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Déficits pour partouze électorale

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ratier.jpgDans mon dernier papier, j’évoquais le mutisme présidentiel comme un palier franchi par Nicky dans sa stratégie pour une resucée quinquennale. J’allais presque jusqu’à le féliciter de sa nouvelle dimension. Je pensais – très faiblement certes – qu’à force de se faire bourrer le mou par l’opinion nationale, de se rendre ridicule partout où il passe, il avait fini par comprendre (lui ou ses conseillers) qu’il devait donner l’image du président de tous les français et non celle d’un chef de faction, occupé à ne servir que ses seuls intérêts. Il aura suffit qu’il la ramène un brin pour que le charme soit rompu. Le naturel du personnage a la vie dure.

Pour ceux qui douteraient encore de sa détermination à poursuivre l’aventure élyséenne au-delà de 2012, il suffit de se pencher sur son annonce du 20 mai pour comprendre qu’il n’est pas prêt – loin s’en faut ! – de lâcher le morceau sans livrer combat. L’homme est un ratier. Sinon à quoi bon chercher à inscrire dans la Constitution « l’obligation pour chaque nouveau gouvernement, à partir de 2012, de se fixer, en début de législature, un objectif de déficit public structurel sur cinq ans, et de geler « en valeur » les dotations de l’État aux collectivités territoriales » ? Fortiche. Et culotté avec ça, le pépère ! Il n’a pas peur des ronces ! Que celui qui propose le plus gros déficit lève le doigt ! On ne rit pas, c’est du sérieux.

Fidèle à la devise politique bien connue, il tresse la grosse ficelle avec l’art consommé du bonimenteur. Tout le monde sait, mais tout le monde marche dans la combine. Bon nombre se laissera peut-être, sûrement, prendre à son gros numéro d’illusionnisme, mais nous sommes tout aussi nombreux à ne pas avoir oublié ses mensonges dans cette foire au roulage de farine.

Et une plume dans le cul à tous ceux qui ont un instant pensé que Nicolas Sarkozy s’était amendé. Menteur, culotté, arrogant, imbu et ambitieux, tel il était, tel il demeure.

Aussitôt faite, cette annonce n’a pas tardé à mettre le feu aux poudres. Même si publiquement les réactions sont plus soft qu’en interne – on prend toujours des gants avec son « adversaire » -, les noms d’oiseaux ont volé au-dessus et autour du nid du National Président.

Monsieur Michel Sapin, secrétaire national du PS, n’a pas loupé le coup de louche : « C’est celui dont la politique aura creusé le plus grave déficit que la France a connu depuis 65 ans qui se veut, aujourd’hui, dans les mots, le chantre d’un retour à l’équilibre. (…) Quand le présent se dérobe sous ses pas, il se tourne vers l’avenir et créé des obligations à ses successeurs ! ».

Pas mal essayé quand même de sa part. Une façon à peine voilée d’avouer l’échec personnel tout en s’agrippant aux accoudoirs de son fauteuil pour résister au coup de vent, histoire de nous faire comprendre que si sa gestion des affaires du pays n’est pas top, il en sera de même, voire pire, avec n’importe quel autre prétendant. Il tient la poêle par le manche.

Le moment venu – il le fait déjà très bien -, il utilisera l’argent public pour nous faire un 2012 à l’américaine : strass et paillettes pour une campagne présidentielle au cours de laquelle il ne manquera aucune aberration. Tous les coups seront permis. Tous les ressorts de l’État seront mis à contribution pour mener à bien cette entreprise faillitaire, le bas de gamme en guise de morale et de pensée politique. On solde tout à l’euro la pièce ! Une campagne de bourrin mitonnée pour des bourrins. Ça ne manque pas le bourrin dans le pays. Que ceux qui rêvent de révolution et de grands soirs rangent l’espoir au fond du placard, le pays n’est pas prêt pour la grande kermesse des illusions, quelle qu’en soit la nécessité.

sarko3ans1.jpgC’est avec des gros projecteurs sur la crise économique (« non, non, ce n’est pas moi, c’est l’autre ! ») en toile de fond, l’immigration sauvage, l’identité nationale, la sécurité et les promesses d’un avenir à la Big Brother pour rassurer la frange apeurée qu’il va encore une fois balancer les valeurs fondamentales de la nation par la fenêtre.

Dans cet environnement glauque où le citoyen est de plus en plus désemparé, oublié, où il se sent de plus en plus ostracisé, d’où viendra la lumière ?…

A quel moment la classe politique prendra-t-elle conscience qu’en écartant l’homme de la rue de son action, sous prétexte que la chose politique ne concerne que les initiés, c’est tout un pays qu’on plonge dans l’obscurité.

Ne comptons pas sur les médias pour fixer des ponts entre les uns et les autres. Les médias se donnent aux plus offrants. Ils sont la propriété de gens riches et les « journalistes » sont les employés-salariés de cette caste richissime qui s’offre quotidiens et magazines pour dicter la loi du plus fort, du plus riche, du plus cynique, du plus insolent et du plus ignoble.

L’indépendance de la presse -si quelqu’un y croit encore ! – c’est le miroir aux alouettes. Il suffit de lire ou de suivre les émissions politiques qui fleurissent comme le pissenlit au printemps pour constater la béance entre citoyen et maquignons.

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17 Commentaires

  1. babelouest

    23 mai, 2010 à 5:40

    Indignation digne de Victor Hugo, Rodo. L’Homme des Riches n’est qu’un vendeur de cravates pour pendre les pauvres. A la fois m’as-tu-vu, mesquin, illettré, histrion, amoureux d’une Amérique de pacotille aux accents texans façon Bush.

    Comme l’aurait sorti Coluche, « C’était le pire, ben c’est nous qu’on l’a. »

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  2. Fraternité 2012

    23 mai, 2010 à 7:24

    « A quel moment la classe politique prendra-t-elle conscience qu’en écartant l’homme de la rue de son action, sous prétexte que la chose politique ne concerne que les initiés, c’est tout un pays qu’on plonge dans l’obscurité. »

    L’interrogation est pertinente… Mais je connais une personnalité politique, Ségolène Royal et un mouvement, Désirs d’Avenir, qui se battent pour rendre la parole aux habitants, remettre la politique dans les quartiers, construire, encore et toujours, le France Présidente…

    Dans cette optique peut être devriez vous étudier la question de la démocratie participative, qui n’est pas un slogan, mais une réalité, notamment en Bolivie où grâce à elle, le MAS, parti socialiste Bolivien, est resté en phase et avec la réalité et avec les attentes populaires… Morales réélu avec 64% des voix, ça ne semble pas le chemin que prend celui qui a battu la France Présidente en 2007…

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  3. clomani

    23 mai, 2010 à 8:13

    Le problème, Fraternité, c’est que, derrière tout homme ou femme politique français, pointe le nez de l’individu avide de pouvoir et pas près du tout à le partager une fois qu’il l’aura…
    Hier, sur le marché, on m’a proposé d’adhérer au PS… « pas assez à gauche » ai-je répondu.
    Pour l’instant, Mélenchon est pour moi celui qui raisonne le plus justement. Mais il y a aussi un homme politique en Mélenchon donc… prudence.

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  4. clarky

    23 mai, 2010 à 11:47

    je vais encore faire mon rabat-joie, mais la démocratie participative sauce royal ben c’est de la merde comme dirait jean pierre.
    faut arrêter à un moment donné de nous faire croire que ce genre de bidule permettra de faire de la politique autrement en france, c’est juste un leurre électoral à deux balles histoire de donner l’impression aux péquins qu’on semble disposé à les écouter…

    je ne suis pas un idéaliste, du moins ai-je cessé de l’être, mais je ne me sens pas non plus l’âme du gogo de service qu’on va biaiser à mort !

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  5. lapecnaude

    23 mai, 2010 à 14:25

    Vous n’avez pas raison, Clarky et Clomani, la démocratie participative nous l’avons et inscrite dans la Constitution. Pourquoi nous élisons nos représentants à l’assemblée nationale au suffrage universel ? Pour qu’ils nous représentent. C’est à eux de faire ce travail de terrain et de prendre notre « pouls » avant de prendre des décisions, et non aux partis politiques auxquels, eux, ont adhérés. C’est donc à la base de nous prendre par la main et de flanquer une chaffouinée à notre élu lorsqu’il fait une connerie. C’est nous qui leur donnons, par notre léthargie, notre silence, notre apathie cette impression d’être des « surhommes », de « c’est-moi-que-v’la » !
    Regardez un peu ce que fait en 1 an votre député, qui coûte si cher, de quoi il parle, s’il n’est pas capable de vous représenter, c’est à vous de le lui faire sentir, savoir, comprendre (mon maître d’école se servait d’une longue baguette de noisettier pour cela)
    Clomani – toi qui semble en savoir long sur tout et tout le monde, tu dis « Fraternié … et pas près de le partager une fois qu’il l’aura », je sais que tu fais allusion à Ségo, mais avoue qu’elle n’a pas eu de bol, parce qu’elle était femme, qu’elle était jolie, qu’elle avait des « idées »; les mecs , dont le sien se sont senti envahis par leur immense égo, et ont tout fait pour la désinguer. Maintenant on lui reproche de « diriger », mais c’est le travail de tout patron et parfois il faut le faire brutalement. Je tiens à votre disposition mes petits documents sur ce qui se passe en ma région … faut pas parler sans savoir, c’est idiot çà.
    Sûr Clarky, que çà ne fait pas TOUT dans une politique de gouvernement, mais çà en fait une sacrée bonne base, il me semble qu’en 1789, c’est un peu comme çà que cela a commençé.
    Maintenant, çà a commencé, Sarko, comme bien des pontes des PS commencent leur campagne d’éviction de Ségolène, et TOUS ENSEMBLE, font monter la mayonnaise sur DSK … il n’y a qu’à lire les questions des sondages qui se baladent sur les quotidiens régionaux (les plus efficaces puisque les plus lus par les petits vieux, hein ?) C’est contre cela qu’il faut se battre en se disant bien que DSK = Sarko.

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  6. clarky

    23 mai, 2010 à 17:16

    je ne suis pas plus gaston dsk que ségo, d’ailleurs je ne suis rien tout compte fait, juste un lambda a qui on demande de ne pas se tromper en mettant son bulletin de vote dans l’urne sinon ça risque de chier dans l’alcool.

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  7. remi begouen

    23 mai, 2010 à 18:11

    Ah ça oui : DSK = Sarko!! Mais le pire, entendu encore ce matin sur le marché (à son ‘café du commerce’ plus exactement) c’est qu’existent encore des illusions sur le P.S., du genre : ‘Non à DSK, oui à Martine ou Ségolène’. Or la Martine a déclaré qu’elle approuvait DSK. Ségolène je ne sais pas, mais elle est en perte de vitesse : d’accord, elle s’est pris des coups, des coups bas, et pas seulement des éléphants, mais de la chef-éléphante… Alors, décidemment, le PS c’est fini, il est vide d’avenir, puisque vide de gauche. Le Pen a sa façon d’extrême droite de gueuler UMP=PS. A notre façon de gauche radicale, il faut faire barrage à ces 2 variantes de droite que sont l’UMP et le PS (sauf à espérer que Jaurès revienne : au secours, les éléphant(e)s sont devenus fous et folles…)

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  8. remi begouen

    23 mai, 2010 à 19:05

    Rien à voir, du moins directement, avec mon message précédent, mais certainement à voir avec l’humour corrosif de lediazec : je viens de lire dans le Politis d’avant-hier un article désopilant sur la remise de prix des sulfureux ‘Big Brother Awards’, dont le grand gagnant est Eric Besson. Voir le site :
    http://bigbrotherawards.eu.org

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  9. Kaniass

    24 mai, 2010 à 2:50

    @Clomani
    Donc si je te suis bien il faudrait élire un personnage non politique.
    Ben oui, on a été 500.000 a crié, scandé, hurlé sur les Champs en 98: Zidane Président! …Mais personne nous a écouté :(

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  10. A.Vierne

    24 mai, 2010 à 9:54

    L’euro-capitalisme libéral est-il devenu une chose à ce point naturelle et immuable qu’il faille écrire son mode d’emploi dans les constitutions? No future. No choice.

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  11. b.mode

    24 mai, 2010 à 16:46

    Salute amigos ! de retour parmi vous et content de vous lire ! j’avoue que ce dernier coup sarkosyste est particulièrement pervers. Il surfe comme un mort de faim sur le tsunami grec, prend la déferlante angela sur le o déficit et veux inscrire ça dans la constitution, justifiant ainsi la retraite à plus d’âge et surtout la poursuite du démantélement des sevices publics et sociaux au profit d’institutions privées auquelles n’auront accès que les riches. et ce avec la bénédiction des Elkabbach_aphatie_duhamel etc…, TOUS les biens pensants de la sphère médiatoque !

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  12. clomani

    24 mai, 2010 à 17:12

    Pauv’type, ce petit bonhomme… il veut se faire son empire ? Sauf qu’il ne pourra pas jouer au Napoléon, vu que la France n’est que l’ombre de ce qu’elle était sous l’Empire !!!
    Couper les manettes aux régions ! Ben tiens !
    J’en parlais tout à l’heure avec Babel d’ailleurs. On est mal barrés.
    @Kaniass, je n’étais pas sur les Champs à réclamer Zidane comme président : je tapais mon mémoire de maîtrise sur des ordinateurs portables que me prêtait ma boîte, ou je passais tous mes week-end à le taper au boulot, suur mon ordi. J’apprenais mieux des Zapatistes que du foot ;o)).

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  13. b.mode

    24 mai, 2010 à 17:57

    clo ! et qu’apprend-on des z’aphatie sinon la pensée unique du « on est tous coupables de la dette, on a vécu au dessus de nos moyens et en bon chrétien, Sarko dans sa grandeur sublissime nous offre gracieusement l’opportunité du repentir ! IL FAUT EN CHIER ! » tandis que lui se gave de pizzas dans le nouveau falcon équipé du four ad hoc mon capitaine en se pignolant sur les éconocroques à faire ! j’ai vu que goux était gaulliste… dont acte ! j’espère juste qu’il exècre le sarkozysme autant que les gens qu’il stigmatise avec humour quotidiennement ici… :)

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  14. babelouest

    24 mai, 2010 à 18:01

    Humfff…..entre les Zapatistes, et Aphatie que je ne connais même pas, il y a sûrement une nuance dans le mode de vie et de pensée, à mon avis.

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  15. b.mode

    24 mai, 2010 à 18:54

    @ jc c’était juste un jeu de maux ! ;)

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  16. clomani

    24 mai, 2010 à 20:28

    Je viens de m’énerver toute seule devant ma télé, dans ma chambre d’hôtel (où j’ai très chaud) : ouverture du journal de 20h de la 2 avec un sujet sur « LES FRANCAIS SONT DES BRANLEURS » ils sont toujours en vacances, c’est Ted Stanger qui le dit !
    P… de m… : par rapport à un Américain, oui, on a plus de vacances (surtout si on inclus les RTT), ou qu’un Japonais… mais en Europe, on n’est pas les plus branleurs, je crois que les Danois et les Allemands sont devant nous.
    Tout ça pour nous faire avaler le Woerth et sa retraite impossible à 60 ans ! J’en ai maaaaarre de ces journalistes de m… complices de ce gouvernemeent de m…
    Du coup, j’ai encore plus chaud ;o)…

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  17. b.mode

    25 mai, 2010 à 13:22

    vous vous rendez compte que le nain attend la journée de protestation de jeudi pour dévoiler l’ampleur de la révélation de sa merde ! Pauvre france comme dirait goux !

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