( 21 mai, 2010 )

HORS-LA-LOI… Mais quelle loi ?

horslaloifichefilmimagesfilm.jpgLa petite histoire du festival de Cannes visite ce vendredi 21 mai 2010 la grande Histoire. Celle de la France, de son colonialisme, …et de ses lois. Je n’ai évidemment pas encore vu le film de Rachid Bouchareb, ‘Hors-la-loi’, qui fait pour le moins ‘évènement’ à sa présentation. Et je souhaite revenir sur le sujet lorsque je l’aurai vu. Mais je viens d’entendre un manifestant cannois (du FN ou de l’UMP, fraternellement unis…) disant qu’il n’avait pas besoin de voir ce film pour être ‘contre’ et qu’en plus, il n’irait sûrement pas le voir. D’où l’idée pour moi d’en parler ‘pour’, en plus d’aller sûrement le voir.

D’abord ce film est le second volet d’une série commencée par ‘Indigènes’, très beau film, complexe, dédié aux sacrifices de ces colonisés qui allèrent verser leur sang pour sauver la métropole coloniale, en 1944. Donc, j’ai un ‘a priori’ favorable, d’autant plus qu’il est centré sur ‘Sétif 1945’….

Or, il se trouve que je connais cet épisode historique ignoble du 8 mai 1945 à Sétif : à l’occasion de fêter la victoire sur l’Allemagne Nazie, des algériens y manifestent pour leurs droits légitimes à l’indépendance, troublant l’ordre colonial. Des débordements ont lieu, faisant des victimes européennes, prétexte pour une répression militaire (et de milices de colons) inouïe, qui fera entre 2000 et 45000 victimes, selon les sources : ‘vrai début de la Guerre d’Algérie’, de l’avis de très nombreux avis d’historiens, après ceux des fondateurs du FLN.

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( 21 mai, 2010 )

Comment lutter contre le sommeil en conférence de prévisions hebdomadaire ?

lesommeilsalvadordali1.jpgAvant de commencer, sachez que mes souvenirs remontent des années 70 à la fin des années 90… La technologie a changé, très vite, depuis les années 2000. A quelques détails techniques près, cela doit toujours se passer de la même façon puisque les mentalités, elles, n’ont guère changé. Je pense d’ailleurs que ça n’a pas dû s’arranger.

Les conférences de prévisions sont, pour toute rédaction de l’audiovisuel français, des rituels interminables. Les participants sont hélés les uns après les autres par un interphone qui fonctionne dans tous les étages de la rédaction, et dans les services techniques.

Service après service, les chefs y sont appelés, soit nommément, soit, s’il est du genre retardataire, par un impatient « le représentant du service société est attendu en salle de conférence, dare-dare »… Ils finissent par y arriver nombreux et fringants, munis de leur pile de magazines et journaux (fournis par la chaîne bien sûr), la liste des sujets au « marbre »,  la liste des événements à venir qui sont de leur domaine, les coupures de presse ou la petite note griffonnée par le journaliste de leur service qui a eu vent de l’information.

Ce rituel se fait toujours autour d’un chef, évidemment, car tout rituel nécessite un maître de cérémonie, ordonnateur, trieur de priorités, donneur d’ordre, diffuseur de mépris, repousseur de revers de main les sujets inintéressants (« ça f’ra pas d’audience, ton sujet, coco » étant la phrase-clé à prononcer, en alternance avec « bof, ma concierge, elle ne sait même pas où est le Karabagh alors… hein »…).

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( 20 mai, 2010 )

A visage découvert

tribal1.jpgCe mercredi il y avait Conseil de ministre. Je n’étais pas là. Je n’ai pas pu me libérer d’un tas de bricoles emmerdantes que j’avais en mouvement. Je me serais rendu pour encourager Nicky à poursuivre dans la voie de son mutisme présidentiel, saluer ce détachement soudain, sa fausse néo-sérénité. De la belle ouvrage !

Je n’ai pas pu me libérer de mes obligations de précaire. Une journée à oublier. Au menu de ce Conseil, la loi sur la burqa. Il faut se dépêcher de la faire accepter, même si le scepticisme en la matière est général. Que « chacun prenne ses responsabilités », tambourine le désormais silencieux Nicolas Sarkozy. Silence et distance étant devenus l’acte fondateur de sa nouvelle stratégie. Stratégie qu’il affine dans la perspective de 2012.

Du haut de son petit gratte-ciel, il oblige l’opposition à sortir du bois et à faire le jeu. Pour défendre son bidule (car son machin est un bidule !), il l’a assorti d’une déclaration pompeuse qui ne cadre pas avec la nature du personnage : « Nous sommes une vieille nation rassemblée autour d’une certaine idée de la dignité de la personne, en particulier de la dignité de la femme, autour d’une certaine idée de la vie en commun. Le voile intégral qui dissimule totalement le visage porte atteinte à ces valeurs, pour nous si fondamentales, si essentielles au contrat républicain. »

A propos de 2012. Hier soir je me suis farci, en DVD, 2012, le film de Roland Emmerich. Je n’étais pas chaud, pas chaud du tout. Je vis très bien avec le trou dans l’ozone. Encore un bouclier ! Une catastrophe, au propre comme au figuré que ce navet. Une encyclopédie du poncif. L’histoire est simple, très simple :

A cause d’une éruption solaire ou truc du genre, le noyau de la terre se met à chauffer sévère et provoque des déplacements très intempestifs de la croûte terrestre. Aie, aie, aie ! A l’image, cela donne un effet canon. Un peu comme si la croûte terrestre était une espèce de tapis soulevé par la puissance dévastatrice d’un aspirateur Dyson.

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( 19 mai, 2010 )

La « cabine »

cabinesonstudio.jpgDe 1971 à 1998, j’ai travaillé dans plusieurs services de l’audiovisuel public. Radio, télé, Jités, production, j’ai tout fait, surtout assisté des journalistes ou des producteurs/présentateurs. Carrière chaotique (quand vous n’êtes pas journaliste, et pas attirée par la gestion, c’est normal à la téloche), beaucoup de hauts, beaucoup de bas.J’ai beaucoup observé… jamais disséqué mais il m’est arrivé d’être « psy » ou « maman » ou « infirmière » de journalistes. Normal, les salles de rédactions doivent avoir beaucoup en commun avec les salles de garde.

LA CABINE :

Il ne s’agit pas d’une cabine de bateau, encore moins de la cabine des Marx Brothers, mais elle peut déclencher autant d’hilarité que cette dernière… tout dépend du journaliste-rédacteur qui se voit obligé de la « commettre ». L’étude de cas ci-après sera faite à partir d’un service « étranger » de l’audiovisuel.

En langage d’initié, « avoir une cabine » signifie qu’on est « tricard » : on s’est vu attribuer, à la suite d’un accord pris entre le chef du service et le rédacteur en chef de l’édition du journal télévisé en conférence, un « sujet ». Il s’agit d’informer en 1′ (ou 1’30″ quand il faut vraiment expliquer) en appliquant un commentaire (fait en cabine-son d’où le terme générique « cabine »), sur des images d’actualités, pendant le journal mais plus souvent enregistré sur des images, des archives, des cartes, quelquefois d’inclure l’interview du jour faite par un J.R.I. (journaliste reporter d’images)… le tout livré clé en mains à l’édition en question.

Chaque journaliste du service doit plus ou moins souvent se plier à cette tâche, pour laquelle ils ont souvent un profond mépris lorsqu’ils sont « grands reporters » (titre honorifique qui n’existe qu’en France) -même si une journaliste grand-reporter a, voulant un jour traduire son Curriculum Vitae, commis un « great reporter »- mais ne soyons pas mauvaise langue, et fermons la parenthèse.

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( 18 mai, 2010 )

L’écaillé du cinéma…ou…Abreuvoir les enfants.

ciné« Qu’est ce que tu fous là ?? va te coucher, vite, sinon tu vas prendre la rouste !!! »

Je me souviens encore de mon paternel, furibard, se levant de son fauteuil (rescapé de 13 années banlieusardes, de Bobigny la pointe à Aubervilliers, en passant par Gonesse et La Courneuve) et haranguant la foule, somme toute imaginaire, puisque seules ma mère et mes 3 soeurs étaient de la partie, reconnaissantes. Moi, minot à qui on interdisait la lucarne magique captant l’attention de toute la Sagrada Familia, me retrouvais à mater les 24 images seconde du haut d’un couloir sombre et le cul rétamé par la dureté des escaliers.

Fallait pas rigoler avec les colères du vieux, il avait des pattasses aussi grosses que le postérieur de ma grand mère obèse, et il ne les a posées sur moi qu’une seule fois mais je m’en souviens encore… Tel un lapin amorphe pris dans les feux, non pas de l’action, mais des phares, je restais immobile et lui envoyais du haut de mon mètre 15 ou 20, « pousse-toi je vois plus rien !!! » avant de tracer la route vers la chambre commune d’avec ma frangine et de m’enfermer à clef comme la mauviette que j’étais à cette époque. Ce fut la dernière fois que la télé m’apparut claire et nette, le lendemain, une porte toute opaque et sacrément bien posée, grâce à l’aimable dévouement de mon grand père, venait me signifier ma méprisable condition de bête humaine. Hasard, ou bazar, de la nécessité du besogneux intrépide que j’étais, je me rendis surtout compte que même ce paravent avait une faille. Une partie de la téloche étant dans l’axe du trou de la serrure, derrière cette porte, qui aurait pu être verte, j’étais quasi inrepérable tant j’assurais dans mes chaussettes, le silence et dors…

C’est comme ça que j’ai découvert, dans une intégralité voilée à moitié, la Belle et la Bête. En y repensant aujourd’hui, je crois que tout est parti de là, cet amour du cinéma, mes cauchemars qui se finissaient debout dans un placard en train de gueuler comme un perdu que Jean Marais voulait m’attraper, je lui aurais bien dit dans mes rêves que je n’étais pas Cocteau mais vu la petitesse dudit placard, je refaisais plutôt un remake du trou de Becker.

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