( 13 mai, 2010 )

Nous sommes tous des escroqués grecs

reichpetithomme.gifSoudain je pense à un petit livre que j’ai lu il y a longtemps,  écoute petit homme, de Wilhelm Reich. Sous le vernis, la grosse couche. On gratte. On décape. Wilhelm Reich est un homme consciencieux, il fait le boulot. Devant lui, l’homme est nu, tel qu’en lui-même. Ni bon ni mauvais, mais sans le masque on découvre le petit animal qu’il a toujours été. C’est toujours bon à savoir.

Ce livre, comme certains autres, fait partie d’un petit lot de « petits » bouquins que je rachète régulièrement. Ensuite, pris dans mon délire du partage, je les offre. Parfois c’est l’inverse. Si bien que quand j’ai besoin, soit de les relire, soit de les consulter, je ne les ai plus. Quel est le salaud !… C’est moi. Ainsi pour  le joueur d’échecs24 heures dans la vie d’une femme  de Stefan Zweig ou encore  Le vieux qui lisait des romans d’amour  de Luis Sepúlveda.

Dans ce petit livre de Wilhelm Reich, il y a des illustrations qui font mouche. Comme par exemple celle qui illustre ce papier où l’on voit un homme soudain surpris par la chaîne qui se brise. My god est le mot-réflexe qui lui vient aussitôt à l’esprit. Le facteur surprise ne laisse rien présager de bon pour quelqu’un habitué à évoluer dans un univers concentrationnaire. Ne comptez pas sur moi pour mettre une couleur sur le système qui a mis cet homme dans un tel état d’anxiété ou pire encore. Les couleurs ne manquent pas.

Alors que les médias interrogent « faut-il brûler l’euro ?», que L’Europe du sud est en train de faire un bond politique en arrière pour cause de déflagration spéculative, que le débat fait rage entre les pour et les contre, il est temps d’arrêter d’enfoncer la tête dans le sable alors que la mer monte. Par millions, les citoyens broient du noir et le feu couve dans les têtes. Les esprits sont chamboulés et la peur s’installe. Avec elle, les mauvais instincts refont surface. On sait très bien ce que cela signifie.

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( 12 mai, 2010 )

Lucio et autres lucioles d’espoir

lucioleprolfixeclair1.jpg‘… presque tous espagnols, allez savoir pourquoi !’. J’ai en tête la voix de Léo Ferré, et ce passage de sa si belle chanson ‘Les anarchistes’, en me réveillant de ma sieste. Au cours de laquelle j’ai plutôt rêvé de Garcia Lorca, le poète andalou, ‘allez savoir pourquoi’. Il est vrai, qu’à sa douce façon, Lorca était aussi anarchiste, du moins a-t il été assassiné en tant que tel par les bouchers de Franco, en 1936… Ah oui, 1936 ! J’ai écouté dans l’émission ‘Là-bas si j’y suis’, jeudi 6 mai je crois, Daniel Mermet et ses potes non reparler de ‘Lucio’ et d’un de ses fils spirituels dont je ne sais plus le nom, et que je prénomme donc ici Federico.

Lucio doit avoir au minimum dans les 85 ans, je pense. Et encore toute sa tête. Rescapé de la Guerre d’Espagne, il devint à Paris le meilleur de tous les faussaires qui aidèrent la Résistance : faux papiers, tickets de rationnement, laissez-passer,…voir fausse monnaie. Pour des Juifs ou des Résistants. Je crois qu’il a même continué son ‘art’, après la Libération, pour des révolutionnaires tiers-mondistes et des anarchistes espagnols. Cela en bricoleur de génie, en labo-photo et imprimerie artisanales clandestines… Il est aujourd’hui toujours actif, non plus en tant que faussaire (il a négligé d’y faire fortune !) mais en tant que ‘père’ (surtout pas ‘maître’!) du surnommé Federico. Celui-ci doit avoir, je présume, autour de 60 ans. Autre variante de l’anarchisme, lui s’est spécialisé dans le rôle de ‘Robin des Bois’, braqueur de riches pour distribuer aux pauvres. Une façon radicale de lutter pour la justice sociale, dans son pays sous tutelle franquiste. Il est aujourd’hui libre, à Paris également. Merci ‘là-bas si j’y suis’ de nous emmener, avec ces hommes intrépides, dans un ‘là-bas’ de justice à venir !

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( 11 mai, 2010 )

Les 50 ans des indépendances africaines

048604af.jpgMerci le lumbago : il m’aura permis de voir le film « Lumumba » de Raoul Peck, sur LCP « la chaîne publique » (la vraie : Sénat et Assemblée réunies), de le revoir hier soir lors de sa rediffusion et d’assister au débat qui a suivi.

Le film commence avec des plans d’ équarrissage et de dépeçage, dans la savane africaine. Les acteurs de cette scène sont des blancs et ce sont en fait les restes de Patrice Lumumba qu’on va brûler et passer à l’acide, puis enterrer. C’est dans un endroit anonyme de la savane qu’on a fait disparaître, dans le plus grand secret, Patrice Lumumba, acteur principal de l’indépendance du Congo Belge (ex Zaïre, actuelle RDC). Ainsi, nul ne pourra venir fleurir une quelconque tombe, un quelconque monument et en faire un martyr, ont pensé les autorités coloniales belges qui ont eu tant de mal à laisser le pouvoir à un homme intransigeant.

Raoul Peck a voulu montrer comment les excès des colonisateurs belges et l’indépendance que de Gaulle a accordée à l’Algérie ont mené quelques leaders noirs congolais, parmi eux Lumumba, fondateur du MNC, -le plus intransigeant-  à demander et à réaliser l’indépendance du Congo Belge. Je pense que le film retrace plutôt bien le parcours de P.Lumumba, du VRP pour les bières belges qu’il était, jusqu’à devenir ce leader qui voulait absolument mettre fin au tribalisme et aux divisions du peuple noir pour fédérer toutes les régions du Congo et ses peuple dans un seul état.  En face de lui, il a deux camps : celui des colonisateurs qui ont pris la précaution de ne former aucun cadre administratif noir (bien sûr pour mieux piller leur sous-sol et que ça permette aux colons d’avoir des esclaves à leur botte), et celui de la division : Moïse Tshombe qui veut faire sécession avec sa riche région, le Katanga (possédant 80% des richesses du Congo Belge).

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( 10 mai, 2010 )

Austère

oppression1.jpgAux stères du bois qui pourrait bien chauffer. Les dirigeants de l’Europe ont décidé, contre toute logique, de faire passer le bien-être des banques avant l’existence des pays de l’Union, avant les citoyens, avant le droit à un travail décent dans des conditions décentes, rémunéré décemment. Il faut dire aussi que le traité de Lisbonne est très évasif sur ces données-là, données essentielles pour tous, sauf pour les Caïds de Bruxelles.

L’argent aurait-il donc tant de valeur, face à la vie des habitants de notre Europe ? Il faut bien vous dire, dirigeants félons, brutaux, pleins de morgue, que les nonistes de 2005 sont en fait bien plus européens que vous. Ils sont attachés à ce coin de terre qui fait face à l’Amérique du nord, à ses nuances de climats, de langues, de tempéraments, d’idées, de rapports avec les dieux quels qu’ils soient. Ils répugnent à se voir dans les faits imposer une langue unique, celle d’une île peu encline à faire partie de cet ensemble, paradoxalement. Ils supportent fort mal de subir une uniformisation des rapports aux religions,un nivellement de législations qui tiennent compte des différences de climats (eh oui) et de coutumes. Devant cet ensemble frémissant et plein de bonnes volontés, le lobby de la finance mondiale impose une circulation sans aucun contrôle des fonds, des denrées, des services, sans se préoccuper aucunement de la pertinence d’une telle décision. Seul compte le PROFIT maximum pour vous, et surtout pour vos commanditaires internationaux. Au Moyen Age, à propos de votre caste, Messieurs, on parlait de bandits de grands chemins, de grandes compagnies, et ceux qui se faisaient prendre par les prévôts finissaient branchés haut et court. Aujourd’hui, excepté quelques lampistes comme Kerviel ou même Madoff, qui lui-même n’était qu’un pion, vous êtes intouchables puisqu’au-dessus des politiciens que vous contrôlez.

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( 9 mai, 2010 )

Quand la Grèce brûle, gare au retour de flamme

10050514141624535000apx470.jpgJe prends le prétexte d’un billet chez l’excellent Vogelsong pour revenir sur la Grèce, sujet qui avait été abordé ici même il y a 3 mois

Oui, parce que la Grèce, c’est un sujet. Ce n’est plus un pays. Ce n’est plus un peuple. C’est un sujet d’expérience. Un nouveau cobaye. Un laboratoire grandeur nature qui permet de tester le point de rupture (ou son absence) de ce que les peuples sont prêts à encaisser.

Tout ce que j’imaginais lorsque j’ai commencé à suivre ce compte d’effets en décembre s’est réalisé. Pire, la réalité a largement dépassé la fiction. Aucun réalisateur hollywoodien n’aurait osé un scénario aussi extrême, aussi peu plausible ! Quoi ? Des spéculateurs sans visage, lémarché omniscients s’attaqueraient non pas au cours d’une matière première, non pas à une entreprise OP(h)Aï(s)sable, mais à un pays tout entier ? Inimaginable ! Un pays ne peut pas faire faillite !

Et pourtant, « ils » ont osé (c’est même à ça qu’on les reconnait).

Une première « cure » d’austérité a été prescrite en février afin de tenter de rassurer lémarché. Entre atermoiements des présidents et des ministres des finances, déclarations floues concernant un hypothétique plan d’aide, hésitations de Mme Merkel, lémarché n’ont été apaisés en rien, voyant au contraire une occasion en or de se livrer à leur petit jeu de vautour favori : spé-cu-ler  en profitant de la confusion pour se faire quelques millions vite fait. Je rappelle pour la petite histoire que le plan d’aide s’élevait alors à 25 Mlds d’Euro.

Les grecs se voient alors prescrits une seconde cure d’austérité qui vient se rajouter à la première. Devant la valse, ou plutôt le tango (1 pas en avant, 2 sur le côté, 3 en arrière…) auquel se livrent les deux principaux pays de la zone Euro et la cacophonie du chœur des vierges , l’hypothèse d’une entrée en scène du FMI se profile… le FMI, vous savez ? Le machin qui a servi à imposer des plans d’ajustement structurels drastiques et ruiné des pays entiers.

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