Mission pour l’enfer
En général, la mission à l’étranger est demandée par le chef du service Politique Etrangère, après examen de la situation : s’il y a urgence, l’unanimité est vite atteinte malgré la hiérarchie pléthorique. A cette époque (années 90) les missions sont encore un peu chères : équipes formées d’un Grand Reporter (titre honorifique typiquement français), d’un journaliste-reporter d’image (dit JRI), d’un preneur de son… très souvent d’un monteur d’images, quelquefois d’un assistant technique ou plus rarement d’un assistant de production.
Les équipes sont formées selon les desiderata des « plannings » concernés. Le « planning caméra » envoie le JRI de permanence, le « planning son » en fait autant. Sauf que souvent, le journaliste Politique Etrangère renâcle avec certaines personnes… Les palabres commencent alors pour que le Grand Reporter puisse partir avec les personnes de son choix. Dans les missions à risque, la complicité ou le respect aident à faire du meilleur travail, de toutes façons. La mission à l’étranger honore les gens désignés, en général… Ça leur permet aussi, quelquefois, de « gratter » un peu de monnaie sonnante et trébuchante grâce aux « frais de mission » et à la « régie ». Les frais de mission sont destinés à couvrir les frais de bouche et d’hôtel à l’étranger, la régie à régler les salaires des interprètes, les bakchichs éventuels, et les autres frais divers inhérents aux reportages qui seront faits.
La demande de mission est lancée et doit revenir avec les signatures de la hiérarchie (pardi, on ne va pas claquer des sommes astronomiques sans l’aval de la direction). Le service « missions étranger » gère les billets d’avion et les avances de frais de mission, le journaliste demande de la documentation sur le pays où il va, va à l’ambassade s’occuper des visa (ou envoie quelqu’un de l’équipe s’il n’a pas le temps) après que la secrétaire ait fait la demande officielle sur papier à en-tête. De leur côté, le JRI et le « sondier » préparent tout le matériel technique dont ils vont avoir besoin pour les reportages.

Dans une culture où l’abréviatif envahit le discours, avouez que
Il est des jours où l’obsession pathétique du monde m’abandonne, cédant sa place à une non moins pathétique flemmardise. J’assume le fait sans mauvaise conscience. Le pire-que-pire est aussi une donnée philosophique dont je tire substance.
Dans mon dernier papier, j’évoquais le mutisme présidentiel comme un palier franchi par Nicky dans sa stratégie pour une resucée quinquennale. J’allais presque jusqu’à le féliciter de sa nouvelle dimension. Je pensais – très faiblement certes – qu’à force de se faire bourrer le mou par l’opinion nationale, de se rendre ridicule partout où il passe, il avait fini par comprendre (lui ou ses conseillers) qu’il devait donner l’image du président de tous les français et non celle d’un chef de faction, occupé à ne servir que ses seuls intérêts. Il aura suffit qu’il la ramène un brin pour que le charme soit rompu. Le naturel du personnage a la vie dure.
