( 10 avril, 2010 )

La beur va changer de camp ?

dali01.jpgAu rendez-vous de la raie pubique et au rendez-vous de l’histoire (avec un h aspiré), la toute dernière séquence du quinquennat Sarkozy, restera dans les annales (si je puis dire) de nos cerveaux usés, comme la plus gigantesque pantalonnade de l’agité du palais. On croyait avoir tout vu en matière de vaudeville présidentiel, on se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Les vacances aux states en trio avec Cécilia et Rachida, l’angine blanche de la légitime lors de la visite à Bush, le divorce en loucedé, la rencontre avec Carla chez Séguéla, l’escapade à Disneyland, le SMS à l’ex « si tu reviens, j’annule tout« , le noël à Louxor, le mariage précipité, l’ascension avortée du prince Jean, le croc de boucher pour Galouzeau, le tout-à-l’égout de belle-maman au Cap Nègre, le malaise vagal sous le cagnard, tout cela était désormais à ranger au titre d’anecdotes pour rombières accrocs à France-Dimanche ou à Voici. De la roupie de sansonnet pour Lolita pré-pubères. Là, ma bonne dame, c’était autre chose, on avait affaire à un complot mondial. Rien que cela.

D’entrée, on aurait pourtant du se douter qu’on n’avait pas élu le descendant d’un philosophe ou d’un roseau pensant. Souvenons-nous. Au crépuscule de son élection au plus haut niveau de l’état franchouillard, Narcisse devait se recueillir dans un monastère afin d’intérioriser la grandeur de la fonction. Ni une ni deux, le vulgus pecum se disait dans sa Ford intérieure qu’on allait avoir à la tête de l’état un gars qui phosphore, un cerveau, une grosse tête, quoi ! Patatras, en guise de spiritualité, on avait eu droit dans un premier temps à la soirée du Fouquet’s, où la France à fric avait célébré lourdement son héros. Champagne !

S’en était suivi, l’épisode dit du yacht de Bolloré, où la bronzette avait remplacé tout de go la méditation. Le titre du film avait changé. Le Journal d’un curé de campagne avait laissé place à la Croisière s’amuse. Se faire bronzer la couenne sur un palace flottant, c’était bien plus fun que de se blanchir le jonc dans un cloître pour bénédictins. A vrai dire, tous les prémices de l’hexagonal circus étaient déjà présents dès le prologue. Mais le maestro en avait encore sous la talonnette.

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( 9 avril, 2010 )

Une nouvelle donne politique

banque11.jpgBanque d’affaires : organisme privé disposant de liquidités déposées par de gros porteurs, et spéculant avec ces sommes en en faisant bénéficier ses déposants (y compris pour les pertes). Pour exemple voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Nathan_Mayer_Rothschild_%281777-1836%29

Banque de dépôt : organisme public ou privé recueillant les avoirs de montant modeste, de la plus grande partie de la population, Ces fonds sont prêtés à d’autres déposants, pour les aider à acquérir, construire, réparer un logement, ou des biens de consommation comme les véhicules ou l’ameublement…

Société de crédit : organisme privé qui prête des sommes souvent assez faibles, pour l’acquisition de biens de consommation allant de voitures à des appareils électroménagers. Il obtient les fonds nécessaires auprès de banques de dépôt, ou du marché monétaire,

Aujourd’hui, la plupart du temps ces trois types d’établissements ont pratiquement fusionné, c’est la source du désordre actuel car des fonds à risque élevé se retrouvent au financement d’immeubles, par exemple, Ou au contraire, des achats mal garantis d’immeubles, avec les prêts qui s’y rattachent, servent à créer une fausse richesse de remboursements futurs et plus ou moins aléatoires, utilisés pour garantir des titres vendus sur le marché comme aussi sûrs que les autres, Un pareil système a mis à la rue des centaines de milliers d’américains…

Cela ne peut plus durer, Puisque le monde de l’argent ne veut pas se maîtriser, il va falloir que les citoyens le fassent à sa place…

Dès que des conditions politiques seront réunies (quitte à les provoquer par un soulèvement généralisé), il va falloir :

sortir de l’Union Européenne, comme le fameux traité de Lisbonne le permet.

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( 8 avril, 2010 )

Médiamagouille

namjunemoorman.jpgJ’ai lu l’article d’Isabelle Poitte dans le dernier numéro de Télérama. De l’excellent ouvrage. Tout y est. Tout y passe. Manip et télécomplaisance. Un bel orchestre. Pour résumer, on peut dire que le Grand journal est à l’info ce que Richard Clayderman est à la composition musicale : il y a ceux qui aiment et il y a ceux qui s’interrogent. Chacun fera son choix. Depuis pas mal de temps je fais partie de ceux qui abhorrent. Trop facile pour être honnête. Au-delà du concept, l’esprit canal est devenu le prédigéré de la pensée toute faite.

Je ne peux pas m’empêcher d’établir un parallèle entre cette lecture et l’émission sur la deux – avant-hier soir – « les infiltrés ». Nous sommes nombreux à évoquer la nécessité d’un débat public sur le rôle de la télé dans le pays. A vouloir la rendre aussi indépendante et libre que possible. Cela fait trop longtemps que nous payons pour nous faire entuber. La télé et le pouvoir est une vieille histoire, mais en ce moment cela devient vertigineux tant la complaisance et, disons-le, la complicité sont criantes. Les nouveaux monarques du petit écran ne se cachent plus pour réduire en miettes un espace sensé être un espace de liberté destiné à instruire en se divertissant, certes, mais là les limites sont très largement dépassées.

Nous, téléspectateurs-éponge, sommes devenus la manade qu’on conduit à l’abattoir sans état d’âme. Des simples bestiaux. Entre télécomplice et téléracoleuse, il est temps de combattre cette oligarchie qui crame les esprits méthodiquement. D’arrêter cette lobotomie échevelée à laquelle nous offrons collectivement le contenu de notre crâne. Machine à décompenser, la télé est devenue l’usine à broyer de la cervelle. Un immense abattoir. Nombreux sont les professionnels – citoyens honnêtes – qui tirent la sonnette d’alarme, mais qui se plient aux caprices de ces dictateurs, sous peine de se voir ostracisés, placardisés, sinon exclus à jamais de notre quotidien pour l’avoir osé.

Nous avons ici même dénoncé la dernière sortie de Mélenchon sur le comportement – souvent ignoble – des médias. Nous avons même trouvé que Mélenchon avait fait très fort avec un apprenti journaliste et l’avons sévèrement épinglé pour s’être trompé d’adversaire. Faisons abstraction de l’arbre et attardons-nous un instant sur la forêt. Mélenchon, comme Peillon avant lui chez Chabot, a mis le doigt là où ça fait mal, d’où un certain consensus contre lui. Que ce consensus soit conscient ou inconscient cela est une autre histoire, mais le fait est que nous réagissons comme les médias veulent que nous le fassions. L’important dans ces affaires et dans beaucoup d’autres demeure l’objet de la dénonciation : les médias et leur sale boulot. Pourquoi croyons-nous que les émissions sur l’internet se multiplient et rares sont celles qui le présentent comme un instrument de culture et un espace de liberté que le citoyen utilise comme premier et ultime refuge d’un ras-le-bol général ? Comme le bastion de la parole démocratique ? Pourquoi chaque fois les émissions sur l’internet ne tournent-elles pas que sur la pédophilie, la prostitution et les rumeurs ? Pourquoi faut-il que l’internet soit systématiquement diabolisé ? La réponse est dans la question.

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( 7 avril, 2010 )

Un rat vivant est un bon rat

ratfait.jpgIl n’est pas recommandé de trop ruminer ou alors de le faire à bon escient. Ce mardi, que je prenais pour un lundi, fait partie de ces journées où rien ne manque : ciel bleu, brise du sud, mer d’huile, le gazouillis des oiseaux. Tout pour rendre heureux le dernier des péquenauds. Mon tour de blogs du matin, histoire de m’informer, de prendre la température. De m’attarder ou de continuer mon chemin. Christophe Barbier a dit ou écrit qu’avec le net on ne travaille pas ou quelque chose d’approchant. Faux.

Rien de transcendant. Le train-train. Plutôt si. Il suffit de frapper à la bonne porte. Maintenant j’ai l’habitude. A part quelques masturbateurs qui se la mordent avec lâcher de clafoutis périodique, je n’avais pas de quoi bondir au plafond.

Dur de commencer une semaine déjà entamée. Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un blog collectif que j’aime : Le Village des NRV. Le papier « le Rat est-il l’avenir de l’Homme ? » a été un moment de grande rumination. Cette remontée dans le temps avec l’apparition sur terre de ce mammifère rongeur, pour expliquer, humour et détachement à la clé, qu’avenir et cousinage ne sont pas, simplement, qu’un caprice de l’esprit, m’a bien plu. Différence fondamentale entre les deux espèces, bien qu’à y regarder de près : « …honnis, vilipendés, chassés, stigmatisés… Ils sont rusés, rebelles et résistants, ils ne croient en aucune idole : ils n’ont ni églises, ni mosquées, ni temples. Peut-être changeront-ils quand ils prendront conscience d’être mortels ?…Ô rats, bienvenue dans les décombres brûlantes de notre espèce cupide, arrogante, agressive, compulsive, cynique, désolidarisée, égoïste, inaboutie ; vous ne pouvez que bâtir un monde meilleur… » Ah, les lignes parallèles !

Puisque j’y suis, je vais de mon petit tour de blogosphère. Dans la vraie vie des humains qui méprisent et ont horreur des rats, je lisais que trois français sur quatre se méfient des politiques. Cette nouvelle m’amène à l’interrogation suivante : le français aurait-il pris pour modèle son cousin le rat ?… Je continue mon bonhomme de chemin.

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( 6 avril, 2010 )

Soirée bavarde à Saint Nazaire

livresurlinsurrectionmalgachede19471242920521.jpgQui vive ?- oiseau !- Feu…
La vie est zarbie (sonorité malgache), c’est à dire bizarre (sonorité de bazar turco-arabe). Enfin vous voyez ce que je veux dire, en bon français. Rapide démonstration en quatre points :
1 – Une ange (puisque de sexe féminin manifesté) entre dans ma vie privée – chut ! Chut !…
2 – Elle m’entraîne à une ‘soirée bavarde’ chez notre libraire Gérard Lambert (‘La voix au chapitre’, déjà connu ici grâce à un certain lediazec). Belle soirée où s’exprime un bel écrivain malgache, Jean-Luc (sonorité bien française) Raharimanana (sonorité pas très catholique, qu’aime ma nana).  Donc ‘ma ange’ est au 1° rang, moi en retrait, pour aller discrètement fumer mon clop entre 2 bavardages. J’apprendrai plus tard que j’ai ainsi loupé un beau dialogue entre elle et lui, tant pis. Pas rancunière, elle me prête le lendemain un très cher et magnifique ouvrage : ‘Madagascar, l’île aux sorciers’, de Nicole Viloteau, excellente photographe et écrivain (Ed. Arthaud, 2001).
3 – Je récupère gratos un petit meuble à grands tiroirs, pile-poil pour ranger mes vieilleries de dossiers et coupures de presse qui débordent des cartons. J’en jette au passage au moins 4 kg, mais parfois en sauve par hasard quelques grammes, dont celui-ci, du Monde, daté du 17 mars 1997 : ‘Les 100.000 morts de l’insurrection malgache’, signé Jean-Pierre Langellier.
4 – Un désagréable contretemps (de détail, ouf !) me prive d’ange manana ce soir et c’est l’occasion de relire ce papier oublié et de faire ‘tilt’ : Un article pour Ruminances ?

Beaucoup d’entre nous, lecteurs-blogueurs, n’étions pas nés en mars 1947, date de cette insurrection qui ne sera vaincue qu’en décembre 1948. Mais nos parents, eux, sont pourtant restés ignorants des faits abominables : ‘La répression est féroce…L’armée mène une guerre coloniale dont les Français de métropole, privés d’information directe, ignorent l’essentiel’. La désinformation est telle que même ‘l’oncle Ho Chi Minh’, dans sa guerre de libération du Vietnam, sous-estime l’ampleur du mouvement malgache tout en proclamant évidemment sa solidarité. Et puis, malgré les défaites coloniales françaises au Vietnam puis en Algérie, c’est un silence de plomb sur cette tragédie : l’article du Monde que je cite est publié un demi-siècle plus tard ! ‘Zovy ?- Vorona ! –Afo’ est un échange de mots de passe entre insurgés, qui signifie : ‘Qui vive ? – Oiseau ! – Feu’.  Voilà à peu près tout ce que l’on sait des méthodes de ces guérilleros qui, armés de sagaies et de bâtons, ont attaqué colons et militaires français avec tant d’énergie qu’ils ont libéré, des mois, une très très grande zone de leur île, avant de capituler… au prix de 100.000 morts ! On sait aussi qu’ils furent trahis par les quelques politiciens malgaches (socialistes vaguement autonomistes, à la mode Houphouët Boigny) élus à l’Assemblée Nationale… ce qui n’a pas empêché la justice (?!) locale d’en emprisonner et exécuter quelques-uns : pour l’exemple !… On sait aussi qu’on leur faisait croire que ‘Les Américains allaient débarquer sur leurs côtes, comme en France, en libérateurs’… et que les sortilèges transformaient les balles des soldats ‘en eau’ ou bien faisaient se ‘tordre leurs fusils’…

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