviers de la plantation familiale (elle a le même nom qu’un ingénieur agronome « écolo », mais un vrai de vrai : Pierre Rhabi).
    Tu ne veux pas raconter un peu, La Pecnaude ? Pour moi, l’Algérie, c’est un rêve génial (avec le goût : je suçais une rondelle de citron en montant les marches d’un escalier blanc à Alger) fait lorsque j’avais 20 ans, à force d’écouter les récits de mon petit copain de l’époque, pied-noir algérois.

  11. lapecnaude dit :

    Bizarre, j’ai réussi un copier-coller sur l’article que m’avait envoyé mon frangin.
    Brefle, si vous voulez des histoires, je suis partante, mais je suppose que bien d’autres en auront aussi. J’ai les carnets de bord d’un sous-prefét, devenu préfet dans le bordel que c’était, un peu croquignolet. Mais là il faudrait que je vous le commente pour que vous ayez les deux visions du problème.
    Le film de Boucharef raconte l’historique du massacre « de Sétif », en fait cela a dégénéré sur toute l’Algérie. 300 morts, ils comptaient combien de doigts à chaque main ?
    Pendant les barricades, j’avais une épidémie de typhus dans mon secteur et je cavalais comme une dingue pour avoir les antibio et les vaccins… 24000 qu’on en a fait ! et pas un seul trouffion à l’horizon, ni de civil non plus, z’avaient trop la trouille, encore plus que des fells !

  12. b.mode dit :

    T’étais infirmière, là-bas Françoise ?

  13. clomani dit :

    Oh, tu en as, des choses à raconter…
    J’ai entendu Benjamen Stora commenter ce manque de volonté française à vouloir ouvrir les dossiers qui puent (contrairement à l’Allemagne, aux USA -pour le Vietnam et un peu pour l’Irak… pas pour l’Afghanistan- et à d’autres pays)…
    Et je comprends fort bien la réaction de l’Algérie… Dommage que ce soit par le biais d’un Boutef’ pourri jusqu’à l’os…

  14. remi begouen dit :

    lediazec – merci des rectifications apportées à mon article. Tu as le salut du ‘vieux sagouin’que je suis au ‘vieux bonobo’ que tu es, mon cousin (‘bo bo bo’ dira la ‘vieille chimpanzé’ Lapecnaude, notre cousine?)
    Concernant les drames de Sétif (mai45) et de Paris (17 octobre 61), je renvoies au site 4acg, notamment à l’excellent travail cinématographique de Mehdi Lalloui (l’une des victimes des calomnies, avec René Vautier, de cette folle qui a perdue le procès fait contre elle, voir plus haut). En plus, le prolifique Mehdi a fait un film sur notre association 4acg, et, plus récemment un autre sur la Kanaky : voir l’article que j’ai publié ici il y a environ 2 ou 3 mois…

  15. laetSgo dit :

    chuis un peu fatiguée pour commenter posément, quoi que les citations et tous les commentaires qui s’en suivent me semblent fort intéressants (j’y reviendrai demain, à tête reposée) ! j’y connais pas grand chose, à cette page de l’histoire « nationale » et de l’histoire de ces pays ex-frères…culture, culture, tu es si vaste, et le temps est si court ! cependant, mon coeur est lourd, je me sens grecque ce soir…

  16. lapecnaude dit :

    Rémi, pô, pô, pô …. tu as lu le piège ? Tiens Clomani, si tu veux, tu peux le telecharger sur l’assoc de Rémi. C’est qu’il écrit bien le bougre !
    B.Mode : partie au pays des dromadaires et des noyaux de dattes avec ma famille (compte bien, père, mère-et-son-chapeau=important, soeur ainée, frère 1, frère2, soeur 2, chacun une valise, ce qui fait sept. Débarqués à Bône, emarqués illico-presto dans des voitures direction pétaouchnoc, on m’a larguée à Constantine dans un internat de F I L L E S, avec pour mission de passer mon bac trois jours après … Le soir même, j’étais évadée et réfugiée chez le frère de mon prof de maths … profession : pâtissier ! Mes parents ont eu de mes nouvelles quinze jours après. J’avais plus le choix, alors boulot, j’avais quinze ans et deux mois et demi.
    Poste à pourvoir : goumier, je suis prénommée Ahmed, Mohammed, Abdelhatif, etc … sur mes feuilles de paie jusqu’à mes seize ans. Entre temps, cours de compta administrative, cours spéciaux E.T (état-civil), cours de droit administratif, concours de secrétariat de mairie et hop l’affaire est faite.
    Premiers égorgés 17 jours après avoir mis le pied sur la terre africaine, soit le lendemain de rapatriement, premier accouchement à 15 ans et 3 mois (le bébé et la mère s’en sont sortis -merci). Le reste n’est qu’une suite d’aventures clownesques, pittoresques, parfois pitoyables, mais quels souvenirs ! C’était bon d’avoir 18 ans et d’être amoureuse dingue ! (hélas c’est resté patonique, et pas de ma faute hein ?)

  17. lapecnaude dit :

    Allez, je vous le fait :

    Au soir de ma vie, je réfléchis, et je me demande, le fallait-il ?

  18. remi begouen dit :

    Lapecnaude – C’est tout réfléchi : il fallait !!!
    Un certain Cocteau (qui poétisait plus qu’il ne refléchissait) a dit, dit-on : ‘le miroir ferait mieux de reféchir avant de refléchir le visage qui est devant lui’. D’autres on dit encore pire : ‘On n’a qu’une vie, et pas le temps d’en faire une autre’…

  19. Boumediene dit :

    Salut ! Je lis avec attention certaines de vos publications que je trouve intéressantes concernant certains livres ! Je suis Chaoui berbère des Aurès (une histoire 2 fois millénaire ) et je vous lis parler du film concernant les massacres de sétif alors qu’un autre film , moins exposé mais tout aussi notable sort cette semaine en salles .Il s’agit du film-documentaire « La chine est encore loin » que je vous conseille d’aller voir . Il traite de l’éducation berbère dans les Aurès dans le village chaoui qui a vu naitre le début de la guerre d’Algérie (La fameuse école des Monnerot ) . Coïncidence : l’acteur qui jouait dans « Avoir 20 ans dans les Aurès » , Alexandre Arcady sors son film en salle aussi cette semaine .

  20. clomani dit :

    « Le Piège » ? Nan, pas vu… La Pecnaude. Je suis allée sur le site de Rémi mais si j’ai bien compris, il faut que je m’abonne pour avoir accès aux documents ? S’il y a un lien pour y accéder directement, merci de me le donner… ou alors je n’ai rien compris ;o).

  21. remi begouen dit :

    Clomani – Non, inutile de s’abonner au site 4acg. Mais c’est vrai qu’il est un peu difficile d’y naviguer. Le plus simple, je crois : dans la fenêtre de gauche, dès l’ouverture du site, il doit y avoir une rubrique ou sous-rubrique intitulée ‘témoignages et documents de nos membres et amis’, tu cliques dessus et tu trouveras tout à fait en bas de page la mention ‘Le Piège’. Je crois que c’est le dernier de la liste, mais c’est aussi le plus long et je suis gréé à 4acg de l’avoir transmis, car je n’ai plus, depuis longtemps, la version papier…et je n’ai pas trouvé d’éditeur malgré bien des appuis, dont Madeleine Ribérioux ou Benjamin Stora, parmi mes premiers lecteurs, il y a une dizaine d’années… Dis-nous si tu y es arrivé, merci !

  22. clomani dit :

    Rien à voir, et excusez-moi de venir polluer ce fil littérature avec des problèmes géo-politiques, mais j’ai reçu ce mail provenant d’un copain d’origine algérienne et concernant l’Algérie et ses populations berbères :
    « Des informations très crédibles nous sont parvenues de la mise en pratique d’un programme visant à créer des affrontements entre Kabyles et non Kabyles, en Algérie, dans toutes les régions du pays.
    Les séparatistes Kabyles ont été chargés de multiplier les déclarations contre l’Islam et les Arabes, et de réactiver leurs sites internet, en vue de porter atteinte à l’islam et au prophète de l’islam, au nom de tous les Kabyles, pour les désigner à la vindicte générale, et en faire des victimes de la barbarie « arabe et islamiste », pour contraindre tous les Kabyles à rejoindre le camp des séparatistes, qui vont bientôt annoncer que leur futur État sera protégé par Israël.
    L’objectif des séparatistes est clair. Ils sont missionnés par le MOSSAD pour semer la haine entre Berbères et Arabes et provoquer ainsi une scission des populations, au sein du Maroc et de l’Algérie.
    Le but est d’avoir, au cœur du Maghreb, des entités au service et à la dévotion d’Israël.
    Cette mission, dont nous ne connaissons pas encore le nom de code, a pour but de provoquer une situation de non retour.
    En Algérie, qui est le cœur de cible de la « mission », les objectifs premiers des séparatistes sont de susciter la haine contre les Kabyles, dans toute l’Algérie, et obtenir qu’ils soient attaqués, insultés, agressés, stigmatisés, comme ennemis des Arabes et de l’Islam.
    Tous les moyens sont mis en œuvre en ce moment même pour arriver à cette extrémité. En France, deux responsables de l’UMP, Rachid Kaci et Lynda Asmani, qui se disent tous deux Français d’origine Kabyle, et non algérienne, ont commis des déclarations particulièrement outrancières contre l’arabité et l’islam, soutenant que les Kabyles sont très réfractaires à l’Islam, entre autres déclarations qui prêteraient à rire si elles n’étaient porteuses de sombres promesses.
    Je ne veux rien dire au sujet de la récente initiative de Monsieur Ferhat Meheni, puisqu’elle ne m’intéresse pas, mais dans ce contexte, je veux attirer l’attention de tous mes compatriotes, que les flots d’insultes et de haine, drainés par le discours séparatiste ont un but précis: Faire réagir les Algériens non Kabyles contre les Algériens Kabyles, dans toutes les régions du pays, pour provoquer des actions violentes entre les uns et les autres, et ne laisser d’autre choix aux Kabyles attachés à l’Algérie que de rallier les séparatistes, dans une aventure désespérée et suicidaire qui plongerait notre pays dans l’horreur. Les séparatistes, conformément au plan du Mossad, cherchent à provoquer une situation comparable à celle qui a prévalu à la création du Pakistan et au déplacement massif des populations dans les deux sens. Ainsi, selon ce plan machiavélique, tous les Kabyles des autres régions du pays, où ils prospèrent depuis plusieurs générations, parfois depuis des siècles, doivent être exposées à des actions violentes de racisme ordinaire, pour provoquer des actions de représailles par des Kabyles contre des non Kabyles, et ainsi boucler la boucle. Mettre la bêtise humaine au service d’une stratégie mûrement réfléchie. Le même scénario a été mis en branle au Kurdistan irakien.
    Attention, mes chers compatriotes, la bête immonde qui sommeille en chacun de nous se réveille. Tous les facteurs sont réunis pour provoquer une guerre fratricide entre les Algériens.
    Qu’on sache seulement que des séparatistes kabyles ont effectué plusieurs voyages en Israël, que des responsables israéliens ont déclaré, par imprudence, que ces gens étaient des alliés précieux pour Israël, et que curieusement, des séparatistes kabyles ou des personnalités françaises et américaines, d’origine kabyle, au moment même où ils stigmatisaient les Arabes et l’Islam, ont manifesté leur plus vive admiration pour l’état d’Israël, certains allant jusqu’à falsifier l’histoire, pour s’inventer une ascendance juive. D’autres, ont publiquement promis que la première ambassade dans leur pays « libéré » sera celle d’Israël !
    Cette sympathie pour Israël, et contre les Palestiniens, qui s’étale jusqu’à la nausée dans certains forums séparatistes, n’est pas fortuite. Elle est la manifestation visible du complot qui s’ourdit contre notre nation. Nos dirigeants n’ont pas la capacité de nous protéger, puisque trop occupés à piller nos ressources, et dont certains sont eux-même impliqués dans le complot, en connaissance de cause, ou à leur insu, puisqu’ils « coopèrent » avec des services connectés au Mossad.
    Nous ne devons pas tomber dans la provocation. Nous sommes tous citoyens d’une même nation. Et nous ne devons pas perdre de vue que toutes les guerres civiles sur fond ethnique ont commencé comme cela. Pousser les plus stupides du « camp adverse » à s’attaquer à sa propre communauté, pour se la rallier définitivement et inconditionnellement, quitte à la mettre en péril, quitte à provoquer des agressions contre elle, comme cela s’est produit en Yougoslavie, ou des Serbes ont attaqués d’autres Serbes, en se faisant passer pour des musulmans Bosniaques. Nous connaissons la suite.
    Un appel particulier est lancé à tous les DZ Youbers pour attirer l’attention de tous nos compatriotes sur l’imminence, et la gravité du complot qui vise à faire éclater notre chère patrie.
    D.Benchenouf »

    http://www.lequotidienalgerie.org/2010/04/26/attention-a-la-provocation-lalgerie-au-coeur-dun-complot-visant-a-la-demembrer/

    http://recitdevie.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/04/27/attention-a-la-provocation-l-algerie-au-coeur-d-un-complot-v.html

  23. clomani dit :

    Merci, Rémi, pour tes explications… j’irai voir ça cet aprèm.
    Et j’en parlerai à un copain, libraire, qui connaît des éditeurs…

  24. lapecnaude dit :

    @ Boumediene – qu’en penses-tu toi ?
    Pour ma part, je ne mettrai pas le doigt entre l’arbre et l’écorce, et le système complot = mossad me parait quand même bien éculé. Les algériens ont autre chose à faire que de jouer au séparatisme, leur combat n’est pas là.
    @ Babelouest – de Gaulle n’a pu traiter qu’avec ceux qui étaient là et son armée n’a rien fait pour lui en découvrir d’autres.

  25. lapecnaude dit :

    @ Clomani – ma famille et moi-même sommes allés en Algérie comme humanistes, et je le suis, loin de la pensée d’interférer la politique de ce pays, j’observe et me contente de mes souvenirs.

  26. clarky dit :

    superbe poème rémi, surtout le « j’attends rien de la vie, je vais à sa rencontre ».

    j’ai plus franchement le temps de lire en ce moment, à peine réussi à finir les 2 yasmina khadra commandés suite au billet de françoise ici-même.

    je vais néanmoins me procurer ce livre et attendre de pouvoir me faire une paire de lunettes parce que je sens bien que mes yeux n’ont plus 20 piges !

    le débat sur l’algérie j’y rentre pas, la chaleur ici commence déjà à me rendre irascible ;)

  27. babelouest dit :

    @ Lapecnaude : et le MNA, de Messali Hadj ? Il me semble qu’il était moins extrémiste, mais là c’est peut-être ma mémoire qui me joue des tours…

  28. lapecnaude dit :

    @ Babelouest – tu sais sur le terrain, savoir qui était le plus extrèmiste que l’autre, çà cela se passait ailleurs sur une autre planète. Nous nous n’avions que des groupes sédentarisés plus brigands que politisés (à quelques exceptions près bien sûr) et les katiba FLN qui, O quel hasard passaient toujours par chez nous ! … Pour nous autres la devise était « les militaires le jour, les autres la nuit ». Après, on ramassait.

  29. lapecnaude dit :

    Tu es comme moi Laurent, tu as le coeur en morceaux.

  30. remi begouen dit :

    Cette histoire du Mossad dans le séparatisme berbère ne tient pas debout ! Du temps de l’Algérie coloniale, les Français ont bien essayé de ‘monter les unes contre les autres’ diverses tribus, en particulier les ‘berbères contre les arabes’ et cela a toujours échoué! Beaucoup de Kabyles ont été de grands patriotes dans la guerre d’Indépendance, souvent des leaders et chefs de maquis, etc. Cela n’empêche nullement les justes revendications actuelles (langue, traditions…) kabyles contre un Etat centralisateur ‘jacobin’, sous dictature militaire…
    Autre chose, à Babelouest : De Gaulle n’avait certainement pas le choix de ses interlocuteurs algériens à Evian : C’était le FLN seul… le MNA avait été laminé par lui : il y a eu une terrible ‘guerre civile’ dans cette rivalité, pendant la guerre d’Algérie, c’est un fait.

  31. babelouest dit :

    Merci, Rémi, pour la précision…. j’étais encore bien jeune quand c’est arrivé, et naturellement ce n’est pas le genre de chose qui a été étudiée à l’école puisque c’était encore en cours. J’en sais bien plus sur l’Indochine.

  32. Boumediene dit :

    Salut . je vois qu’on m’interpelle. Bon en ma qualité de Chaoui , je pense que pour diviser ou démembrer l’Algérie , ben faut y aller . Quant au rôle du Mossad , que ce soit vrai ou faux , je pense que le combat du Mossad en Algérie est un chemin de croix !lol
    Difficile de faire avaler aux algériens , berbères ou arabes , quoi que ce soit venant de la France ou d’Israel .C’est un simple constat. L’Algérie a une histoire complètement différente . Les algériens ont « mis dehors » les français chrétiens et les juifs sans autre forme de procès comme dirait De la fontaine .
    Non , je pense que la question berbère qui est un fait n’a strictement rien à voir la dedans . Le problème actuel en Algérie est que certains n’arrivent pas à distinguer Islam d’arabes et berbères d’arabes . A savoir que les berbères veulent garder leur identité et leur culture mais également gardé l’Islam . Mais en aucune façon nous souhaitons devenir arabes .
    Les extrémistes indépendantistes berbères et arabistes doivent le comprendre .Même si la situation est délicate en Algérie à ce sujet , elle n’est pas gravissime non plus .
    Je pense personnellement que nous sommes tellement proches en Algérie d’obtenir une paix qui ferait réver nombres d’autres pays ! Comme nous pouvons redescendre plus bas .
    Je sais pas si je me suis montré assez explicite mais voila en gros les enjeux en Algérie arabes et berbères !

  33. clomani dit :

    J’ai eu à peu près le même avis de la part d’une amie Kabyle, Boumediene… Elle m’a dit n’avoir lu que de la haine dans cette lettre. Elle remarquait que les foyers de résistance ont toujours commencé en Kabylie et, si elle admet qu’il y a quelques forcenés chez les indépendantistes berbères, elle pense aussi que c’est une sorte de manipulation pour diviser… comme les Berbères ont souvent été empêchés de vivre leur vie par l’Algérie arabe, ce serait une magouille politique de plus …

  34. remi begouen dit :

    Une anecdote marocaine, pour illustrer les histoires berbère-arabe et revenir au pays de Laâbi : J’étais dans un autocar du Sud-Est Marocain (à 90% berbère) et le chauffeur, d’ailleurs, m’avait installé à côté de lui, pour discuter des routes d’Europe qu’il connaissait par coeur, comme ancien chauffeur de camions ‘TIR’… Voilà qu’un passager vient interrompre notre conversation pour lui demander fermement de mettre à la sono enfin de la bonne musique arabe et d’arrêter la sauvage musique berbère!!!
    Ni une ni deux, le chauffeur freine à bloc, arrête le car et ouvre la porte : si t’es pas content, tu descends ! (dans un désert de pierrres)…
    Le gars s’excuse. On arrive à un compromis : lorsque nous serons dans la plaine, à l’arrivée à Marrakech (pourtant capitale berbère!) je te mettrais de la dégoulinade arabe (sic!)… mais il nous reste à franchir l’Atlas, et il n’y a rien de tel que la musique berbère pour ‘négocier les virages’…

    (oui, je sais on dit plutôt ‘conducteur’ que ‘chauffeur’ aujourd’hui, mais je reprends le terme employé par mon ami ‘chauffeur berbère’. Lequel m’a stupéfié : En 12 heures de conduite, il n’a rien mangé, n’a bu que de l’eau… et aux courtes escales dans l’arrière-salle de gargotes des villages, fumé sa pipe de ‘kif’: ‘C’est ça qui me rend lucide’…)

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